28/09/2012

La Suisse abhore les minarets mais adore les burqas!

 burka_etc[1].jpgQue n’avait-on ouï durant la campagne de l’initiative contre la construction des minarets ! L’heure était grave, que dis-je, solennelle. Il fallait sonner le tocsin, décréter le Djihad fédéral, lever la Matze des divines colères pour défendre nos cimes immaculées contre les assauts impies des phallus musulmans. C’était une question d’honneur patriotique, de respect de nos traditions chrétiennes. Le peuple l’a bien compris. Dans sa majorité, il a décidé d’abattre d’un coup d’urne les rares projets minaresques.

 

Et voilà que ce vendredi, le conseil national a décidé par 93 voix contre 87 de ne pas interdire le port du voile intégral sur la voie publique. Alors que le minaret est l’ornement d’un lieu de culte et aurait dû être respecté en tant que tel à l’image des pagodes ou d’autres édifices religieux, le niqab et la burqa n’ont rien de respectables. Ce ne sont que vulgaires serrures textiles qui enferment les femmes dans leur esclavage conjugal. Rien dans les textes sacrés de l’islam ne les prescrits. Il s’agit de coutumes préislamiques qui nous ramènent à des temps barbares (sauf peut-être la version Marilyn, ci-dessus).

 

Alors pourquoi cette mansuétude soudaine ? Selon le conseiller national PLR genevois Hugues Hiltpold, «la burqa ne pose pas de véritable problème en Suisse. Une interdiction serait une mesure excessive et pourrait en outre avoir des conséquences négatives sur l'opinion des touristes issus de pays musulmans ». Voilà donc l’argument massue. Les richissimes émirs étant d’excellents clients de notre industrie horlogère et touristique, il serait malvenu de nous voiler la face en dévoilant celle de leurs épouses.

 

Ah, si seulement  les minarets, au lieu d’arabesques, avaient arboré des horloges « made in Switzerland »…

  

Jean-Noël Cuénod

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27/09/2012

Les musulmans, premières victimes des salafistes

 

En Tunisie, en Egypte, au Maroc, au Mali mais aussi en France et en Grande-Bretagne, les salafistes se montrent offensifs. Au sein de la nébuleuse islamo-intégriste, ce sont eux qui développent les idées les plus rétrogrades. Naguère encore, ils se repliaient vers le glorieux passé des compagnons du prophète comme une armée battant en retraite. Aujourd’hui, les salafistes passent à l’offensive et ne se contentent plus d’imiter Mohammed. Certains d’entre eux recourent à l’action violente.

Apparemment, les ennemis des salafistes sont les Occidentaux impies et leur modernité blasphématoire. En réalité, ce sont les musulmans que visent ces idolâtres du passé. Leur grande crainte est qu’un islam ouvert, tolérant, réformé et moderne se développe au contact des Occidentaux. Ils considèrent l’immigration des musulmans en Europe et en Amérique du Nord comme un danger mortel pour leur religion.

Il faut donc tout faire pour réprimer les «mauvais musulmans» qui subissent l’«influence délétère» de la liberté de conscience régnant dans nos contrées et séparer les «bons croyants» des Occidentaux.

En pays d’islam, la violence des salafistes de combat (djihadistes) se focalise principalement sur les soufis qui ont une approche mystique et ésotérique de leur religion. L’ésotérisme consistant à chercher l’esprit qui se cache sous la lettre, les salafistes ne sauraient le tolérer. Pour eux, il faut s’arrêter à la lettre et surtout ne pas réfléchir plus avant. Toute recherche spirituelle est hautement suspecte. La hantise du salafisme est le libre marché des religions instauré dès la fondation des Etats-Unis et qui s’est répandu sur une grande partie de la planète.

Les institutions fortement hiérarchisées comme le catholicisme romain et l’orthodoxie ont aussi éprouvé la plus vive répulsion devant cette mise en concurrence des théologies. Persuadées de détenir seules la Vérité, comment ces Eglises auraient-elles pu supporter d’être placées sur le même pied que des confessions hérétiques? Après avoir longtemps résisté, elles se sont finalement adaptées. Aujourd’hui, l’Eglise romaine est l’une des plus importantes des Etats-Unis.

La confrontation des idées, la libre circulation des croyances, les échanges, les polémiques, les dialogues changent les formes de la foi mais n’en altèrent pas ce qui fait sa substantifique moelle. En se frottant aux autres religions, l’Islam d’Occident se modifiera, abandonnera certaines pratiques, évoluera. Mais ce qui fait le fond du message musulman, à savoir l’unité de l’humain et du divin, gagnera en puissance.
Toutes les grandes religions ont été réformées. L’islam passera par ce stade, comme les autres. Accrochés au passé comme des drogués à leur stupéfiant, les salafistes utiliseront tous les moyens pour retarder cette échéance.


Leur bataille est perdue d’avance. Mais les combats d’arrière-garde sont souvent les plus sanglants car les plus désespérés.

Jean-Noël Cuénod

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25/09/2012

Catastrophe de l'Erika: justice pour les oiseaux mazoutés

Ne boudons pas notre plaisir. Lorsque le droit coïncide avec le sentiment de justice, chacun ne peut qu’applaudir. 150 000 oiseaux se débattant dans la gangue mortifère du pétrole. 400 kilomètres de plages françaises dévastées. Le bilan du naufrage de l’Erika — affrété par la compagnie pétrolière française Total — était effroyable.
 
L’arrêt de la Cour de cassation, prononcé hier à Paris, est à la hauteur de cette monstrueuse catastrophe écologique. Non seulement toutes les condamnations ont été confirmées, mais encore la compagnie Total s’est vue poursuivie pour «faute de témérité». Justice a été rendue aux oiseaux mazoutés. Si les décisions des juridictions précédentes avaient été annulées, les pollueurs multinationaux auraient eu encore de beaux jours devant eux.

Toutefois, cet arrêt ne résout pas tous les problèmes soulevés par les naufrages qui se produisent dans les eaux internationales et qui souillent les côtes nationales. Au cours de ce procès en cassation, l’avocat général avait demandé à la Cour d’annuler définitivement toute la procédure, le naufrage s’étant déroulé hors des eaux nationales et la justice française n’étant pas compétente, selon lui, pour juger cette affaire. Si la Cour de cassation avait suivi cet avis, un véritable permis de polluer aurait été délivré à tous les navires qui battent pavillon de complaisance.

Si politiquement, socialement, humainement, la position de l’avocat général était intenable, elle n’était pas pour autant dépourvue d’arguments juridiques. En affirmant que le droit national s’applique en l’occurrence, la Cour de cassation a préféré le bien commun aux mécanismes juridiques.

 Il n’empêche, cette jurisprudence risque d’être fragile, comme le relève Greenpeace. Les lois internationales sur le transport maritime sont inadaptées à la mondialisation. Il serait temps qu’émerge un véritable droit antipollution, avec instance de répression supranationale.


Jean-Noël Cuénod

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A la sortie de la Cour de cassation, intervention devant les caméras de Me Corinne Lepage, avocate de victimes et ancienne ministre française de l'Environnement.

 

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19/09/2012

Islam, Charlie-Hedbo et le grand paradoxe des intégristes

 

Les intégristes musulmans ne savent plus où donner du cocktail Molotov. Après avoir semé la violence pour protester contre un film islamophobe, voilà qu’ils forcent la France à protéger ses ambassades parce que l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a publié, hier, des caricatures du prophète Mohammed.

 

«Il faut défendre l’honneur de Dieu!», proclament-ils. Principe éternel et créateur, en quoi Dieu serait-il atteint par les pires des insanités humaines? Tout ce qu’on peut dire de Lui se perd dans la nuit infinie et n’a pas plus d’importance que le bourdonnement d’un moucheron. «Certes, mais en l’occurrence, c’est un homme, un prophète, que les impies caricaturent. C’est sa mémoire qu’il s’agit de venger.»

 

Pour les musulmans, Mohammed n’est pas Dieu mais un homme, le plus parfait d’entre les humains, le modèle à suivre, celui qui porte la parole divine. Mais cet état si élevé ne le place-t-il pas hors d’atteinte des attaques portées contre sa mémoire? Si l’on suit la logique des dévots, ses propos, ses explications, l’exemple qu’il a donné à ses compagnons sont d’une force telle qu’ils résistent même à l’érosion du temps.

 

Alors pourquoi ce prophète aurait-il besoin qu’on le défende puisqu’il le fait si bien lui-même? En quoi quelques dessins qui seront oubliés demain pourraient-ils lui porter ombrage?

 

Voilà le grand paradoxe des  intégristes. En voulant honorer Dieu, ils Le rabaissent à l’état d’opinion qu’il faut défendre. En voulant venger la mémoire de Mohammed par la violence et la menace, ils le transforment en facteur de haine et de mort. Les dévots furieux restent les meilleurs propagandistes de l’athéisme.

 

Les textes fondateurs des trois religions monothéistes proclament que Dieu a fait de l’humain, un être libre. Libre de L’apostropher. Libre de Le louer. Libre de Le renier. Libre de L’aimer. Et même libre de Le caricaturer.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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 CHARLIE-HEBDO S'EXPLIQUE

19:47 | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : islam, mahomet, carcatures, video | |  Facebook | | |

17/09/2012

DUNIQUES

 

dunes.jpg

 

C'est un signe du destin. Nous sommes les enfants égarés dans un désert peuplé d'ombres. Pour nous guider, nous avons la boussole de notre amour qui ne perd jamais le Nord et nous ne marchons pas en rond sur nos traces. Nous avançons sur le sable, vierge de pistes. Nous inventons nos chemins et les effaçons derrière nous. Que personne ne nous précède. Que personne ne nous suive.

 

Nous sommes duniques. Deux et uniques dans les dunes.

 

Nous regardons le ciel qui reste muet de chaleur et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à espérer que le soir tombe un peu plus vite que d'habitude. Le ciel fait son travail de ciel. Sans plus. Que l'on ne compte pas sur lui pour accomplir des heures supplémentaires. Ciel, c'est un métier d'avenir; on y jouit d'une position élevée. Mais c'est un peu monotone comme activité, au fond.

 

Je préfère la condition d'homme perdu dans le désert. A la condition que tu tiennes à mes côtés. Etre égaré avec toi, c'est retrouver tous les chemins de ma vie.

 

Jean-Noël Cuénod

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12/09/2012

La social-démocratie, "putzfrau" politique du capitalisme?

 

Si le SPD emporte la majorité du Bundesrat en septembre 2013, le «moteur franco-allemand» de l’Union européenne carburera au socialisme. Il reste à savoir ce que l’on entend par ce mot et si la chose peut encore servir. La «socialisation des moyens de production» qui fondait à la définition marxiste du socialisme n’est plus de saison. Aujourd’hui, dans sa version social-démocrate, le socialisme viserait plutôt une organisation sociale qui limiterait le plus possible les injustices.

 

Mais tout cela reste vague. Après avoir accepté les règles du marché, les socialistes cherchent toujours à redéfinir leur identité. En Allemagne, le chancelier social-démocrate Gherard Schröder en 2003-2005 avait réformé le marché du travail de façon ultralibérale par des mesures qui auraient fait hurler la gauche si la droite les avait ordonnées (notamment la loi Hartz IV).

 

Grâce à cette nouvelle donne, les entreprises allemandes ont multiplié les succès à l’exportation et la République fédérale est devenue la locomotive économique de l’Union européenne. Mais en France notamment, les médias n’évoquent guère le coût social de la politique de Schröder.

 

Or, il est très élevé. Une étude publiée en 2010 par l’Institut du travail de l’Université de Duisbourg-Essen indique que plus de 6,5 millions d’Allemands (20% des salariés) perçoivent moins de 10 euros (12 fr. 10) brut de l’heure. Dans la partie Est de l’Allemagne, des travailleurs — à temps complet — touchent à peine 720 euros (870 francs) par mois.

 

Le destin de la social-démocratie serait-il de servir de «Putzfrau» politique au capitalisme? En quoi un parti socialiste se distinguerait d’une formation libérale?

 

Dans son intervention dimanche soir devant les caméras de TF1, François Hollande n’a pas tracé un chemin bien différent de celui de Schröder, à une notable exception près: le président socialiste français veut frapper fiscalement les riches contribuables. Il tente ainsi de parvenir à un équilibre dans la rigueur. D’une part, les restrictions budgétaires et l’assouplissement du marché du travail qui se dessine frapperont les salariés. D’autre part, les contribuables aisés devront cracher moult euros au bassinet. Mais les classes moyennes risquent fort de porter la plus lourde charge du fardeau.

 

 Les plus pauvres seront épargnés, même si leur sort n’en sera pas amélioré pour autant; les plus riches pourront, comme d’habitude, choisir le chemin de l’exil fiscal. En Allemagne comme en France, la social-démocratie aura donc fait payer par les victimes de la crise les pots que le capitalisme financier a cassés; il sera impossible de distinguer la frontière entre droite et gauche.

 

 Cette situation fera le bonheur du troisième larron, l’extrême-droite dans sa version social-nationaliste à la Marine Le Pen. La social-démocratie européenne doit donc se réinventer une ligne politique claire. Elle n’en prend pas le chemin.

 

Jean-Noël Cuénod

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07/09/2012

Vices et insolence… Mais de quelle cité s’agit-il ?

Il s’agit d’une cité (…) qui est pleine de pièges, où la tromperie règne, où les vices de tous genres sont nombreux, où il faut supporter l’insolence, l’orgueil blessant, la malveillance, les dédains, le caractère antipathique et les importunités de tant de gens.

 

Il m’apparaît qu’il faut beaucoup de sagesse et d’habileté – quant on vit au milieu de vices si divers et si graves d’une si nombreuse population - pour éviter de mécontenter, de tomber dans les pièges tendus (…)

 

Alors de quelle ville s’agit-il ?

 De Paris, après une journée passée dans le métro ?

 De New-York, vu par un évangéliste frais débarqué du Dakota ?

 Non, de Rome. Et, malgré les apparences, de la Rome antique.

 

 Ce texte a été rédigé en 64 avant J-C par Quintus Cicéron, à l’intention de son frère Marcus, le célèbre orateur. Il est paru en français sous le titre « Lettre à mon frère pour réussir en politique » (Editions Les Belles Lettres). Tout candidat à un poste politique pourrait encore en faire son miel.

Quid novi sub sole?

 

Jean-Noël Cuénod

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06/09/2012

La femme est-elle l'avenir de la France?

Inconnue hors de la capitale française, Anne Hidalgo succédera-t-elle à Bertrand Delanoë à la mairie de Paris en 2014? Ses chances paraissent solides. Si elle est élue, la socialiste sera la première femme à diriger l’une des trois principales métropoles de l’Hexagone, les «PLM» (Paris, Lyon, Marseille). De plus, d’autres politiciennes — Rachida Dati, Chantal Jouanno, Cécile Duflot — aiguisent leurs griffes en vue de cette échéance électorale. Pour Paris, cette abondance de «précandidatures» féminines à la mairie est une première.

 

La classe politique française reste imprégnée de machisme. Certes, la Suisse — qui n’a accordé le droit de vote aux femmes sur le plan fédéral qu’en 1971 — n’a guère de leçon à donner. Mais désormais, les femmes y sont plus nombreuses qu’en France à occuper des postes à responsabilité politique.

 

Pourquoi la République voisine, qui a l’Egalité pour principe, ménage-t-elle une place si réduite à la «moitié du ciel»? Tout d’abord, comme partout, les hommes occupant la citadelle du pouvoir depuis la nuit des temps et s’y trouvant confortablement installés, ne se montrent guère enclins à libérer de la place. Surtout, le système électoral français ne facilite pas la promotion des candidatures féminines. A part quelques exceptions, il reste basé sur le scrutin majoritaire qui transforme trop souvent les débats politiques en combats de coq et privilégie les testostérones au détriment des neurones.

 

Le terrain n’est donc guère favorable pour les femmes intéressées par la politique. Toutefois, il n’y a pas de fatalité. L’exemple britannique le démontre. Le scrutin majoritaire à un tour n’a pas empêché Margaret Thatcher de faire la carrière que l’on sait. Avec Anne Hidalgo et d’autres jeunes socialistes, avec Nathalie Kosciusko-Morizet et d’autres élues de droite, la politique est en train de changer de visage, outre-Jura.

 

La femme serait-elle l’avenir de la France? Oui. A condition qu’elle ne suive pas les mauvais exemples masculins.

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

Etant donné le sujet, cette chanson de Jean Ferrat inspirée par un poème d'Aragon s'impose (un peu de patience, la vidéo tarde un peu)


Jean Ferrat La femme est l'avenir de l'homme par andeolbourlenc

 

 

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