09/09/2011

Jacques Chirac de l’immunité à l’impunité

Chirac.jpg

Le regard perdu vers la mort, le vieillard assiste à sa déchéance. Ces photos de Jacques Chirac publiées cet été dans la presse -  à la recherche aussi désespérée que désespérante de sujets - ont serré le cœur des Français.

 Bien entendu, ces clichés ne doivent rien au hasard. Claude Chirac, la fille de son père, est trop experte en manipulations médiatiques pour laisser le destin faire son œuvre photographique. Il s’agissait de mettre en condition le public pour que l’absence programmée de Chirac à son procès ne fasse pas scandale. Opération réussie. Lorsque Me Jean Veil, le fils de l’ancienne ministre, a brandi le certificat médical attestant que l’ancien président de la République n’est plus capable de suivre des audiences, chacun a convenu qu’une telle comparution était aussi inhumaine qu’inutile. La décision des juges du Tribunal correctionnel de Paris d’autoriser Jacques Chirac à se faire représenter par ses défenseurs n’a souffert aucune discussion. D’autant plus que ces débats judiciaires portent sur des faits remontant à quinze ans. Lorsque Chirac occupait – en se goinfrant – la mairie de Paris.

Cela dit, les proches de l’Ex auraient pu s’abstenir de se lancer dans un numéro de basse voltige hypocrite, auquel Le Plouc a assisté lors de l’ouverture de ce procès qui se déroule désormais sans l’accusé principal. Affirmer avec des trémolos, que Chirac a toujours voulu se faire juger, relève de l’indécence. Il n’a cessé d’esquiver les coups de la justice. Pendant douze ans, le Pacha de l’Elysée était protégé par son immunité présidentielle. Impossible d’y renoncer? Pas du tout. L’alors chef de l’Etat aurait pu décliner ce droit, s’il souhaitait vraiment clamer son innocence devant les juges. De même, ses avocats – ou ceux de ses coaccusés – ont multiplié les recours en tous genres, jouant ainsi la montre à l’instar des footeux qui catapultent le ballon au-delà des tribunes.

Jacques Chirac est aujourd’hui un grand-père malade qui fut un président, sinon brillant, du moins suffisamment avisé pour éviter à la France de sombrer dans la guerre d’Irak. Il a droit à notre sympathique compassion. Mais de grâce, qu’on ne nous fasse pas prendre ce vieux renard pour une oie blanche.

 

Jean-Noël Cuénod

 

18:19 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Il n'est pas facile de prendre position sur le sujet, c'est tout de même intéressant de se questionner sur le sujet.

Écrit par : Fred | 22/09/2011

Les commentaires sont fermés.