17/12/2012

Après la tuerie de Newtown, l’adieu aux armes n’est pas pour demain

 

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Le bilan de la tuerie de Newton laisse pantois: vingt bambins de 6 à 7 ans et six adultes assassinés par un dingue des flingues de 20 ans, abattu à son tour. Ne croyez pas que ce bilan effarant désarmera la puissante National Rifle Association qui vient de dépenser 9,8 millions de dollars pour qu’Obama ne soit pas réélu à la Maison-Blanche. Créé dans l’Etat de New York en 1871, ce groupe de pression s’appuie sur 4 millions de membres. Le but principal de la NRA: promouvoir le doux commerce des armes à feu en persuadant chaque Américain que sa survie nécessite l’acquisition de revolvers, pistolets, fusils et autres instruments destinés à harmoniser les relations humaines (voir le dessin d’Acé)

 

Mission remplie pour la NRA: 200 millions d’armes à feu (pour 300 millions d’habitants) circulent aux Etats-Unis, selon les chiffres de la Police Foundation.

 

Le tueur de Newtown, Adam Lanza, a été élevé par sa mère dans ce culte mortifère. Au domicile maternel, le jeune homme avait le choix: deux pistolets, deux fusils de chasse et une arme semi-automatique dont Mme Lanza était particulièrement fière puisqu’elle la montrait souvent à ses invités. C’est avec ce fusil que son fils l’a tuée avant d’entamer sa course criminelle contre l’école enfantine.

 

Depuis sa première élection, cela fait quatre fois que Barack Obama doit se rendre au chevet des familles victimes après un massacre de masse, comme il l’a souligné dimanche soir à Newtown. «Ces tragédies doivent prendre fin. Et pour qu’elles prennent fin, nous devons changer», précise le président américain. Vaste programme!

 

En effet, croire qu’une réglementation plus sévère du commerce des armes suffirait à éradiquer la violence américaine relève de l’illusion. Elle est profondément inscrite dans l’histoire de ce pays, qui a bâti son empire sur les ruines des tribus amérindiennes. Sa culture, ses mœurs, son capitalisme version brutale la développe quand elle ne la célèbre pas. Avec des effets positifs, illustrés par l’extraordinaire énergie américaine qui a permis à l’Europe – avec l’apport décisif des peuples soviétiques – de se libérer du joug nazi. Mais avec des effets terriblement négatifs, comme les massacres de masse dont le nombre ne cesse de croître.

 

Pour l’instant, le changement de mentalité espéré par Obama ne paraît guère de saison. A la tuerie de Newtown, des Américains répondent par le lancement d’une pétition réclamant «une arme dans chaque salle de classe». Samedi, ils étaient 1423 à l’avoir signée. Pourquoi ne pas transformer carrément les jardins d’enfants en champs de tir?    

 

A cette Amérique folle de ses armes, nous préférons celle de Victoria Soto (photo), l’héroïne de Newtown. Cette institutrice de 27 ans, mère de deux enfants, a sauvé la vie de ses élèves au détriment de la sienne. Lorsque Lanza a commencé son massacre, elle a enfermé les écoliers dans les placards de la classe, puis elle a répondu au tueur qu’ils se trouvaient dans le gymnase. Après avoir assassiné l’institutrice, il a délaissé la classe pour s’engouffrer dans le gymnase.

 

Honneur à cette belle âme.

Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

Ne faudrait-il pas s'intéresser aux racines culturelles de ce pays? de nombreux pays possèdent beaucoup plus d'armes par habitant (Suisse,Canada) et ne connaissent pas ces tueries.

Écrit par : Berrekla kamel | 17/12/2012

Vous pouvez crachez ce que vous voulez sur les USA, ça n’effacera pas les faits, a savoir que la qualité de vie de la classe moyenne inférieur, et ouvrière, y est infiniment meilleure que dans une banlieue française.

Écrit par : Eastwood | 18/12/2012

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