26/10/2012

Les classes moyennes et l’étranger obsédant

A quoi ressemblent-elles, ces classes moyennes que les gouvernements caressent dans le sens du poil électoralement, pour mieux les tondre fiscalement? Entre le patron d’une petite boîte et son informaticien, les intérêts diffèrent quand ils ne divergent pas. Pourtant, ils partagent tous deux cette caractéristique propre aux classes moyennes: d’une part, leurs revenus sont trop importants pour qu’ils bénéficient des aides sociales réservées aux « superpauvres »; d’autre part, leurs revenus et leur fortune sont trop réduits pour qu’ils évitent les rigueurs de leur fisc d’origine en jouant à saute-frontières, à l’instar des « superriches ».

 

Pour les gouvernements confrontés aux crises et, pour les moins prévoyants, au poids de la dette publique, les classes moyennes constituent donc les gibiers privilégiés quand il s’agit de remplir les caisses de l’Etat. Les «gens de la moyenne» se considèrent à juste titre comme visés. D’où la naissance chez eux d’un fort sentiment d’injustice à l’égard des catégories qui échappent aux rigueurs fiscales, les « superriches » et les « superpauvres ». Dans les deux cas, l’étranger, sous ses différentes formes, est visé. Comme point d’arrivée des « superriches » qui s’y réfugient pour fuir leurs responsabilités fiscales. Comme point de départ des « superpauvres » qui fuyant la misère et la guerre, cherchent à trouver dans nos pays européens une terre pour vivre, voire survivre.

 

La colère contre les « superriches » s’épuise vite. Tout d’abord, ils ne sont plus là, «sous la main». Et les tentatives pour les faire cracher au bassinet collectif ont été, jusqu’à maintenant, vouées à l’échec. Dès lors, la colère des classes moyennes se tourne vers les « superpauvres » qui, eux, partagent le même espace local ou national. Les voilà supposés délinquants, islamo-intégristes, terroristes en puissance et profiteurs des aides sociales.

 

 Toutes les analyses, toutes les démonstrations pour démontrer la fausseté de ces allégations n’ont aucun effet. Lorsque la colère sociale a trouvé un os à ronger, comment le lui retirer des mâchoires? Les diverses versions de l’extrême-droite européenne l’ont fort bien compris. Il faut chasser les « superpauvres », clament-elles. C’est le thème sous-jacent de l’actuelle islamophobie. Ce discours rencontrant une audience de plus en plus élargie, il peut fort bien mener au pouvoir ceux qui le répètent façon mantra. Que feront-ils alors? Retour aux frontières murées? Ce n’est plus possible tant nos économies nationales sont imbriquées les unes dans les autres. Expulsions massives? Mais il faudrait passer des accords avec les pays d’origine. Et pourquoi ces derniers le feraient-ils? Pour les beaux yeux de Marine Le Pen et de ses «coreligionnaires» suisses?

 

Si le succès des mouvements d’extrême-droite en Europe est possible voire probable, leur échec est donc inscrit dans leur idéologie. Se posera alors la seule vraie question: comment faire payer les « superriches 

 

Jean-Noël Cuénod

10:31 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : étranger, islamophobie, extrême-droite, classes moyennes | |  Facebook | | |

Commentaires

" Toutes les analyses, toutes les démonstrations pour démontrer la fausseté de ces allégations n’ont aucun effet. "

Quelles analyses ? les statistiques de la population de champs-dollon par exemple ? Ou ne serait ce qu'un sentiment subjectif de menu halal.

Écrit par : Eastwood | 26/10/2012

Contrairement à Monsieur Thévoz, avez oublié d'ajouter la signature de Monsieur Ouardiri.

Écrit par : Mère-Grand | 28/10/2012

Le problème est que ne vous déplaise 80% environ de la population carcérale en Suisse et 93% de celle de Genève sont étrangères... Alors bien sûr, et il faut le répeéter, l'immense majorité des étrangers ne pose AUCUN problème! MAIS l'immense majorité des problèmes vient d'étrangers (et non pas DES étrangers) et cela, malheureusement, tous les chiffres le prouvent. Nier l'évidence comme vous le faite revient à renforcer UDC et autres mouvement d'extrême-droite, c'est aussi puéril que dangeureux.

Écrit par : QueFaire | 29/10/2012

L’Ambassadrice du Qatar auprès de l'ONU à Genève viole les droits de l'homme des employés travaillant avec elle et elle les traite comme des esclaves
Bien que la diplomatique qatarie est remarquablement active dans le domaine des droits de l'homme et les affaires humanitaires, ce qui pourrait faire penser que les autorités qataries œuvrent vraiment pour le respect des principes universels des droits de l'homme, les apparences sont souvent trompeuses, comme il disait le proverbe. En effet, la réalité, depuis Genève, montre que le Qatar vise uniquement à redorer son image et à légitimer son action politique à travers l'exploitation des droits de l’homme et le droit international humanitaire, afin de renforcer son influence politique, économique et financière dans les pays arabes. D’ailleurs, il s’avère très intéressant que l’hypocrisie politique systématique et organisée pratiquée le Qatar a prouvé encore une fois que le qatar ne pourrait plus tenir en secret les violations massives des droits de l’homme des employés travaillant sous sa juridiction au Qatar ou dans ses missions parementes à l’étranger. À cet égard la nouvelle ambassadrice du Qatar auprès de l’office des nations unies à Genève, Cheikha Alia Al Thani, qui a pris ses fonctions à Genève avant un an a licencié uniquement pendant 5 mois, avec la complicité de son conseiller Khalid al Hajri, plus de 4 employés travaillant de la mission du Qatar à Genève, sans aucun motif légitime. Par ailleurs il est très regrettable que dans le même jour où l’ambassadrice du Qatar présentait une déclaration au Conseil des droits de l’homme depuis environ 4 semaines sur la situation des droits de l’homme en Syrie et la nécessité d'une intervention internationale pour protéger les droits de l'homme en Syrie et faire respecter les principes de droit international humanitaire, cette même respectable ambassadrice prenait sa décision, sans pitié, pour licencier un employé syrien travaillant à la mission du Qatar à Genève sans préavis et sans aucun motif légal. Cette ambassadrice à caractères très étranges, arrogante et agressive ne sentait pas de tout dérangée ou concernée par les conséquences désastreuses de sa mauvaise décision sur l’avenir de ce pauvre jeune employé qui ne pourrait pas retourner dans son pays la Syrie actuellement en guerre civile, et ne pourrait pas, non plus, rester à Genève, puisque son autorisation de séjour est liée à son emploi auprès de la mission du Qatar. Désormais les employés de la mission du Qatar vivent dans un état d'horreur permanent et s’attendent tous à ce qu’ils soient licenciés l’un après. L’attitude étrange et les actions bizarres de l’ambassadrice sont souvent expliquées par le fait que Mlle l’ambassadrice est toujours célibataire, bien qu’elle s’approche aux 40 ans. On la décrit souvent qu’elle est une femme agressive, arrogante est complexée. Cette attitude méprisante et ce traitement inhumain des employés de la mission du Qatar à Genève, qui viole entre autre le droit de travail fédéral et cantonal, prouve encore une fois que les autorités qataries n’ont aucune considération pour la dignité humaine et les droits de l’homme, contrairement au discours officiel. Il suffit que l'ambassadeur ou le responsable soit capricieux ou malade ou complexé, comme il est le cas pour l'actuelle ambassadrice à Genève, pour que des massacres sociaux détruisant des personnes humaines et des familles soient commises. Ce qui est encore regrettable, ce que les employés ne pourront pas se plaindre auprès des autorités cantonales à Genève et que ces responsables diplomatiques du Qatar jouissent, malgré tout, d’une impunité illimitée.

Écrit par : fatah | 29/10/2012

vous allez les chercher bien loin, les sources de colères...!
TTC traite en ce moment de la fraude fiscale par les suisses en Suisse (un exemple). ou autre sujet de colère, la sous-traitance & expansion du travail au noir sous payé dans le canton, ou la discrimination de l'âge (la plus grande discrimination) subie par les "seniors" dès 40 ans, dans l'emploi & cause de licenciements "imparables"
etc

Écrit par : Pierre à feu | 29/10/2012

La prétendue "islamophobie" n'a rien à faire dans dans les problèmes que rencontrent les pauvres immigrants chez nous, sauf sur un point: la majorité des Suisses, comme la majorité des Européens d'ailleurs, n'aiment pas que les gens affichent leur appartenance religieuse et souvent s'en glorifient en plus.
Quant au problème de la classe moyenne, qui est elle-même de plus en plus précarisée et se sent donc de plus en compétition avec les véritables pauvres, c'est un problème universel bien connu de la sociologie et de la psychologie et qui ne se résout pas par des discours moralisateurs et accusateurs.

Écrit par : Mère-Grand | 30/10/2012

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