29/06/2012

Procès Jérôme Kerviel : les limites du pipole judiciaire

 

 

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Jacques Vergès et l'avocat genevois Raymond Nicolet ont inventé le procès de rupture. Le but : harceler les juges en tant qu'instruments du pouvoir politique et jouer la provocation pour placer le système judiciaire devant ses contradictions. Me David Koubbi  a mis au point, lui, le procès pipole.  Il s'agit moins de se faire entendre que de se faire voir. L'agressivité face aux juges n'est qu'une répétition pour le seul vrai grand procès, celui qui se déroule devant les caméras. Agressivité brouillonne d'ailleurs. Le procès en appel de Jérôme Kerviel  a permis à Me Koubbi, défenseur de l'ex-courtier de la Société Générale, de donner un exemple ahurissant de cette stratégie paillettes.

Lors de la dernière journée, jeudi, cet avocat du strass en stress, a soigné le scénario. Appuyé sur une canne, l'œil gauche garni d'un énorme coquard, Me Koubbi  a traversé les longs couloirs du Palais de Justice de Paris flanqué de Kerviel et, surtout, de Tristane Banon, dûment pipolisée par sa plainte contre DSK. Que faisait-elle dans cet aréopage ? La romancière est également défendue par Me Koubbi. Voilà qui créé des liens. Bien entendu, les paparazzi en ont bavé des pixels. Gros succès côté caméras.

Le plouc a donc assisté à ce triste cirque mené dans la chaleur humide d'un Paris qui grelottait avant-hier encore.  Placés tout en haut de la salle d'audience, les journalistes twittent avec l'ardeur de leur consoeur et Première Dame de France.  Une question les taraude : où Koubbi a -t-il attrapé un tel œil au beurre noir (qui tire plutôt sur le grenat) ? Une journaliste affirme qu'il a été frappé dans une rue de Paris au cours d'une altercation avec le conducteur d'un scooter. On a les blessures de guerre qu'on peut... En tout cas, l'effet est saisissant et Tristane Banon se fait réserver la première place dans les travées réservées au public.

Et l'affaire ? Quelle affaire ? Il n'y a pas d'affaire. Il n'y a que de la mousse. La plaidoirie de Me Koubbi en apporte la brumeuse démonstration.  Elle part dans tous les sens. Une formule claque-t-elle ? On la répète façon mantra. Avant même de terminer une démonstration, on en commence une autre qui, elle demeure tout aussi inachevée. Et ainsi de suite. Le pauvre plouc a le tournis. Le Fan-Club applaudit. Les forêts de micros vibrent comme sous l'effet de la tempête. Me Koubbi apparaît en vainqueur. Mais le 24 octobre, ce ne seront pas les caméras qui rendront le verdict.

 

Jean-Noël Cuénod

Ils aiment tellement les zimages qu'on va leur faire encore un petit plaisir.

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Commentaires

Aprèa la lecture du blog de ce jour de Morningbull :

http://morningbull.blog.tdg.ch/archive/2012/06/29/comme-une-grosse-envie-de-vomir.html, la lecture du vôtre incite à se dire que chacun est en droit de se défendre comme il le peut et avec les moyens du bord.

Chacun sait la valeur et le poids de l'image. La grande finance aussi bien que l'avocat de Kerviel.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/06/2012

Oh! là!! C'est grave hein! On dirait spiderman ou quoi? attention à l'oeil! ça se vend pas!!

Écrit par : texte faire part naissance original | 29/06/2012

« les paparazzi en ont bavé des pixels » : très drôle !

Dites-moi, Ami Suisse, à un Français pas pipole, comment dans notre cher et vieux pays on « se fait réserver la première place dans les travées réservées au public » ?… On mobilise la maréchaussée ? on pose des barrières métalliques et du ruban “Police” comme dans les séries américaines ?… J’adore la France, et ses petites manies inégalitaires… Tristane Banon n’eût pas conçu d’ailleurs de ne pas avoir la place qui lui revient de droit, au moins en raison de sa notoriété si ce n’est de ses talents – certains sont connus, d’autres moins évidents.

Tristane Banon a réussi l’exploit d’être une victime, et la fille perçue comme la plus haïe, ou plutôt exaspérante, de France ; ça n’arrangera pas sa cote chez le petit nombre qui aura connaissance de cette pantalonnade. (Il ne faut pas se leurrer, toute la France n’est pas à l’affût des dernières simagrées de la Donzelle non plus.) À son agenda, maintenant, parader au procès de Nafissatou Diallo ; je ne sais pas si la justice américaine défraie les témoins, ou si ça va être une nouvelle charge pour les cabinets d’avocats, son séjour aux States ; shopping dans la 5e Avenue compris. Une idée pour vous : persuader votre journal de la nécessité de la suivre à la Nouvelle-Amsterdam, pour le bien de l’information, évidemment. (J’aurai alors une liste de courses à me rapporter de là-bas ; me contacter en privé… Normal, je vous donne l’idée, vous me remerciez.)

(Remarque in cauda venenum : « se fait réserver (…) dans les travées réservées »… ; un chtit manque de variété de choix de vocabulaire ?…)

Écrit par : Budelbegrer | 02/07/2012

J’ai réussi l’exploit – et n’en suis pas peu fier… – de me tromper dans mon nom ! à croire que je m’usurpe moi-même et maladroitement ma propre identité !… Auriez-vous l’obligeance, je vous prie et si c’est techniquement possible, de modifier l’infâme “Budelbegrer” en le magnifique « Budelberger » ?… Merci.

Écrit par : Budelberger | 03/07/2012

À propos de justice – du travail, cette fois – et Tristane Banon, juin 2012 devait voir le jugement dans son litige – par lequel elle a rencontré David Koubbi – avec l’éditeur “le Cherche midi”. Notre honorable correspondant suisse en sait plus que la Toile à ce sujet ? Jérôme Kerviel – juste retour des choses – a-t-il accompagné la Belle à l’audience pour y défaillir d’un malaise aussi dramatique que télégénique ?…

Écrit par : Budelberger | 03/07/2012

Quelque chose qui n’a qu’un lien assez ténu avec l’article, mais si Mr Cuénod – qui me paraît assez bonhomme – en accepte la publication, tant mieux ; sinon, l’humanité perdra le bénéfice de ma prose, tant pis pour elle. Pour ce, j’ai créé spécialement un compte Twitter/TwitPic, solution qui me paraissait la plus simple pour produire un document.

J’ai reçu le catalogue 2012 des Éditions “Au diable vauvert” et ai bien sûr immédiatement recherché la notice concernant Tristane Banon ; on la trouve page 4 : cf. l’image http://twitpic.com/a79kn0. Ce n’est pas triste, en trois petites lignes, l’éditeur parvient à aligner pas moins de… quatre “erreurs” – pour ne pas dire pour certaine “mensonge” –, que je classe par ordre croissant de “fausseté” : « Strauss-Kahn » ne s’écrit pas « Gengis “Khan” » ; ce n’est pas en « novembre 2011 » que survint l’épilogue judiciaire (provisoire ?) de l’affaire Banon vs Strauss-Kahn mais en octobre 2011, le 13 exactement – le hasard fit que cela coïncidait avec la mise en librairies du “Bal des hypocrites” ! – ; l’“agression sexuelle”, en France, se prescrit au bout de trois ans et non cinq ; et enfin, summum de la désinformation, le Perv n’a jamais « été reconnu coupable de » quoi que ce soit ! au terme de l’enquête préliminaire, le procureur a bien voulu faire un communiqué affirmant que « des faits pouvant être qualifiés d’agression sexuelle ont été reconnus » – sous-entendu : par le Perv durant son audition, et selon le procureur –, mais pas plus ; Tristane Banon ayant décidé de ne pas aller plus loin – elle en a encore la possibilité, mais le temps passe vite, avec sa prescription totale et définitive –, le Perv s’en sortira, une fois de plus.

Je me renseigne auprès de l’éditeur sur ces « plusieurs pays » – on dit en général : « en plusieurs langues » – qui ont traduit ce livre.

Écrit par : Budelberger | 14/07/2012

Pour le lien vers TwitPic, il convient d’enlever le « . » final : http://twitpic.com/a79kn0 !

Merci à Mr Cuénod pour sa “libéralité”…

Écrit par : Budelberger | 14/07/2012

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