27/09/2012

Les musulmans, premières victimes des salafistes

 

En Tunisie, en Egypte, au Maroc, au Mali mais aussi en France et en Grande-Bretagne, les salafistes se montrent offensifs. Au sein de la nébuleuse islamo-intégriste, ce sont eux qui développent les idées les plus rétrogrades. Naguère encore, ils se repliaient vers le glorieux passé des compagnons du prophète comme une armée battant en retraite. Aujourd’hui, les salafistes passent à l’offensive et ne se contentent plus d’imiter Mohammed. Certains d’entre eux recourent à l’action violente.

Apparemment, les ennemis des salafistes sont les Occidentaux impies et leur modernité blasphématoire. En réalité, ce sont les musulmans que visent ces idolâtres du passé. Leur grande crainte est qu’un islam ouvert, tolérant, réformé et moderne se développe au contact des Occidentaux. Ils considèrent l’immigration des musulmans en Europe et en Amérique du Nord comme un danger mortel pour leur religion.

Il faut donc tout faire pour réprimer les «mauvais musulmans» qui subissent l’«influence délétère» de la liberté de conscience régnant dans nos contrées et séparer les «bons croyants» des Occidentaux.

En pays d’islam, la violence des salafistes de combat (djihadistes) se focalise principalement sur les soufis qui ont une approche mystique et ésotérique de leur religion. L’ésotérisme consistant à chercher l’esprit qui se cache sous la lettre, les salafistes ne sauraient le tolérer. Pour eux, il faut s’arrêter à la lettre et surtout ne pas réfléchir plus avant. Toute recherche spirituelle est hautement suspecte. La hantise du salafisme est le libre marché des religions instauré dès la fondation des Etats-Unis et qui s’est répandu sur une grande partie de la planète.

Les institutions fortement hiérarchisées comme le catholicisme romain et l’orthodoxie ont aussi éprouvé la plus vive répulsion devant cette mise en concurrence des théologies. Persuadées de détenir seules la Vérité, comment ces Eglises auraient-elles pu supporter d’être placées sur le même pied que des confessions hérétiques? Après avoir longtemps résisté, elles se sont finalement adaptées. Aujourd’hui, l’Eglise romaine est l’une des plus importantes des Etats-Unis.

La confrontation des idées, la libre circulation des croyances, les échanges, les polémiques, les dialogues changent les formes de la foi mais n’en altèrent pas ce qui fait sa substantifique moelle. En se frottant aux autres religions, l’Islam d’Occident se modifiera, abandonnera certaines pratiques, évoluera. Mais ce qui fait le fond du message musulman, à savoir l’unité de l’humain et du divin, gagnera en puissance.
Toutes les grandes religions ont été réformées. L’islam passera par ce stade, comme les autres. Accrochés au passé comme des drogués à leur stupéfiant, les salafistes utiliseront tous les moyens pour retarder cette échéance.


Leur bataille est perdue d’avance. Mais les combats d’arrière-garde sont souvent les plus sanglants car les plus désespérés.

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Heureuse de vous voir confirmer le sens du sujet que je traitais ici-même le 12 août dernier suite à l'attentat perpétré contre le muphti Ildous Faïzov et contre Valioulla Iakoupov, haut responsable de la Direction spirituelle des musulmans du Tatarstan.

Ces deux personnalités religieuses ont été tuées par balles parce qu'elles s'opposaient à l'extrémisme de l'Islam

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/08/12/islamisation-en-russie.html

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 27/09/2012

C'est toujours un plaisir de te lire cher Jean Noel Cuénod. Salutations bien genevoises d'un ami sénégalais au Plouc de Paris!

Écrit par : ndoye gorgui | 27/09/2012

Lettre ouverte d’un prêtre arabe Elias ZAHLAOUI de l'Église Notre-Dame de Damas Koussour à Damas à M. François Hollande
http://www.medialibre.eu/monde/un-pretre-syrien-ecrit-a-hollande/12438

Il y parle des mêmes fauteurs de troubles

Écrit par : koloss | 27/09/2012

Lettre ouverte d’un prêtre arabe Elias ZAHLAOUI de l'Église Notre-Dame de Damas Koussour à Damas à M. François Hollande
http://www.medialibre.eu/monde/un-pretre-syrien-ecrit-a-hollande/12438

Il y parle des mêmes fauteurs de troubles

Écrit par : koloss | 27/09/2012

Merci de ce billet. Une fleur dans le jardin du paradis...

Écrit par : pachakmac | 27/09/2012

C'est l'analyse a laquelle la plupart des occidentaux aimeraient croire par confort moral (moi y compris).

Il y a une part de vrai qui la rend crédible, et une part de rêve que dans les faits pas grand chose ne corrobore: J’attends toujours une pétition contre la lapidation que les gentils 'musulmans modérés d'occident' signeraient massivement et enverraient aux gouvernements des républiques islamiques.

Écrit par : Eastwood | 27/09/2012

Ce qui est catastrophique n'est pas qu'il y ait un courant assassin mais c'est que les musulmans que l'on nous présente comme modérés ne s'insurgent pratiquement jamais contre ce courant.

Pas de condamnation, pas d'exclusion de membres violents, pas de prises de position sans ambiguité... qui ne dit mot, consent !

Écrit par : archi-bald | 27/09/2012

On ne peut que partager les doutes et l'inquiétude exprimée par les deux derniers correspondants. Difficile de ne pas la partager, même si l'on a envie de croire en votre message d'espoir.

Écrit par : Mère-Grand | 28/09/2012

Excellente analyse. Epérons que la patience demandée ne soit pas une vertue trop dure à supporter et que cette évolution graduelle continue de faire de nous des êtres vivants et pas trop irrités par toutes ces violences qui n'ont de cause commune que des groupuscules "religieux" déjantés ou simplement trompés.

Écrit par : Pierre-Alain Laurent | 28/09/2012

Cela fait à peine deux ou trois ans que l'occident se réveille vis-à-vis de cette menace,ne visant pas uniquement les musulmants qui ne bougent pas comme l'a dit archi bad plus haut, mais l'occident dans son ensemble !

Le salafisme n'est qu'une des facettes de l'islam qui revendique avoir 36'000 facettes, mais que dire des 35'999 autres ?

Certes plusieurs courants musulmans sont exempts de haine et de relations basées sur la soumission, mais ne pas trop oublier que le mot arabe "islam" se traduit par "soumissions" !

Les castes de Médines (salafistes) ont comme unique devise, "la charia" et l'islamisation de la planète entière, donc, tant que ces acharnés auront droit au chapitre, les conflits n'ont pas finit de jaillire partout où des salafistes se trouverons !

Rien ne déviera la trajectoire des ces allumés chroniques, au contraire, ils recrutent dans les banlieues tant européennes qu'arabes, les réservoires en miséreux n'ayant plus rien à perdre n'est pas près de se vider de sa substance et les vendanges 2012 laissent perplexe ! 

Écrit par : Corto | 28/09/2012

Imaginez-vous un peu dans un bidon-ville comme il y en a des centaines autour du Caire, 17 ans, vivant d'expédients et de combines. Soudain débarquent les chevaliers de l'islamisation avec ses cortèges de promesses tant terrestres que célestes, une kalachnikov à la clé afin de parer à cette impuissance caractérisant les régimes endémiques de la région !?!?

D'un seul bond, se retrouver dans la peau du héros tant dessiné dans les hadiths prêchées à longueur d'année par des imams bien souvent hystériques !

Il en faut de la force, pour résister !!!

Écrit par : Corto | 29/09/2012

"Imaginez-vous un peu dans un bidon-ville comme il y en a des centaines autour du Caire, 17 ans, vivant d'expédients et de combines. Soudain débarquent les chevaliers de l'islamisation avec ses cortèges de promesses tant terrestres que célestes, une kalachnikov à la clé afin de parer à cette impuissance caractérisant les régimes endémiques de la région !?!?"

L'immeuble Yacoubian, excellent film Egyptien, illustre parfaitement vos propos. Tableau Balzacien de la société Egyptienne actuelle, il renseigne aussi sur le cursus que fait suivre un vieux barbon manipulateur à un pauvre diable lambda jusqu'à ce qu'il lui instille cette idéologie criminogène et accessoirement nihiliste.

Des barbons de ce type sont, en Suisse même, souvent tolérés. Malheureusement.

Écrit par : Giona | 29/09/2012

l'islam ne peut pas se réformer pour une raison très simple mais tragique : les croyants pensent que le coran à été dicté par l'ange Gabriel donc par Dieu. En changer une seule virgule est un crime passible de la mort. Contrairement aux religions juive et chrétienne qui sont des récits d'hommes et donc "discutablent" ce que font en permanence les juifs par exemple sans pour autant faire un blasphème à leurs yeux.

Écrit par : Faivre | 30/09/2012

Faivre, que vous disiez que le coran est inéchangeable est une grave erreur, c'est pour cette raison que les différents courants musulmans s'entredéchirent !

Les corans chiites, sunnites, ismaélites, soufis pour ne citer qu'eux, en son un exemple cuisant !

Sans parler des corans que les salafistes recherchent éperdument dans les sables du Yemen afin de les détruire, car ces derniers viennent contredire les différentes versions "officielles" !

Un exemplaire d'un coran trouvé dans une cave au Yemen provoque assez de discordes entre les archéologues et les tenanciers de l'islam sunnite.

En fait aucune relique existante dans différents musées contredisent de façon radicale les versions en cours !!!

Écrit par : Corto | 01/10/2012

"Monsieur" Corto
extrait wikipédia : Après avoir envoyé ces copies dans chaque région, `Othmân ordonna la destruction de toutes les copies précédentes, dont les manuscrits incomplets ainsi que ceux contenant des annotations personnelles. Parmi ces copies, il y avait celle d’Ali ibn Abi Talib, gendre de Mahomet, celle d’Ubay ibn Ka'b ainsi que celle d’Abdullah ibn Mas`oûd qui furent toutes détruites.

Vos arguments ne sont pas faux il existe effectivement plusieurs courants, mais je pense que leurs divisions sont plutôt sur les Hadiths, textes écrits sous formes de prophéties et par les successeurs politiques. Et les mises à morts successives de ceux qui ont tentés par la suite de modifier un tant soit peu l'interprétation ou le texte du coran nous démontre hélas que cela n’est pas dans leur logique. Voir wikipedia, bien documenté il me semble. On peut malgré tout espérer…
Bien à vous

Écrit par : Faivre | 01/10/2012

Eastwood, il y a Amnesty International pour cela, qui ne se base pas sur la religion mais sur les Droits de l'Homme. Je pense que pas mal de musulmans dont vous ne trouvez pas la trace soutiennent Amnesty et signent à l'occasion des pétitions contre les régimes de torture et les actes barbares...que cela se passe dans les pays arabes, d'Amérique du Sud et du Nord, d'Europe ou d'Afrique...

Il ne faut justement pas demander aux musulmans d'être une confrérie à part du reste de la communauté internationale. Il faut que les musulmans s'intègrent à la communauté laïque de la planète et luttent pour la démocratie. C'est cela le vrai combat qui nous concerne tous.

Écrit par : pachakmac | 01/10/2012

pachakmac, les qataris jettent des OPA sur toutes les ONG !! Ce n'est pas un très bon exemple !!

Faivre, il n'y a pas cent ans que chaque ouléma possédait sa "propre" version du coran, c'est pour cette raison que les sunnites se sont (plus ou moins accordés) sur la version du coran du Caire du début du siècle passé !! Néanmoins,ces multiples versions ne donnaient pas cours à des débats contradictoires mais à des guerres sans fin !

En fait, ce à quoi nous assistons aujourd'hui entre les différents "mouvements" islamistes, n'est rien d'autre qu'une remontée des vielles querelles passées et ayant occupé ces 1'400 ans d'histoire musulmane !

Maintenant, si vous tenez envelopper le tout en prenant en compte les Hadiths, cela ne change rien, ils sont plus de 700'000 et ne sont rien d'autre que des décrets annulant d'autres décrets (ou pas).

Cependant, les oulémas avaient cette particularité de pratiquement jamais accepter la moindre contradiction, pour cause, leurs position ne servaient qu'a se distinguer des autres oulémas, ils sont la cause des incessantes disputes et conflits n'aboutissant à des accords uniquement acquis par la force !

Car celui qui contredisais un ouléma (ou mollah chez les chiites) étaient considéré comme un agresseur impie, ensuite, s'en suivaient des meurtres, des fatouhas, voir des guerres pouvant durer des siècles !

Écrit par : Corto | 01/10/2012

Le retour des califats, c'est à dire, d'entités politiques basées sur l'islam, ne fera que faire resurgir les pratiques d'antan !

Déjà, le feu ronronne sous les casseroles des frères musulmans en Egypte, de nombreuses "écoles" ressuscitées du passé médiéval musulman font craindre des scissions (jihads) entre les différentes oulémas !

Déjà quatre principaux courants divisent les différentes sounnah au sein des frères musulmans, le hanafisme, le malékisme, le chaféisme et le hanbalisme. Chacune de ces divisions sunnites revendique être le véritable "ahlou s-sounnah" les "autres" groupes sont considérés par leurs "rivaux" comme des "égarés". (de beaux jours en perspective) ! A cela s'ajoute le salafisme, le wahabisme et cent autres obédiences sous-branches.

Les mariages entre ces différentes "castes" sont proscris et punis de mort !

Le président égyptien appartient à la branche malekiste, du moins, c'est ce qu'il susurre, car en fait il est considéré comme un bâtard (pèje) et il est à ce titre surnommé le Roi, car un célèbre proverbe arabe traite abondamment du cas !

Il y a de nombreuses fatwas sur ce nouveau petit Roi !

Écrit par : Corto | 01/10/2012

Il est sans doute inutile de rappeler que la période de la Renaissance n'a pas été un phénomène ex nihilo mais qu'elle est bien le dérivé immédiat de la civilisation arabo-islamique. Que les savants musulmans, à l'instar d'Al Haïtham et d'Al Hazen, pour ne citer qu'eux, sont les fondateurs de la science expérimentale. Que les mathématiques, fondement des sciences modernes, sont sous leur forme algébro-arithmétique, une invention musulmane. Enfin, que la culture gréco-latine, n'a été conservée que par l'achat massif pendant des siècles de milliers de vieux manuscrits tombés en décrépitude, par des mécènes musulmans, et systématiquement traduits par eux, ce qui a permis leur diffusion postérieure, à tel point que certains auteurs ont pu parler "de sauvetage d'une portée historique et universelle" (Sigrid Hunke, « Le soleil d'Allah brille sur l'Occident », Albin Michel).

Si l'on rappelle souvent, à juste titre, que la peur de l'Autre se fonde sur l'ignorance, on oublie de dire que la haine de l'Autre aveugle le jugement.

Écrit par : Berrekla kamel | 05/10/2012

Civilisation ? extrait d’un texte d’Aimé Césaire (éditions Présence africaine en 1955).

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à la dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une égression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent .

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et in attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme ; oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte ne lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique ».

Tout le reste est à lire : Discours sur le colonialisme, éd. Présence Africaine

Écrit par : Berrekla kamel | 05/10/2012

Civilisation ? extrait d’un texte d’Aimé Césaire (éditions Présence africaine en 1955).

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à la dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une égression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent .

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et in attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme ; oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte ne lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique ».

Tout le reste est à lire : Discours sur le colonialisme, éd. Présence Africaine

Écrit par : Berrekla kamel | 05/10/2012

le massacre de peuples entiers par des Européens (...) l'extermination du peuple tasmanien par les Anglais, l'empoisonnement des trous d'eau en Australie et ailleurs, les guerres indiennes et les déportations qui s'ensuivirent, pour ne citer que quelques exemples...c'est une absurdité. Pour justifier l'extermination des sauvages, il n'y eut jamais besoin d'aller beaucoup plus loin que la constatation que c'étaient des sauvages - c'est-à-dire rebelles à la civilisation, inéducables. De même, parmi les animaux, il y a des domestiques et des gibiers, deux catégories utiles pour l'homme; mais il y a aussi les nuisibles. Les sauvages sont comme les nuisibles, on ne peut que les éliminer pour faire place nette, pour que la terre soit mise en valeur par ceux qui en sont capables. Cette justification n'est-elle pas suffisante? A vrai dire, la question ne se pose même pas: c'est plutôt celle, inverse, de la justification éventuelle de la nuisance certaine des sauvages qui est posée. Écoutez donc Renan: «Toutes les consciences sont sacrées; mais elles ne sont pas égales. Où s'arrêter? L'animal aussi a ses droits. Le sauvage d'Australie a-t-il les droits de l'homme? ou ceux de l'animal?»

Écrit par : Berrekla kamel | 05/10/2012

Kamel, l'âge d'or arabe n'était pas uniquement "musulman", de nombreux savants de cette épopée étaient aussi juifs et chréltiens, donc ne tirez pas trop la couverture !

Autre fait, l'Irak était au carrefour de l'Europe et de l'Asie, notamment de l'Inde et les premiers algorhitmes, contrairement à la rumeur, ont bien trouvés asile à Bagdad, mais bien avant l'avénement de l'islam, les premières écoles de mathématiques de l'âge d'or irakien ont plus de 5 millénaires, alors ne mystifiez pas trop l'islam dans ce qu'elle revendique comme sienne !

Concernant Al Kuwarizmi, qui dit qu'il était musulman ? Pour autant que l'on n'en sache, il venait d'une région et d'une ville où de très nombreux juifs s'étaent cachés, que par son nom composé de son lieu de naissance, il ne semble pas être né musulman, car c'était ainsi que les musulmans nommaient les "étrangés" ; avec le nom de leur ville de provenance !

Alors Kamel, ne vous emballez pas trop avec cette version approximative de l'histoire !

Et le problème n'est pas la sortie du moyen-âge, mais bien le présent ! Présent dans lequel le monde musulman semble retourner à l'âge de pierre !

Vous n'allez pas vous reposer sur des lauriers usurpés, ce n'est pas ainsi que vous allez faire avancer l'islam de 2012 !!!

Écrit par : Corto | 05/10/2012

l'ignorance est mère de l'amalgame.

Écrit par : Berrekla kamel | 06/10/2012

"l'ignorance est mère de l'amalgame."
Slogan tellement vague qu'il ne signifie rien du tout en dehors de son illustration par des faits historiques avérés. Et à cette aune votre démonstration manque singulièrement de crédit.

Écrit par : Mère-Grand | 06/10/2012

En complément et concernant les commentaires de mes détracteurs qui citent "l'ouverture" de l'islam, j'ai juste fait un petit copié/collé dans Wiki :

"Vers 1188-1189, on assiste à des rébellions dans le Maghreb central et une guerre sainte contre les chrétiens. Le calife Abu Yusuf Yaqub al-Mansur fait alors interdire la philosophie, les études et les livres, comme dans le domaine des mœurs, il interdit la vente du vin et le métier de chanteur et de musicien.

À partir de 1195, Averroès, déjà suspect comme philosophe, est victime d’une campagne d’opinion qui vise à anéantir son prestige de cadi. Al-Mansûr sacrifie alors ses intellectuels à la pression des oulémas. Averroès est exilé en 1197 à Lucena, petite ville andalouse peuplée surtout de Juifs, en déclin depuis que les Almohades ont interdit toute religion autre que l’islam. Après un court exil d’un an et demi, il est rappelé au Maroc où il reçoit le pardon du sultan, mais n’est pas rétabli dans ses fonctions. Il meurt à Marrakech le 10 ou 11 décembre 1198 sans avoir revu l’Andalousie. La mort d’Al-Mansûr peu de temps après marque le début de la décadence de l’empire almohade.

Suspecté d’hérésie, il n’aura pas de postérité en terre d’islam. Une part de son œuvre sera sauvée par les traducteurs juifs. Elle passera par les Juifs de Catalogne et d’Occitanie dans la scolastique latine."

Écrit par : Corto | 07/10/2012

-le salafisme (l'intégrisme) est la maladie de l'islam-

Selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, le salafisme (l'intégrisme) est la maladie de l'islam .

Écrit par : Berrekla kamel | 11/10/2012

Voltaire, c'est cet écrivain des Lumières qui détestait les juifs?

Écrit par : Sérum | 11/10/2012

Les clivages politiques écrit Kamel Meziti l'historien des religions, s'effacent devant l'ennemi commun, cet islam bouc-émissaire coupable de tous les maux! On l'aura compris, la mode politico-médiatique n'est pas à la conjuration des démons de la haine avec la banalisation d'une islamophobie décomplexée et publiquement assumée. (...) La liberté journalistique et la critique des religions, quelles qu'elles soient, sont un droit imprescriptible dans nos sociétés démocratiques. Pour autant, l'injure, la stigmatisation et l'incitation à la haine religieuse ne sauraient être convoquées pour servir d'alibi et se substituer à une liberté d'expression chèrement acquise, et élément moteur, consubstantiel de notre Etat de droit.

Écrit par : Berrekla kamel | 17/10/2012

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