27/02/2013

Stéphane Hessel et l’indignation inachevée

 

Après la disparition, mercredi, de son auteur Stéphane Hessel, que reste-t-il du pamphlet «Indignez-vous!»? Son succès est considérable. Trois ans après sa parution, il a été vendu à 4,5 millions d’exemplaires et continue à faire le tour de la planète. Stéphane Hessel a diffusé son message au-delà de ses espérances les plus folles. Il voulait transmettre aux jeunes générations, les idéaux de la Résistance et les valeurs de la solidarité humaine. C’est chose faite.

 

«Indignez-vous!» a touché la corde sensible d’une jeunesse malmenée par la violence sociale et les contre-valeurs d’un ultralibéralisme réduit à son expression la plus brutale. Le pamphlet a été pour elle l’antidote au cynisme ambiant. Ainsi mise en mots, cette indignation a suscité de nombreuses manifs un peu partout dans le monde.

 

Mais elle s’est diluée et ne s’est pas coagulée en un mouvement politique organisé, capable de transformer cette indignation en réflexion, puis en action.

Stéphane Hessel était le premier à le dire et à l’écrire, s’indigner constitue le mouvement premier, indispensable, pour combattre les injustices. Mais il ne suffit pas. Sans traduction politique, l’indignation reste lettre morte.

 

Pourquoi l’essai de Stéphane Hessel n’a-t-il pas été transformé? Sans doute est-il victime de son succès. Les médias ont dégradé «Indignez-vous!» au rang d’idée à la mode, avec ses badges et ses formules à l’emporte-pièce. Or, rien n’est plus fugitif que la mode.

 

Toutefois, les causes de l’indignation demeurent; elles sont même plus présentes que jamais. Dans de nombreux pays, le chômage galope, les usines ferment, les jeunes sont jetés à la rue. Or, pour le moment, cette colère ne profite qu’aux partis nationalistes contre lesquels Stéphane Hessel n’a cessé de se battre.

 

 Mais qui sait? Un jour peut-être les graines fraternelles qu’il a semées fleuriront-elles.

  

Jean-Noël Cuénod

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Devant les caméras d'Arte, Stéphane Hessel explique que s'indigner ne suffit pas.

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26/02/2013

Dominique Strauss-Kahn gagne au Tribunal contre sa « traîtresse » qui le compare à un cochon

 

Le plouc a fait râcler ses gros souliers au Palais de justice de Paris. Voilà sa chronique avec, en sus, un dessin d’Acé.

 

 

«DSK fait recette!» Le vénérable Henri Leclerc, l’un des défenseurs de Dominique Strauss-Kahn, ne risque pas d’être démenti. Le Tout-Paris médiatique froufroutant et piapiatant se tasse, mardi matin, à la XVIIe Chambre du Tribunal de Grande Instance. DSK en personne assiste à cette audience de référé (mesures urgentes).

 

L’objet de sa révolte, le livre de Marcela Iacub, «Belle et Bête» paru chez Stock, où il est présenté «mi-homme mi-cochon». Il réclame l’insertion d’un encart dans chaque exemplaire du bouquin, voire, à titre subsidiaire, son interdiction pure et simple. Et attaque aussi le Nouvel Observateur qui a publié une interview de Marcela Iacub — elle y établit le lien entre le «cochon» antihéros de son livre et DSK — ainsi que les bonnes feuilles de «Belle et Bête».

 

 L’ex-futur président de la République réclame la publication judiciaire de la décision sur la couverture de l’hebdomadaire.

 

En fin de soirée, la présidente Anne-Marie Sauteraud rend sa décision: le livre ne sera pas interdit mais l’éditeur Stock devra insérer un encart, comme le réclame DSK. Quant au «Nouvel Obs», il devra publier cette décision sur la moitié de sa «une». Marcela Iacub, son éditeur et le magazine devront verser en tout 75 000 euros au plaignant.

 

Dès le début de l’audience, parole lui est donnée. Costume sombre, visage tanné comme le cuir d’un vieux chef apache, la paupière lourde qui laisse filtrer un regard de caïman, Dominique Strauss-Kahn prend la présidente Sauteraud à témoin: «Je suis choqué par ce texte méprisable et totalement mensonger qui fait fi de ma vie privée, de ma vie familiale, de la psychologie de mes enfants. Je suis surtout horrifié par les procédés utilisés».

 

En effet, pour écrire son bouquin, Marcela Iacub s’est glissée dans l’intimité de DSK en devenant sa maîtresse, de fin janvier à août 2012. Elle l’avoue explicitement dans l'interview au «Nouvel Obs» ainsi qu’à l’occasion d’un courriel (1) qu’elle a envoyé à son ancien amant le 26 novembre dernier, courriel que brandit, teint brique et yeux fulminants, Me Jean Veil autre avocat du plaignant. Marcela Iacub y admet avoir publié un autre livre défendant DSK, dans le but de l’appâter afin de rédiger «Belle et Bête». A la demande, affirme-t-elle, de ses éditeurs. On ne sait si Strauss-Kahn doit se sentir outragé ou alors flatté — les deux, sans doute — d’être la cible d’une stratégie si élaborée.

 

Me Leclerc plaide: «Si la liberté de presse cède devant l’argent et sombre au plus bas, alors elle ne peut plus s’appeler liberté. C’est la société qui est en danger!» Réplique de Me Bigot (ça ne s’invente pas !) avocat de Stock: «DSK est un phénomène politique et humain qui relève de l’intérêt public».

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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24/02/2013

Le Plouc cause dans le poste: les allocations familiales françaises en question

 

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Le Plouc a causé dans le poste, ce dimanche à France-Info, lors de l'émission de Marie-Christine Vallet, "Micro-Européen", avec sa consoeur Tomaïs Papaioannu, des TV publiques grecque et chypriote. Le sujet: la allocations familiales en France qui risquent d'être fiscalisées. Vous pouvez écouter la chose ici:

 

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20/02/2013

Les islams entrent en guerre de religions

 

Un islam monolithique, «noir de barbe et de nuit, hirsute menaçant» (Aragon). Telle est l’image que colportent les diverses formes populistes de l’islamophobie. Comme toutes les phobies, celle-ci nous empêche d’être lucides. Car il n’y a pas un islam mais des islams. Il est essentiel d’en saisir les multiples visages afin de savoir où l’on va et vers qui l’on se dirige dans ce dialogue-confrontation que les démocraties occidentales doivent nouer avec les mondes musulmans. De plus, les islams sont entrés dans une série de conflits internes qui n’est pas sans rappeler les guerres qui ont opposé pendant des siècles catholiques et protestants.

 

Au centre de ces conflits internes, figure la Péninsule arabique. Débordant de pétrodollars, l’Arabie saoudite et le Qatar sont particulièrement actifs. Ces deux monarchies professent le wahhabisme, doctrine foncièrement intégriste issue de la plus rigoriste des écoles de pensée sunnites, le hanbalisme. L’islam sunnite compte quatre rites, ou plutôt écoles de jurisprudence appliquant les principes du Coran et des hadiths (faits, gestes et propos du prophète Mohammed et de ses compagnons), à savoir le hanbalisme (péninsule Arabique), le hanafisme (peuples turcophones, Chine, Afghanistan, Inde-Pakistan), le chaféisme (Egypte, Koweït, Yémen, notamment) et le malékisme que nous allons aborder.

Chaque école a aussi ses variantes comme le wahhabisme rattaché au hanbalisme.

 

Guerre au Mali. Dans ce pays, mais aussi en Tunisie et dans d’autres pays de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, le wahhabisme tente de supplanter une école sunnite largement majoritaire dans cette région, le malékisme qui inclut dans sa doctrine les éléments issus des coutumes locales. Ainsi, il accueille les confréries mystiques du soufisme qui se consacrent plus à l’esprit qu’à la lettre, une attitude que le wahhabisme combat avec virulence. Les mouvements que l’Arabie saoudite et le Qatar soutiennent s’en prennent aux tombeaux des marabouts, lieux de prières et de méditation pour les soufis et la plupart des musulmans de l’Afrique du Nord et de l’Ouest. Dans l’optique des wahhabites, cette vénération relève d’une intolérable impiété. D’autant plus que l’historien français Louis Voynet a recensé au Maroc, cent tombeaux de marabouts vénérés à la fois par les musulmans et les juifs. Aussi, le Qatar finance-t-il les principaux groupes islamoterroristes au Mali, selon Le Canard Enchaîné et des sites d’information africains.

 

Guerre civile en Syrie. Là aussi, on retrouve les wahhabites à la manœuvre, l’Arabie saoudite et le Qatar livrant des armes aux rebelles sunnites opposés au dictateur Assad, de confession alaouite, une branche du chiisme. La guerre civile syrienne s’inscrit d’ailleurs à l’intérieur du conflit larvé qui oppose l’Iran chiite aux émirats sunnites.

 

Il existe donc à la fois des tensions entre les deux confessions musulmane - le chiisme et le sunnisme - et des conflits à l’intérieur même du sunnisme.

 

Ces guerres intramusulmanes vont durer. Pour les démocraties occidentales, l’important est de préparer leurs opinions publiques à bien distinguer les alliés potentiels au sein de cet univers en ébullition. L’erreur serait de fourrer dans le même sac d’opprobres tous ceux qui ont l’islam pour religion. Cet amalgame aurait pour dramatique conséquence de jeter les jeunes musulmans d’Europe dans les bras des islamoterroristes.

 

Jean-Noël Cuénod

              

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15/02/2013

Scandale de la viande de boeuf qui hennit: un Spanghero peut en cacher un autre

Le scandale de la viande de boeuf qui hennit risque de jeter au chômage les ouvriers et les sous-traitants de l'usine à bidoche Spanghero à Castelnaudary, pays du rugby-cassoulet.

 

Mais il fait aussi une autre victime, la famille Spanghero. Or, elle n'a plus rien à voir avec cette usine. Les frères Claude et Laurent Spanghero l'avaient fondée en 1970 et l'ont revendue à la gigantesque coopérative basque Lur Berri en 2009. Mais l'une des clauses exigées par l'acheteur était de conserver le nom Spanghero. Pourquoi? Parce que dans le Sud-Ouest, ce nom est synonyme de courage, de travail, de réussite sociale. La fratrie Spanghero a dominé le rugby des années 1965-1975. Parmi les cinq frères qui se sont consacrés à ce sport magnifique, Walter est le plus connu. Force de la nature et dur avec lui-même, il était considéré comme le roi du placage et l’empereur du tampon. Sa légende prétend qu'il fallait au moins six gros bras pour arrêter ce troisième ligne, auteur d'essais en force qui restent dans les mémoires de l'INA, l'Institut national de l'audiovisuel.

 

Walter Spanghero a subi une dizaine de fractures sur le terrain de sport mais aussi à la ferme familiale. Un jour, il s’était brisé la clavicule en remuant un tracteur. «Crac», il remet en place la clavicule, poursuit son boulot, ne dit rien à son médecin car il devait jouer un match avec l’équipe de France quinze jours plus tard. La partie terminée, «L’Homme de fer» - comme le surnommaient les Néo-Zélandais – a enfin consenti à faire un tour chez le toubib. Qui s’aperçoit que la clavicule s’était réduite d’elle-même, sans soin. Avec simplement une grosse bosse: «Mais bon l’esthétique, on s’en fout sur le terrain. L’important, c’est que ça tienne», expliquait le grand Walter – 1, 87 mètre et 100 kilos - au journaliste qui l’interviewait.

 

Les Spanghero ont de qui tenir. Leur père, maçon dans le Frioul, avait quitté l’Italie et la famine pour s’établir dans le sud-ouest de la France. A force de travail, il a acheté une petite ferme qui s’est agrandie. Bosseurs, les frères Spanghero conjuguaient rugby et travail à la ferme – le professionnalisme n’existait pas encore - mais aussi à l’école. De garçon de ferme, Walter est devenu employé de banque puis s’est lancé dans les affaires.

 

Aujourd’hui, ces gros costauds de Spanghero pleurent de honte devant les caméras. Une honte qui n’est pas la leur, puisque l’usine n’est plus leur propriété: «Mais voilà, notre nom est jeté dans la boue». Dans la boue, le grand «Oualtère» s’y jetait jadis à Twickenham, à Cardiff, à Colombes. Mais c’était pour la bonne cause.

 

 

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13/02/2013

Renonciation de Benoît XVI: le futur pape peut-il ne pas être un conservateur?

 

A peine Benoît XVI s’est-il déchargé de ses pesants insignes papaux que cette question fleurit partout: le prochain souverain pontife sera-t-il progressiste ou conservateur?

 

Mais un pape peut-il éviter d'être conservateur? Après tout, l’un de ses titres — Pontifex Maximus — correspond à celui de la plus haute fonction sacerdotale de la Rome antique. En outre, celui qui succédera à Benoît XVI ne sera pas seulement le dirigeant central d’une institution religieuse, il deviendra aussi le chef du dernier Etat autocratique de notre continent. Tout cela n’incite guère à s’écarter des sentiers battus et rebattus au fil des siècles.

 

Certes, des papes progressistes ont pu, parfois, secouer le cocotier clérical. Le nom de Jean XXIII surgit aussitôt à la mémoire. L’initiateur de Vatican II a introduit moult réformes au sein du catholicisme. Mais le futur pape sera-t-il tenté de suivre cet exemple qui remonte à un demi-siècle?

 

Après tout, l’Eglise subit encore les contrecoups de ces bouleversements, avec les offensives d’un clergé intégriste qui refuse toujours Vatican II. Les sectateurs de Mgr Lefebvre ne sont pas rentrés dans le giron romain, malgré les concessions faites en leur faveur par Benoît XVI. Ce fut d’ailleurs l’un des échecs les plus cuisants du futur ex-pape. L’Eglise romaine n’est pas sortie indemne de ses velléités réformatrices.

 

Le christianisme présente deux faces. L’une fixe, traditionnelle incarnée par l’orthodoxie et Rome. L’autre, mouvante, en perpétuel mouvement, illustrée par les protestantismes. Ces deux faces ne s’uniront pas de sitôt, tant il est difficile de trouver points de vue plus opposés. Mais l’une et l’autre, l’une avec l’autre et même l’une contre l’autre forment le christianisme dans sa globalité.

 

En fondant leur foi sur la seule Ecriture sainte et la réforme continue de l’Eglise, les protestants ont consacré la liberté de conscience, l’autonomie de l’individu et fait ainsi avancer le monde. Mais ils ont aussi introduit les disputes et la multiplication des institutions religieuses. Et cela, le charisme propre à l’Eglise romaine ne saurait l’admettre; elle reste obnubilée par l’unité à conserver. Conserver, justement, tout est dans ce verbe; il s’agit donc là de l’essence même du pouvoir papal.

Cependant, le monde évolue à la folle vitesse de la globalisation et contraint toutes les structures à s’adapter, même les plus rétives à ce genre d’exercice.

 

Si le pouvoir romain maintient sa fixité, vaille que vaille, il risque d’être brisé à l’instar d’un barrage trop rigide cédant à la pression du courant, faute de souplesse et d’adaptation.

 

 Mais si la papauté se réforme, elle peut provoquer ces tensions et discordes qui sont contraires à son être profond tendu vers l’unité.

On comprend, dans ces conditions, que Benoît XVI, à 86 ans, ait confié à un autre le soin d’affronter ce casse-tête romain.

 

Jean-Noël Cuénod

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L'annonce en direct - et en latin - de la renonciation de Benoît XVI.

 

 

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12/02/2013

François Hollande se moque du pape... Comme c’est vilain !

 

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Doux Jésus, quelle tempête dans les sacristies pour un petit morceau de phrase tombé au coin d’un demi-sourire! Lors du point de presse qui a suivi sa rencontre avec le président du Nigéria, François Hollande, à la fin de son intervention, aborde la renonciation de Benoît XVI à sa charge papale. Il glisse, à propos de la succession du souverain pontife : « Et nous ne présenterons pas de candidat».

 

Aussitôt, l’ancien ministre Claude Guéant s’insurge, en tordant d’indignation sa bouche en cul de poule : « Faire une blague à propos d'une décision aussi digne, ce n'est pas bien, c'est déplacé » Et d’ajouter en ajustant ce col romain imaginaire qui semble l’étrangler chaque fois qu’il pérore : « Chacun sait que François Hollande n'est pas très favorable aux religions en général et à la religion catholique en particulier ».

 

Guéant, s’agitant tel un goupillon dans la  main d’un curé atteint de la Danse de Saint-Guy, a encore un autre motif de sainte indignation. La ministre déléguée aux personnes âgées, Michèle Delaunay, a commis ce touite très légèrement ironique : « Je dois bien reconnaître que, à tort ou à raison, Benoît XVI a omis de me consulter avant de prendre sa décision #Age #EmploidesSeniors#.»

 

Bon, pas très malin dans les deux cas. Ni très drôle. Mais enfin pas de quoi sonner les cloches de l’Elysée. Alors pourquoi cette réaction disproportionnée ? C’est que Hollande et sa ministre ont bel et bien commis un sacrilège. Mais pas là où on l’attendrait. Les interventions en question n’insultent pas la religion. Le pape est un être humain et non une divinité sur terre contrairement à ce que coassent les grenouilles de bénitier. On peut donc se moquer de lui, comme de n’importe qui d’autres, dans les limites du Code pénal.

 

En l'occurrence, seule la laïcité républicaine a été insultée par le président Hollande et sa ministre des gérontes. En matière d’organisation interne des religions, les représentants de l’Etat n’ont qu’un seul droit : celui de la fermer.

 

 Ni notre dessinateur Acé ni votre Plouc ne sont assermentés (quoiqu’assez remontés parfois) ; ils peuvent donc s’en donner à cœur joie.

 

Jean-Noël Cuénod

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Pour ceux qui veulent juger sur pièce, voilà la vidéo qui a enregistré le gag hollando-papal. Il intervient aux alentours de 22 minutes et 15 secondes.

 

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10/02/2013

PRIERE AVEUGLE

 

 

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Ô Eternel écoute mon silence !

Parce que tout te nie je crois en Toi

Tu es l’évidence que je ne sais pas voir

Mais qui éclaire mon chemin nocturne

Au bout de la route Tu seras là

Et je Te découvrirai sous mes traits

 

Grand Immobile ! tout autour de toi

Se fend se défend se ment se dément

Rien n’est certain tout est masque sur masque

Rien n’est stable tout s’écoule et s’écroule

Mais il y a cette musique en nous

Ô Eternel écoute mon silence !

 

Jean-Noël Cuénod

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08/02/2013

Mariage gay, le parlement français noyé sous les tweets!

 

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Dessins d'Acé

Les quelque 5000 amendements déposés par l’opposition pour freiner l’adoption – inéluctable – du mariage gay déroulent encore et toujours leurs moulins à prières dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale française. Afin de ne pas prêter le flanc – le Plouc allait écrire le Flanby, hélas cette frandise vient de fondre sous le soleil malien – à des répliques et dupliques en triptyques, les députés de la majorité envoient dans les azimuts las des tweets, tout comme la French First Girlfriend. Il y en a tellement, de ces tweets, que les instances du Parlement parlent d’en interdire, ou du moins d’en réglementer l’usage. Voilà qui a inspiré notre ami Acé.

 

Les tweets de députés que nous avons lus sont aussi dépourvus d’intérêt que les interventions orales de leurs auteurs. Avec toutefois, un immense avantage: ces gazouillis ne peuvent pas dépasser 140 caractères. En fait, au lieu d’interdire de tweeter, il faudrait imposer aux parlementeurs ce module à tous leurs discours. Au-delà de 140 caractères – crac! – le micro est coupé.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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07/02/2013

L’Eglise catholique contre le mariage gay : est-ce vraiment un bon choix?

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Dessin d'Acé

La guerre contre le mariage homosexuel, en France, a pour général l’Eglise catholique. Les manifs sont devenues sa chose. Elle fournit le gros des troupes, la logistique, la propagande, les directives, les slogans, la tactique, la stratégie. L’UMP se contente de faire traîner les débats au parlement. Aux prises avec une crise interne qui est en train de faire sombrer une partie de ses dirigeants, le grand parti de la droite a laissé à l’Eglise romaine le soin de remuer ciel et terre.

 

Certes, les organisateurs des «manifs pour tous» – en opposition au «mariage pour tous» du projet de loi gouvernemental – prennent soin de relativiser le poids de l’institution catholique mettant en avant des représentants d’autres religions, des groupes d’homosexuels antimariage et même une res- capée du socialisme mitterrandien, Georgina Dufoix, qui présente l’avantage d’offrir aussi une caution protestante à cette cause.

 

Mais, à la base, en province, ce sont les paroisses qui accomplissent le travail militant, dûment chapeautées par les diocèses. Dans les cortèges contre le mariage homosexuel, l’homogénéité est frappante: la foule est blanche, familiale et provinciale.

 

Cette implication massive est-elle un bien pour l’Eglise catholique? A court terme, la réponse est sans aucun doute positive. A moyen et long terme, on peut y voir le signe de son repliement et, donc, de son déclin.

 

A court terme: alors que la plupart des médias la considéraient comme une relique du passé, tout juste bonne à être diluée dans la laïcité républicaine, l’Eglise catholique démontre qu’elle représente une importante partie des Français et qu’elle est en mesure de les faire agir sur le plan politique. Cent huit ans après la séparation de la religion et de l’Etat, le phénomène mérite considération.

 

A moyen et long terme: par son engagement contre le mariage gay, l’Eglise romaine apparaît avant tout comme l’expression religieuse d’une tribu française. Une tribu importante, certes. Mais une tribu quand même. Ce qui ne correspond nullement à l’étymologie du mot «catholique» qui, en grec (katholikós), signifie «universel». Il est vrai que, depuis la Réforme, cette universalité est battue en brèche.

Si la grande «manif pour tous» du dimanche 13 janvier a réuni une foule considérable – entre 340 000 et 1 000 000 manifestants – un tel succès ne saurait occulter ce fait: la position de l’institution catholique contre le mariage gay est de plus en plus minoritaire, comme l’illustrent les plus récents sondages. Tous s’accordent pour évaluer à quelque 60% la part des Français favorables au projet gouvernemental. Même l’adoption par des couples homosexuels, approuvée par près de la moitié des personnes interrogées, progresse dans l’opinion.

 

L’Eglise catholique a donc bien mobilisé sa base. Mais elle apparaît désormais comme la représentante d’un combat d’arrière-garde.

 

Jean-Noël Cuénod

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05/02/2013

La Cour européennes des droits de l'homme bénit la secte du Mandarom

 

Rappelez-vous. Cela se passait dans les années 90. La secte aumiste du Mandarom implantée en France et bien représentée en Suisse romande suscitait à la fois rires et craintes. Son gourou, autoproclamé «Messie Cosmoplanétaire de synthèse» — Gilbert Bourdin de son nom civil — régnait sur de nombreux disciples dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il s’était fait ériger à son effigie une statue de 33 mètres dans le plus impur style Walt Disney flamboyant. Cette monstruosité a été détruite en 2001.

 

A Genève, des membres de cette secte avaient créé une agence de sécurité. Alors conseiller d’Etat chargé du Département de justice et police, Gérard Ramseyer décidait, le 14 juillet 1995, de retirer au directeur de cette agence son autorisation de l’exploiter, de même que ses permis de port d’armes. Le magistrat notait à propos du «Messie Cosmoplanétaire»:

 

«Il apparaît comme quelqu’un de déséquilibré qui mène une guerre interplanétaire contre les lémuriens et les atlantes en brandissant une arme de type science-fiction».

 

Eh bien, cette secte a reçu récemment la bénédiction de la Cour européenne des droits de l’homme qui siège à Strasbourg! Deux autres mouvements, dont l’un est aussi lié au Mandarom, en ont également profité. En effet, l’Etat français a été condamné à verser 3.599 551 euros au Mandarom (la deuxième secte recevra 387.722 euros et la troisième 36.886). Non, vous n’avez pas rêvé. La France, aux prises avec les pires difficultés budgétaires, va devoir passer à la caisse en faveur des chasseurs de lémuriens et autres atlantes. Il fait dire que les taxes cosmoplanétaires n’existent pas encore. Quelle lacune!

 

Le fisc d’outre-Jura avait taxé d’office à 60% les dons manuels des adeptes de ces mouvements. Or, appliquant sa jurisprudence qui avait déjà profité aux Témoins de Jéhovah, Strasbourg estime que par cette procédure fiscale la France porte atteinte à la liberté de religion. Serge Blisko, le nouveau président de la Miviludes (la mission interministérielle française sur les sectes) s’étonne: «Si ces associations ont été condamnées, c’est bien pour des dérives sectaires».

 

En l’occurrence, deux logiques s’opposent. Pour les Anglo-Saxons, la liberté de religion l’emporte sur la protection des individus. Pour l’Europe continentale, c’est avant tout la liberté de l’individu qui doit être préservée. Or, de nombreux cas, parfois tragiques, ont démontré à quel point les sectes savaient manipuler leurs adeptes, profitant de leurs faiblesses passagères ou chroniques et vidant ainsi leur liberté individuelle de sa substance.

 

La France avait décidé de frapper ces mouvements obscurantistes au porte-monnaie. Elle en est aujourd’hui pour ses frais et devra recourir à d’autres moyens contre les abus sectaires. Mais il faudrait aussi que la Cour européenne des droits de l’homme prenne mieux en compte le point de vue continental en matière de lutte contre les sectes.

 

Jean-Noël Cuénod

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Un petit aperçu de l'enseignement bouleversifiant du Messie Cosmoplanétaire racontant ses exploits guerriers contre les entités physiques, Lémuriens et autres Atlantes. Un général lémurien s'était même introduit dans l'enveloppe corporelle de son chien... Le Plouc se pose cette question à trois nonos, qu'est-il devenu, ce clebs?


Les exploits guerriers du Messie cosmoplanétaire par darimon 

 


 

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03/02/2013

François Hollande et l'hirondelle malienne

 

Pour François Hollande, une hirondelle, même malienne, ne fait pas le printemps. Samedi à Bamako, le président français a été acclamé par une foule reconnaissante. Mais son prédécesseur Sarkozy avait connu pareille liesse en septembre 2011 à Benghazi, après l’intervention française en Libye. Huit mois plus tard, il mordait la poussière à l’élection présidentielle.

 

Certes, même ses détracteurs sont obligés de l’admettre, François Hollande a démontré à l’occasion de la guerre au Mali toutes ses capacités à prendre des décisions vitales, avec efficacité et rapidité. Il est désormais entré dans cet habit de président que Nicolas Sarkozy, même après la chute du despote libyen, n’avait jamais su revêtir.

 

Cela dit, le quinquennat de Hollande sera jugé à l’aune sociale et non pas malienne. Les succès militaires ne font pas le poids face à l’effondrement de l’industrie française, aux fermetures d’usines quasi quotidiennes, à la pauvreté qui s’étend et s’installe.

 

Si au Mali, le président peut user des impressionnants pouvoirs que la Constitution française lui confère en tant que chef des armées, ils ne lui sont guère d’utilité sur les plans économique et social. Dans ce domaine, le volontarisme politique se heurte à la dure réalité du monde globalisé. Goodyear, Mittal et les autres grands groupes financiers et industriels sont autrement plus puissants que les terroristes, même aguerris et bien armés.

 

Les dirigeants français de tous les bords politiques se sont raconté de jolis contes pendant des lustres, en proclamant qu’ils pouvaient tout faire dans leur pré carré. Or, seule l’Europe dispose de la taille critique nécessaire pour tenir sa partie dans l’économie globalisée. C’est donc vers l’Europe que le président Hollande devrait diriger son action et faire œuvre de pédagogie vis-à-vis des Français, plutôt que de les bercer d’illusions perdues d’avance.

  

Jean-Noël Cuénod

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Le discours de Bamako dans son intégralité

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