17/06/2012

François Hollande über alles!

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Le président François Hollande ne pouvait rêver meilleur résultat aux élections législatives françaises. Son Parti socialiste détient à lui seul la majorité absolue de la nouvelle Assemblée nationale. Il n'aura donc pas besoin des quelque vingt députés «verts» pour faire passer ses réformes. Quant au Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, il est bien diminué. Avec une petite dizaine de députés, il ne comptera guère et ne pourra même pas former un groupe. Mélenchon était le caillou dans la chaussure de Hollande, le voilà rejeté à son destin de gravier.

Les socialistes détiennent désormais tous les leviers de commande. Majoritaires au Sénat, majoritaires absolus à l'Assemblée nationale, majoritaires dans les départements (6 sur 10 sont dirigés par des élus du PS), majoritaires écrasants dans les régions (21 sur 22). L'ennui, avec une telle domination, est que le parti présidentiel ne peut que perdre une si flatteuse position aux prochaines élections, notamment aux municipales en 2014.

François Hollande dispose ainsi d'une stature qui lui permet de parler haut, hors de France. Il va sans doute devenir le leader de l'Europe du Sud face à Angela Merkel, championne de l'Europe du Nord. Pour l'Hexagone, c'est une situation périlleuse certes, mais tout de même plus porteuse d'espoir que celle de pâle second de l'Allemagne qui était la sienne sous Nicolas Sarkozy.

Le débat européen continuera à opposer la France, tenante de la relance économique, à l'Allemagne, gardienne de l'orthodoxie budgétaire. François Hollande peut désormais exciper du soutien massif de son peuple pour avancer ses pions face à Angela Merkel. Mais le président français sait bien qu'un compromis est inévitable et il n'est pas homme à jouer les jusquauboutistes. Sa victoire lui donne l'assurance nécessaire, à la fois de pousser son avantage face à la chancelière fédérale et de faire accepter le compromis franco-allemand au parlement.

D'ailleurs, les positions entre Hollande et Merkel ne sont pas si opposées que cela. Mardi dernier, au Conseil économique, social et environnemental, le président français a bien averti que la relance économique ne pouvait pas naître de la dépense publique. La phrase est passée inaperçue dans les médias français, tout émoustillés par l'affaire Tweeterweiler. Mais elle constitue une rupture historique dans le discours, jusqu'alors keynésien, des socialistes.

Des mesures de restriction budgétaire se préparent donc en France. Grâce à sa victoire aux législatives, François Hollande pourra les faire voter par le parlement. Mais il devra alors faire face au mécontentement qui risque de s'exprimer dans les rues ou par le truchement de grèves sauvages. Le dialogue social promis par le nouveau pouvoir deviendra une ardente nécessité.

Jean-Noël Cuénod

 

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