30/08/2011

TOUT REVIT

  TOUT REVIT

Que retirer
De ce magma
De sang de larmes
De cris d’angoisses?

Cette pépite
Que l’homme oublie?
Ce filon d’or
Qu’il perd de vue?

Tout se dérobe
A nos regards
Tout se disperse
A notre appel

L’ennemi glisse
Venin gluant
Il nous enjôle
Baiser mortel

De nos colères
Il tirera
Son bénéfice
Et son miel

A ses enchères
Il cédera
Au plus offrant
Notre révolte

A l’abattoir
Nous marcherons
En écoutant
Ses chansonnettes

Où sont nos soifs
De libre étreinte?
Où sont nos faims
De pains rompus?

Comment porter
Le fer le feu?
Comment percer
Le ventre l’abcès?

Dans les entrailles
Des médias
Plonger les mains
En surmontant
La pestilence
En transformant
Le haut-le-cœur
En haut le corps
L’amour battant
Apparaîtra

Foi éternelle
Que notre doute
Toujours aiguise.

 

Jean-Noël Cuénod (poème tiré de "Circonstances" - Editions Samizdat - Grand-Saconnex)

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28/08/2011

Le supergag fiscal des ultrariches : passer du bouton de culotte à la pièce d’un sou.

Seize multimilliardaires français viennent de se fendre d’un appel paru dans le « Nouvel Observateur » afin de proposer à leur Etat de taxer les contribuables les plus nantis,  parmi lesquels figurent leurs précieuses personnes. En voici la reproduction dans ce lien hypertexte.

Le nom de ces seize signataires, encore tout ébouriffés par leur audace, est publié en bas de ce texte. On y lira ceux de Christophe de Margerie, le patron de Total à la moustache hérissée, et de Liliane Bettencourt, que l’on ne présente plus.

En fait, ces ultrariches français ont copié le richissime et avisé Warren Buffett qui a signé un appel du même tonneau dans le « New York Times » du 14 août. Cela dit, nos Che Guevara des coffres-forts prennent soin de ne pas aller aussi loin que Buffett qui, lui, réclame une véritable réforme fiscale pour faire payer les plus hauts revenus. Le Club des 16 se contente d’une taxe « exceptionnelle », un peu à la manière de l’impôt sécheresse en 1976, c’est-à-dire une contribution à, surtout, ne pas renouveler. Et cette taxe « exceptionnelle » sera « calculée dans des proportions raisonnables ». Il ne faut quand même pas pousser mémé Bettencourt dans les orties fiscales !

Bref, les ultrariches proposent, en matière d’impôts, de passer de l’aumône d’un bouton de culotte au don d’une pièce d’un sou. Et se font, avec cet appel, un bon petit rafraîchissement d’image.

Pourtant, s’ils désirent vraiment participer à l’effort financier de la France, les membres du Club des 16 n’ont pas besoin d’attendre une nouvelle loi fiscale et peuvent dès maintenant prendre les dispositions qui… s’imposent.  Afin de les aider dans cette tâche, il est vrai nouvelle pour eux, voici quelques conseils.

- Au lieu de payer les coûteux services de spécialistes en « optimisation fiscale », qu’ils omettent, ici ou là, d’inscrire sur leur déclaration quelques unes des nombreuses déductions  dont ils bénéficient.
- Le Club des 16 pourrait, collectivement, rapatrier en France leurs biens, ou ceux de leurs sociétés, qui  se dorent dans les paradis fiscaux.
- Ainsi, le patron de Total Christophe de Margerie pourrait décider que son groupe payera enfin des impôts en France.
- Les ultrariches pourraient aussi mettre leur fortune au service de causes humanitaires, à l’instar de leurs congénères américains. Par exemple, en créant une fondation pour financer massivement la réhabilitation de certaines banlieues -  non, pas Neuilly-sur-Seine, Madame Bettencourt !


Jean-Noël Cuénod

Et voici les membres du Club des 16:

Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal ; Liliane Bettencourt, actionnaire de L’Oréal ; Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement ; Denis Hennequin, PDG d’Accor ; Marc Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac ; Maurice Lévy, PDG de Publicis ; Christophe de Margerie, PDG de Total ;  Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale ; Claude Perdriel, président du conseil de surveillance du Nouvel Observateur ; Jean Peyrelevade, président de Leonardo & Co France ; Franck Riboud, PDG de Danone ; Stéphane Richard, PDG d’Orange ; Louis Schweitzer, président de Volvo et d’AstraZeneca ; Marc Simoncini, président de Meetic, fondateur de Jaïna Capital ; Jean-Cyril Spinetta, président d’Air France-KLM, président du conseil de surveillance d’Areva ; Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën.

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23/08/2011

L'affaire Strauss-Kahn se termine en pantalonnade

Ainsi, le district attorney (procureur) Cyrus Vance junior a-t-il abandonné ses accusations contre Dominique Strauss-Kahn. Tout ce cirque à grand spectacle pour se terminer en pantalonnade! Enfin si l’on ose dire, puisque, justement, c’est l’absence de pantalon qui a servi d’ouverture à cette mauvaise farce américaine. Quant à celle qui affirme avoir été violée, Naffissatou Diallo, elle s’apprête à réclamer à DSK de grosses indemnités. En France, tout se termine par des chansons. Aux Etats-Unis, tout se conclut par des chantages.

Cet épisode montre d’ailleurs à quel point la justice des Etats-Unis peut sombrer dans l’incohérence. DSK risque de payer des indemnités devant la justice civile pour des faits qui ne sont pas poursuivis par la justice pénale. C’est arrivé à l’ex-vedette du football américain O.J. Simpson. Acquitté du meurtre de sa femme et de son amant, Simpson avait été condamné à verser 33,5 millions de dollars en dommages-intérêts au père dudit amant. L’innocent – du moins selon la vérité judiciaire, la seule qui importe dans ce contexte – indemnise donc sa victime que la justice pénale ne reconnaît pas pour telle. On ne fustigera jamais assez l’abus de bourbon lors de la rédaction des lois états-uniennes.

Pour les socialistes, ce rebondissement ne fait pas leur affaire, bien qu’ils manifestent leur hypocrite soulagement devant ce dénouement. Si Strauss-Kahn déclare se présenter à l’élection présidentielle, toute l’organisation des primaires d’octobre volera en éclats. Normalement, les candidatures sont bouclées. Mais comment refuser à DSK – fort de son expérience unique en matière de politique économique – de briguer l’Elysée, s’il le souhaite?

Cela dit, cette hypothèse ne paraît guère plausible. Même si DSK n’est pas poursuivi par la justice new-yorkaise, cette affaire a déchiré son image. C’est moins l’accusation de viol en elle-même – les déclarations de Naffissatou Diallo sont décrédibilisées par ses mensonges – qui accable l’ex-patron du FMI que son train de vie saoudien, le luxe indécent de sa résidence surveillée, les honoraires plantureux de ses avocats et sa propension à tomber dans les pièges dès qu’un jupon frémit à la brise.

Dominique Strauss-Kahn pourrait alors se poser en mentor de Martine Aubry - avec laquelle il avait conclu un pacte de soutien mutuel - lors de la primaire qui désignera le candidat socialiste à l’Elysée. C’est incontestablement un atout pour la patronne du PS. DSK deviendrait le «Deus ex machina» de la France martinisée, si, bien sûr, la fille de Jacques Delors est élue à l’Elysée, ce qui est très loin d’être le cas.

Un attelage Strauss-Kahn-Hollande est peu probable, puisque les deux hommes se situent sur le même terrain de la compétence économique et de la réforme fiscale. «François Hollande, c’est un peu DSK mais avec les ennuis en moins», ironisait – avant l’épisode new-yorkais – la journaliste du «Point» Sylvie Pierre-Brossolette.

Un tandem DSK-Martine Aubry comblera-t-il le retard de la première secrétaire du PS vis-à-vis de François Hollande qui caracole dans les sondages? Ce n’est pas du tout certain. Tout d’abord, Hollande colle au sentiment général des Français en se présentant comme un «président normal». Après le quinquennat de Sarkozy et sa tintinnabulante fricardise, une grande partie des électeurs ne souhaitent guère remettre au pouvoir, fût-ce indirectement, un autre membre – DSK en l’occurrence - de la caste dorée sur Porsche dont les conditions de vie sont tellement éloignées du reste de la population qu’elle est incapable d’en saisir les attentes.

Demeure l’indéniable compétence de Strauss-Kahn en matière de politique économique et financière. Son passage à la direction du Fonds monétaire internationale a été salué comme une réussite. S’il est un politicien français qui connaît les rouages de la finance, c’est bien DSK. Mais justement, à force de les pratiquer, Strauss-Kahn n’en est-il pas trop proche? Ne va-t-il pas abonder dans le sens des puissances financières par cet effet de proximité?

Durant sa présence au ministère des Finances sous Jospin, Strauss-Kahn a appliqué une politique favorable aux banques et aux sociétés financières qui a fait douter de ses convictions de gauche. Ce social-démocrate à l’étiquette pâlie fonctionne selon le logiciel libéral. Mais a-t-on besoin vraiment de ce logiciel-là qui, crise après crise, démontre sa nocivité? DSK risque fort d’avoir une guerre politico-financière de retard. Contrairement aux apparences, même avant son «affaire», Strauss-Kahn n’était pas le meilleur prétendant socialiste à la présidentielle.

Reste à savoir si les autres candidats du PS défendent des idées nouvelles en matière de régulation des puissances financières. Pour l’instant, tel n’est pas le cas. Ce qui n’est  pas étonnant dans la mesure où une telle régulation ne peut s’accomplir qu’à l’échelon international. Cela réduit d’ailleurs l’intérêt réel de l’élection présidentielle française, mais n’empêchera pas la campagne qui commence de produire une mousse médiatique abondante.


Jean-Noël Cuénod

VIDEO Et maintenant, rigolons un bon coup avec l'affaire DSK telle qu'elle est racontée sur Europe 1 par Nicolas Canteloup et Laurent Gerra.

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19/08/2011

METHODE

                                                                                         

rocher-humain-500426.jpg

 (Photo: Gilbert Jullien)

                                                                                           METHODE


                                                                                  Se fondre dans la poitrine
                                                                                  De la forêt

                                                                                  Se concilier la grâce
                                                                                  Des ronciers

                                                                                  S’humilier sous la poigne
                                                                                  Des falaises

                                                                                 S’endormir au flanc du roc
                                                                                 Puis au réveil
                                                                                 Se fendre pour retrouver l’Un.

                                                                                  Jean-Noël Cuénod

Le Plouc a publié un bouquin de poésie, « Circonstances ». Il est disponible aux
Editions Samizdat
Denise Mützenberg
8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand-Saconnex
Tél. 022 734 05 92 Etranger : 00 41 22 734 05 92
sampoesie@gmail.com
http://www.editionsamizdat.ch

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10/08/2011

La dette, l’émeute, l’impôt

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 La petite part nantie des populations européennes se raconte de jolies fables, comme le promeneur en forêt hostile sifflote pour se donner du courage: les actuelles émeutes qui ensanglantent la Grande-Bretagne ne sont le fait que de voyous qui s’ennuient l’été et se mettent à piller les magasins au lieu de participer à des tournées de beach-volley. Ces flambées n’auraient-elles donc rien à voir avec la situation économique qui s’enfonce dans les marais calamiteux ?

Mais alors pourquoi éclatent-elles maintenant, ces émeutes et non pas à un autre moment? Les voyous ont toujours existé – c’est même une constante de la vie sociale – mais ils ne mettent pas des villes à feu et à sang de façon permanente. Derrière les effets d’aubaine des délinquants qui se vantent d’avoir volé un ordinateur ou des gamins qui jettent des Molotov aux flics en guise de dernier jeu à la mode, il y a l’immense «paumerie» d’une génération élevée dans le culte de la consommation, mais ne disposant plus des moyens pour y sacrifier. La frustration alors prend des proportions émeutières. La pub  avait promis des écrans plasma pour tous. Et voilà que ces objets alléchants s’éloignent de ces jeunes formatés pour consommer. La rage est à la mesure des espoirs semés.

 Les rues éclatent de colère, ici ou là, pour des motifs fort différents. Mais le bruit de fond est le même partout: les élites possédantes perdent chaque jour un peu de leur légitimité; la porte est ainsi ouverte à la colère collective.

Autre bruit de fond et même de fonds: la Dette, avec un D majuscule comme Désastre. Elle ne se contente plus de descendre en flamme quelques nations méditerranéennes; elle plombe toute la planète. Même des pays où elle ne pèse guère, comme la Suisse, sont touchés. Leur monnaie atteint des altitudes stratosphériques – si on avait dit au Plouc qu’un jour, il faudrait septante-cinq centimes pour s’offrir un dollar… - ce qui est parfait pour payer son pétrole mais catastrophique pour vendre ses montres.

Jusqu’à maintenant, les multimilliardaires se moquaient de la dette. C’était la masse des pauvres et les classes moyennes qui la payaient. Un Etat embêtait-il les fortunés au nom du Fisc? Le Saint Bénéfice était aussitôt placé ailleurs aux Paradis. Et les Paradis ne manquaient pas.

L’ennui pour les riches, c’est que les pauvres sont à sec; quant aux classes moyennes, elles dégringolent. De plus, les voilà qui rechignent de plus en plus à payer. Pour l’instant, tout va bien pour les multimilliardaires. Les bonus continuent à s’accumuler à  l’ombre des palmiers fiscaux. Ils oublient un détail, la Dette est prise d’un appétit de plus en plus dévorant. Les Etats, eux, doivent continuer à payer toutes leurs infrastructures aussi coûteuses qu’indispensables. S’il n’y a plus moyens d’entretenir les routes où nos amis les riches vont-ils faire rugir leur Hummer Luxury? Si les hôpitaux ferment, où feront-ils soigner leur prostate hors de prix?

Alors, si les pauvres et les classes moyennes ne peuvent plus passer à la caisse, qui le fera à leur place? Les Martiens? Si la situation continue à se détériorer de crise en crise, si les émeutes se transforment en désordres sociaux généralisés, les Etats seront placés devant cette alternative, soit laisser le monde se dégrader encore plus, soit s’unir pour contraindre les possédants à se déposséder d’un peu de leur superflu.

La facture de la Dette, il faudra bien quelqu’un pour la payer. A moins de créer un paradis fiscal sur Proxima du Centaure.

 

Jean-Noël Cuénod

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06/08/2011

Perte du triple A : l’hyperpuissance des Etats-Unis est morte

Le symbole se révèle aussi fort que l’effondrement du Mur de Berlin. En dégradant la note triple A de la dette américaine, l’agence de notation Standard & Poor’s a rendu manifeste ce qui était une réalité sous-jacente: l’hyperpuissance des Etats-Unis est morte. Une période de l’histoire – qui a commencé en 1991 avec la fin de l’Empire soviétique – est close. Une nation dont la monnaie vaut désormais moins que celle d’un pays, la Suisse, de huit millions d’habitants ne peut plus prétendre régenter l’économie et la politique mondiales en solitaire.

Bush junior avec ses aventures militaires d’une rare idiotie a donné le coup de grâce à cet imperium. Il faut dire qu’un peuple qui a placé à sa tête – à deux reprises – un politicien aussi nul, n’est plus en mesure intellectuelle d’imposer sa marque dominante sur la planète. Mais le successeur de mini-Bush porte lui aussi une responsabilité dans cette défaite américaine. En 2008, lors de la crise financière, Barack Obama a raté l’occasion de procéder à la régulation des marchés financiers qui sont devenus désormais incontrôlables par les pouvoirs politiques. Il aurait pu l’imposer à ce moment-là, lorsque les banques et les sociétés financières réclamaient à genoux l’aide publique pour les sortir de la catastrophe. Les Etats-Unis et tous les autres pouvoirs politiques leur ont versé des sommes colossales -  puisées auprès des contribuables des classes moyennes - pour se refaire une santé. Mais sans leur fixer contraintes et contrôles. Requinquées, les puissances financières sont reparties de plus belle vers de nouveaux profits, sans autre souci que de satisfaire le démentiel appétit de leurs dirigeants. Nous sommes en train de payer leurs factures.

Alors qui va remplacer la puissance américaine? La Chine? Son heure n’est pas encore venue. Empêtrée dans ses contradictions internes – une dictature stalinienne et un capitalisme sauvage, des villes richissimes et des campagnes misérables, des multimilliardaires et des crève-la-faim – la République populaire reste très fragile. L’Union européenne? Vous rigolez! La Russie? Personne n’y songe. Les pays émergents? Lesquels?

Pour l’instant, la puissance dominante est représentée par les organismes financiers – agences de notation, grandes banques, sociétés d’assurance. Mais savoir faire du fric ne suffit pas pour organiser la vie commune des peuples. Surtout lorsque ce fric, on se le garde dans ses coffres!

PS : Voici une excellente définition des agences de notation offerte par le magazine Alternatives Economiques.


Jean-Noël Cuénod  

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05/08/2011

Affaire Lagarde-Tapie: la France malade de son élite politique

Certes, les deux affaires sont de nature fort différente. Mais tout de même! Au nom de la France, Nicolas Sarkozy propulse Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Patatras! Voilà DSK accusé de viol à New-York. Pour le remplacer, le président français parvient à persuader le FMI de nommer sa ministre Christine Lagarde. Caramba, encore raté! Depuis hier, elle est visée par une enquête pénale en «complicité de détournement de biens publics» et «de faux». L’Elysée prend soin de claironner que cette accusation n’empêchera pas la directrice du FMI de poursuivre ses activités.

Sur le plan technique, le pouvoir français a raison. Cette instruction ne remet pas en cause la présence de Mme Lagarde à la tête des finances mondiales. Sur le plan politique, il se moque du monde.

Si Christine Lagarde est mise en examen, comment peut-on soutenir que cette position lui permettra d’être au meilleur de sa forme pour venir au secours d’une économie mondiale qui menace d’exploser à tout moment? L’avocat de Christine Lagarde se veut rassurant: l’enquête durera longtemps avant d’aboutir à un résultat. C’est bien là le problème.

Au lieu de consacrer tout son temps et toute son énergie à piloter les finances de la planète, Mme Lagarde devra régulièrement se mobiliser pour assurer sa défense. Sa nomination à la direction du FMI a été conclue avec une insoutenable légèreté.

Cet épisode démontre aussi à quel point la France est malade de son élite politique. Entre affaires à connotation sexuelle et dossiers politico-financiers, nombre de ses responsables doivent répondre de leurs actes devant la justice. Ils se placent tous au bénéfice de la présomption d’innocence, oubliant que, selon l’adage romain, la femme de César doit être irréprochable.

 C’est encore plus vrai lorsque Mme César dirige les finances mondiales!

(Ce texte est paru en éditorial dans la Tribune de Genève de vendredi 5 août 2011 et en commentaire dans 24 Heures du même jour).

VIDEO

Le 10 mai 2011 au micro d'Europe 1, Bernard Tapie affirme qu'il n'est pas inquiet et l'ancien président de l'OM passe le ballon judiciaire à Christine Lagarde.

 

12:55 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christine lagarde, bernard tapie, fmi, justice, vidéo | |  Facebook | | |

03/08/2011

Les découvertes du Plouc: un Haut-Médoc qui vaut le détour

En vacances dans le Périgord Vert, le Plouc a entamé sa descente vers l’Océan en traversant la paradisiaque et anglophile région d’Aubeterre, ponctuée par un arrêt sympathique dans un restaurant perdu au milieu de la verdure saintongeaise, «La Laiterie» à Fouilloux (souvenir ému d’une côte de veau aux cèpes cuite juste ce qu’il faut).

Arrivés à Blaye, le Plouc et la Plouquette ont embarqué sur le ferry qui traverse l’estuaire de la Gironde pour rejoindre sur l’autre rive, Lamarque. Là commencent les choses sérieuses avec ces noms qui font rêver: Pauillac, Moulis, Saint-Julien, Margaux. Et Haut-Médoc. Dans cettedernière région, travaille une famille de petits producteurs de grand talent, les Bonastre, propriétaires et créateurs du Château Hennebelle. C’est Martial qui a fondé en 1918 ce patrimoine viticole de 11 hectares situé à Margaux, vers Lamarque, dont les vignes sont plantées sur ce sol graveleux qui fait la richesse de cet incomparable terroir. Aujourd’hui, le descendant en ligne directe de Martial, Pierre Bonastre (photo), a repris de son père le Château Hennebelle. «Et la suite est assurée», relève le vigneron en un large sourire.bonastre.JPG

Le vin ressemble toujours à celui qui le fait. Hennebelle ne fait pas exception. Il est discret, robuste et sympathique à l’image de Pierre Bonastre. D’après la Plouquette, qui est la reine du palais, le Hennebelle 2003 s’annonce aujourd’hui velouté, rond, avec une pointe de cuir et un soupçon de tabac. Le 2002 est plus vif, plus riche en alcool, long en bouche, avec des notes poivrées. La caractéristique générale du Château Hennebelle reste son aspect bien charpenté. Il fait songer à ces églises romanes qui sont semées entre les Charente, la Dordogne et la Gironde.

Son encépagement: 50% de merlot, 40% de Cabernet Sauvignon, 5% de Cabernet Franc, le reste étant constitué de Petit Verdot et d’une pointe de Malbec.

Contrairement à nombre de ses confrères du Bordelais, Pierre Bonastre n’a pas été saisi par la folie des prix qui restent d’une étonnante sagesse avec, par exemple, la bouteille de 2001 à 7.50 euros. Le Château Hennebelle présente le meilleur rapport qualité-prix du Haut-Médoc.

Si vos pas vous conduisent au bord de l’estuaire, accomplissez donc un petit détour vers Pierre Bonastre. Un détour fort modeste, puisque son chais se trouve au bord de la route de Pauillac, en sortant de Lamarque. Et dégustez le Hennebelle avec la modération que vous jugerez bon d’observer.


Jean-Noël Cuénod

 

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