26/02/2013

Dominique Strauss-Kahn gagne au Tribunal contre sa « traîtresse » qui le compare à un cochon

 

Le plouc a fait râcler ses gros souliers au Palais de justice de Paris. Voilà sa chronique avec, en sus, un dessin d’Acé.

 

 

«DSK fait recette!» Le vénérable Henri Leclerc, l’un des défenseurs de Dominique Strauss-Kahn, ne risque pas d’être démenti. Le Tout-Paris médiatique froufroutant et piapiatant se tasse, mardi matin, à la XVIIe Chambre du Tribunal de Grande Instance. DSK en personne assiste à cette audience de référé (mesures urgentes).

 

L’objet de sa révolte, le livre de Marcela Iacub, «Belle et Bête» paru chez Stock, où il est présenté «mi-homme mi-cochon». Il réclame l’insertion d’un encart dans chaque exemplaire du bouquin, voire, à titre subsidiaire, son interdiction pure et simple. Et attaque aussi le Nouvel Observateur qui a publié une interview de Marcela Iacub — elle y établit le lien entre le «cochon» antihéros de son livre et DSK — ainsi que les bonnes feuilles de «Belle et Bête».

 

 L’ex-futur président de la République réclame la publication judiciaire de la décision sur la couverture de l’hebdomadaire.

 

En fin de soirée, la présidente Anne-Marie Sauteraud rend sa décision: le livre ne sera pas interdit mais l’éditeur Stock devra insérer un encart, comme le réclame DSK. Quant au «Nouvel Obs», il devra publier cette décision sur la moitié de sa «une». Marcela Iacub, son éditeur et le magazine devront verser en tout 75 000 euros au plaignant.

 

Dès le début de l’audience, parole lui est donnée. Costume sombre, visage tanné comme le cuir d’un vieux chef apache, la paupière lourde qui laisse filtrer un regard de caïman, Dominique Strauss-Kahn prend la présidente Sauteraud à témoin: «Je suis choqué par ce texte méprisable et totalement mensonger qui fait fi de ma vie privée, de ma vie familiale, de la psychologie de mes enfants. Je suis surtout horrifié par les procédés utilisés».

 

En effet, pour écrire son bouquin, Marcela Iacub s’est glissée dans l’intimité de DSK en devenant sa maîtresse, de fin janvier à août 2012. Elle l’avoue explicitement dans l'interview au «Nouvel Obs» ainsi qu’à l’occasion d’un courriel (1) qu’elle a envoyé à son ancien amant le 26 novembre dernier, courriel que brandit, teint brique et yeux fulminants, Me Jean Veil autre avocat du plaignant. Marcela Iacub y admet avoir publié un autre livre défendant DSK, dans le but de l’appâter afin de rédiger «Belle et Bête». A la demande, affirme-t-elle, de ses éditeurs. On ne sait si Strauss-Kahn doit se sentir outragé ou alors flatté — les deux, sans doute — d’être la cible d’une stratégie si élaborée.

 

Me Leclerc plaide: «Si la liberté de presse cède devant l’argent et sombre au plus bas, alors elle ne peut plus s’appeler liberté. C’est la société qui est en danger!» Réplique de Me Bigot (ça ne s’invente pas !) avocat de Stock: «DSK est un phénomène politique et humain qui relève de l’intérêt public».

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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Commentaires

Et vous aimez ce dessin?

Sinon pour le détail des dédommagements que vous avez estimé bon de globaliser -sinon de mutualiser- "Le NouvelObs" est condamné à verser 25.000 euros d'indemnités, Marcela Jacub est condamnée solidairement avec les Editions Stock a verser 50.000 euros d'indemnités de dédommagement.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 26/02/2013

«Si la justice cède devant l’argent et sombre au plus bas, alors elle ne peut plus s’appeler justice. C’est la société qui est en danger!»

Dédié à la "justice" us.

Écrit par : Johann | 27/02/2013

PS: cela fait longtemps que la liberté de la presse a cédé devant l'argent et devant le pouvoir.

Cf. JFK, 911, Ben Laden...

Écrit par : Johann | 27/02/2013

Même face à la pire des bassesses, comme étaler en publique ses exploits dans l'unique but de nuire, nous assistons les bras tombants, à l’irrésistible ascension de ce nouveau club d'admirateurs, version nouvelle collabos des temps modernes !

Alors que le Pape en personne s'est fait épinglé dans sa fuite par des accusations de pédophilie, certains préfèrent changer de sujet et chasser la DSK, exactement comme à la grande époque couronnée par le règne du moustachu.

Si il y a bien une chose de révélateur dans le dossier Iacub, c'est que DSK est innocent de toutes les cabales et traquenards dont il a été victime !

Cette fois c'est clair, la justice n'a traîner ni pu tergiverser dans les dédales de compassions secrètes, Iacub est inculpée, que ne ferait-on pas pour quelques miettes de célébrité, quitte à salir et activer sa mauvaise langue de serpent !

Écrit par : Corto | 27/02/2013

D'un coté (je parle des intervenants sur le blog de Jean-Noël) les conspirationnistes proches des populismes sans saveur et de l'autre, pas grand monde !!

C'est l'instinct grégaire !!

Écrit par : Corto | 27/02/2013

"C’est la société qui est en danger!"
"Cf. JFK, 911, Ben Laden..."

C'est vous, le négationniste qui doute même de son ombre, qui êtes un danger pour la société.

Écrit par : Patoucha | 28/02/2013

Je fais un remake du copier/coller de la séance au Tribunal pour compléter votre billet...
Au fait, l'auteur du dessin a-t-il fait de même pour la Nafissatou Diallo? Celle qui a trouvé le filon du "viol" pour son immigration au Etats-Unis et s'enrichir avec DSK?

DSK contre Marcela Iacub: un auteur absent qui "demande pardon", un ex présidentiable qui sourit

Par Géraldine Catalano, au tribunal de grande instance de Paris, publié le 26/02/2013 à 20:31, mis à jour le 27/02/2013 à 16:30

C'était le rendez-vous judiciaire à ne pas manquer. L'ex-patron du FMI était présent mardi matin à l'audience du procès contre le livre de Marcela Iacub, son ancienne maîtresse. Pour ses avocats, il s'est fait piéger. Le livre ne sera finalement pas interdit mais un encart y sera inséré. Récit.

DSK contre Marcela Iacub: un auteur absent qui "demande pardon", un ex présidentiable qui sourit

JUSTICE - DSK a-t-il été piégé par Marcela Iacub, son ex-maîtresse présumée qui a écrit un livre sur leur relation?

Costume bleu nuit, cravate assortie, souliers immaculés et teint de vacancier, c'est un "cochon" habillé comme un prince qui s'est présenté ce mardi matin devant la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Suivi d'un essaim de caméras, de journalistes et de curieux, l'ancien directeur général du FMI assignait en référé Marcela Iacub et son éditeur Stock pour "atteinte à l'intimité de la vie privée".

Au coeur du débat, le roman Belle et Bête, dont la parution est prévue ce mercredi et dont les bonnes feuilles ont été publiées par Le Nouvel Observateur, également poursuivi, dans lequel l'essayiste d'origine argentine relate sa liaison, de janvier à août 2012, avec l'ancien ministre, décrit comme un être "mi-homme mi-cochon". Le livre, déjà imprimé à 40 000 exemplaires, devait-il faire l'objet d'une interdiction?

Au palais, c'est l'effervescence des grands jours. La grande salle est comble, les trois conseils de DSK en imposent. L'ancien patron du FMI goûte l'ambiance autrement plus bienveillante que celle du tribunal de New York.

En face, le camp paraît bien dépeuplé. Ni Marcela Iacub, ni Laurent Joffrin, directeur de la publication du Nouvel Observateur, n'ont en effet choisi de faire le déplacement. Me Didier Leick, qui défend l'hebdomadaire, commence par s'étonner de la qualification des poursuites: "Cette affaire relève de l'injure, pas de la vie privée!" Une demande de requalification est "l'argument du désespoir", lui réplique aussitôt Me Richard Malka, l'un des avocats de DSK. Mais c'est l'ancien présidentiable que tout le monde attend.

Un homme qui est déjà assez à terre

"Monsieur Strauss-Kahn, souhaitez-vous prendre la parole?", demande Anne-Marie Sautereau, la présidente. L'ancien ministre avance sa silhouette trapue jusqu'au micro puis, sur un ton grave, déplore qu'on s'en prenne à "un homme qui est déjà assez à terre".

"Je suis choqué par un texte méprisable et mensonger. Cette affaire me dépasse très largement", conclut-il, demandant que la justice mette un coup d'arrêt à des éditeurs, des journalistes et des auteurs prêts à n'importe quoi pour faire de l'argent".
Le mail qui change tout

L'ancien patron du FMI a déjà livré des discours plus inspirés. Mais qu'importe: Mes Jean Veil, Richard Malka et Henri Leclerc ont de l'éloquence à revendre et une petite bombe qu'ils ne tardent pas à dégoupiller. Elle s'appelle "pièce numéro trois" et prend la forme d'un mail envoyé par "Iacub Marcela" à "Strauss-Kahn Dominique", le 26 novembre dernier, soit quelques jours avant que l'essayiste ne mette le point final à son roman.

La salle dresse l'oreille, Me Veil prend une profonde inspiration, puis, l'oeil gourmand, commence l'édifiante lecture: "Cher Dominique, après tant de mensonges et d'esclandres, je me sens obligée maintenant à (sic) te dire la vérité. Je suis une personne honnête et je me suis laissé entraîner d'une manière un peu légère dans un projet te concernant auquel je n'aurais pas dû participer. Les gens avec lesquels j'ai travaillé m'ont un peu dégoûtée après coup parce qu'ils se sont servi de moi comme d'un instrument pour te nuire." (...)

La liberté artistique n'est pas un droit à tuer!

"Mon livre sur ton affaire américaine, je l'ai écrit parce que ce sont eux qui me l'ont demandé. Le fait de chercher à te rencontrer était parti du même projet. Il m'a fallu te faire croire que j'étais éprise de toi, que j'étais folle de toi. Je te demande pardon mais je sais que tu ne me pardonneras jamais. (...) Je te demande d'effacer ce mail. Je ne veux pas ajouter cet aveu aux problèmes terribles que j'ai en ce moment à cause d'eux. Ce ne sont pas des gens méchants mais un peu inconscient et fous".

Une manipulation, un auteur qui regrette, des "vilains" non identifiés, la réalité s'avère décidément bien plus passionnante que la fiction, pense soudain l'auditoire. Me Christophe Bigot, l'avocat de Marcela Iacub et de Stock, s'enfonce sur son banc... Me Veil goûte son effet, puis reprend sa démonstration. Il évoque le coup monté d'une bande organisée aux seules motivations mercantiles. Car enfin, "tout est caché dans cette affaire! Et l'argent est là, il suinte de partout!", s'emporte-t-il. "La liberté artistique n'est pas un droit à tuer, ou alors, nous basculons dans la barbarie", renchérit Me Malka, qui s'amuse à surnommer Mme Iacub, dont le roman est "à trou de serrure et non à clé", "Marcela Cartland".

A en croire le clan DSK, le livre n'aurait sa sa place que "dans les cabinets d'aisance où l'on doit pouvoir en faire l'usage intime de son choix."
Les scènes sexuelles, atteinte à la vie privée?

Le cas de la littérature étant scellé, vient le tour du Nouvel Observateur et de son directeur de la rédaction, Laurent Joffrin. C'est Henri Leclerc qui s'y colle. Le ton est forcément sérieux, hugolien: "La liberté de création, je l'ai déjà défendue. Oh, j'ai eu bien des déceptions, j'ai connu bien des échecs. Ce que fait le Nouvel Obs aujourd'hui, c'est ce que fait la presse de caniveau qui crache sur un homme à terre."

Sa voix sa fait murmure, puis vacarme, réveillant d'un coup l'auditoire: "C'est la civilisation qui est en cause!"

La démarche littéraire d'une femme blessée par la passion

Diantre. Accoudé sur la tablette voisine comme au rebord de la fenêtre d'une décapotable, DSK savoure, sourire aux lèvres. Il roule tout droit vers une victoire et il le sait.

La tâche s'annonce bien rude pour Me Bigot et Me Leick. Pendant plus d'une heure, les deux avocats livrent bataille pour tenter de sauver les meubles. Le premier raille la grandiloquence de ses adversaires: "La société serait en danger à cause du livre de madame Iacub? C'est bien dit mais c'est grotesque." Il rappelle les "moeurs libertines" revendiquées de l'ancien ministre et défend la démarche littéraire d'une femme blessée par la passion. Celle-ci, assure l'avocat, lui a du reste assuré pas plus tard qu'hier ne plus se souvenir du mail envoyé à son ancien amant, fin novembre.

Les scènes sexuelles, une atteinte à la vie privée? "Mme Iacub dit elle-même qu'elles sont fausses et romancées!", conclue-t-il. Au nom du Nouvel Observateur, Me Didier Leick implore, de son côté, que l'on ne "tue pas le messager d'une mauvaise nouvelle. Un scoop, ça a un sens, non?"

Il est 13 h 30. La présidente annonce la fin de l'audience et le début des délibérés. L'ancien ministre s'offre une sortie de star avant d'aller déjeuner et de rejoindre son nouveau fief de Montparnasse. Le souper sera plus délicieux encore: peu avant vingt-et une heure, la cour annonçait la condamnation du Nouvel Observateur, de Marcela Iacub et des éditions Stock, ainsi que l'insertion d'un encart dans chaque exemplaire de"Belle et Bête".

Source: L'Expresse

NouvelObs condamné à verser 25 000 euros de dommages et intérêt à l'ancien patron du FMI.25'000 Euros Laurent Joffrin pour vous apprendre à vivre! H E U R E U S E :)

Écrit par : Patoucha | 28/02/2013

Combien faut-il de cochonnes pour faire UN cochon ????

Écrit par : Corto | 04/03/2013

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