15/02/2012

Le dernier pari de Nicolas Sarkozy

 

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Aventurier d’Etat, Nicolas Sarkozy entame son dernier pari en se lançant dans le grand saut électoral. Puisque l’actuel «présimonarque» français a fait acte de candidature, après avoir entretenu un faux suspens destiné à faire frémir la Toile.

Comment pouvait-on douter d’une telle décision? D’abord, les juges d’instruction attendent la fin de son immunité présidentielle pour lui poser quelques questions sur le financement de la campagne de Balladur en 1995 et celui de sa propre propagande électorale en 2007. Ensuite, Sarkozy éprouve une telle passion du paraître qu’il ne saurait abandonner la lumière sans combattre de toute son énergie, fût-elle désespérée. Conformément à son tempérament, il tente de jouer à «face, j’ gagne; pile, j’ perds pas».

Sarkozy se trouve dans la position de l’animal blessé qui redouble d’agressivité envers les fauves rôdant autour de sa tanière élyséenne. Ses talents d’improvisateur, sa promptitude tactique et sa méchanceté politique trouveront l’espace nécessaire pour se déployer. L’homme au Kärcher entre les dents a démontré dans le passé tout son savoir-faire. Pour ceux qui l’ont enterré trop vite, le réveil risque de faire mal aux gencives.

Toutefois, le Teigneux de la République sait que la guillotine du scrutin peut lui trancher le col. Et les blessures symboliques n’en sont pas moins durablement douloureuses. Giscard d’Estaing en offre l’exemple vivant, quoique parcheminé. Le traumatisme de sa défaite en 1981 fut tel que, pour survivre dans la mémoire des Français, il en est réduit à écrire des romans lestes et, pour demeurer immortel, il a dû quémander un siège à l’Académie. Le Rutilant Suprême ne saurait se satisfaire d’aussi obscurs expédients.
 
Si son bail à l’Elysée n’est pas reconduit, Nicolas Sarkozy prendra l’avenir à témoin pour dépasser sa défaite. Car, même s’il murmure le contraire aux oreilles des journalistes amis, l’Hyperactif ne se contentera pas de siroter un smoothie banane au bord d’une piscine comme un vulgaire Copé. Il fera entendre sa voix tous azimuts.
Si le sort de la France s’améliore avec le nouvel élu, Nicolas Sarkozy affirmera haut et fort que sa politique, pour impopulaire qu’elle fût, s’est révélée bénéfique. C’est donc sciemment qu’il a ordonné des remèdes amers avec effet retard bienfaisant. Son successeur – citons, au hasard, François Hollande – n’est qu’un vil profiteur qui récolte des blés qu’il n’a point semés. Sarkozy, le glorieux battu, sera le vrai vainqueur aux yeux de l’Histoire.

A contrario, si la France devient encore plus souffrante sous le règne de son successeur, Sarkozy n’hésitera pas à chanter sur toutes les antennes la chanson du «J’ vous l’avais bien dit». Et à se poser en recours.
Il prétend aujourd’hui qu’en cas de défaite nous n’entendrons plus parler de lui… Tu parles!


Jean-Noël Cuénod

PS: pour les Sarkofans, voici le lien qui leur permettra de se rendre sur le site Fesse-bouc du nouveau candidat

11:17 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique française, campagne présidentielle | |  Facebook | | |

Commentaires

Etonnant pays, si riche de talents mais qui va donner à choisir, comme futur président, entre un sortant caractériel, vulgaire, népote, bling bling, obsédé par son image et inconstant dans son propos, un candidat "de gauche" mou du genou et sans aucune expérience, une "fille à papa" gaffeuse et au positionement politique peu clair et divers hurluberlus "verts", d'extrême-gauche ou le centriste ressorti du tiroir à chaque tournée...

Écrit par : A. Piller | 15/02/2012

S'il était réélu, tout comme Nicolas II de Russie, il ne terminera pas son deuxième mandat le petit Nicolas.

Écrit par : Hypolithe | 16/02/2012

Abonné depuis des années à la TDG, je lis regulièrement vos éditoriaux sur la politique française. Je suis particulièrement choqué de votre vitupération systématique contre la politique de N. Sarkozy. Au lieu d'une analyse impartiale, vous ne semblez avoir que le désir de descendre en flèche toute action entreprise par ce gouvernement. On peut émettre quelques critiques ponctuelles mais pas prendre unilatéralement parti contre la personnalité de qqun.
Je vais finir par éviter de lire tout article signé de votre nom.

Écrit par : Mariel Delorme | 16/02/2012

La France n'aura pas eut pire menteur, délinquant et casseur de la République. Il doit être viré. Celle ou celui qui le remplacera devront gérer la révolte de la dette et des mensonges.

Ses "quarante amis chefs d'entreprises" qui cherchent un logement en Suisse peuvent l'emmener.Il faudra saisir leurs "biens mal acquis" je me charge de la pétition le moment venu.

Écrit par : Pierre NOËL | 16/02/2012

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