10/08/2011

La dette, l’émeute, l’impôt

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 La petite part nantie des populations européennes se raconte de jolies fables, comme le promeneur en forêt hostile sifflote pour se donner du courage: les actuelles émeutes qui ensanglantent la Grande-Bretagne ne sont le fait que de voyous qui s’ennuient l’été et se mettent à piller les magasins au lieu de participer à des tournées de beach-volley. Ces flambées n’auraient-elles donc rien à voir avec la situation économique qui s’enfonce dans les marais calamiteux ?

Mais alors pourquoi éclatent-elles maintenant, ces émeutes et non pas à un autre moment? Les voyous ont toujours existé – c’est même une constante de la vie sociale – mais ils ne mettent pas des villes à feu et à sang de façon permanente. Derrière les effets d’aubaine des délinquants qui se vantent d’avoir volé un ordinateur ou des gamins qui jettent des Molotov aux flics en guise de dernier jeu à la mode, il y a l’immense «paumerie» d’une génération élevée dans le culte de la consommation, mais ne disposant plus des moyens pour y sacrifier. La frustration alors prend des proportions émeutières. La pub  avait promis des écrans plasma pour tous. Et voilà que ces objets alléchants s’éloignent de ces jeunes formatés pour consommer. La rage est à la mesure des espoirs semés.

 Les rues éclatent de colère, ici ou là, pour des motifs fort différents. Mais le bruit de fond est le même partout: les élites possédantes perdent chaque jour un peu de leur légitimité; la porte est ainsi ouverte à la colère collective.

Autre bruit de fond et même de fonds: la Dette, avec un D majuscule comme Désastre. Elle ne se contente plus de descendre en flamme quelques nations méditerranéennes; elle plombe toute la planète. Même des pays où elle ne pèse guère, comme la Suisse, sont touchés. Leur monnaie atteint des altitudes stratosphériques – si on avait dit au Plouc qu’un jour, il faudrait septante-cinq centimes pour s’offrir un dollar… - ce qui est parfait pour payer son pétrole mais catastrophique pour vendre ses montres.

Jusqu’à maintenant, les multimilliardaires se moquaient de la dette. C’était la masse des pauvres et les classes moyennes qui la payaient. Un Etat embêtait-il les fortunés au nom du Fisc? Le Saint Bénéfice était aussitôt placé ailleurs aux Paradis. Et les Paradis ne manquaient pas.

L’ennui pour les riches, c’est que les pauvres sont à sec; quant aux classes moyennes, elles dégringolent. De plus, les voilà qui rechignent de plus en plus à payer. Pour l’instant, tout va bien pour les multimilliardaires. Les bonus continuent à s’accumuler à  l’ombre des palmiers fiscaux. Ils oublient un détail, la Dette est prise d’un appétit de plus en plus dévorant. Les Etats, eux, doivent continuer à payer toutes leurs infrastructures aussi coûteuses qu’indispensables. S’il n’y a plus moyens d’entretenir les routes où nos amis les riches vont-ils faire rugir leur Hummer Luxury? Si les hôpitaux ferment, où feront-ils soigner leur prostate hors de prix?

Alors, si les pauvres et les classes moyennes ne peuvent plus passer à la caisse, qui le fera à leur place? Les Martiens? Si la situation continue à se détériorer de crise en crise, si les émeutes se transforment en désordres sociaux généralisés, les Etats seront placés devant cette alternative, soit laisser le monde se dégrader encore plus, soit s’unir pour contraindre les possédants à se déposséder d’un peu de leur superflu.

La facture de la Dette, il faudra bien quelqu’un pour la payer. A moins de créer un paradis fiscal sur Proxima du Centaure.

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

C'est une analyse de myope. Aucun partage des richesses n'apportera la sérénité à la société occidentale, qui doit tous ses malheurs au fait qu'elle a tout misé sur les biens matériels. D'ailleurs, regardez: vous-même ne faites que ramener le problème à des questions matérielles.
Les désordres sociaux sont déjà généralisés. A Genève, 50% de la population titulaire de papiers ne paie pas d'impôts ou presque pas d'impôts. Est-ce normal, ou n'est-ce pas déjà le signe d'un désordre social généralisé? Vous voulez que les riches paient plus? Mais les riches paient déjà énormément. Tout repose sur les épaules. Notre société a pu se permettre d'institutionnaliser l'optimisme en pillant le reste du monde. Ce pillage n'est plus possible, et avec lui a disparu cette certitude qu'il serait plus facile de gagner un franc demain qu'aujourd'hui (certitude qui nous a habitués à l'endettement). Les grands bénéficiaires de ces pillages n'étaient pas les super-riches, mais les gens normaux de chez nous, ceux qui sont incapables de faire de gros efforts et qui néanmoins jouissent d'un confort énorme tout en ayant le culot de se plaindre - ces pauvres ont tous des blackberries. Ce sont eux, les riches, eux qui ont cartonné pendant des décennies sans rien apporter en retour à la société. C'est leur règne à eux qui prend fin. Ils se fâchent, mais ce faisant ils se mettent hors jeu et justifient la répression dont ils ne vont pas tarder à être l'objet. Et ils n'iront pas loin car ils n'ont aucun projet social, aucune philosophie, aucune force. La vraie révolution qui se profile derrière tout cela, c'est celle des bourgeois qui en ont marre de payer pour ceux qui ne font rien, marre d'hypothéquer l'avenir de leurs enfants pour tous ceux qui, de leur vie, n'ont jamais fait un seul effort. Aucun effort à l'école, aucun effort au travail. La nouvelle bastille, celle qui tombera bientôt, c'est celle des assistés, celle des allocations à vie, celles de la paix sociale qu'on a cru pouvoir acheter, durant des décennies, à coups de subventions et de subsides.
N'est-ce pas plus réaliste de voir les choses de cette façon?

Écrit par : Michael Kohlhaas | 10/08/2011

Ahh! Michael, que voilà une analyse d'un réalisme stupéfiant (et sans produits interdits).
Juste une question: tous ces pauvres riches, qui furent si "généreux", ne le sont-ils pas dvenus (riches, pas généreux) en vendant leurs produits de tous ordres à tous ces pauvres "assistés" qui ne savaient rien faire de leurs dix doigts?

Écrit par : Azrael | 10/08/2011

Que les riches travaillent plus et qu'ils gagnent plus: soit. Mais en quoi leur travail mérite un salaire 200x plus élevé qu'un autre. A ce stade, j'appellerai ça plutôt du vol.

De plus, pourquoi les pays passent par les banques pour émettre de l'argent. Car dès lors, ils doivent payer un intérêt sur cette somme. Pourquoi ne pas simplement émettre de l'argent. De cette façon, la dette ne sera plus un sujet.

Je vous invite à lire "L'argent Dette" sur wikipdia
url: http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Argent_Dette

ou de visionner ce documentaire:
"L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral)"
sur par exemple Dailymotion
url: http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news


sur wiki

Écrit par : tidoub | 10/08/2011

Et pendant ce temps-là, nos banquiers, financiers et gouvernants confondus continuent tête baissée, de grenouiller, de faire semblant de faire et tout sauf vouloir régler le problème à bras le corps.
Vaille que vaille, c’est la fuite en avant !!!

Et nous acceptons depuis très longtemps d’êtres esclaves et de payer notre propre esclavage !... Pour combien de temps encore ?

Belle initiative que d’avoir mis en lien le film d’animation « L’Argent dette ». Je l’ai visualisé à plusieurs reprises et ce, depuis deux ou trois ans.
Cette vidéo est une remarquable et très pédagogique description du système financier. Merci tidoub.

Écrit par : Benoît Marquis | 10/08/2011

Azrael:
C'est bien la réalité. L'énorme pillage auquel la modernité occidentale s'est adonnée ces dernières décennies a surtout profité aux assistés. Ce sont eux qui ont réalisé la plus grosse marge entre les efforts fournis et leur niveau de vie. C'est pour eux que la fin de la récréation aura les conséquences les plus graves, et c'est normal. Car les vrais profiteurs, c'est eux. Attention, je ne dis pas que certains n'ont pas de bonnes excuses. Je dis seulement que ce sont eux qui ont le plus profité de la situation. Si les Etats occidentaux sont en mauvaise posture aujourd'hui, c'est parce qu'ils ont essayé d'acheter la paix sociale à crédit. On a autorisé quantité de monde à partir dans des voies d'échec. Au lieu d'interdire certains types de dérives, on a parlé de "choix de vie". Tout simplement parce qu'on a manqué de force morale. Alors on a fermé les yeux. Et on a payé. On a payé des milliards pour avoir la paix. Mais maintenant, on n'a plus ces milliards. Et des gens qui ont profité pendant des décennies veulent continuer de profiter. Mais c'est terminé. C'est terminé parce qu'on ne peut plus piller le reste du monde. Ce pillage, c'était ce qui nous permettait d'afficher des croissances folles. Ces croissances folles, c'était de ce qui nous permettait de nous endetter, car nous avions confiance en notre possibilité de rembourser. Mais c'est terminé. Aujourd'hui, les Etats occidentaux doivent faire face aux vrais problèmes qu'ils ont voulu cacher sous des avalanches d'argent facile. Si le ressentiment est énorme du côté des assistés, il est encore plus grand du côté de ceux qui ont payé pour les autres. Car ceux-ci croyaient s'être mis à l'abri par leurs efforts, et ils voient que leurs efforts n'ont servi à rien.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 11/08/2011

Il critique une analyse myope mais parvient tout de même à nous amuser :
- nous devons tout aux riches
- la modernité à profité surtout aux assistés, ce sont eux les profiteurs.
- le partage des richesses n'apportera pas de paix sociale
- les désordre sociaux sont généralisés (ah oui, quand je regarde par la fenêtre je vois plein de voiture bruler)
- bla bla, bla bla
- (t'as oublié "On paie trop d'impot, ou bien")

Bref, un petit fils à papa bourgeois, qui répète les douces rengaines PLR qui l'ont bercés depuis tout petit, qui a du lamentablement échouer à l'uni, et qui devrait arrêter les psychotropes.

Écrit par : djinius | 11/08/2011

L’extralucide Michael Kohlhaas nous vient sans doute de la banlieue de Proxima du Centaure, il s’ennuie et il jalouse l’intelligence de nos laborieux assistés destructeurs de planètes, mais attention, il a beaucoup d’humour !

Écrit par : Benoît Marquis | 11/08/2011

Et dire qu’il existe encore des gens pour penser comme Michel Kohlhaas, ça serait à mourir de rire si la situation n’était pas si grave.

Ceci dit, peut importe finalement qui a profité ou non de l’argent facile de ces dernières décennies, la réalité c’est que nos sociétés (comme beaucoup d’individus d’ailleurs) ont vécus trop longtemps à crédit. Résultat, aujourd’hui on laisse à la jeunesse non seulement une situation qui ne leur garantit pas (pour la première fois depuis…toujours) que demain, ils vivront mieux que leurs parents mais surtout, ils héritent de nos dettes abyssales qui plombent tout leur avenir.

Franchement, si j’étais un jeune de 20 ans un tant soi peu conscientisé et lucide, je me demande ce que je choisirais entre être un désabusé résigné comme chez nous, un indigné pacifique à l’espagnol ou un révolté violent à l’anglaise…

Écrit par : vincent | 11/08/2011

Les amis, je crois que vous n'avez pas encore pris conscience de la gravité de la situation. Et je maintiens que le principal problème d'aujourd'hui vient du fait que:
- nous devons notre richesse à des pillages,
- ces pillages ne sont plus possibles,
- comme nous étions riches grâce à nos pillages, nous avons pu être très généreux envers ceux d'entre nous qui ne contribuent pas du tout au bien-être commun, et que
- tout cela est désormais terminé - les temps vont devenir difficile, surtout pour ceux qui n'ont jamais planté un clou de leur vie.
On peut s'offusquer et dénoncer les "spéculateurs", mais c'est un fait que nous avons organisé nos caisses de pension de façon à ce qu'elles profitent de la spéculation. Donc nous sommes tous concernés par le problème de la dépendance à une croissance qui est devenue impossible. La preuve: les gauchistes sont les premiers à se plaindre lorsque les caisses de pension modifient leurs taux de couverture. Autrement dit: ils veulent que la spéculation continue (mais sans risque pour eux, comme n'importe quel autre spéculateur, évidemment).
Je ne vois absolument pas ce qu'il y a d'extraordinaire dans cette analyse.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 11/08/2011

Petite question cynique, et si Bill Gates et consorts avaient donnés leurs milliards de USD à leur pays pour couvrir leur dette plutôt que de l'envoyer en Afrique pour combattre le sida ? Si les super riches qui financent directement et discrètement les églises et autres associations de bienfaisances avaient plutôt donner cet argent à l'Etat, croyez-vous que l'argent aurait-été mieux utilisés ?
Sur RTL9, je suis tomber sur une émission qui montrait de petits détenteurs d'économies vider leur compte bancaire pour acheter de l'OR, est-que ceux-ci sont de vils spéculateurs ou de simples personnes voulant sauver ce qui leur reste, fruit, souvent, d'un dure labeur ?
Herbert Ehrsam

Écrit par : Herbert Ehrsam | 11/08/2011

Évidemment, personne, mis à part vous, n’a pris conscience de la gravité de la situation et de ses conséquences. Nous sommes tous myopes, incultes et évidemment tous gauchistes. Nous allons donc devoir devenir tous des assistés, car pour soigner nos maladies, à coup sûr psychiatriques, et sans doute incurables, les caisses maladies ne pourrons plus payer les frais de traitement.
Il est vrai que nous n’avons jamais su planter un clou comme vous l’avez écrit si justement. nous ne savons même pas ce qu’est un clou et ce serait bien de nous renseigner sur cet objet.

Heureusement que vous êtes là, Vénéré Kohlhaas, pour contribuer à notre bien-être et nous ne vous oublierons pas à Noël.

Écrit par : Benoît Marquis | 11/08/2011

Le fait est que Michael Koolhas n'a pas complètement tort. Son analyse, globalement correcte, mérite cependant un gros bémol.
Entre la fin de la seconde guerre mondiale et 2007 (déclenchement de la crise), la part de la richesse nationale des Etats-Unis détenue par le 1% des étasuniens les plus riches est passée de 7% à 20%, atteignant ainsi le niveau qu'elle avait en 1929, au déclenchement du Krach de la même année.
Les très riches ont donc beaucoup (trop) profité de ce dernier demi-siècle, ce qui est certainement l'un des aspects du problème. Mais ce n'est pas le seul. Dans le même laps de temps, l'endettement des ménages a cru de manière colossale, par ménage et plus encore en globalité. Surtout si l'on y ajoute l'endettement public... Qui a servi principalement à financer les masses d'argent consacré à l'assistance sociale, en croissance exponentielle également. C'est même très concrètement le secteur de dépenses qui a le plus cru depuis la fin de la seconde guerre mondiale
Démographie et démagogie aidant, les coûts d'assistance sociale et de redistribution ont cru plus vite que le taux de croissance de l'économie, cette impossibilité apparente étant financée par le miracle de l'endettement.
Le partage des richesses est certes un corollaire obligé de la paix sociale, mais plus sûrement si l'on partage les richesses existantes plutôt que les richesses futures, pour ne pas dire virtuelles...
Genève, où les dépenses sociales sont le plus élevées du monde par habitant, n'échappe pas à ce Constat. Par habitant, chaque genevois est endetté de manière considérable, la dette cantonale équivalent à 100% du Produit cantonal brut. Pour mémoire, celle de la France est estimée dangereuse, à 85% de son PNB... Ce qui explique évidemment la volonté affirmée du grand argentier David Hiler de réduire cette dette pharaonique, ce qu'il est parvenu à faire de quelques 20% en 4 ans...

Écrit par : Philippe Souaille | 11/08/2011

Correctif: le montant de la dette cantonale, d'environ 10 milliards, ne représente que 25% du produit cantonal. J'avais sous les yeux le chiffre de 10 milliards pour ce dernier, mais c'est celui du dernier trimestre et non d'une année entière...
Genève peut remercier ses riches contributeurs, étrangers au forfait et autres expats employés de multinationales qui permettent de payer notre couverture sociale sans trop d'endettement. Voire même en le réduisant. Il est clair que tous les pays voisins n'ont pas notre chance.
Cela étant, lorsqu'on parle de dette publique globale, il faut ajouter celle des communes et de l'Etat fédéral, pour avoir une vision correcte. Et là, la dette par tête de Genevois augmente passablement.

Écrit par : Philippe Souaille | 11/08/2011

"Et là, la dette par tête de Genevois augmente passablement."

Sauf si parmis ces genevois, il y en a qui sont justement prêteur envers l'Etat ... et oui, on apprend cela en première classe d'économie, le jeux des prêt et des emprunts est toujours à somme nulles.

Écrit par : djinius | 11/08/2011

Djinius, vous a-t-on aussi parlé de la planche à billets, en première année d'économie ? Celle qui sait transformer la fumée en dollars, en euros... ou en Francs, comme a décidé de le faire depuis lundi la BNS, histoire d'essayer de refroidir un peu la surchauffe sur le Franc ? A moins que vous n'ayez séché ce cours là...
De toute manière si des Genevois en tant qu'individus prêtaient à l'Etat, ce qui n'est pas le cas (ils le feraient au travers de banques et d'organismes ad hoc, on n'est plus au XVIème siècle) cela ne changerait rien à la part d'endettement moyenne par tête de Genevois, qui devra tôt ou tard être remboursée par l'impôt. Sauf à admettre que les dettes dues par l'Etat à ses citoyens genevois ne sont pas vraiment des dettes et qu'il n'a pas à les rembourser ?

Écrit par : Philippe Souaille | 11/08/2011

On aurait tort de critiquer les riches, on ne sait pas ce qu'on peut devenir...

Écrit par : Michel Sommer | 11/08/2011

Voilà qui aère un peu cette atmosphère lourde et pesante. Merci Michel.

Écrit par : Benoît Marquis | 11/08/2011

La dette publique trouve son fondement dans les dépenses et parmi celles-ci figurent les dépenses sociales, y compris celles pour les invalides de naissance et les victimes d'atteintes à la santé dues au service militaire.

Mais il y a aussi les dépenses culturelles. N'oublions pas que les acteurs de la culture profitent de prélèvements obligatoires dont nous sommes victimes.

Par exemple, Souaille le franco-suisse collectionne les subventions pour ses productions culturelles, subventions sur lesquelles il ne veut pas s'étendre sauf pour les minimiser.

Souaille le politicien, qui dit gagner moins que la moyenne suisse et donc paie moins d'impôt que la moyenne des citoyens, et nettement moins au vu de la progressivité de l'impôt.

Souaille le néolibéral subventionné du PLR, qui veut de l'argent pour ses productions culturelles, mais ignore les invalides de naissances, les victimes du service militaire et les besoins en protéines des enfants pauvres.

Souaille, n'est-t'il pas l'Hôpital qui se fout de la charité ?

Écrit par : CEDH | 11/08/2011

Tiens CEDH-Nidegger est rentré de New York ? Si c'est pour raconter tant de bêtises en si peu de mots, il aurait pu y rester. Ou avez-vous vu que je désapprouvais le principe de l'assistance sociale ? Je note juste qu'elle est à géométrie variable, payant plus ici que là-bas et ce en grande partie avec de l'argent subtilisé là-bas. En plus, elle subventionne aussi, parfois, des gens qui ne sont invalides en rien, mais juste fatigués de naissance. Ce contre quoi je ne suis d'ailleurs pas non plus forcément, pour autant que cela se limite au strict minimum vital.
Je relève d'ailleurs, que lorsque vous ne vous intéressez pas à ma petite personne, vous conspuez généreusement ceux que vous appelez les PIGS, les Portugais, Italiens, Grecs et Espagnols (en anglais), méchants européens du sud, qui viendraient, dites vous, profiter honteusement de notre système social...
Pour ce qui est des subventions culturelles, mes productions ont reçu à ce jour, en 20 ans, 65 000 Francs du Canton et de la Ville. Sur un budget global d'environ 4 millions pour une quarantaine de films dont une fiction vendue dans le monde entier (tiens d'ailleurs elle repasse en ce moment sur France O: prochaine diff d'Ashakara, dimanche à 22h25). Soit environ 1,5% d'aide publique...
J'ai également vendu des prestations ou reçu des aides d'autres services de l'Etat, par exemple l'aide à la coopération pour au total 60 000 Francs, soit encore 1,5% sur des films de commande. Et perçu 200 000 Francs de prestations de Berne (DDC = DFAE) pour une vingtaine de reportages sur des exemples de coopération. Soyons généreux, rajoutons donc 3%, même s'il s'agissait clairement de prestations de service et non de subventions.
Soit au total 6% des budgets de mes productions qui sortent des poches des contribuables helvétiques. Dont je ne fais effectivement partie que très modestement ces dernières années, ce qui n'a pas toujours été le cas. Tout dépend de ce que je gagne, et dans mon job, avec les risques que je prends, c'est très aléatoire.
Maintenant rassurez-vous, j'ai l'espoir de gagner davantage ces prochaines années, donc de payer davantage d'impôts. Et aussi de faire monter la proportion de subventions dans le financement de mes films. Parce que je pense faire oeuvre d'utilité publique au travers de ma démarche consistant à expliquer, entre autres, le fonctionnement de la société, dans ce petit coin de pays. Est-ce pertinent ? Il revient aux décisionnaires politiques d'en juger. Cela fait partie des choses pour lesquelles ils sont élus. Parce que si l'on veut que se perpétue une certaine autonomie culturelle sur un marché d'un million d'habitants (ou même de 3 millions, en ajoutant les départements français proches), il faut une aide publique.
Même si pour ma part, j'essaie de produire des choses qui soient pertinentes ici et aussi là-bas...

Écrit par : Philippe Souaille | 12/08/2011

"De toute manière si des Genevois en tant qu'individus prêtaient à l'Etat, ce qui n'est pas le cas"

En plus que ce que vous dites est faux, on peut très bien souscrire à des emprunt de la confédération - c'est mon cas, mais de plus, que cela soit des personnes morales ou des individus qui détienne la dette, il n'en demeure pas moins que cela reste un jeu a somme nulle.

Écrit par : djinius | 12/08/2011

"Sauf à admettre que les dettes dues par l'Etat à ses citoyens genevois ne sont pas vraiment des dettes et qu'il n'a pas à les rembourser ?"

C'est marrant, cela contredit exactement votre première partie où vous affirmez que les individus ne prêtent pas à l'Etat.

Écrit par : djinius | 12/08/2011

@Souaille

Vous alléguez que 6 % des frais de production résultent de subventions. Quel pourcentage de votre revenu cela représente-t'il ?

Écrit par : CEDH | 12/08/2011

Tiens CEDH-Nidegger est donc toujours à New York vu l'heure à laquelle il se réveille. Je "n'allègue" rien, je résume des livres de compte. Et il ne s'agit pas de 6% de subventions, mais d'à peine 2%. Les 4 autres %, comme expliqué ci-dessus sont des prestations payées par le Canton ou la Confédération, ce qui n'est pas la même chose. A moins d'admettre qu'un balayeur, un flic ou juge à la cour des comptes sont subventionnés ?
Maintenant, vous dire quelle est là-dedans la part de mes revenus n'a aucun sens, puisque cet argent sert à financer mes productions et non mes revenus. C'est d'autant plus absurde, inquisiteur et d'une mauvaise foi crasse que je tire une part fort minime de mes revenus de mes activités de cinéaste, le plus souvent sous forme de droits d'auteurs, qui me sont versés par suissimage.
En effet, en tant que producteur réalisateur, voyez-vous, je prends généralement le risque maximal et investit l'intégralité de mon cachet en apport de production. Je vis des mes autres activités (journalisme, conseil en communication) et de mes droits d'auteurs. Sur la durée, sur les ventes de certains films, notamment ceux qui n'ont reçu AUCUNE subvention publique suisse j'arrive à récupérer un peu d'argent.
Elles sont vraiment amusantes vos remarques, parce qu'à priori en y réfléchissant, la part de subventions dans mes revenus personnels doit être actuellement de 0%... Chiffre que, encore une fois, je compte bien voir augmenter à l'avenir, ce qui ne devrait pas être difficile...

Écrit par : Philippe Souaille | 12/08/2011

OK, Djinius pour les obligations, mais à ma connaissance, celles-ci sont réservées à la Confédération et non aux cantons et aux communes, qui se financent auprès des banques. Confédération, qui donc pour rembourser ses obligations, a tout loisir de faire marcher la planche à billets, ce qu'elle est en train de faire, pour baisser la valeur du franc suisse. Ce qui aura une incidence sur le montant qui vous sera remboursé, avec lequel vous ne pourrez pas acheter exactement la même quantité d'autres valeurs que si la planche à billets n'avait pas fonctionné, ou si elle avait fonctionné davantage.
Votre histoire de somme nulle est parfaitement théorique et de ce fait, comme à chaque fois que la théorie oublie un ou plusieurs facteurs, complètement fausse en pratique. Parce que les Etats peuvent "inventer" de l'argent pour rembourser, ce dont ils ne se privent pas.
Par ailleurs, les Etats, les communes et les cantons se financent rarement uniquement sur le marché national (même si c'est moins rare en Suisse, les prêts y étant plus avantageux). Ils sont donc soumis aux variations de change. Avec ma compagne, nous avons emprunté en Francs suisses pour acquérir une maison en France. Si j'avais emprunté en Euros, ma dette aurait diminué de 25 % en 3 semaines... Où est la somme nulle là-dedans ?

Écrit par : Philippe Souaille | 12/08/2011

Pour info, Nidegger est en ce moment même (18:15) sur Forum de la RSR1… alors ?

Écrit par : Benoît Marquis | 12/08/2011

Eh bien soit je me trompe, et CEDH n'est pas Nidegger, mais ils racontent le même genre de trucs, écrivent de la même façon, professent les mêmes spécialités et les mêmes dadas, et étaient à New York en même temps, soit Janus est bien rentré, mais simplement encore jet-lagué ou il a bossé tout l'après midi et n'a donc pas eu le temps de répondre plus tôt... Ou alors il était à Forum par téléphone ou en duplex ?

Écrit par : Philippe Souaille | 12/08/2011

Peut-être en duplex car la qualité du son était très bonne, mais j’opterais plutôt pour le direct en studio.
Pour votre appréciation :
http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/forum/
Bien à vous.

Écrit par : Benoît Marquis | 12/08/2011

Peut-être en duplex car la qualité du son était très bonne, mais j’opterais plutôt pour le direct en studio.
Pour votre appréciation :
http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/forum/
Bien à vous.

Écrit par : Benoît Marquis | 13/08/2011

Peut-être en duplex car la qualité du son était très bonne, mais j’opterais plutôt pour le direct en studio.
Pour votre appréciation :
http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/forum/
Bien à vous.

Écrit par : Benoît Marquis | 13/08/2011

@ps

Les cantons ont un financement mixte. Certaines villes aussi.

Vous prenez des risques. Soit. Mais les subventions, elles, ne sont pas risquées mais perdues. Souffrez donc que je ne me réjouisse pas de me voir imposé des prélèvements qui finissent dans votre poche. Non pas que que je critique votre oeuvre personnelle, il s'agit d'une question de principe. Nous divergeons.

Je ne comprends pas que vous invoquiez la liberté d'entreprise, que vous prétendiez promouvoir l'auto-entreprise afin de diminuer vos charges sociales, que vous militiez pour la suppression de l'aide sociale au delà du plat de pâte alors que, par ailleurs, vous quémandez des subventions.

Écrit par : CEDH | 13/08/2011

CEDH, souffrez donc, et faites le savoir, c'est votre droit. Il se trouve que la majorité des électeurs pense autrement, puisque ses voix vont majoritairement à des partis qui soutiennent le principe de subventions à la culture. Notez qu'aucun candidat intéressé par la culture lors de la dernière élection au CA n'en a remis en cause le principe, pas plus celui de l'UDC que celui du MCG. Tout au plus parlaient-ils d'en réorienter certains flux vers des oeuvres moins élitaires.
Je pense que tout travail mérite salaire. Lorsque je produis ou réalise un film, j'effectue un travail. Une création culturelle de qualité peut difficilement se financer uniquement par l'initiative privée dans un marché aussi étroit que la Suisse romande. Dès lors j'ai le choix entre oeuvrer uniquement pour l'international, en me désintéressant globalement des questions locales, ou au contraire "quémander" des subventions pour compléter le financement d'oeuvres qui ont une vocation locale, et/ou qui font travailler des gens d'ici, et/ou qui montrent des réalités d'ici.
Par ailleurs, je ne donne ni dans l'art et essai ni dans le commercial trivial, mais plutôt dans l'oeuvre didactique et explicative, qui de mon point de vue mérite de vivre. Généralement, elle rencontre son public, mais sa vocation éducative implique lui aussi le soutien, même sur des marchés plus vastes que le nôtre. Un peu à la manière de ce que faisait l'ORTF de mes (nos ?) jeunes années. Contrairement à TF1. A moins que vous ne considériez que l'éducation ne doit pas non plus être aidée par l'autorité publique ?
Maintenant, je n'oblige personne et ne met le pistolet sur la tempe de quiconque. Je n'ai pas non plus choisi le bon parti en matière culturelle, même si je compte quelques amis au PS et chez les Verts, qui m'y auraient accueilli volontiers ! Les autorités publiques en charge de la culture, sont à même de décider si mes oeuvres méritent le soutien ou pas.
Je ne fais pas la manche, ou alors, si je le fais, c'est en jouant de la musique pour distraire les gens. Lorsque celle-ci est bonne, dans la rue, il m'arrive de donner. Et je ne me sens absolument pas en contradiction avec mes convictions.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/08/2011

Very interesting post, keep doing it

Écrit par : chistes cortos malos | 14/08/2011

Un exemple: chaque fois que la "Fed" a sorti 1 dollar de la planche à billets, cela a eu pour résultat 3,50 dollars de dettes en plus. Pour la simple raison que distribuer la pâté aux canards ça ne fait pas évoluer l'économie.

Apparemment P. Souaille touche des subventions pour des activités culturelles qui plaisent ou non, mais elle s'achètent! Quel est le problème? D'autre part il pratique la Multi-activité...C'est exactement ce que nous demandions aux cadres dirigeants Français, il y a quelques années afin d'abandonner le statut de salarié qui serai remis en cause. (années 1995)

Pour revenir à l'article, les dirigeants de l'occident en particulier, conseillés par les très riches industriels et autres chefs d'entreprises, ont fait une grave erreur en laissant la porte aux crédits -grande ouverte. Pour une raison simple -elle aussi, ce que les baisses de salaires ou la fin de la hausse des salaires n'allaient plus pouvoir donner en bien être, les crédits consommations le feraient...Cette politique fut mise sur pied afin de concurrencer l'Asie et autres pays producteurs.

On l'a vu en France l'année dernière ou il fut attribué des primes à la casse pour les voitures, mais des primes versées aux industriels! Il eut été plus judicieux de hausser les salaires aux salariés afin qu'ils fassent leur bonheur eux-mêmes! L'endettement des ménages et des entreprises est un des pilliers de la catastrophe qui va nous balayer TOUS.

Moi je suis handicapé par deux graves maladies découvertes des années, après des douleurs terribles. Je travaillais malgré tout.On m'a prit pour un fénéant et autres saloperies, lorsque je n'en pouvais plus. J'ai même la MSA (Mutualité sociale agricole) qui a contesté mes pathologies!(je cotisais dans toutes les caisses pour -Multi-activités) J'ai contesté et j'ai gagné. Mais que de temps et d'argent de perdu. Sans compter les dommages collatéraux au corps dans son ensemble. Mais aussi qu'elles dépensent Pharaoniques dans le système social!

Une chose importante mes maladies ne se voyait pas!

Pour les handicapés il faut faire attention à ce que l'on dit. Les toubibs n'ont qu'à prendre le "taureau par les cornes et prendre les bonnes décisions.Ce qui est loin d'être le cas, car d'un côté il faut faire des économies, mais de l'autre il y en a qui ne se gêne pas pour se faire des vacances et du chiffre d'affaire, je connais très bien le système depuis le temps...

Écrit par : Pierre NOËL | 15/08/2011

l'argent dette dans une version réactualisée en 2010

Indispensable !
http://www.dailymotion.com/video/xbqww7_l-argent-dette-2-promesses-chimeriq_news

Écrit par : aoki | 18/08/2011

Pour reprendre votre toute première phrase: Quand vous évoquez "la petite part des nantis européens", est ce que vous voulez parlez des "nantis" qui on un toit, un revenus, et mange a leur faim ? C-a-d entre 80 et 98% de la population selon les régions ? Ou alors quel est votre définition de la "petite part" ?
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Et bizarrement c'est avant tout ceux qui viennent de pays du sud ou la situation est désastreuse qui se plaignent le plus de "ne pas être aidés", vous voyez pas la un petit problème ?

Écrit par : Eastwood | 18/08/2011

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