20/10/2011

Tao de la mollesse : Hollande terrasse Martine Aubry et Elizabeth Teissier

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La France assiste, pleine d’espérance inquiète, à la grande revanche des mous. François Hollande – dénoncé par la dure Francois-hollande.pngde dure Martine Aubry comme le caoutchouteux héros de la gauche guimauve – a triomphé dimanche dernier; plus personne ne l’ignore, sinon la voyante extralucide Elizabeth Teissier qui a vu la patronne du PS emporter la primaire.

Sur la rive droite, dans l’ombre, courte il est vrai, du président Sarkozy, c’est un autre mou qui se lève, l’indécoiffable François Fillon. Ce premier ministre de récessive apparence ne cesse de dire le contraire de son maître élyséen et affiche ses ambitions avec une discrète obstination.

Voilà ce provincial à l’élégance impeccablement funèbre qui se porte candidat dans la capitale à la prochaine élection législative de juin 2012. Et il fait savoir que ce siège, n’est, si l’on ose dire, qu’un tremplin pour sauter en 2014 sur le fauteuil du maire de Paris, Bertrand Delanoë ne se représentant pas. Or, tout le monde le sait depuis Chirac, l’Hôtel de Ville peut vous catapulter encore plus haut. Le mollasson de la droite prouve qu’il ne manque pas de ressort.

Pour les politiciens français qui battent la campagne, la lecture du Tao-Te-King – le livre du Tao écrit par Lao Tseu – s’impose. Ils y apprendront que, huit siècles avant la naissance de François Hollande, ce sage chinois avait prévu sa victoire sur Martine Aubry en calligraphiant cette sentence:

 «Ce qui est mou triomphe de ce qui est dur.»

Il est d’autres maximes taoïstes dont les candidats à la présidence française devraient faire leur miel. Celle-ci, par exemple:

«L’homme qui parle beaucoup est souvent réduit au silence.»

 Nicolas Sarkozy en sait quelque chose. Plus il se répand dans les médias, moins les sondages lui sont favorables.

Le président s’efforce d’ailleurs de se montrer plus discret. Mais à l’impassible, nul n’est tenu, le Vibrionnant moins que tout autre. Et que l’on ne compte pas sur lui pour suivre cet autre conseil de Lao Tseu:

«Lorsqu’on a fait de grandes choses et obtenu la gloire, il faut se retirer à l’écart.»

Tous les prétendants seraient bien avisés de faire leur ce principe du Tao:

 «Le sage vit dans la conscience des difficultés et n’en souffre pas.»

Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Comment ne pas éprouver une vive douleur lorsque les casseroles politico-financières se mettent à déborder à gros bouillons? Cela demanderait au politicien plusieurs réincarnations pour parvenir à surmonter le cruel sentiment d’abandon qui le transperce lorsque les mauvaises nouvelles se succèdent à un rythme effréné.

«Les emmerdes volent toujours en escadrille»,

disait Jacques Chirac qui, lui, a démontré au cours de ses douze ans de règne qu’il pratiquait le Tao avec bonheur, en appliquant ce précepte empreint de sapience:

 «Il n’est rien qui ne s’arrange par la pratique du non-agir.»

Jean-Noël Cuénod

 

09:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas sarkozy, lao-tseu, françois fillon, jacques chirac | |  Facebook | | |

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