12/01/2012

La Hongrie d’Orban, son inquiétante Constitution et le silence européen


En octobre 1999, lorsque l’extrême droite du FPÖ avait participé à la coa- lition gouvernementale en Autriche, l’Union européenne était montée sur ses grands chevaux. Paris, Londres, Berlin ne trouvaient pas de mots assez durs pour stigmatiser cette présence brunâtre. Toutefois, les ministres du FPÖ ne cherchaient pas à modifier les lois fondamentales de leur pays.

Aujourd’hui, saisissant contraste: la Hongrie a adopté une Constitution qui contient des ferments extrémistes inquiétants, et Bruxelles ne bronche guère, sinon par une pâle résolution de protestation au Parlement européen. Certes, la Commission a proposé, hier, aux gouvernements de l’Union de supprimer un milliard d’euros d’aides à la Hongrie, mais c’est principalement pour la punir de laisser filer son déficit public et de ne pas accorder d’indépendance à sa Banque centrale. L’une des rares personnalités à tirer la sonnette d’alarme est le centriste français Jean-Louis Bourlanges, professeur à Sciences Po Paris et ancien eurodéputé.

Il faut dire que la Hongrie avait grand besoin d’une Constitution puisque, malgré sa participation à l’Union européenne, son texte fondamental remontait à… 1949, lorsque ce pays suffoquait sous la botte de Staline. Mais, au lieu de procéder à une consultation populaire, le gouvernement du conservateur nationaliste Viktor Orban a fait adopter sa Constitution par le parlement ordinaire, sans même créer une assemblée constituante élue à cet effet. Il s’est contenté d’envoyer, au début du processus, un questionnaire tous-ménages.

Ainsi, le mariage homosexuel et l’avortement se trouvent-ils bannis par ce texte fondamental. Les parlementaires sont donc liés pour un temps indéfini dans deux domaines en pleine évolution. Ce n’est pas tout, loin de là. L’indépendance de la justice n’est plus garantie, de même que celle de la Cour constitutionnelle, dont les compétences ont été revues à la baisse. La liberté de la presse n’est plus protégée en tant que droit de l’individu à en bénéficier et ne figure que sous la forme d’une vague promesse de l’Etat à la respecter. Or le gouvernement Orban a multiplié les attaques contre les médias depuis plusieurs mois. Quant à l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou celle d’introduire la peine de mort, elles passent à la trappe.

Enfin, ce texte se caractérise par une revendication nationaliste exacerbée en octroyant le droit de vote aux Magyars qui vivent hors des frontières hongroises et qui auront obtenu la citoyenneté, sans même devoir résider en Hongrie. Cela ne manquera pas de réveiller de vieilles rancœurs chez d’autres membres de l’Union européenne, la Roumanie et la Slovaquie, qui abritent d’importantes minorités hongroises.

Viktor Orban est en train de concentrer tous les pouvoirs dans ses seules mains. Pendant ce temps, Bruxelles ne s’inquiète que pour ses deniers.

Jean-Noël Cuénod

 

Pour en savoir plus, voici le site (disponible en magyar et en anglais)

09:51 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

J'ai voté pour la belle Europe, celle de la liberté, celle de l'union, celle du prochain bien être, celle ou il devait y avoir des millions d'entrepreneurs, des possibilités de s'épanouir pour nos jeunes etc...

J'ai cru du verbe croire en fait à une bande d'imbéciles instruits idiots qui font n'importe quoi! C'est une défaite de tous les partis politiques, des banquiers et des industriels. Je caricature bien évidemment; seuls les idiots-utiles et les instruits-idiots se fâcheront ou fermeront leurs boite à sortir des ânneries.Qu'ils se taisent cela vaudra mieux.

Alors je vais vous dire, bandes de tares de tous niveaux, vous faites le terreau du fascisme rouge, noir ou brun, c'est à votre convenance. Il y a des bruits de bottes comme le disaient nos anciens à une époque pas si lointaine.Les collabos et les scribouillards, les économistes de pacotille, des journalisters lèches bottes incapables de se défaire de politiques inféodés aux uns et aux autres, tous vont devoir gérer une situation de guerre et de révolte. Je vais plus loin que Guehan car c'est bien cette situation qui s'organise doucettement mais sûrement.

Le mensonge et l'idiotie ont assez duré. De dettes privées, nous passerons d'office au transfert de celles-ci vers les états par une nationalisation partielle ou totale donc -nous paieront -nous les citoyens croyants.

Nous allons devoir payer les ânneries de politiciens qui de toutes les façons, devront rendre des comptes un jour ou l'autre. Cette Europe se crève de l'intérieur, le "sauve qui peut" se constate avec l'argent.Ils peuvent mettre des bandits venant des banques, au pouvoir, cela ne changera rien.C'est le renouveau des fascistes aux croyances pourries dont les méthodes sont connues; elles seront combattues.La Hongrie, l'Autriche ou la liberté d'expression est mise à mal, la Grèce ou les papouzes ont pris possession des richesses, le peuple ayant laissé faire pour mieux tricher..les monarchies sont aux aguêts prêtes à reprendre le pouvoir avec des représentants style poniatowski et autres princes-paysans, non, ne croyez surtout pas que l'avenir sera rose, bleu ou brun.Il sera rouge et noir.Couleurs du sang et de l'obscurantisme.Il faudra passer à la caisse, nos enfants paieront ? Comment ? En crachant dans l'eau pour faire des ronds ?

Toutes mes excuses d'avoir été un peu long...

Écrit par : Pierre NOËL | 12/01/2012

Les commentaires sont fermés.