06/03/2013

Hollande, Sarkozy et les autres : pourquoi disent-ils n’importe quoi?

 

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Les Français vus par leurs dirigeants

Pourquoi les dirigeants de la France, de droite comme de gauche, racontent-ils régulièrement n’importe quoi?

 

Sans remonter aux incantations du sorcier agité Nicolas Sarkozy sur la croissance qui va bondir et le chômage qui va fléchir, l’actualité récente a démontré que François Hollande, tel un chaman replet, récite de semblables mantras, avec le même insuccès.

 

Fixant la croissance droit dans les yeux pour l’hypnotiser, Hollande lui intimait l’ordre d’atteindre 0,8%. Elle sera à peine de 0,1% en 2013. Le président ordonnait aux astres d’arrêter le déficit public à 3%. Il atteindra 3,7% à la fin de cette année. Le mage élyséen multipliait les passes magnétiques sur le dos du chômage pour que sa courbe se dirige enfin vers le sol. Avec une croissance quasi nulle, comment, diable, créer des emplois? Mais François Hollande n’en a cure: la courbe du chômage fléchira, je le veux!

 

Bien entendu, personne ne croit à l’efficacité de ces moulins à prière. Mais cela n’empêche nullement président et ministres de poursuivre la pratique de cette pensée magique, avec l’aide complaisante de la machine médiatique. Le résultat se révèle navrant: la parole politique ne vaut plus rien, la méfiance s’installe, la déprime s’étend. La répétition de ces discours démonétisés n’est pas pour rien dans la dépression nerveuse collective qui atteint la France.

 

En disant n’importe quoi, les dirigeants de ce pays veulent sans doute paraître «volontariste», le grand mot à la mode. Ils pensent, à tort, que cet étalage de volonté redonnera un brin de confiance à ceux qui l’ont perdue depuis belle (ou triste) lurette. Ils espèrent aussi gagner du temps jusqu’à ce que la conjoncture se retourne. Mais elle est de mauvaise composition, la conjoncture, et ne se retourne pas au gré des désirs gouvernementaux.

 

L’usage du «n’importe quoi» révèle surtout un mépris d’airain envers le peuple qui serait incapable de supporter qu’on lui dise la vérité.

 

François Hollande n’a pas changé la façon de gouverner la France et se contente de suivre docilement les traces de ses prédécesseurs. Or, les temps sont bouleversés. Les échanges via les réseaux sociaux et le développement des données disponibles sur l’Internet sont en train de modifier en profondeur les relations entre le pouvoir et ses administrés.

 

Les affirmations mensongères ne tiennent pas un jour. Les statistiques trompeuses sont dénoncées aussitôt. Ce qui devait rester secret apparaît au grand jour. On ne peut donc plus gouverner la France comme à l’époque de Mitterrand, Chirac et même Sarkozy.

 

A l’occasion de la guerre du Mali, François Hollande a démontré qu’il savait prendre des décisions lourdes de conséquence. Il serait donc capable d’abandonner la pensée magique pour revenir au réel. Ses concitoyens n’en seront pas plus déprimés. Ils seraient même satisfaits de constater que, pour une fois, leur plus haut responsable ne les prend plus pour des truffes.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Les petits progrès en matière de droit du travail et les réactions de l'extrême-gauche vous donnent un début de réponse. Tous les gens qui ont voté pour Mélenchon sont pour la révolution socialiste, la nationalisation de tous les moyens de production, tout le pouvoir à l'avant-garde du prolétariat avec suppression de toute autre forme de pouvoir. Cela demande du doigté de manipuler un tel baril de poudre qui a déjà la mèche allumée. Du doigté et quelques contorsions de vérité...

Écrit par : Géo | 06/03/2013

Adieu la pensée magique. Vive la pensée démocratique qui engage la responsabilité et la liberté devant soi et devant les autres... Merci de cet excellent billet.

Écrit par : pachakmac | 06/03/2013

en fait les politiciens 'fonctionnent' encore comme à la belle époque des budgets en croissance, du développement (surchauffe?) de l'économie. Leur mode de séduction n'a pas changé, le seul effort consenti c'est celui pour se faire élire....après ? le déluge ou presque sauf quand il s'agira à l'horizon de la fin du mandat de séduire à nouveau et de refaire les mêmes promesses.
ça marche tellement bien , pourquoi changer ? de toute façon jamais les politiciens ne paient leurs errements, leurs promesses laissées à l'état de promesses !

Écrit par : uranus2011 | 06/03/2013

FRANCAIS nous sommes dans une grande inquiétude ...Il n 'y a plus d analyses concernant les Presidents l ancien le nouveau et leur propos
nous subissons douloureusement .......c est une analyse loin d etre négative.....................

Écrit par : dany lemaitre | 06/03/2013

FRANCAIS nous sommes dans une grande inquiétude ...Il n 'y a plus d analyses concernant les Presidents l ancien le nouveau et leur propos
nous subissons douloureusement .......c est une analyse loin d etre négative.....................

Écrit par : dany lemaitre | 06/03/2013

Déconcertant !!

C'est comme ces autocollants, "ne me suivez pas, je suis aussi perdu" que certains collent sur le capot arrière !

Dommage que DSK n'ait pas eu droit au chapitre, en fait ce bordel arrange pas mal de monde, soyez en certains !!

Écrit par : Corto | 06/03/2013

Jean-Noël Cuénod a très bien résumé la situation. Toutefois il a omis d'évoquer les boucs émissaires, qui comme chacun sait seraient les causes de tous les problèmes économiques de la France. Ils sont bien évidemment tous exogènes : l'UE, l'€uro, les méchants Chinois-qui-travaillent-pour-un-bol-de-riz, les exilés fiscaux, les "banksters", Madame Merkel, les Américains, les Anglais, les Suisses prédateurs, etc. La liste n'est pas exhaustive !

Bref, comme le rappelait fort opportunément Pascal Lamy, futur ex-directeur de l'OMC, interviewé il y a quelques jours par Bourdin sur BFM-TV : "les Français vivent dans leur bulle et refusent de voir la réalité en face". Le monde a beaucoup changé ces dernières années, au niveau des échanges commerciaux, rappelait-il.

Pour ma part, je constate que les Français se sont érigés en référence et qu'ils attendent que le monde s'adapte à eux. Pas l'inverse ! C'est un déni flagrant de réalité.

Dans ces conditions, les institutions politiques de la Vème République étant ce qu'elles sont, elles ont fait de la France une monarchie élective. Le clientélisme électoral faisant le reste, il n'est guère surprenant de voir des incantateurs, pour ne pas parler de bonimenteurs, raconter n'importe quoi. Dès lors, il y a tout lieu d'être inquiet pour l'avenir de la France et particulièrement pour sa stabilité sociale.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 06/03/2013

Les outils de production françaises sont tous passés dans le rouge foncés !

Sur les 60 milliards attribués au développement industriel, 50% vont finir chez Airbus industrie pour continuer de fabriquer des avions plus chers à construire que leur prix de vente etc..

Des voitures dont l'outil de production français est concurrencé par ses propres unités de productions situées en dehors de France, tout cela en continuant d'entretenir des emplois en dehors du pays, en moyenne, vous prenez un véhicule de marque française, il est à 77% produits par des unités et des sous-traitant n'employant aucun française et après le gouvernement se permet d'insulter des personne comme Depardieu alors que l'état finance des dizaines de milliers d'emplois à l'étranger !!

L'A380 ne sera pas rentabilisé avant 2030, si tout va bien et cela dans l'unique but de concurrencer Boeing !!!

Du coté du gouvernement, on voit le ministère de la défense qui envoie 4 Rafales au Tchad pour tirer sur des 4x4 japonais, alors qu'un simple coucou à hélices ferait le boulot !

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, ça à toujours la raison ayant causé la perte de la France !!!

Un problème génétique, qui sait !!!!

Écrit par : Corto | 07/03/2013

"Dommage que DSK n'ait pas eu droit au chapitre, en fait ce bordel arrange pas mal de monde, soyez en certains !!"
C'est DSK qui est à la base des 35 heures et donc de l'irréalisme économique des Français. L'idolâtrie de Corto pour cet homme rappelle celle des foules aveugles pour les dictateurs. Pour éviter la reduction ad hitlerum, il suffit de voir la chavolâtrie des médias européens et des foules vénézuéliennes...

Écrit par : Géo | 07/03/2013

A force de faire n'importe quoi, on finit par dire n'importe quoi.

Écrit par : On l'récupère un peu partout...des fois au Mozambique, des fois sur la nationale 7, des fois comme c'est le cas dans l'Fech-Fech... | 07/03/2013

Géo, encore une fois vous dites n'importe quoi !

DSK est modérément à gauche, en matière d'économie, il l'a prouvé !

Les 35 heures, viennent du coté des chavistes comme Aubry père et fille !

Écrit par : Corto | 08/03/2013

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