27/08/2012

Montagne et Mesure de l’homme

 

lacHuiton.JPG

 

(En forme d’oiseau en plein envol, le petit lac d’Huiton ou d’Iton, sous la Plaine Morte)

Pour la première fois depuis ses cinq années passées à Paris, le plouc a retrouvé les Alpes valaisannes pendant quelques jours passés en randonnées au-dessus de Montana, vers ces éminences aux noms qui sonnent comme des songes lointains : Cry d’Er, Bellalui, Tubang, sans oublier la Plaine Morte et son glacier au masque gris et la superbe vision smaragdine du lac Tseuzier, créé par le barrage du Rawyl.

La montagne remet les choses et les êtres à leur place, à commencer par soi-même. Vivre dans une capitale vous donne une vision tordue de la vie. L’humain y est partout le maître absolu et la nature n’est qu’un décor servile, à l’exemple de ses pauvres arbres parisiens tenus prisonniers par des grilles de fer que compissent chiens et hommes. Dès lors, politiciens et médiacrates peuvent bien affirmer, en se gonflant le jabot, que « l’homme doit être la mesure de toute chose », là-haut, c’est la montagne qui mesure l’homme.  C’est elle la plus forte. Et si l’humain l’oublie, elle se charge de le lui rappeler de la plus définitive des façons.

Non, l’homme n’est pas la mesure de toute chose. Il est intégré dans un ensemble dont il n’est qu’un élément. A force d’apparaître comme séparé de la nature, il devient séparé de lui-même puisqu’il ignore ainsi ce lien qui fait partie de son être, qu’il le veuille ou non.

Dans les capitales, les ego enflent. En montagne, ils dégonflent et apparaissent pour ce qu’ils sont, des baudruches disparaissant dans les tourbillons du torrent.

Et pour terminer, cette petite chose en forme de haïku :

Torpeur de midi

Sur le crâne du Tubang

L’aigle attend son heure.

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Dans la capitale, on se sent perdu dans le nombre, aussi. On regarde les immeubles, et on se dit: Tous ces gens, et je ne suis que l'un d'eux! La différence avec la montagne est qu'à Paris on a l'impression que c'est la société qui commande, le gouvernement, et que la politique est le centre de tout, et donc la capitale le centre du monde. Dans la montagne, on voit qu'en réalité la nature est plus forte que les gouvernements. Mais sinon, l'ego peut aussi être grandiose en montagne, si on ne s'assimile pas soi-même à la société, à la collectivité. Et rien n'y oblige.

Écrit par : Rémi Mogenet | 27/08/2012

Eh oui !
Comme vous j'ai vécu à Paris. Plus de 40 ans. J'ai vécu la 4ème république, de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ... et je suis rentré en Suisse. Marre, ras le bol de ces français qui se croient le nombril du monde et qui depuis la fin de la guerre devenaient de plus en plus arrogants et râleurs et ne savaient plus que se reposer sur les largesses de l'Etat et pour qui, si ça ne va pas, c'est toujours la faute de l'autre.
Et en Suisse, justement dans le Valais, j'ai trouvé des hommes et des femmes vrais, qui vous donnaient la main sans arrière pensée. Des gens qui, dans les difficultés, ne comptaient que sur eux-mêmes. Souvent têtes de mules certes mais avec un coeur grand ouvert. Dezs gens que l'effort ne rebute pas. Bref des hommes et des femmes à l'image de ces montagnes. Durs mais magnifiques.

Écrit par : Lambert | 27/08/2012

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