15/02/2013

Scandale de la viande de boeuf qui hennit: un Spanghero peut en cacher un autre

Le scandale de la viande de boeuf qui hennit risque de jeter au chômage les ouvriers et les sous-traitants de l'usine à bidoche Spanghero à Castelnaudary, pays du rugby-cassoulet.

 

Mais il fait aussi une autre victime, la famille Spanghero. Or, elle n'a plus rien à voir avec cette usine. Les frères Claude et Laurent Spanghero l'avaient fondée en 1970 et l'ont revendue à la gigantesque coopérative basque Lur Berri en 2009. Mais l'une des clauses exigées par l'acheteur était de conserver le nom Spanghero. Pourquoi? Parce que dans le Sud-Ouest, ce nom est synonyme de courage, de travail, de réussite sociale. La fratrie Spanghero a dominé le rugby des années 1965-1975. Parmi les cinq frères qui se sont consacrés à ce sport magnifique, Walter est le plus connu. Force de la nature et dur avec lui-même, il était considéré comme le roi du placage et l’empereur du tampon. Sa légende prétend qu'il fallait au moins six gros bras pour arrêter ce troisième ligne, auteur d'essais en force qui restent dans les mémoires de l'INA, l'Institut national de l'audiovisuel.

 

Walter Spanghero a subi une dizaine de fractures sur le terrain de sport mais aussi à la ferme familiale. Un jour, il s’était brisé la clavicule en remuant un tracteur. «Crac», il remet en place la clavicule, poursuit son boulot, ne dit rien à son médecin car il devait jouer un match avec l’équipe de France quinze jours plus tard. La partie terminée, «L’Homme de fer» - comme le surnommaient les Néo-Zélandais – a enfin consenti à faire un tour chez le toubib. Qui s’aperçoit que la clavicule s’était réduite d’elle-même, sans soin. Avec simplement une grosse bosse: «Mais bon l’esthétique, on s’en fout sur le terrain. L’important, c’est que ça tienne», expliquait le grand Walter – 1, 87 mètre et 100 kilos - au journaliste qui l’interviewait.

 

Les Spanghero ont de qui tenir. Leur père, maçon dans le Frioul, avait quitté l’Italie et la famine pour s’établir dans le sud-ouest de la France. A force de travail, il a acheté une petite ferme qui s’est agrandie. Bosseurs, les frères Spanghero conjuguaient rugby et travail à la ferme – le professionnalisme n’existait pas encore - mais aussi à l’école. De garçon de ferme, Walter est devenu employé de banque puis s’est lancé dans les affaires.

 

Aujourd’hui, ces gros costauds de Spanghero pleurent de honte devant les caméras. Une honte qui n’est pas la leur, puisque l’usine n’est plus leur propriété: «Mais voilà, notre nom est jeté dans la boue». Dans la boue, le grand «Oualtère» s’y jetait jadis à Twickenham, à Cardiff, à Colombes. Mais c’était pour la bonne cause.

 

 

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Commentaires

le fait de mettre à la porte du personnel est encore plus honteux que la fraude elle-même!On peut ne pas aimer certaines grandes surfaces mais cela n'implique pas non plus de faire payer à des employés ce qui n'a pas eut pour incidence de mettre en danger la vie d'autrui.Certains des délateurs feraient bien de se remettre aussi en cause !

Écrit par : lovsmeralda | 16/02/2013

La boue des tranchées, en quelque sorte, où se jetaient les frères pour l'honneur, n'a rien à voir avec la boue d'épandage qu'on essaye de répandre sur leur nom... nous ne sommes pas dupes!

Écrit par : Cara | 16/02/2013

"Les frères Claude et Laurent Spanghero l'avaient fondée en 1970 et l'ont revendue à la gigantesque coopérative basque Lur Berri en 2009."

Je suis soulagé d'apprendre que la famille Spanghero n'y est pour rien dans toute cette saloperie. Famille modèle.

Écrit par : Giona | 16/02/2013

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