09/05/2012

Une force dangereuse qui monte, le social-nationalisme

La crise européenne a fait émerger une force qui prend de l'ampleur à chaque rendez-vous électoral, le social-nationalisme. Précisons d'emblée les termes. Le mot «populisme» - utilisé à tort et à travers pour qualifier l'extrême-droite contemporaine - ne signifie rien. Dans une démocratie, les politiciens doivent forcément s'adresser au peuple, prendre en compte son avis et donc faire du «populisme».

Jusqu'à maintenant, l'extrême droite actuelle relève surtout du national-libéralisme, comme l'UDC blochérienne, le Parti du progrès norvégien, celui de la Liberté aux Pays-Bas, le N-VA flamand et d'autres formations de ce genre, actives surtout au nord de l'Europe.

Ces mouvements politiques défendent des thèmes xénophobes et racistes visant les immigrés et l'islam. Mais aucun d'entre eux ne remet en cause l'ordre démocratique; d'autant plus que, jusqu'à maintenant, ils n'ont pas à se plaindre du verdict des urnes. En outre, ils sont, pour la plupart, des partisans de l'économie libérale. Enfin, ces nationalistes libéraux n'organisent pas de milices. Il s'agit avant tout de formations bourgeoises.

L'autre extrême-droite qui se développe aujourd'hui tient un discours différent et constitue un danger bien plus vif pour la démocratie. Il s'agit du social-nationalisme, le terme de national-socialisme renvoyant à une situation allemande de l'entre-deux-guerres qui ne correspond pas à notre époque. Toutefois, comme le fascisme originel italien et allemand, dont elle est l'héritière en ligne plus ou moins directe, cette extrême-droite mêle dans son idéologie protection sociale, glorification de l'identité «raciale» et affirmation nationaliste. Elle prospère actuellement dans l'Est et le Sud-Est de l'Europe. Son représentant grec, Aube dorée, vient d'entrer au parlement d'Athènes avec 21 députés sur 300. S'appuyant sur les mêmes bases idéologiques et de semblables méthodes violentes, le Jobbik hongrois dispose de 47 parlementaires sur 386 et l'Ataka bulgare, de 21 sur 240.

Sur de nombreux points, cette extrême-droite se situe en rupture avec le national-libéralisme. Plus qu'au sein de la bourgeoisie, elle recrute dans les milieux populaires. Loin de défendre le libéralisme économique, elle le voue aux gémonies. Mais surtout, le social-nationalisme se distingue par l'emploi qu'il fait de ses milices. Aube Dorée et Jobbikdisposent de groupes organisés militairement qui investissent certains villages ou quartiers pour tabasser les immigrés et les Roms. Si le national-libéralisme reste dans les clous de la démocratie, le social-nationalisme en sort carrément. Dans un Etat de droit, le monopole de la violence légitime doit rester dans les mains d'une force neutre, agissant sous le contrôle du pouvoir judiciaire. C'est pourquoi la police et la préservation de son monopole deviennent un thème politique majeur.

Jean-Noël Cuénod

                                      CES EMBLEMES VOUS RAPPELLENT-ILS QUELQUE CHOSE? (à gauche, Aube Dorée; à droite, Ataka)

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18:52 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : élections, europe, grèce, extrême-droite | |  Facebook | | |

Commentaires

Aube Dorée, en tout cas, cela rappelle la Golden Dawn, à laquelle ont appartenu, dit-on, les écrivains Arthur Machen et Bram Stoker, des catholiques de Grande-Bretagne; je me demande si l'Irlandais Yeats n'en était pas aussi. On dit en tout cas que les branches allemandes ont été approchées par Hitler.

Écrit par : Rémi Mogenet | 09/05/2012

"Dans un Etat de droit, le monopole de la violence légitime doit rester dans les mains d'une force neutre, agissant sous le contrôle du pouvoir judiciaire."

Nous sommes bien d'accord. Le problème c'est quand l'Etat ne remplit plus son rôle. Et la nature ayant horreur du vide...

Sérieusement, la politique de la droite libérale vise à la destruction de l'Etat par la privatisation de toutes ses missions. Par ici les profits! Les exemples foisonnent : armée étatsunienne remplacée par des société privées de mercenaires, prisons privées, sabotage de l'école et de l'hôpital publics par la diminution des effectifs et par des salaires de moins en moins attractifs, idem pour la police qui n'a plus les moyens de protéger les habitants. La gestion du chômage en France sous-traitées à des sociétés privées...

Dénoncer comme vous le faites, c'est bien. Comprendre les causes de ce phénomène pour en trouver les remèdes, c'est mieux.

La capitalisme génère la violence. Il y a un droit à la légitime défense. A l'Etat d'assumer pleinement ses tâches pour faire en sorte que la violence soit si bien contenue que la légitime défense ne se justifie plus.

Je suis très étonné qu'à Genève des milices ne se soient pas déjà créées. Sans doute que le Genevois à part sa grande gueule...

Écrit par : Johann | 09/05/2012

Qui nous prends pour des ânes? Le jeux dangereux de l'Europe et des financiers risque de déboucher sur du "grabuge" les gens n'auront pas tort.

Lisez bien ceci.

"Ou l’arnaque des banques commerciales… Nous évoquions, dans notre dossier sur le rôle des banques, le changement induit par la loi Pompidou votée en 1973. Ce que nous vivons depuis qu’aucune monnaie n’est adossée à l’or est une véritable catastrophe.

Dans son édito de la Quotidienne d’Agora du 14 février dernier, Yannick Colleu stigmatise à juste titre la fin de l’étalon-or comme étant à l’origine de tous les problèmes : « La situation que nous vivons depuis 1973 est unique en son genre. C’est en effet la première fois dans l’Histoire que la monnaie n’est adossée à aucun actif tangible au niveau planétaire. Il y a eu quelques précédentes tentatives malheureuses de donner au papier-monnaie une valeur intrinsèque. Toutes se sont soldées par un effroyable carnage de l’épargne. »

C’est également depuis 1973, année du choc pétrolier, qu’une loi a été votée pour que l’Etat, qui battait lui-même sa monnaie, emprunte désormais à des établissements financiers privés.

Le schéma est on ne peut plus simple comme nous l’explique Charles Sannat, directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com : « la BCE prête à 1% aux banques commerciales et celles-ci se font de la marge qui part dans les bénéfices des banques. Cette marge n’est ni honnête, ni morale. Car avec le système actuel, on permet aux banques de s’enrichir en appauvrissant les états.

Quand un état a 100% de dette par rapport à un PIB qui croît de 0% mais qu’il doit payer 3% de son PIB, il est en récession de 3%. C’est un système confiscatoire ».

Au Portugal par exemple, il faudrait une croissance supérieure à 12% pour pouvoir payer les taux d’intérêt sur 10 ans que le pays doit rembourser aux banques. Comment cela est possible quand on voit que la croissance de la France dont l’économie résiste mieux est à 0 ?

L’Espagne emprunte à 6%, l’Italie presque 5% et l’Allemagne à moins de 2% : en clair on ne prête qu’aux riches ! Moins les banques ont confiance dans un pays, plus elles montent les taux d’intérêt des emprunts, c’est un cercle vicieux.

En Grèce, la situation est dramatique, il y a de plus en plus de cas de malnutrition infantile, le taux de suicide est en hausse, 60% des Grecs s’exilent à la campagne, et tout ça avec un effacement d’une bonne partie de la dette du pays !

Les obligations de la France sur 10 ans sont d’à peu près 3,2%. Il y a 1440 milliards d’euros d’obligations d’Etat sous forme d’assurances-vie. Si l’état ne tient pas son engagement de remboursement, l’assurance-vie ne vaut plus rien, l’épargnant est ruiné.

Or celui qui n’a rien à perdre, qui n’a pas mis d’argent de côté dans une banque n’a rien à perdre"

Écrit par : NOËL Pierre | 10/05/2012

on en a un échantillon chez nous de plus en plus d'ordres émanant d'une force politique qui après fusion transforme les citoyens en animaux.Ces citoyens sous qui seront contraints à soulever les containers à bras levés et les porter eux-même jusqu'aux déchetteries.Ou comment mieux humilier le simple citoyen sans véhicule sa santé mise en péril dès la naissance et qui se voit octroyer une carte pour aller déposer ses déchets dans un endroit à 10km de chez lui.
On comprend mieux l'engouement des socialistes ,le terme et le sens des transports collectifs,on est plus très loin du fameux programme STO,mais vous avouerez qu'après avoir survécu à l'odieux programme Sélection humaine ,l'humain d'aujourd'hui aurait mérité mieux que de sentir à nouveau humilié et rabaissé par des potentats qui eux sont nés avec une cuiller en argent entre les lèvres

Écrit par : lovsmeralda | 10/05/2012

@ l'auteur

Il me semble que le "gauchisme d'extrême-droite", qui progresse en France depuis bien des années, et qui vient d'accéder à la présidence de la République, représente aussi un grand danger pour toute l'Europe. Voir ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ceux-de-la-gauche-qui-ne-veulent-77346

Bien cordialement.

Écrit par : Pierre Régnier | 10/05/2012

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