15/05/2012

Le plouc installe François Hollande à l'Elysée et dit adieu à Sarkozy-Bruni

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Et voilà. Le Plouc regagne son antre de la Butte-aux-Cailles après avoir fait ses plouqueries dans la cour de l'Elysée pour assister, mardi matin, à l'intronisation du président François Hollande et au départ du nouvel «ex» de la République, Nicolas Sarkozy. Avec son confrère et compatriote Alain Menusier, il s'est dégotté un coin bien placé, juste à côté des escaliers. Histoire de faire le badaud accrédité, en attendant les deux grands moments: l'accueil de l'entrant par le sortant, puis la sortie du sortant saluée à l'entrée par l'entrant. Vous suivez le plouc?

Avant cette transmission symbolique sur tapis rouge, les photographes et cadreurs captent l'arrivée des Invités qui traversent la cour et avalent les marches pour être introduits dans le Saint des Saints de la République égalitaire: pipoles aux lunettes noires incorporées et souriant de toutes leurs fausses dents, corps vachement constitués, trognes galonnées faisant tintinnabuler leurs médailles, ecclésiastiques chamarrés et orientaux, gorilles au veston mal ajusté sur leur flingue, à l'oreillette greffée et à la tronche de casier judiciaire, politiciens arrivés mais dans quel état ‑ il y avait même un Gaudin (maire de Marseille) qui semble avoir dépassé largement la date de péremption -, décideurs très décidés, académiciens très caducs, médiacrates cherchant leur meilleur profil. Bref, la harde habituelle des lèche-escarpins.

Puisque le Festival de Cannes commence demain, le plouc a dressé son petit palmarès des invités. Il vous l'offre - internautes chéris - en exclusivité galactique.

La plus sublime. Valérie Trierweiler foule le tapis rouge avec la grâce féline et conquérante d'une Lauren Bacall. Les photographes deviennent fou, c'est tout juste s'ils ne marchent pas sur leur langue pendante comme le loup de Tex Avery. Ils crépitent de tout leur être. Mais ils feraient bien de se méfier. Les photographes, la journaliste et compagne du nouveau président les connaît bien, pour les engueuler avec la régularité d'un métronome courroucé. Manteau blanc cassé, tailleur à l'ample jupe bleu marine, talons interminables qui met en valeur ses mollets hollywoodiens, abondante chevelure blond vénitien (demain, toutes les Parisiennes se feront teindre les cheveux) qui frémit sous la caresse des Saints de Glace, elle monte à l'assaut des marches. A leur sommet, Carla Bruni-Sarkozy attend. Tailleur pantalon noir, teint pâle, souliers plats, sourire plaqué, celle qui est encore Première Dame pour quelques secondes porte le deuil de son statut. Les deux femmes se font la bise, se tournent vers les caméras. «Valérie, Valérie par ici, par ici » crient les photographes. Pour la première fois, Carla est éclipsée.

Le plus vaniteux. Pierre Bergé fait, bien entendu, partie des invités. Comment pourrait-il en aller autrement? Juste avant de monter les marches, il hésite. Et n'y tient plus. Comme happé par un aimant, il se précipite vers les caméras pour prendre un bain de cabotinage. Ah quel nirvâna d'être filmé, photographié ! Mais les photographes se fatiguent assez vite, sous le regard attristé de Bergé qui voit se tarir sa fontaine de Jouvence.

Le plus flagorneur. Dramaturge et directeur du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes triture le bras de Lionel Jospin, puis celui de la philosophe Sylviane Agacinski (femme de l'ancien premier ministre) pour tenter de les immobiliser, au moins pendant quelques secondes, devant les caméras. Jospin sourit l'air un peu gêné. Sylviane Agacinski cache son agacement. Mais Ribes est heureux comme le ravi de la crèche.

Les plus discrets. Nicolas Sarkozy attend François Hollande au bas des escaliers et s'efforce de se montrer chaleureux en serrant la main de son vainqueur. Le nouveau président a au moins le bon goût d'être de taille aussi brève que l'ancien. Les deux hommes ne s'attardent pas et filent à l'intérieur. Sarkozy va remettre à Hollande les codes de l'arme nucléaire. A la sortie, le nouveau président et sa compagne saluent l'«ex» et son épouse. Et Nicolas Sarkozy prend la main de Carla pour descendre les escaliers, fait un coucou au personnel de l'Elysée, part sans se retourner et s'engouffre dans sa voiture avec chauffeur. François Hollande est déjà à l'intérieur de son palais. Une page est tournée. Il se met à pleuvoir.

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Excellente description de cette cérémonie protocolaire de la monarchie-élective hexagonale voisine, et parfois amie ...

On s'y croirait, comme si c'était tiré d'un film !

Mais parmi les pipoles, il en manque probablement, car tous n'ont pas été cités, ceux du clan du sortant se sont fait discrets j'imagine. Point d'Alain Delon semble-t-il. Est-il souffrant ?

Parmi les plus chaleureux supporters étrangers du clan de l'entrant, on n'aperçoit pas le socialiste et Premier ministre belge Elio Di Rupo, ni ses camarades genevois Christian Brunier et Manuel Tornare, lesquels sont d'habitude de toutes les fêtes, un peu comme les bricelets vaudois à la kermesse de Goumoens-le-Jux ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 15/05/2012

la suite:à quoi pense Sarkosy dès aujourd'hui en se rasant, aux lendemains qui déchantent, aux faux amis qui s'entre-déchirent, courage Fiilon - Copé- collé et autre Mariani on the rock , sur un fond de crise de la dette, des marchés qui ne délivrent plus d'oseille le matin à Rungis , etc. etc. et alors , grâce au secours cathodique , lui et lui seul : le recours, à ne pas confondre avec le retour , mais à un premier Mai 2017 , lui- Remédiator , sorte de Jeanne d'Arc en ciel , bref un De Gaulle remastérisé , pré globalisé et cracheur de feu. Comme les poêles Téfal vous n'êtes pas près d'en voir la fin.

Écrit par : briand | 15/05/2012

Ouf, 5 ans que j'attendais ce moment. Le plouc a le talent du raconteur.

Au moins le nouveau n'en fait pas un problème, de sa taille. On voit qui est le président bien dans sa tête. Et maintenant raus d'Afghanistan. Je n'aime pas me rendre dans un pays en guerre.

Écrit par : Johann | 15/05/2012

on se serait cru à la cour de Louis XIV invités venant parader en espérant une bonne place dans le futur gouvernement.
merci le plouc pour vos rubriques sur la France

Écrit par : schön | 15/05/2012

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