14/11/2011

La politique à l’heure des psys: sur le divan de la scène

Le divan est devenu l’outil indispensable des politiciens. Ce n’est pas nouveau, me direz-vous. L’Histoire fourmille de ces chefs d’Etat qui l’ont élevé au rang d’accessoire à leurs étreintes avec des maîtresses amicales, vénales ou fatales voire létales   comme l’illustre ce brave président français Félix Faure — tombé en 1899 au champ du bonheur dans les bras d’une demi-mondaine qui ne faisait pas les choses à moitié.

Toutefois, ce n’est point de cet usage galant qu’il s’agit en l’occurrence mais de son emploi comme instrument de la cure psychanalytique. C’est le divan vu par Freud et non par Strauss-Kahn. Car désormais, la politique est examinée, analysée, soupesée sous l’angle de la psychologie. Ce n’est point les idées qui nous intéressent aujourd’hui, mais le bocal dans lequel elles barbotent avec une agilité toujours plus réduite.

La primaire du Parti socialiste en offre de multiples exemples. Ainsi, durant les discussions entre les deux tours, le thème des 60 000 emplois dans l’enseignement sortis du chapeau de François Hollande a été certes débattu, mais c’est surtout cette question qui revenait: comment les quatre enfants de l’ex-couple Royal-Hollande réagiront-ils? Convaincront-ils maman de voter quand même pour papa? Comment choisira-t-elle entre celui qui l’a quittée et celle qui l’a trahie?

L’agressivité de Martine Aubry à l’égard de François Hollande a été également considérée de façon psychologisante. Les commentateurs politiques faisaient remonter cette animosité à une trentaine d’années, lorsque François Hollande tentait de devenir le fils spirituel de Jacques Delors, le père de Martine Aubry et ancien numéro 1 de l’Union européenne. Elle n’aurait pas supporté cette usurpation filiale.

A droite aussi, la «psypolitique» règne. L’UMP vit au rythme du taux de testostérones de Nicolas Sarkozy. Baisse-t-il? Le moral des troupes présidentielles tombe aussitôt dans les chaussettes. Grimpe-t-il? Le voilà qui remonte, dopé par cette bonne nouvelle qui agit comme une sorte de Viagra mental.

Le psychologue a donc remplacé le philosophe. Jadis, les socialistes se situaient par rapport à Marx, les libéraux puisaient leur inspiration dans l’œuvre du Vaudois Benjamin Constant. Même les radicaux français et romands avaient leur philosophe, Alain.

Aujourd’hui, les idées ne servent plus guère les politiciens, car leur marge de manœuvre pour les appliquer se réduit comme une peau de chagrin souverainiste. Le pouvoir réel, celui qui influence la vie quotidienne, est éclaté entre les instances supranationales, les marchés financiers, les agences de notation. Il n’a plus de visage.

Or, nous avons tous besoin que le pouvoir s’incarne. Faute de mieux, on se rabat vers les visages connus, ceux de nos politiciens. Comme leurs idées nous intéressent de moins en moins, puisque l’on mesure leur impuissance, il nous reste leurs histoires personnelles.
Jusqu’au jour où ces contes à voter couchés ne nous suffiront plus.

12:46 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : freud, hollande, aubry | |  Facebook | | |

Commentaires

C'est l'heure du psy qui se pose
aux licenciés et familles, devenant chomeurs de longue durée, chercheurs d'emploi en vain

De même
aux services chargés d'apporter un soutien au retour à l'emploi:
il y a-t-il une ère "psy" où peuvent s'exprimer les licenciés, chomeurs et chercheurs d'emploi malgré eux?

quand on sait
que bon nombre de licenciements sont abusifs
sans défense juridique possible
bon nombre de licenciés ont été victimes de harcèlements de tous types

Écrit par : graphycs | 14/11/2011

c'est "à bon escient" que je détourne ici le besoin de psy "insufflé sur le monde politique" par l'auteur de ce blog,
au profit des chomeurs

les salariés étant - quand même et encore - une sacrée partie de l'élément ici tâclé par notre cher Plouc

Écrit par : graphycs | 14/11/2011

car cher JN Cuenod, peut-être ne voyez-vous pas de votre bureau de Paris

ce qu'il en est des résultats et déformations démocratiques que les bilatérales ont depuis plus d'une décade infligé et fait supporter aux suisses nationaux résidents frontaliers, ni sur le marché de l'emploi genevois pour ce qui est de ce canton particulièrement exposé, ni en ce qui concerne la nationalité de bénéficiaires de formation, futurs cadres en ces régions (ex non exclusif: ressortissants d'ex UDSSR ou étudiants chinois au noir, l'ensemble sans permis &/ou avec faux papiers, diplômes, CV, etc etc etc), que mon fils comme d'autres étudiants en hautes écoles doivent "cotoyer" (traduire: être confronté aux triches).


Vous avez raison: Vive les psy!

Écrit par : graphycs | 14/11/2011

sauf qu'il n'y a jamais aucun psy après le suicide d'étudiant comme ce fils d'émigré, à l'EPFL
dont mon fils était pote, dont il garde la photo punaisée sur la porte de son bureau

comme il n'y a jamais aucun psy ni soutien auprès de suisses licenciés sans autre mais devant faire face, et devenus séniors sur le marché de l'emploi, à toutes magouilles d'agences d'emploi (comme être grugé d'une partie du salaire convenu entre le client et l'agence d'emploi temporaire), sans l'ombre d'un soutien.

Écrit par : graphycs | 14/11/2011

Que le Plouc accueille un psy suisse sans autre nationalité,

avec cet exemple d'exogènisme anti-suisse en France
Où je me retrouva, avec mes diplômes obtenus en France en tant que suisse issu d'immigrés suisses
(famille de notables d'un côté pourvoyeurs d'emploi en France et d'un autre côté, compétiteurs à combattre sur le nom à consonnance allemande, vite identifiés comme collabos: fichiers en préfectures qui me valurent l'annulation de ma carte de séjour- j'avais 18 ans).

A parler des psy, cher journaliste,
ne peut être exonérée l'historique français envers les suisses.

Car je ne peux oublier, petite fille en école privée religieuse catho française dans le fin fond de ces provinces françaises, d'avoir été victime de ces enfants m'admonestant avec des propos du style: "vous faites quoi ici, vous les suisses et votre fric, ..." où je suis gentille dans mes souvenirs, car les propos étaient bien plus agressifs - mais mes grands-parents étaient des notables, employeurs...

Sauf qu'à mon tour, ce fut mon fils qui reçu et fut victime d'agressions anti-suisse, ostracistes "Tu fais quoi ici le suisse?, tu nous prend la place, fous le camp d'ici, etc..!", dans son internat en lycée public à Lyon-
après avoir été victime de rackets & autres violences anti-suisses en internat à Annecy

Ce garçon n'a pas de père: un français cherchant un emploi en Suisse, vivant de mon salaire, me battant dès ma grossesse pour provoquer avortement, vivant de mes salaires, dcd peu après que je l'ai conduit au sein de sa famille parisienne, Paris où j'ai utilisé mes économies d'emploi temporaires, arrêtés le 7 décembre, avant la naissance en prématu du 19 décembre à l'hosto d'Ambilly que j'ai payé cash, pour subsister le temps d'obtenir les certificats de nationalité de mon fils. Avant de ne recommencer à travailler, sans jamais avoir été soutenue, dans aucune shpère, où j'ai payé cash les coûts de naissance en prématu de mon fils, où l'hosto d'Ambilly me traita comme un malfrat (pas de carnet de naissance, etc. Mon passeport me fut prit par l'hosto, & ne pus déclarer la naissance qu'en retard, lorsque la mairie d'Ambilly reçu mon pass suisse - vivant en hôtels, avec bb prématu ne pleurant pas, avant de vivre en colocs - et là, c'est une autre histoire de magouilles).

Vous comprenez?
Il y a le devant de la scène, et l'arrière des décors.

Écrit par : ni ya ka | 14/11/2011

que ce journaliste payé pour ses ligne

vivant dans son confort

se méfie de son utilisation des différentes options qui s'offrent ici, à outrance
Car Les victimes ne sont pas disposées à ne l'être que pour enfler votre salaire.

Écrit par : ni ya ka | 14/11/2011

Vous vous centrez trop sur le Parti socialiste, à mon avis, Jean-Noël, il s'agit d'un parti bourgeois qui essaie de reprendre le pouvoir dans une république bourgeoise, on y raisonne donc comme dans un roman bourgeois. On y parle des chefs comme dans les romans on parlait des princes, ou des gens importants. Mais pour Eva Joly, on parle beaucoup plus de ses idées que de sa psychologie. Il suffit donc de s'intéresser à d'autres partis que celui des socialistes!

Écrit par : RM | 15/11/2011

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