19/04/2011

Gabriel Tortella s'envole vers le Grand Horloger

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Dans la nuit de dimanche à lundi, Gabriel Tortella s’est envolé vers le Grand Horloger. Le monde des montres a perdu celui qui était tout à la fois, son Fou et son Roi. Créateur, animateur, âme et moteur de la Tribune des Arts, Gabriel a fait rire et trembler les princes de cet univers où la précision mécanique la plus exigeante se lie avec passion au luxe le plus raffiné. Le mot « montre » dit bien des choses. La montre… montre non seulement l’heure mais aussi le caractère de celle ou celui qui la porte. Elle rend artiste le quotidien.

 

 Gabriel l’a bien compris, d’où le succès de la Tribune des Arts et aussi de ses autres entreprises dans le domaine horloger. Il fallait un œil italien pour distinguer ce que les Suisses produisent de plus beau sur cette planète. Car, même s’il fut naturalisé helvète, Gabriel fut Rital et le restera. Un somptueux et fallstafique Rital, jusqu’au bout de ses éclats de joie, de colère, de générosité. Difficile, en effet, de quitter son bureau sans avoir reçu de sa part de quoi garnir une épicerie transalpine en jambon de Parme, huile d’olive, salamis, mortadelle, grissini. Gabriel donnait comme il respirait.

 

A la mémoire du Plouc reviennent des vagues de souvenirs… Tortella à son bureau dans l’immeuble de la Tribune de Genève en train de faire des bisous au téléphone à la dir’com’ d’une grande boîte de luxe, tout en engueulant sur son Natel un responsable d’imprimerie. Parfois, l’imprimeur recevait des bisous et la dir’ com’ subissait une avalanche de reproches. Mais ce n’était pas grave. C’était Gabriel et puis voilà. On passait tout à Gabriel. Parce que c’était lui et qu’il était unique, tache de couleur vive sur un monde gris acier… Tortella épuisant des himalayas de kleenex en écoutant sa femme Paloma – merveilleuse pianiste – en train d’interpréter Liszt à la Salle des Abeilles à l’Athénée… Tortella regardant d’un air désespéré d’incompris éternel Le Plouc qui tentait de le convaincre de l’accompagner dans une course de montagne en Gruyères. Jamais Le Plouc n’a réussi à le faire marcher. Mais lui savait fort bien faire marcher les autres.

 

Gabriel, solaire et généraux, nous a laissé à l’ombre.

 

Jean-Noël Cuénod 

11:02 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tortella, horlogerie, luxe, tribune des arts | |  Facebook | | |

Commentaires

Solaire et généreux correspond tout à fait à ce personnage que bon nombre de Cernois* ont connu. Un électron libre et joyeux !
Employé dans la cantine de son père (Tortella), il haranguait les chalands avec sa voix forte – mais pas gueularde – vantait les plats et remplissait généreusement les assiettes. On aurait pu se croire sur un marché méditerranéen, tant le verbe et l’accent était présent.

Merci Jean-Noël

*Employé(e)s du CERN.

Écrit par : Benoît Marquis | 19/04/2011

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