16/05/2012

François Hollande, l'Europe au cœur.

Rien n'a été épargné à François Hollande, mardi, durant sa journée d'installation à la présidence de la République française. La pluie et la giboulée durant sa montée des Champs-Elysées. La foudre sur son avion au départ du vol vers Berlin. Voilà pour la météo.

 

Quant à l'économie, le baromètre annonce un temps tout aussi maussade. Les statistiques font état d'une croissance nulle durant le premier trimestre. La dette publique française a été corrigée à la hausse. Elle atteint 86% du produit intérieur brut (PIB) au lieu des 85,8% qui avaient été primitivement estimés. Et la zone euro tremble devant l'effondrement de la Grèce.

 

Si l'on excepte les débuts de la présidence du général de Gaulle en 1958 - qui devait affronter la guerre d'Algérie et les risques de conflit civil en métropole - jamais chef de l'Etat de la Ve République n'a subi une telle avalanche de mauvaises nouvelles en inaugurant son arrivée au pouvoir.

 

Après sa campagne présidentielle décevante où la démagogie a occulté la pédagogie, la France doit enfin se frotter aux vrais problèmes, sans se raconter des contes et comptes à rêver debout.

 

Mais la clé des solutions ne saurait être forgée qu'à Paris. La France n'est plus maîtresse de sa monnaie et son destin est arrimé à l'Europe, qu'elle le veuille ou non. Ainsi François Hollande a-t-il consacré à l'Union une partie importante de son discours d'investiture. Il y a d'ailleurs intégré une proposition de... Nicolas Sarkozy, à savoir l'instauration de la réciprocité dans les échanges entre l'Union européenne et ses partenaires commerciaux. L'objectif n'est pas de fermer les frontières de l'Europe, ce qui nuirait à la reprise; il s'agit d'exiger une certaine justice dans les rapports économiques.

 

Le nouveau président ne manque pas d'idées pour relancer l'Europe. Mais s'il se limite à faire couple avec l'Allemagne, il court à l'échec. Après le «Merkozy» de petite mémoire, les autres pays européens risquent fort de rejeter le «Merkhollande».

 Jean-Noël Cuénod

 

(Cet éditorial est paru mercredi 16 mai 2012 dans la Tribune de Genève et 24 Heures; publié sur ce blogue à l'attention des amis français du plouc)

18:39 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

M.Cuenod vous utilisez le sobriquet "le plouc".

Or, je pense que le "véritable plouc" est le "petit bourgeois" Hollande qui lorsque je l'ai vu devant son pupitre ressemblant à s'y méprendre à un comptable du début du siècle précédent, je me suis dit qu'il ne lui manquait qu'un crayon sur l'oreille droite !

Un de mes amis suisses allemands, admirateur de feu Walter Roderer, à trouvé le surnom idéal pour caractériser ce plouc hexagonal : "Buchhalter Nötzli"

Bonne journée à vous

Écrit par : Hypolithe | 17/05/2012

Les commentaires sont fermés.