13/01/2013

Mali, accord syndical et manif contre le mariage gay,François Hollande, hyper-président malgré lui

A propos du week-end tourmenté vécu par François Hollande, le plouc vous balance son édito qui paraît lundi dans la "Tribune de Genève" et "24 Heures". Avec, en supplément, un dessin de l'excellent Acé. 


 

Les événements façonnent les hommes autant que les hommes façonnent les événements. Il en va de François Hollande comme de bien d’autres. Le président français voulait mener une gouvernance apaisée avec un premier ministre placé en première ligne. C’est-à-dire tout le contraire de la présidence Sarkozy. Mais les circonstances ne l’ont pas voulu ainsi. Lors de ce week-end qui apparaît comme un tournant de son quinquennat, François Hollande est devenu cet hyperprésident qu’il refusait d’être.

 

Afin d’empêcher les groupes islamistes liés à Al-Qaida de prendre Bamako, la capitale du Mali, le président a donné ordre à l’Armée française d’intervenir. Décision pleine de périls, notamment en raison des huit otages français capturés au Sahel par les islamoterroristes. Mais décision inéluctable, dans la mesure où il ne saurait être question de laisser l’une des principales capitales africaines aux mains des pires ennemis de la démocratie et de la liberté.

 

Autre événement intervenu ce week-end: la signature de l’accord sur la «flexisécurité» par les organisations patronales et trois syndicats de salariés, dont la CFDT. Là aussi, Hollande a dû faire montre de sa résolution, œuvrant en coulisses et distillant les pressions pour que cet accord — qui était tout sauf aisé à obtenir — puisse aboutir. Ce texte ne satisfait certes pas deux grandes centrales syndicales, CGT et FO, et ne saurait donc être qualifié d’«historique».

 

 Toutefois, il va transformer assez profondément le marché du travail et démontre que le dialogue social est chose possible. Pour la France, habituée aux échecs des pourparlers syndicats-patronat, c’est un changement radical de comportement collectif.

 

Enfin, les centaines de milliers de manifestants réunis, hier à Paris, contre le mariage gay vont permettre au président Hollande de démontrer encore une fois sa fermeté, puisqu’il maintiendra sans doute son projet contre vents et marées.

 

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE DESSIN D'ACE

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Commentaires

Je peux imaginer que le temps est effectivement un acteur majeur de l'action politique, à commnecer par le fait qu'il se mesure à d'autres temps celui de l'économique , et celui de la pendule médiatique qui n'est certainement pas Neuchateloise, et qui tend à rythmer l'action des différents acteurs politiques, économiques et sociaux,à force de gaver d'histoires la population jusqu'à l'indigestion .
Il se trouve que le temps qui ne s'arrête pas, qu'il semble se suspendre et se dilater, un président qui doit faire croire qu'il décide de tout dans l'immédiat, alors que toutes ses actions font partie d'une stratégie non-écrite destinée à en faire un hyperpragmatique séduisant toutes les composantes de la nébulleuse sociaux-démocrate, évidemment pour un temps.

Écrit par : briand | 13/01/2013

Jean-Noel, vous écrivez :

"Enfin, les centaines de milliers de manifestants réunis, hier à Paris, contre le mariage gay" !

Je ne le comprend pas comme ça, une bonne partie des manifestants expriment leur doute en ce qui concerne la filiation entre enfants et homoparentalité. Plus précisément, certaines formes de procréations assistées médicalement ou autres dérives permettant à des couples homosexuels de revendiquer une parentalité non-naturelle ! Des sortes d'OGM humains !!

Concernant le Mali et les pays voisins, anciennes colonies françaises, toujours encadrées (de force) par les forces militaires françaises.

La France de Hollande pense s'affronter uniquement aux islamistes maliens, ce qui est une grave erreur, la France se confronte à un phénomène bien plus diffus au sens large du terme, nous avons pu en apercevoir l'ampleur avec le râteau somalien.

La France après avoir abandonner les montagnes afghanes se mute en souris des grandes étendues désertiques afin de se laver de ses affronts passés. Notamment en Libye qui, sans l'apport américain se serait retrouvée gros-jean comme devant. Dans la partie actuelle, compte sans mot dire, sur le concours du gouvernement d'Obama, j'en doute !

Espérons un retrait précipité des la grande muette, un enlisement dans les sables encore chauds serait interprété comme un jihad de la part des fanatiques de tous bords allant de Dunkerque à Ta-man-Rasset (en passant par des contrées toutes plus hautes en couleurs les unes que les autres) !

Les brigades islamistes ne sont pas des Floranges, elles se battent avec d'autres moyens !!

Écrit par : Corto | 14/01/2013

L'UE accorde une aide de cinq milliards d'euros à l'Egypte

L'Union européenne et d'autres institutions financières ont offert à l'Egypte des aides d'un montant de plus de cinq milliards d'euros pour faciliter la transition démocratique du pays, a annoncé dimanche le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à l'occasion d'une visite au Caire.

Combien de ces euros vont revenir sur des comptes privés en Europe ?

Écrit par : Corto | 14/01/2013

La logique du système français contraint le président, qu'il le veuille ou non, à être omniprésent, donc hyper-président!

Depuis 1789 les français sont orphelins car ce peuple a un rapport paternaliste avec le pouvoir. La Ve république accentue, par sa construction quasi monarchique, cette tendance. La place réservée au président est d'être hyper-présent. Si on veut supprimer cela, il faut changer de régime. Malheureusement la France n'y est pas prête alors même que le train européen, cahotant actuellement, devrait pousser les nations qui la compose à ouvrir ce gros chantier, la Gaule en premier!

Là où le président aurait pu être "normal", il choisi la posture que lui confère précisément les institutions. La normalité, dans une démocratie telle que prétend l'être la France, voudrait que sur un enjeu pareil, le peuple soit consulté, donc le référendum. N'est pas De Gaule qui veut!

Il n'en sera rien car ce président occupe la fonction mais il ne l'habite pas. Cette question, de fond, aurait pourtant été une superbe occasion d'imposer son point de vue avec une force inébranlable, celle du suffrage universel.

Pour cela il faut un vrai président, la Ve n'en a connu que deux, un personnage qui survole le débat, le conduit et l'impose par une réthorique hors pair, tâche inaccessible à un énarque engoncé dans les arcanes de l'appareil d'Etat.

Dommage car la question posée vaut la peine puisque le principal acquis de la démocratie est le libre choix de son mode de vie.

Écrit par : Patrick Dimier | 14/01/2013

Patrick Dimier,

Restons plus terre à terre, l'un des derniers atouts de la France au point de vue des exportations, reste son industrie nucléaire, si la France n'a pas la main sur les gisements nigériens, il en est finit de cette industrie "florissante" !

Écrit par : Corto | 14/01/2013

@ corto,

Vous avez certainement raison sur le plan de la corruption matérielle. Je me plaçais sur une plan différent, institutionnel.

Je ne savais pas cette histoire de prêt de 5 milliards € à l'Egypte. Cela montre qu'à coup sûr, sur ce plan-là, le locataire élyséen est très normal, vermoulu par la France-Afrique!

Merci de votre information,

cordialement
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 14/01/2013

Patrick, c'est encore un moyen de faire payer aux contribuables des accords permettant à areva de continuer d'exploiter à bon marché !

Ces 5 milliards arrivent pile-poil au moment où l'Egypte retiendra ses ardeurs contre "l'invasion" de "croisés" en terre d'islam !

Maintenant, bien sûr que ces milliards finirons sur des comptes à numéros, comme ceux de l'ex-pharaon !

La Suisse parle de 300 millions appartenant à moubarak en Suisse, alors qu'il était question de 40 milliards, c'est exactement ce que j'avais prédit il y a 2 ans !

Écrit par : Corto | 15/01/2013

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