23/09/2011

La Ve République est-elle une machine à fabriquer des fous et des tordus?

 
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La Ve République est-elle une machine à fabriquer des fous et des tordus? En exerçant le tri sélectif dans les poubelles de l’actualité française, on serait tenté de répondre par un «oui» las et agacé.
 
Certes, l’Hexagone ne détient nullement le monopole des casseroles. En Suisse aussi, nous avons nos vilains petits tas de secrets collectifs qui ressortent lorsqu’un coin de tapis est soulevé par inadvertance ou malignité journalistique. Et ne parlons pas de Berlusconi qui a transformé l’Italie en batterie de cuisine complète avec accessoires. Mais ce qui étonne en France, c’est le nombre et la variété des affaires qui émergent de façon quotidienne. Les épisodes illustrant cette déraison d’Etat où les fous utilisent les tordus et réciproquement sont abondants.
 
Les tordus jouent les intermédiaires entre la politique et l’économie. Leur fonction: aider les uns à parvenir ou à rester au pouvoir, et les autres à défendre leurs intérêts. Les belles envolées morales glissent sur eux sans mouiller leur plumage. L’humanité n’a pas encore inventé de système politique pour s’en passer complètement. Les tordus savent se rendre indispensables. Mais si leur place devient trop envahissante, c’est tout l’équilibre social qui peut s’effondrer dans une corruption généralisée qui transformerait la société en espace destiné aux règlements de comptes.
 
Quant aux fous, ils ne sont certes pas indispensables. Mais on les voit souvent au sommet de l’Etat. C’est d’ailleurs à ces altitudes que la tête leur tourne tellement qu’ils sentent pousser sur elle une couronne.
 
 Le danger est de voir les fous utiliser un nombre croissant de tordus pour financer leur soif de pouvoir. Ce qui rend les tordus encore plus actifs et encore plus nécessaires.
 
Si cette synergie paraît particulièrement intense en France, c’est dû, en partie, aux institutions de la Ve République. Dans nulle autre démocratie un seul homme est nanti d’autant de pouvoirs que le président français. En ajoutant les mille ans de monarchie qui ont fait cette nation, chacun comprend qu’il y a de quoi se prendre pour un Louis XIV en costume trois-pièces lorsqu’on foule en propriétaire les tapis de l’Elysée.
 
La Ve République a bien rempli son rôle, en permettant au général de Gaulle de sortir son pays du sanglant bourbier colonial. Aujourd’hui, ce pouvoir exorbitant est devenu néfaste, transformant les présidents en rois fainéants – ne rien faire pour durer – ou en empereurs capricieux, fascinés par leur sentiment de toute-puissance.
 
Dès lors, la question des institutions ne saurait être considérée comme un débat superflu quand gronde une crise financière sans précédent. Les oripeaux monarchiques entravent la France dans sa marche. Il est temps que les tordus retournent à leur arrière-boutique et que les fous redescendent sur terre.
 

Jean-Noël Cuénod
 
(Ce texte a paru jeudi 22 septembre 2011 dans cette version en rubrique « Réflexion » de 24 Heures et en version légèrement raccourcie en rubrique « Perspective » de la Tribune de Genève.)

09:44 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : affaires politiques, justice, magouilles | |  Facebook | | |

Commentaires

Excellent billet !

La Constitution de la Vème République, a été pensée et taillée de toute pièce, par et pour le Général de Gaulle, afin de lui donner les moyens de sortir la France du bourbier dans lequel elle se trouvait alors en 1958. A l'évidence celle-ci n'est plus adaptée à la situation actuelle.

C'est d'une réforme institutionnelle majeure dont la France a aujourd'hui besoin, ceci afin de la sortir de ce statut de pseudo monarchie absolue qui ne dit pas son nom et qui engendre toutes ces dérives. Mais qui osera, tous les candidats à la présidence confondus, remettre aujourd'hui en question cette Constitution désuète ?

Les médias de l'Hexagone quant à eux préfèrent privilégier les événements anecdotiques (scandales et remugles de cuisines et de boudoirs) plutôt que d'aborder franchement les vrais défis de leur pays. C'est plus facile et surtout moins complexe à décrypter.

Mais qui osera s'attaquer à ce problème et réformer les institutions françaises ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/09/2011

T'as pas tout tort...
T'as même plutôt raison. Mais la raison du plus fou...
Amitiés entonnoiresques

Écrit par : Séraphin Lampion | 23/09/2011

Seuls sont fous, ceux qui se croient à l'abri de la folie !

Monsieur Cuenod, je n'aime pas beaucoup et pour des raisons purement éthiques votre association entre "fous" et "tordus", vous utilisez la même rhétorique que les nazis, cette rhétorique qui consiste à associer un état à une attitude rattachée à un type de comportement malsain, mais calculé.

Ce n'est pas la première fois que vous faites des associations malvenues, est-ce volontaire de votre part ?

Écrit par : Corto | 24/09/2011

Egalement, c'est assez malvenu de la part d'un Suisse de parler de formes d'aliénations concernant la France, si il y a une population qui souffre bien d'aliénation et ceci à cause de sa presse ridicule et sans saveur, c'est bien la Suisse, ce à quoi nous assistons en France, c'est à une confrontation entre le pouvoir et les contres pouvoirs, justice, médias, quels contrepouvoir justice et média font un tel travail dans le pays des coffres forts remplis de sang des dictatures de la planète ?

Écrit par : Corto | 24/09/2011

Non mon petit Adrien, je parle du libéralisme né au XVIII siècle !!!

Écrit par : Corto | 25/09/2011

Si l'herbe est si verte que f


Corto vous oubliez les fonds des juifs américains vivant aux USA et dans le reste du monde :
Dans sa chasse aux fraudeurs fiscaux, le Département américain de la Justice se tourne désormais aussi vers les banques israéliennes, dont les succursales en Suisse sont soupçonnées d’aider les citoyens américains à échapper au fisc de leur pays, apprend-on de sources proches du dossier. Les banques incriminées sont Bank Hapoalim, Bank Leumi le-Israel BM et Mizrahi-Tefahot.

Écrit par : Hypolithe | 25/09/2011

Et si nous parlions de la Vème république, car Hypolithe parle de la poussière dans l'oeil de son prochain oubliant la poutre... Hypolithe, des chiffres des sources !

Que c'est-il passé entre les banques suisse et sarkozy ?

D'un coté un kadhafi qui a claquer la porte des banques suisse en allant planquer son cash dans une célèbre banque de Hong-Kong, plus de 427 milliards, et soudain sarkosy se prend pour un grand justicier ?

Alors que les el assad tuent 20 fois plus de citoyens dans des conditions éclipsées par la presse, ce derniers reste tranquille sur son trône pendant que ses centaines de milliards pillés au Liban dorment en Suisse, n'oublions pas que les complicités entre le régime syrien des el assad et les banquiers helvétiques ne sont plus prouver dans la destruction systématique du Liban, le Liban était un très grand concurrent de la Suisse dans les années 70, surtout en vue des perspectives des états pétroliers.

Faisons un peu d'histoire, notamment en ce qui concerne la Vème république et sa politique avec le Liban, revenons à l’avènement des mouvements "palestiniens" au Liban en 1970 et le soutien français dans cette terreur imposée par les militant du fatah envers les populations chrétiennes du Liban, parlons du massacre de Damour au début de l'année 1976 !

Les sources autorisées parlent de 600 victimes, quoi que la presse de l'époque ait complétement éclipsé cet épisode, les victimes de ce massacre parlent plutôt de 2'000 victimes.

C'est un des dérapages inhérent et qui collera toujours à la Vème, les alliés des banques suisse et de la république ont été surpris par la sauvagerie de l'entourage d'arafat, mais c'était trop tard, le chantage avait prit et il continue. En revenant dans le spectre des années de la présidence de Giscard, les porteurs de valises Gaullistes n'avaient pas de répit, cela tant avec le Tchad, la Côte d’Ivoire, et les "républiques" centre-africaines représentée par le célébrissime Jean-Bedel et le rebelle Savimbi qui lui mit le désordre des plans français dans les tumultes de l'Angola également rempli de diamants !

Depuis Giscard, la politique post-coloniale n'était plus que la peau de chagrins des "victoires contre l'occupant" transformant le gaullisme et les gaullistes en agents de change et en trafiquants de diamants rouges de sang. On ne se relève pas facilement suite à de telles révélations, le mythe des politiciens ont fait tomber les masques et le rôle des présidents français depuis ces épisodes avaient troqués leur honneur pour des babioles flatteuses.

Vème république et la course aux bakchichs dans les dictatures acceptant encore le déshonneur de recevoir la représentants de la république bonbonnière de la gauche comme de la droite, le transfert de pouvoir entre les présidents successifs de la France consistait avant tout dans le transfert d'une liste de numéros de comptes en Suisse ! Ce qui n'a pas dû se faire entre les augustes lieutenant de Balladur et la bande à Chirac, ce qui a valu à la France des manquements n'échappant guère aux négociateurs pakistanais spécialisés en sous-marins et autres rebuts des chantiers navals d'un nord votant à gauche.

Chirac avait compris que miner sa succession serait salutaire dans sa croisade, il l'avait repérer le petit nerveux de traitre qui deviendra son principal ennemi et héritier ! La gueguerre des bakchichs avait prit le dessus sur les mandats politiques républicains de la patrie de papa De Gaulle !

En ce moment Sakozy est 100 fois plus préoccupé par les affaire que par le destin de la France, il est très fâché, car d'une part il n'a pas touché sa part dans le bal à dur pakistanais, car le magot sensé venir après la campagne est tombé dans les tombes de 11 français et 4 pakistanais, ensuite avec kadhafi, il n'a ramassé que les miettes d'un pourboire jacobin et maintenant ses transactions avec les banques suisses l'on enfin assis sur un pactole et les assurances que son nom ne sortirait pas des coffres en contre partie d'une expédition punitive contre le mauvais client libyen ayant choisit de se faire la mâle avec 427 milliards vers les mangeurs de chop-suï ! En échange de ses bons services il négocie les parts de la société Tamoil avec notre ministre socialiste prête avec ses valises pour reprendre sa politique genevoise en main, on n'aura jamais vu une socialiste autant encensée par les banquiers d'une autre république s'en tirant à très bon compte de cette trahison libyenne.

Revenons à l'épisode libanais exposé en tête de gondole, là où les rails ont changé d'écartement, en 1975, il y avait 8 fois plus chrétiens descendant directs des phéniciens qu'en 2011, ces phéniciens chrétiens étaient les financiers du pays et cela depuis 3'000 ans, ils soutenaient également et activement les rapprochements avec Israël, sempiternel alliés des commerçants nés. Le Liban était un paradis sans égal dans le monde et surtout dans le monde arabe, le haut lieu de la culture et de l'économie du moyen-orient. Les banquiers suisses regardaient jalousement la clientèle et l'éducation hors-paire des directeurs des banques libanaises devenues gênantes pour les mercenaires pilleurs helvètes. Les banquiers suisse n'avaient ps meilleur allié pour opéré dans ce pays en la personne de françois genoud, banquier d'hitler, de la waffen ss, d'amin al husseini et ses protecteurs syriens baasistes et bien sure le héros des bacs à sables ayant déjà son château à vandoeuvre, le "militant" armé en permanence, arafat ! Mais cela ne suffisait pas, il fallait si possible l'accord tacite de la France très présente au Liban et ayant déjà montré ses capabilités en matière de trahisons comme le père de la Vème l'avait fait avec l'Algérie, l'indépendance de l'Algérie, le parfait modèle pour se partager les restes de l'empire financier libanais, tous les ingrédients étaient réunis pour mener à "bien" le pillage-massacre le plus occidental du siècle après la Shoa.

à suivre...

Écrit par : Corto | 25/09/2011

@ Corto nous vivons en Suisse, les problèmes des hexagonaux de la V république ne m'intéresse nullement et encore moins le Liban.

François Genoud était surtout le banquier du FLN et non pas des magouilleurs libanais. A ce sujet il existait à Genève une banque sise au 9, place de la Fusterie : La Banque Libanaise pour le Commerce (Suisse) SA qui comptant 12 personnes ayant signatures ou procuration à deux.

Écrit par : Hypolithe | 25/09/2011

J'adore le style de cette peinture figurative. Wow.

Écrit par : fred | 29/09/2011

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