04/03/2013

Oskar Freysinger, victoire électorale ou mort politique?

 

Chantre de la nouvelle pensée unique et national-conservateur tendance catogan, Oskar Freysinger sera peut-être élu conseiller d’Etat en Valais. Serait-ce une catastrophe annoncée? Le risque existe mais surtout pour le porteur de queue-de-cheval.

 

La magistrature politique en Suisse est une mangeuse de chefaillons charismatiques. Dès qu’une grande gueule est investie d’une fonction exécutive, la voilà qui se ferme. Les crocs sont limés et les griffes, rentrées. Christoph Blocher a connu pareille métamorphose au Conseil fédéral avant d’en être éjecté. Que reste-t-il de son passage ministériel? Rien ou si peu. Passées à la moulinette gouvernementale, ses idées délétères ont été transformées en bouillie. La démocratie helvétique est profondément anti-idéologique. Certes, le vieux doberman zurichois aboie encore mais sa voix est bien éraillée.

 

Il en ira de même pour Freysinger. Dès son arrivée au Conseil d’Etat, il devra composer avec les fonctionnaires de son département qui vont se faire un devoir de mettre des bâtons dans ses roues, composer avec ses collègues du gouvernement et leurs couteaux prêts à frapper son dos, composer avec les députés du Grand Conseil qui l’attendent au tournant avec une belle réserve de peaux de bananes, composer avec la presse qui va en faire sa tête de Turc puisque sa renommée, plus ou moins sulfureuse, fait vendre.

 

S’il s’attaque à ce système, le sémillant Oskar sera aussitôt rejeté, d’une façon ou d’une autre. S’il s’y plie, il deviendra un politicien qui ne fera rêver personne. De compromis en compromis, le catogan de Freysinger se déplumera. Dans les deux cas, sa mort politique est programmée.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Donc, si je vous comprends bien, tout est bien dans le meilleur des mondes.
Circulez y'a rien à voir.
Je pense que vous vous trompez. Le peuple commence à manifester son mécontentement. Ces votes sanction vont donner des ailes à ceux qui dénoncent l'inertie que vous semblez considérer comme inéluctable.
S'il est vrai qu'un troublion qui accède à un exécutif devra limer ses ongles pour devenir un peu plus collégial, rien ne l'empêche de faire le ménage dans son département. Blocher l'a fait. Il n'est pas tombé du fait de hauts fonctionnaires qui auraient mis des bâtons dans les roues, mais, comme tout le monde le sait, par un complot d'envergure fomenté par nos parlementaires.
Je doute que M. Freysinger rentre dans le rang. Il sait qui est son véritable maître et il n'entend pas le décevoir.

Écrit par : Pierre Jenni | 04/03/2013

Eh ben oui, c'est exactement ça, le système suisse. Et c'est sa plus grande force. En extrapolant, on appelle cela la démocratie. Vous vous souvenez de "Tristes Tropiques" où Lévy-Strauss décrit ces minuscules tribus indiennes d'Amazonie où le chef se fait régulièrement engueuler par absolument tous les membres de la tribu ?
Mais il y a un sérieux problème caché derrière tout ça : qui aujourd'hui est assez con pour se présenter à des élections pour devenir vizir à la place du vizir ? Et cela finit par avoir quelques conséquences, d'être dirigés par les plus stupides d'entre nous, qu'ils aient une belle queue de cheval ou non...

Écrit par : Géo | 04/03/2013

Que le peuple français se réveille et vote en masse pour Marine Le Pen.

Écrit par : Victor Winteregg | 04/03/2013

"Christoph Blocher a connu pareille métamorphose au Conseil fédéral avant d’en être éjecté."

N'a-t-il pas été éjecté justement parce qu'il ne s'est pas "métamorphosé"?


"les plus stupides d'entre nous"

Les plus stupides, je ne sais pas, mais incompétents, sans vision d'avenir, certes oui. Dire qu'il a fallut Fukushima pour envisager de renoncer au nucléaire... C'est toujours et encore et partout la course au profit immédiat sans régulation digne de ce nom. Commencer par exemple à envisager de réduire volontairement la population mondiale avant que cela n'arrive par la guerre. Notre monde n'est ni renouvelable ni durable dans les conditions actuelles. Et je ne parle même pas équité, justice, égalité des droits et des devoirs... Solidarité reste un mot obscène pour trop de gens.

Écrit par : Johann | 04/03/2013

Monsieur Cuénod,
J'attends un commentaire de vous sur les répercussions en France du résultat de l'initiative Minder.

Écrit par : Johann | 04/03/2013

je suis souvent surpris par ces blogueurs qui lancent des idées sans assurer le suivi. C'est une peu arrogant, du genre les chiens aboient et la caravane passe. Monsieur Cuenod, un peu de courage que diable ! réagissez ! Et n'imposez pas votre vision sans dialogue. C'est justement tout le propos des blogs !

Écrit par : Pierre Jenni | 04/03/2013

"Dire qu'il a fallut Fukushima pour envisager de renoncer au nucléaire." Oui, évidemment, avec tous ces risques de tsunami en Suisse, mon bon monsieur. L'incroyable, l'énorme, la gigantesque stupidité, c'est de renoncer au nucléaire parce que les ingénieurs japonais sont tellement nuls qu'ils construisent des centrales en bord de mer sans protection contre les tsunamis, un mot d'origine japonaise. Les ingénieurs japonais sont pratiquement des débiles mentaux, et on devrait supprimer le nucléaire chez nous parce qu'ils sont débiles ?
Vous venez de prouver qu'on a élu les plus stupides d'entre nous; comme par hasard, la plupart sont au PDC...

Écrit par : Géo | 04/03/2013

Et c'est sa plus grande force. En extrapolant, on appelle cela la démocratie. Vous vous souvenez de "Tristes Tropiques" où Lévy-Strauss décrit ces minuscules tribus indiennes d'Amazonie où le chef se fait régulièrement engueuler par absolument tous les membres de la tribu ?

Écrit par : Friv 2 | 05/03/2013

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