24/10/2012

Jérôme Kerviel, condamné par lui-même

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Si Jérôme Kerviel a subi, mercredi, une cinglante défaite devant la Cour d’appel de Paris, il ne le doit qu’à lui-même. Début 2008, lorsque la Société Générale a annoncé que son courtier lui avait fait perdre 4,9 milliards d’euros, Kerviel disposait encore de nombreux atouts à faire valoir pour sa défense.

 

Les dirigeants du groupe bancaire éprouvaient mille peines à expliquer comment l’un de leurs salariés avait pu mettre en échec des systèmes de surveillance dont ils vantaient tous azimuts l’extrême rigueur. Ainsi, le 4 juillet 2008, la Commission bancaire française condamnait-elle la Société Générale à une amende de 4 millions d’euros pour «carences graves» de son système de contrôle interne.

 

En reconnaissant ses indéniables erreurs, en jouant le modeste employé dépassé par les événements et en tablant sur l’impopularité des banquiers, Kerviel aurait sans doute écopé d’une peine plus légère et évité sa condamnation à rembourser la totalité du préjudice subi par la Société Générale. C’était d’ailleurs le système de défense organisé par sa première avocate, Me Elisabeth Meyer.

 

Mais l’arrogance de Kerviel — qui est apparue flagrante durant ses deux procès — a pris le dessus. En changeant maintes fois de défenseurs, il a brouillé son image, jusqu’alors très positive dans l’opinion française toujours prompte à s’enflammer pour un «petit» contre un «gros». Avec Me David Koubbi — plus habitué à plaider des dossiers de «people» que des affaires économiques — il a décidé d’entamer une guerre offensive contre la Société Générale, allant jusqu’à donner des leçons de transactions bancaires à la présidente Filippini, ancienne juge d’instruction spécialisée dans le droit pénal financier.

 

Kerviel et ses avocats en appel, ont voulu mettre sur pied un procès de rupture, en prenant les juges à partie. Ils ont oublié que pour réussir un procès de rupture, il faut être porté par une noble cause.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

Comme si une seule personne qui-plus-est, relativement jeune pouvait être responsable d'un pareil bouillon ??

La justice française se dit indépendante, en tout cas grâce à Mr. Kerviel, nous en voyons les limites !!

La France arrive juste derrière la Russie de Poutine !

A quand le polonium dans une tasse de thé ?? Ou alors du luxembourium !!

Écrit par : Corto | 25/10/2012

Un autre point écarté ; où sont passé les commissions sur ces opérations, car même perdant, sur un montant de 5 milliards, ces commissions dont personne ne pipe mot, ne doivent pas être inférieurs à moins de 500 millions d'euros !

500 millions, sur un coup de 5 milliards, mais dans cette affaire, les montants ont dû faire moult allés et retours.

Donc les 500 millions peuvent bien représenter 1 ou 2 milliards !!!

Les banques sont toujours très discrètes dans ce genres d'affaires à double fonds !

Écrit par : Corto | 25/10/2012

Je suis trader et j'ai été confronté dans les années 80 à une spirale de pertes, à une échelle certes pas comparable, mais le processus est le même, (et par chance je m'en suis sorti sans casse). Il y a un moment où vous ne fonctionnez plus normalement et où un garde-fou est vital. Kerviel n'a pas perdu 5 milliards d'un coup. Il a d'abord perdu 1 million, puis 10, puis 100 sans maquiller les comptes. Ne rien faire, c'est comme envoyer un pilote de F1 sur la piste sans ceinture et sans casque. Ca peut marcher un certain temps, mais un jour c'est l'accident et en général il est grave. Soc Gen a éé condamnée pour ses manquements (par la bourse) et si Kerviel a falsifié, c'est parce qu'il n'était pas encadré. Après, la manière dont il se défend, c'est critiquable, mais finalement secondaire. Bien à vous

Écrit par : Vitals Sven | 25/10/2012

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