30/08/2012

Le plouc et la plouquette présentent le « Goût du Temps » à Genève

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Après avoir reçu son prix au Festival Rilke de Sierre pour  « Le Goût du Temps », le plouc présentera ce recueil de poèmes en forme de haïkous , SAMEDI 1er septembre 2012 à 17 heures, à la Villa Dutoit, 5 chemin Gilbert-Troillet au Petit-Saconnex (et non pas vendredi comme indiqué préalablement par erreur).

La préfacière, la philosophe française Marianne Rillon, fera une brève introduction de l’ouvrage, puis le plouc lira quelques-uns des petits textes de « Le Goût du Temps » qui seront « dansés » par la plouquette, c’est-à-dire Christine Zwingmann.
En même temps, les illustrations du livre, créées par le peintre Philippe Rillon, seront projetées sur écran ; Christine Zwingmann jouera d’ailleurs avec ces images lors de son improvisation chorégraphique.

Détail non négligeable, l’entrée est libre.

Cette création en plusieurs dimensions s’inscrit dans le contexte du vingtième anniversaire des éditions Samizdat qui a publié « Le Goût du Temps ».  Le finissage se déroulera dimanche 9 septembre à 17 h., toujours à la Villa Dutoit au Petit-Saconnex, avec la signature-  de Prisca Agustoni (« Le Déni ») et Elena Jurissevich (« Ce qui reste du ciel », traduit de l’italien par Mathilde Vischer) et la prestation musicale du violoncelliste Pascal Desarzens. L’entrée y sera également libre.

L’occasion est ainsi offerte au plouc de féliciter les éditrices-poètes de Samizdat, Denise Mützenberg et Claire Krähenbuhl, grandes militantes de la poésie romande.

 


Jean-Noël Cuénod

(Légende de la photo : Christine Zwingmann durant la présentation de « Le Goût du Temps »  en mai dernier, à Vincennes (près de Paris) à la galerie « Toutes Latitudes »).

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27/08/2012

Montagne et Mesure de l’homme

 

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(En forme d’oiseau en plein envol, le petit lac d’Huiton ou d’Iton, sous la Plaine Morte)

Pour la première fois depuis ses cinq années passées à Paris, le plouc a retrouvé les Alpes valaisannes pendant quelques jours passés en randonnées au-dessus de Montana, vers ces éminences aux noms qui sonnent comme des songes lointains : Cry d’Er, Bellalui, Tubang, sans oublier la Plaine Morte et son glacier au masque gris et la superbe vision smaragdine du lac Tseuzier, créé par le barrage du Rawyl.

La montagne remet les choses et les êtres à leur place, à commencer par soi-même. Vivre dans une capitale vous donne une vision tordue de la vie. L’humain y est partout le maître absolu et la nature n’est qu’un décor servile, à l’exemple de ses pauvres arbres parisiens tenus prisonniers par des grilles de fer que compissent chiens et hommes. Dès lors, politiciens et médiacrates peuvent bien affirmer, en se gonflant le jabot, que « l’homme doit être la mesure de toute chose », là-haut, c’est la montagne qui mesure l’homme.  C’est elle la plus forte. Et si l’humain l’oublie, elle se charge de le lui rappeler de la plus définitive des façons.

Non, l’homme n’est pas la mesure de toute chose. Il est intégré dans un ensemble dont il n’est qu’un élément. A force d’apparaître comme séparé de la nature, il devient séparé de lui-même puisqu’il ignore ainsi ce lien qui fait partie de son être, qu’il le veuille ou non.

Dans les capitales, les ego enflent. En montagne, ils dégonflent et apparaissent pour ce qu’ils sont, des baudruches disparaissant dans les tourbillons du torrent.

Et pour terminer, cette petite chose en forme de haïku :

Torpeur de midi

Sur le crâne du Tubang

L’aigle attend son heure.

 

Jean-Noël Cuénod

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17/08/2012

Le plouc lauréat au Festival Rilke

Le plouc reçoit ce vendredi soir au Château Mercier à Sierre, le prix que son livre de haïkus "Le Goût du Temps" a reçu au concours de poésie au Festival Rainer Maria Rilke et cède le clavier à sopn excellent collègue Etienne Dumont (article paru mercredi dans la Tribune de Genève et 24 Heures) :

Le Festival Rilke aura lieu pour la cinquième année à Sierre, du 17 au 19   août. Pourquoi Sierre? Parce que le poète allemand a passé ses dernières années à Veyras, tout près de là. La manifestation ne se veut pas passéiste pour autant. La preuve! En 2012, les voix romandes, de Thierry Romanens à Aliose, secoueront les "Notes sur la mélodie des choses". Il y aura aussi du slam, chose tout à fait inconnue lorsque Rilke quitta ce monde en 1926.

La poésie classique garde bien sûr ses droits. Il y a eu une double compétition, en français et en allemand. Dans notre langue, c'est Philippe Delaveau qui l'a emporté avec "Ce que disent les vents", paru chez Gallimard. Notre collaborateur Jean-Noël Cuénod a remporté le second prix grâce au "Goût du temps", édité par Samizdat à Genève. L'occasion de lui demander les règles du jeu. «Ce concours ne se fait pas sur manuscrit. Le texte doit avoir été publié. Les organisateurs s'adressent aux différentes maisons, ce qui écarte les poèmes imprimés à compte d'auteur. »

Sorti en avril, l'ouvrage de Jean-Noël se compose de haïkus. «J'écris un de ces poèmes japonais en dix-sept syllabes chaque jour. Je le vois comme une discipline. J'ai dépassé les 4000. Il s'agit là d'un petit choix de 200 textes, illustrés par Philippe Rillon. Les mauvais jours donnent les meilleurs vers. » Et pour quelle raison Samizdat? «Parce que je leur avais déjà donné un livre. C'est pour moi une question d'amitié et de confiance. »

Note:www. festivalrilke. ch

Et voici pour finir trois poèmes en forme de haïkus consacrés à l'été et tirés du "Goût du Temps"

Sueur de l'été
Sur la peau de la route
Qui frémit d'aise.

L'odeur du foin
A la secrète odeur
Du sein maternel

Lune épaisse et rouge
Qui attend son heure
Comme l'ivrogne son verre.

 

 Jean-Noël Cuénod

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14/08/2012

Olivier Breisacher: une belle plume sportive s'est envolée.

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Ce soir, le plouc pense très fort à ses camarades de la rubrique sportive qui viennent de perdre Olivier Breisacher, décédé dimanche à la suite d'un accident en Espagne, ainsi qu'aux proches et à la famille de ce remarquable collègue. Il est inhumé aujourd'hui au cimetière israélite de Madrescht près de Bienne.

D'autres diront mieux sa passion pour le tennis, le hockey sur glace et tous les sports, sans oublier les échecs. Olivier Breisacher avait compris toute l'exigence du journalisme sportif qui réclame d'autant plus de précision que l'événement à relater est observé par des milliers d'aficionados, tous plus experts les uns que les autres. Il dépassait le compte rendu pour le transformer en analyse. Mettre en évidence ce que ni les spectateurs, ni les caméras n'avaient remarqué, telle était la force d'Olivier. Ce faisant, il nous donnait à tous, y compris les journalistes non-sportifs, une sacrée leçon.

A Paris, étrange bourgade qui ignore le hockey sur glace, le plouc se jetait sur les articles d'Olivier pour suivre Genève-Servette et l'équipe suisse dont il analysait les matches avec une lucidité sans concession. Et voilà... Il nous manque déjà. La belle plume sportive s'est envolée dans le vent chaud d'août.

 

Jean-Noël Cuénod

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11/08/2012

Sarkozy fait son jogging sur le chemin de Damas

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« Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre », écrivait Pascal qui, sans doute, ne songeait pas à Nicolas Sarkozy en ciselant cette formule. Pourtant, elle semble avoir été conçue à son intention. Pour l’Ex, rester à l’écart des caméras est une épreuve trop rude. Le Vibrion du Cap Nègre a donc fait son intéressant en débitant d’inquiétantes sottises à propos de la Syrie.

N’y tenant plus, l’ancien président a consulté son carnet d’adresses pour téléphoner à l’un des chefs de l’opposition syrienne. Selon les agences, les deux hommes « sont convenus qu’il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne ».  En d’autres termes, il faut que le président François Hollande remue son popotin corrézien et envisage une intervention militaire en Syrie, sur le modèle de l’opération en Libye.

Point n’est besoin d’être énarque pour se rendre compte que les situations syriennes et libyennes n’ont rien de commun. La Syrie compte 23 millions d’habitants et la Libye, un peu plus de 6 millions.

Sur le plan militaire, les deux pays ne sauraient être comparés. L’armée syrienne est l’une des mieux équipées des nations arabes grâce à son fidèle allié moscovite et possède des armes chimiques. L’armée libyenne était désorganisée et moins bien pourvue en armement. Il a fallu tout de même sept mois pour la battre.

Sur le plan diplomatique, la Libye était isolée, ce qui a permis à la France et à la Grande-Bretagne de recevoir le blanc-seing du Conseil de Sécurité pour soutenir les insurgés par des bombardements. La Syrie, elle, a pour alliés deux poids lourds du Conseil de Sécurité, la Russie et la Chine. Sans compter l’Iran qui soutiendra jusqu’au bout le régime Assad.

Sur le plan géopolitique, les différences sont criantes. La Lybie ne se trouve pas dans une zone de guerre. La Syrie, elle, est placée sur la ligne de front du conflit israélo-arabe. Une intervention militaire en Syrie risquerait fort d’embraser le Liban et d’y créer un nouveau foyer de guerre civile entre les Libanais sunnites favorables à leurs coreligionnaires, les insurgés syriens, et les Libanais chiites qui prendraient fait et cause pour le clan Assad qui appartient à une branche du chiisme, les alaouites. Ce conflit ne manquerait pas de s’étendre à l’Irak où les relations entre chiites et sunnites sont tendues. Dans ces conditions, on voit mal comment Israël ne serait pas concerné. Et si l’Iran entre dans le bal, c’est tout le Proche-Orient qui prendra feu.

En outre, qui soutiendrait-on chez les insurgés ? Ils paraissent divisés. Et certains d’entre eux émettent des déclarations plutôt préoccupantes, comme Mohamed Sensaoui qui commande un groupe de rebelles syriens : « Notre but est d’instaurer un  Etat islamique qui englobera les musulmans du Liban, de Turquie et des autres pays limitrophes de la Syrie » (cf. « Libération » du 4 août dernier). On voit aujourd’hui au Mali quel usage Al Qaeda au Maghreb islamique est en train de faire de l’armement généreusement répandu par la France en Libye. Est-on si pressé de recommencer une telle expérience dans la zone la plus explosive de la planète ?

La France n’est plus la puissance de jadis qui détenait mandat sur la Syrie. Alors, que cherche Sarkozy avec ses agitations estivales ? Paris partirait-il seul au combat? Voilà qui relève de la mauvaise plaisanterie. Ferait-il alliance avec d’autres capitales pour une intervention militaire ? Et avec qui, grands dieux ? Aucun dirigeant ne voudrait mettre le doigt dans un tel engrenage.

Voguant vers l’Orient très compliqué avec des idées très simples, Nicolas Sarkozy a sans doute voulu tâter le terrain pour - qui sait ? –envisager son éventuel retour en politique. Mais il vaudrait mieux, pour le respect des institutions républicaines, que Sarkozy se calme en s’exerçant à d’autres activités vacancières. Le pédalo, par exemple.

 

Jean-Noël Cuénod

    

Photo : Nicolas Sarkozy aurait-il oublié qu’il avait remis en selle le dictateur syrien Bachar el Assad lors de la création de son ectoplasmique Union pour la Méditerranée ?

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04/08/2012

Quand le geste prend corps au Festival Mimos

 

Chaque année depuis 1983, Périgueux consacre une semaine au Festival du mime et du geste - appelé Mimos - qui attire dans la capitale du Périgord quelque 50 000 spectateurs et 250 artistes. L'organisation y est exemplaire et l'ambiance, détendue mais concentrée (le mime est un art exigeant). Cette année, il s'est déroulé du 30 juillet au 4 août. Comme en Avignon, Mimos possède son «in» - spectacles dans des théâtres et sous chapiteau - et son «off», réservé aux scènes de rue.

Le plouc y a ses habitudes et interrompt son régime à base de foie gras, de Monbazillac et de promenade dans le Périgord Vert pour suivre plusieurs de ces spectacles «in» et «off».

theatre_du_mouvement_02.JPGCommençons par le «in». Le comédien Yves Marc a présenté un curieux objet théâtral, à savoir un spectacle en forme de conférence - à moins que cela ne soit l'inverse - intitulé «Ce corps qui parle». Le résultat est enthousiasmant. Yves Marc  (photo) démontre à quel point le langage n'est pas réservé qu'à la parole et précise que notre visage recèle 240 000 possibilités différentes d'expression. C'est même tout le corps qui s'exprime, parfois à notre insu, quitte à révéler à l'interlocuteur des secrets que le langage s'acharnait à recouvrir sous des amas de mots. Yves Marc s'appuie à la fois sur son expérience de mime et de comédien mais aussi sur de solides connaissances médicales et scientifiques. Joignant la parole au geste, Yves Marc prend diverses postures pour expliquer son propos, provoquant chez son public un rire attentif.

Afin d'illustrer la force du geste en politique, le plouc convoque un souvenir qui remonte à la fin des années 60 ou au début des années 70, lors d'un débat de la télévision française opposant Jean Lecanuet - démocrate-chrétien, plusieurs fois ministre, «troisième homme» de la présidentielle de 1965 et chaud partisan de l'Europe unie - à Maurice Couve de Murville - ancien ministre des Affaires étrangères, ultime premier ministre du général de Gaulle et eurosceptique.

Devant les caméras, Lecanuet ne cesse d'arborer ce sourire à la Kennedy qui enchante les sacristies et énamoure  les bonnes sœurs. Couve de Murville, lui, a revêtu sa mine HSP (haute société protestante) et son costume à fines rayures de coupe londonienne. Lecanuet chante les louanges de l'Europe. Son adversaire le... couve d'un air légèrement dégoûté, le laisse dire, puis incline sa tête vers son épaule gauche et d'un revers de main en balaie quelques minuscules poussières. Tout est dit. Voilà Jean Lecanuet et son babil réduits à l'état de molécules insignifiantes.

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C'est dans un tout autre monde que la compagnie «Système Castafiore» - de la danseuse Marcia Barcellos et du musicien Karl Biscuit - nous propulse avec «Les chants de l'Umaï» (photo). Un monde aux figures étranges et qui semblent correspondre aux quatre éléments plus un cinquième - la quintessence chère à Rabelais. Seule en scène, Marcia Barcellos s'intègre dans un dispositif vidéo complexe formé de deux écrans qui mélangent formes familières (rochers, montagnes, plaines...) et images fantastiques. Elle danse, chante de curieuses mélopées et créé un univers où le rêve devient l'essence suprême, la quintessence, qui enrobe toutes les autres. Le monde ne serait-il donc qu'illusion, comme le dit la sagesse hindoue? Peu importe, l'important est la vie sous toutes ses formes et dans tous ses états.

Ce spectacle offre des moments de beauté bouleversante; toutefois, il mériterait d'être resserré. Ses longueurs nuisent à l'envoûtement.

Point de beauté chez la chorégraphe Erna Omarsdottir, mais beaucoup de bouleversements avec son délire islandais intitulé «Teach us to outgrow our madness» (apprenez-nous à dépasser notre folie). Une folie exprimée par cinq furies scandinaves qui hurlent, se contorsionnent, sautent, s'étreignent, se battent, palabrent dans un micro sous une avalanche de décibels. D'ailleurs, les spectateurs reçoivent des tampons auriculaires afin d'épargner leurs tympans. Voilà donc un spectacle où il faut se boucher les oreilles pour écouter des sons et où les mimes bavardent dans les micros! Que dire de cette épreuve scénique? Rien, si ce n'est que pour aborder la folie mieux vaut lire ou relire Antonin Artaud.

Les plus belles surprises de Mimos, le plouc les a dénichées dans le «off», loin des effets spéciaux et des paires de baffles qui se perdent. Les artistes de la rue ont opportunément rappelé que le mime exprime un maximum d'intensité avec un minimum de moyens.

Le couple anglais du «Circle of two» a séduit un public qui s'est massé en nombre place du Marché au Bois. Un montreur d'automate sort de sa caisse une poupée dont il est amoureux. Sa partenaire donne la parfaite illusion d'un pantin de bois qui lui joue mille tours. Les enfants rient mais fuient sous les jupes de maman lorsque la poupée, déréglée, se précipite vers eux avec son sourire figé et inquiétant et ses yeux qui ne clignent jamais. Ce spectacle intitulé «Bambolina & Dodo» a conjugué humour, poésie et magie pendant vingt minutes de retour à l'enfance.

La plus belle expérience nous a été offerte par une saisissante danseuse japonaise, Barbara Murata Tomomi qui est venue d'Asie, à ses frais. Dans « Katawaré », elle joue avec son double, un masque confectionné à son effigie, et entreprend cette quête du moi vers le soi, de l'ego vers son être, qui passe par l'amour, la haine et tous les états intermédiaires. La danse dépasse, après les avoir réunis, tous les éléments épars et opposés qui s'agitent en nous.

A la fin, un chant en appelle à la révolution. Laquelle? Celle qui marque l'Histoire ou celle à conduire pour parvenir à cette unité d'être, qui fait de chacun un humain vraiment libre et non plus le jouet de ses contradictions?

 

Jean-Noël Cuénod

Voici un extrait vidéo du spectacle « Katawaré » et retenez ce nom : Barbara Murata Tomomi.

 

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01/08/2012

1er Août: Sur nos monts quand le sommeil...

 

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Le plouc cherche en vain de quoi allumer son feu. Il faut dire que dans le Périgord Vert où il coince une bulle d'enfer, le 1er août est un jour comme les autres. En cette canicule, l'idée ne viendrait à personne d'enflammer un bûcher et de chanter «Sur nos monts quand le sommeil/ Efface un brillant réveil» en agitant son lampion rouge à croix blanche.

Il reste au plouc les souvenirs de ses 1er-Août d'antan qu'enfant il fêtait d'ailleurs sur terre... savoyarde, au Salève, lorsque les tenanciers du restaurant de l'Observatoire, au-dessus de la Grande Gorge, faisaient crépiter un grand feu helvétique à l'intention des centaines de Genevois qui grimpaient sur la seule montagne à leur disposition afin de venir faire les Suisses en France. L'Observatoire organisait aussi un bal de façon à marier 1er-Août et 14-Juillet.

Foin de nostalgie. Histoire de se marrer un brin entre un discours - pas triotique mais presque - et des feux artificieux, le plouc vous offre ces quelques extraits du tordant «Dictionnaire impertinent de la Suisse», paru chez Slatkine, rédigé par Guy Mettan, actuel député et ancien patron de la «Tribune de Genève», et Christophe Büchi, correspondant de la «NZZ» (Neue Zürcher Zeitung).

Allemand (langue): selon la Constitution fédérale, une des quatre langues nationales suisses. Dommage que les Romands ne la parlent pas. La plupart des Suisses allemands, non plus d'ailleurs.

Röstigraben: gouffre sans fond qui séparerait les Romands des Alémaniques. Comme le Loch Ness, personne ne l'a vu mais tout le monde en parle. Surtout les dimanches soir de votations.

Welches: petite peuplade indisciplinée, exotique mais sympathique, qui habite à l'ouest du Röstigraben et qu'on appelle aussi Romands. Seraient parfaits s'ils étaient Alémaniques.

Alémaniques: peuplade mal connue habitant sur la rive droite de la Sarine et dont le but essentiel est d'embêter les gentilles tribus latines de la rive gauche en s'exprimant dans un idiome incompréhensible (voir Schwytzertütsch). On l'a compris, les Alémaniques habitent du mauvais côté du Röstigraben. Synonymes: Bourbines, Staufifres, Suisses Totos.

Saint-Bernard: chien suisse connu pour son alcoolisme et dont la particularité consiste à porter un petit tonneau d'eau de vie autour du cou, dans le but prétendu de secourir les victimes d'avalanche. Aujourd'hui, le Saint-Bernard secourt surtout les magasins de souvenirs.

Alper/Désalper: les musulmans ont le pèlerinage à la Mecque, les Suisses ont l'alpe et la désalpe. La montée à l'alpage et la désalpe figurent, en effet, au nombre des exercices spirituels que tout Suisse bien né se doit de pratiquer au moins une fois dans sa vie, s'il veut aller au paradis.

Premier Août: Fête nationale suisse qui a la particularité d'être uniquement nocturne car jusqu'en l'an 2000, il n'était pas question de chômer le jour de la Fête nationale. Depuis que le Premier Août est férié, les mœurs se sont relâchées et on a pris l'habitude d'allumer force feu d'artifice made in China. Le rituel, bien rôdé, consiste à 1/écouter des discours 2/allumer des feux et 3/rentrer se coucher pas trop tard pour être à l'heure au travail le lendemain.

A propos de discours, Guy Mettant donnera le sien ce soir à Presinge, village situé dans ce qui reste de la campagne genevoise.

Jean-Noël Cuénod

 

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