28/08/2011

Le supergag fiscal des ultrariches : passer du bouton de culotte à la pièce d’un sou.

Seize multimilliardaires français viennent de se fendre d’un appel paru dans le « Nouvel Observateur » afin de proposer à leur Etat de taxer les contribuables les plus nantis,  parmi lesquels figurent leurs précieuses personnes. En voici la reproduction dans ce lien hypertexte.

Le nom de ces seize signataires, encore tout ébouriffés par leur audace, est publié en bas de ce texte. On y lira ceux de Christophe de Margerie, le patron de Total à la moustache hérissée, et de Liliane Bettencourt, que l’on ne présente plus.

En fait, ces ultrariches français ont copié le richissime et avisé Warren Buffett qui a signé un appel du même tonneau dans le « New York Times » du 14 août. Cela dit, nos Che Guevara des coffres-forts prennent soin de ne pas aller aussi loin que Buffett qui, lui, réclame une véritable réforme fiscale pour faire payer les plus hauts revenus. Le Club des 16 se contente d’une taxe « exceptionnelle », un peu à la manière de l’impôt sécheresse en 1976, c’est-à-dire une contribution à, surtout, ne pas renouveler. Et cette taxe « exceptionnelle » sera « calculée dans des proportions raisonnables ». Il ne faut quand même pas pousser mémé Bettencourt dans les orties fiscales !

Bref, les ultrariches proposent, en matière d’impôts, de passer de l’aumône d’un bouton de culotte au don d’une pièce d’un sou. Et se font, avec cet appel, un bon petit rafraîchissement d’image.

Pourtant, s’ils désirent vraiment participer à l’effort financier de la France, les membres du Club des 16 n’ont pas besoin d’attendre une nouvelle loi fiscale et peuvent dès maintenant prendre les dispositions qui… s’imposent.  Afin de les aider dans cette tâche, il est vrai nouvelle pour eux, voici quelques conseils.

- Au lieu de payer les coûteux services de spécialistes en « optimisation fiscale », qu’ils omettent, ici ou là, d’inscrire sur leur déclaration quelques unes des nombreuses déductions  dont ils bénéficient.
- Le Club des 16 pourrait, collectivement, rapatrier en France leurs biens, ou ceux de leurs sociétés, qui  se dorent dans les paradis fiscaux.
- Ainsi, le patron de Total Christophe de Margerie pourrait décider que son groupe payera enfin des impôts en France.
- Les ultrariches pourraient aussi mettre leur fortune au service de causes humanitaires, à l’instar de leurs congénères américains. Par exemple, en créant une fondation pour financer massivement la réhabilitation de certaines banlieues -  non, pas Neuilly-sur-Seine, Madame Bettencourt !


Jean-Noël Cuénod

Et voici les membres du Club des 16:

Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal ; Liliane Bettencourt, actionnaire de L’Oréal ; Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement ; Denis Hennequin, PDG d’Accor ; Marc Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac ; Maurice Lévy, PDG de Publicis ; Christophe de Margerie, PDG de Total ;  Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale ; Claude Perdriel, président du conseil de surveillance du Nouvel Observateur ; Jean Peyrelevade, président de Leonardo & Co France ; Franck Riboud, PDG de Danone ; Stéphane Richard, PDG d’Orange ; Louis Schweitzer, président de Volvo et d’AstraZeneca ; Marc Simoncini, président de Meetic, fondateur de Jaïna Capital ; Jean-Cyril Spinetta, président d’Air France-KLM, président du conseil de surveillance d’Areva ; Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën.

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Commentaires

Une fois de plus, merci Jean-Noël pour avoir publié cet excellent article.

Eh non, ce n’est pas dans le Figaro que cet acte de contrition a paru, mais dans… le « Nouvel Observateur » ???
Je connaissais déjà cet hebdomadaire de gôche bling-bling pour son côté bon chic bon genre, mais là, ça dépasse l’entendement.
Si l’on voulait bétonner la future campagne électorale de l’actuel président de la République française que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
Le « Nouvel Observateur » fait désormais partie du club du Fouquet’s, sans doute emmené par Claude Perdriel, son président du conseil de surveillance.
Club des 16 et club du Fouquet’s, même combat ! Oups ! Ce sont les mêmes gangsters.

Un excellent article de Edwy Plenel du 28 août dernier donne l’impact que ce vertueux appel signifie.
http://www.mediapart.fr/journal/france/280811/la-grande-peur-des-oligarques

Laurent Joffrin, directeur du NO est-il encore journaliste ou n’est-il plus que directeur d’un support publicitaire ?

Écrit par : Benoît Marquis | 29/08/2011

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