21/12/2012

Après Depardieu, Deneuve & Co, le patriotisme fiscal devient tendance

 

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La polémique fait rage chez les vedettes françaises de la scène et des écrans. Les saltimbanques de droite soutiennent Gérard Depardieu dans son exil fiscal vers la Belgique et ceux de gauche, le vouent aux gémonies. Ce qui pourrait n’être qu’un pia-pia pour dîner parisien devient un sujet hautement politique et culturel. Car le comportement de chaque citoyen, quel que soit son pays d’origine, devant l’impôt entraîne toute une série de remises en cause fondamentales qui touchent aux rapports qu’un individu entretient avec ses proches et ceux qui partagent la même communauté de destin, avec son pays et son histoire. La fiscalité pose la question des liens, essentielle pour tous les êtres humains.

 

Avec la crise économique qui se prolonge, les Etats affrontent une demande pressante d’aides sociales et d’engagements pour combattre le chômage. Or, au même moment, ils doivent réduire la voilure. Diminuer le train de vie de l’Etat est nécessaire mais non pas suffisant. Il faut encore améliorer les recettes. Dès lors, le patriotisme fiscal devient furieusement tendance dans la bouche des dirigeants politiques.

 

Mais l’incitation au civisme a ses limites. Dès lors, la tentation est grande pour les Etats de suivre l’exemple américain en liant l’impôt à la nationalité. Où que vous soyez, vous payez l’impôt de votre pays, après déductions des taxes payées dans l’Etat de résidence.

 

Certes, il est possible d’abandonner sa nationalité d’origine, à la condition toutefois de disposer d’un autre passeport. Outre que la démarche n’est pas toujours aisée sur le plan administratif, le fait de renoncer à sa patrie ne va pas de soi. Est-il si facile de devenir un nomade fiscal hors-sol? Ce faisant, je me coupe non seulement de l’Histoire de mon pays, mais je tire aussi un trait sur tous les miens qui se sont battus pour lui.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

19:44 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : fisc, stars, depardieu, deneuve, torreton, morel | |  Facebook | | |

Commentaires

«Où que vous soyez, vous payez l’impôt de votre pays, après déductions des taxes payées dans l’Etat de résidence.»

Ce qui équivaut à payer pour le surplus de nationalité. Je trouve ça parfaitement normal.

Disposer de pays interchangeables pour des motifs économico-politiques est à mon sens totalement égoïste. Lorsque qu'on quitte son pays pour aller brouter l'herbe plus verte d'ailleurs, et qu'on réclame la nationalité du pays d'accueil, on rend le passeport d'origine.

La polygamie civique devrait être totalement proscrite.

Rien de plus répugnant que ses exilés du tiers-monde qui viennent faire leurs études ici - souvent à la charge de leur pays d'origine - et qui ne retournent pas chez eux pour participer au développement.

Écrit par : petard | 22/12/2012

on voit mal le fisc genevois voir la fiscalité de ses résidents liés à leurs origines nationales... Genève d'où les suisses d'origine non binationaux ont pratiquement disparu

pendant que le fisc français applique de fait la double-imposition à ses résidents salariés sous imposition à la source à Genève - ce qui aboutit au même résultat que le système US fiscalisant ses nationaux expatriés

pendant que la dérive des expatriés fiscaux français ne fait qu'exister depuis des lustres: et ne font que le beurre ou le sel des médias actuels, tel dernièrement Afflelou s'installant fiscalement à Londres, pourtant auparavant fiscalisé forfaitaire en Suisse, ses stés au Luxembourg

la tendance est vieille, elle ne fait qu'apparaître plus cruciale.

Écrit par : Pierre à feu | 22/12/2012

Et puis aussi on se coupe de tous les siens qui ont fait peu pour lui, ou qui même ont plutôt nui. L'argument n'est pas très bon. Rousseau disait qu'on pouvait à tout moment rompre le contrat républicain, et sortir de la République, individuellement, que chacun était libre de le faire. Finalement, même les républicains, arrivés devant cette possibilité, n'en veulent plus, et disent: et alors, qui est libre en ce monde? Et alors, et la France? Comme on disait autrefois: et le service du roi? Le pacte républicain n'a de l'énergie en lui que s'il est libre, disait Rousseau. L'histoire n'est pas un argument. On fait sienne celle qu'on intègre par la pensée, pour soi, la liberté reste de mise, on n'est pas contraint parce que les autres ont fait avant soi. On peut s'assimiler à l'histoire de l'ancienne Rome, comme Lovecraft qui parfois disait qu'il y avait vécu dans une vie antérieure! Rousseau parlait lui aussi plus de l'histoire romaine que de l'histoire de France ou de la république de Genève. On prend ses modèles où on veut.

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/12/2012

Qu'il dégage et qu'on n'en parle plus...

Écrit par : Berrekla kamel | 22/12/2012

Pourquoi c'est toujours les potes à Sarkozy qui s'en vont les premiers ?

Écrit par : Berrekla kamel | 27/12/2012

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