29/01/2011

L'INSTANT DES INSTANTS

galaxie.jpgGlisser dans l'essence
Du simoun

Approcher le noyau
Lumineux
Or d'au-delà du temps

Espace
D'au-delà de l'espoir

Vide plein
Sans lieu sans lien

Prendre enfin
Ce Présent éternel
Dans ma main
D'aveugle illuminé
Et d'homme
Mort à tous ses destins

Jean-Noël Cuénod

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27/01/2011

Epuration religieuse et folie de la pureté

 

C’est fou comme les politiciens adorent les termes hygéniques... Un mot surtout revient de façon — si l’on ose écrire! — récurrente: «épuration».

Sous le nazisme, l’ «épuration raciale» était prônée sur les ondes jusqu’à la transformer en obsession nationale. Staline, lui, a rempli ses Goulags avec «l’épuration de classe». A la Libération, les pays qui avaient été occupés par l’Allemagne hitlérienne ont recouru à l’ «épuration des collabos» qui a parfois conduit à l’exécution sommaire d’innocents par des résistants de la dernière minute. Durant les guerres de l’ex-Yougoslavie, c’est «l’épuration ethnique»—l’adjectif «racial» étant trop connoté— qui a prévalu.

Aujourd’hui, la tendance est à l’ «épuration religieuse». Le 7 janvier dernier, après l’attentat islamiste contre l’église copte d’Alexandrie qui a causé la mort de 21 chrétiens égyptiens, le président français Sarkozy a utilisé cette formule en stigmatisant «un plan particulièrement pervers d’épuration du Moyen-Orient, d’épuration religieuse».

Nicolas Sarkozy n’exagère pas. Les persécutions antichrétiennes se multiplient à un tel rythme, qu’il faut désormais qualifier d’ «épuration religieuse», cette vague de «christianophobie» qui submerge les nations arabes. Le site «missionchretienne.net» constate pour la seule année 2009: «Sur cinquante Etats où les chrétiens sont le plus persécutés, trente-cinq sont des pays où l’islam est majoritaire». Ainsi au Yémen, neuf travailleurs humanitaires ont été kidnappés par des hommes armés. Six d’entre eux n’ont toujours pas été retrouvés. Les corps des trois autres ont été découverts, atrocement mutilés. En Somalie, toujours en 2009, onze chrétiens ont été sauvagement assassinés. L’Iran en a emprisonné 85.
Dès lors, les critiques acerbes des Etats musulmans contre la votation suisse sur les minarets ou la loi française interdisant le port de la burka sur la voie publique rappellent la célèbre interpellation du Christ rapportée par les Evangiles: «Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans le puits de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton puits à toi, tu ne la remarques pas!»

Cela dit, dans une mesure bien moindre qu’au Proche-Orient, «l’épuration religieuse» apparaît aussi comme une tentation dans les pays d’Europe. Tant Blocher que Marine Le Pen veulent bannir les mosquées de nos paysages. On commence par les minarets, et après?

Toute «épuration» déclinée sur le mode politique et religieux relève de cette folie de la pureté qui a conduit l’humanité aux pires horreurs de son Histoire. La blancheur immaculée tourne souvent au rouge sang. Le seul rempart contre l’ «épuration religieuse» est l’instauration de la laïcité comme espace de neutralité confessionnelle. Les pays de l’islam ne sont pas forcément condamnés à ignorer cette notion.

 Après tout, la Turquie, même avec un parti musulman conservateur au pouvoir, a cantonné le religieux dans sa sphère. Demain, si la Tunisie réussit sa révolution démocratique, elle pourra, espérons-le, traduire pour ses voisins le mot «laïcité» en arabe.

Jean-Noël Cuénod

(Ce texte est paru dans cette version en rubrique "Réflexion" de 24 Heures et en version légèrement raccourcie en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève.)

 

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20/01/2011

L'immigration, utilisée à gauche et à droite

Accusé de diffamation et de discrimination raciale – ce qu’il conteste – le polémiste français Eric Zemmour a fait l’objet d’un procès à la XVIIe Chambre correctionnelle de Paris. Au cours de ces débats judiciaires, Zemmour a mis le doigt, non sans pertinence, sur les ambiguïtés de la gauche par rapport à l’antiracisme et, par voie de conséquence, à l’immigration.Zemmour.jpg

Voici, en résumé, son argumentation: lorsque, au milieu des années 1980, le Parti socialiste a adhéré à l’idéologie libérale et chanté les vertus de la société de marché, plus grand-chose ne le distinguait de la droite; pour conserver une apparence de gauche, le PS a développé son discours antiraciste de façon massive; l’antiracisme est devenu son marqueur identitaire de gauche, faisant ainsi oublier sa capitulation devant l’idéologie libérale.

La coïncidence des dates entre la conversion des socialistes français au libéralisme et le soutien accru du PS aux organisations antiracistes est, en effet, troublante. Certes, les socialistes ont toujours combattu le racisme. Mais ils ont particulièrement mis en avant ce combat dès l’époque en question. Si Eric Zemmour, comme à son habitude, force le trait, il y a sans doute un fond de vérité dans son propos.
De l’autre côté de l’échiquier politique, la stigmatisation des immigrés a été systématiquement utilisée à des fins de propagande. Par le Front national surtout, mais aussi dans une moindre mesure par le camp de Nicolas Sarkozy, période Kärcher.

Dans les deux cas, il y a eu instrumentalisation de l’immigration, soit directement, soit par le truchement de l’antiracisme. Or, en jouant avec ces phénomènes à des fins électorales ou partisanes, on les travestit, empêchant ainsi de réfléchir objectivement à leur sujet.

Pourtant, il est essentiel que nos sociétés européennes développent une réflexion riche, profonde, non partisane à propos de l’immigration et du racisme. La mondialisation est désormais un fait. Comment l’aborder? En élevant des murs comme le préconisent les partis nationalistes? Compte tenu de l’interdépendance généralisée de la planète, autant se protéger d’une crue avec son mouchoir. Ne rien faire et remettre ces problèmes ennuyeux à demain, à l’instar des partis gouvernementaux? C’est offrir aux démagogues de l’extrême droite un boulevard royal. Elaborer de nouvelles règles de vie commune entre des populations qui viennent d’horizons différents prendra du temps. Et c’est un travail qui concerne toute la société et non pas seulement les politiciens.

Cela exige à la fois une prise de conscience de la propre histoire de son peuple et une ouverture d’esprit à l’autre qui ne signifie pas abandon de son identité mais enrichissement de sa culture. Autant se mettre à l’œuvre sans tarder, sans instrumentalisation partisane.


(Ce texte est paru dans cette version en rubrique "Réflexion" dans 24 Heures et de façon légèrement raccourcie en rubrique "Perspective" dans la Tribune de Genève).


Jean-Noël Cuénod

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17/01/2011

Front national en congrès (suite et fin): Marine Le Pen et son pain noir

Marine Le Pen a mangé sa brioche. Elle est devenue hier présidente du Front national, par sa présence médiatique et surtout grâce à l’aura que son père conserve au sein de l’extrême droite française. Mais sur sa planche, il lui reste à entamer une grosse miche de pain noir. Tout d’abord, elle devra refaire l’unité de son parti. Or, malgré les jolies fadaises débitées par les dirigeants frontistes, la guerre de succession entre la fille du Chef et l’ex-dauphin Bruno Gollnisch a laissé des traces sanglantes dans les esprits.

Ensuite, elle devra développer une stratégie qui sera moins aisée à définir qu’il n’y paraît. Pour l’instant, la nouvelle présidente frontiste se refuse à envisager une alliance avec l’UMP qu’elle accuse de tous les maux et vilipende encore plus que le Parti socialiste. Or, aucune formation politique ne peut gouverner seule en France. Même les gaullistes, au plus fort de leur triomphe,  ont dû s’allier aux Républicains indépendants de Giscard. Dès lors, comment peut-elle revendiquer le pouvoir sur tous les tons en refusant de se donner les moyens de la victoire ?

Certes, elle cherche pour l’instant à élargir la surface politique du Front national et, pour ce faire, il faut jouer les durs et rejeter toute éventualité d’accord, quitte à prendre le risque de s’isoler. Mais il arrivera un moment où, si elle veut vraiment parvenir au pouvoir, Marine Le Pen devra composer avec d’autres forces politiques. Elle sera bien obligée de dire avec qui le FN compte gouverner. Et ce passage des diatribes aux pourparlers sera fort délicat à négocier. La patronne frontiste devra expliquer ce revirement à ses troupes chauffées à blanc. Si elle sait prendre ce virage, Marine Le Pen pourrait alors vraiment peser sur la politique française.

 

Jean-Noël Cuénod

(Editorial paru lundi 17 janvier 2011 dans 24 Heures et, en version légèrement abrégée, dans la Tribune de Genève)

 

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16/01/2011

Front national en congrès (4) : fin en foire d’empoigne

Deux incidents graves ont éclaté alors que le congrès du FN tire à sa fin. Farid Smahi, qui se proclamait samedi encore avec fierté « Arabe du Front national », a publiquement protesté, vers 14 h. contre son éviction du Bureau politique par Marine Le Pen, la nouvelle présidente frontiste. Il est affligé d’une tare rédhibitoire : Smahi est partisa de Bruno Gollnisch « Pour moi le FN, c’est fini. J’ai été utilisé comme l’Arabe de service. C’est terminé, basta. Je déchire ma carte ! » a-t-il déclaré au Plouc avant d’être jeté manu militari par le service d’ordre hors du Centre Vinci.

A propos du service d’ordre frontiste, il s’est illustré samedi soir en expulsant un journaliste de France24 qui s’était glissé au gala du FN sans y être invité. Sa carte de presse lui a été confisquée par les gros bras lepénistes. Le journaliste affirme avoir été frappé, ce qui nie Jean-Marie Le Pen qui ajoute, en guise d’ultime provoc’ : « Il a dit être juif. En tout cas ça ne se remarquait pas sur son visage, ni sur son nez ! »

Le vernis de respectabilité est vraiment très léger. Martine Le Pen s’est pourtant démenée pour en mettre une couche. En vain, semble-t-il.

Jean-Noël Cuénod

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Front national en congrès (3) : un tiers des frontistes pour Gollnisch



Dimanche 16 janvier, fin de matinée. Les congressistes et les journalistes qui suivent le congrès du Front national à Tours sont coupés de l’extérieur par d’imposantes forces de l’ordre qui protègent l’imposant Centre Vinci. La présence des frontistes dans la ville qui a vu naître le Parti communiste français suscite des remous sur les rives de la Loire et du Cher. Samedi, quelque 2000 manifestants ont scandé des slogans anti-Le Pen au centre de Tours. Comme nous l’avons signalé dans le texte précédent, une partie des protestataires a voulu s’approcher du Centre Vinci. Les gendarmes mobiles l’ont refoulée en usant de grenades lacrymogènes et ont interpellé 22 antifrontistes. Trois blessés ont reçu des soins après les heurts avec les agents.

A 10 h. ce matin, les dirigeants du FN ont proclamé les résultats sans aucun suspens, l’élection de Marine Le Pen à la présidence du parti étant annoncée dès hier. Il ne manquait que les chiffres, les voici. Nombre de votants : 17 127 ; Marine Le Pen : 11 546 suffrages ; Bruno Gollnisch : 5 522.
Celui-ci a fait aussitôt allégeance à la nouvelle présidente, tout en soulignant qu’elle devait compter avec ses troupes représentant un tiers des adhérents qui ont voté et près de la moitié des membres du comité central, soit le « parlement » du parti.

Jean-Noël Cuénod

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15/01/2011

Front national en congrès (2) : Pour Le Pen, c’est l’ovation finale


Samedi 15 janvier, fin d’après-midi. Une centaine de personnes manifestent contre le congrès du Front national, devant le Centre Vinci à Tours qui est protégé par de nombreuses forces de police. Une échauffourée éclate. Les agents en tenue d’assaut dégagent l’entrée du Centre à coups de grenades lacrymogènes. Certains antifrontistes sont embarqués dans un fourgon de police. Des jeunes militants du FN encouragent les agents : « Allez les Bleus ». Puis, les protestataires se replient.

Pendant ce temps, dans l’immense auditoire François 1er, Jean-Marie Le Pen prononce son dernier discours en tant que président du FN. Les 2000 délégués brandissent des drapeaux tricolores et scandent son nom dans une ambiance faite de rage et de dévotion. Rage contre « ces barbares qui sont en nos murs ». Dévotion envers le vieux Chef qui s’approche de son destin.

Deux thèmes parcourent cette harangue de façon obsessionnelle : la décadence et l’islam.
Prenant son pupitre des deux mains comme pour le soulever et le jeter à la face des démons mondialistes, Le Pen rugit:

« En un demi-siècle, à quelle déchéance a été réduit notre pays ? Il suffit de dresser un portrait de notre décadence pour constater que les heures les plus sombres de notre Histoire, les politiciens lâches ou médiocres n’ont cessé d’en favoriser la venue pour aujourd’hui et pour notre avenir immédiat. »

Décadence de la scolarité, tout d’abord : « A l’enseignement fédérateur d’une communauté nationale forte, car fière de ce qu’elle est et sachant d’où elle vient, a succédé un enseignement au rabais avec pour conséquence qu’en France un habitant sur six est illettré. »

Décadence de la méritocratie républicaine : « A ce principe qui voulait que chacun obtienne en fonction de ses qualités et de ses mérites, se sont substitués la culture de l’excuse pour les délinquants (…), le clientélisme pour couvrir de faveurs certaines catégories de la population afin d’en obtenir les suffrages et la reproduction des élites, érigée en système qui permet à ses enfants de fréquenter les meilleurs établissements au détriment de ceux qui l’auraient bien plus mérité mais ne disposent pas de relations utiles. »

Décadence de l’économie, accompagnée d’une bonne louche de nostalgie : « La France que j’ai connue jeune était prospère (…). La politique française des trente dernières années a, pour sa part réduit la paysannerie à néant (…). L’industrie, quant à elle, est décimée, victime d’une concurrence internationale inéquitable et de délocalisations continues (…) Pour la première fois, le remboursement des intérêts de la dette est devenu le premier budget de l’Etat ».

Décadence de la religion, avec un petit clin d’œil aux catholiques intégristes : « Quarante ans de lâcheté et de haine de la Nation ont ainsi suffi à transformer une France chrétienne et laïque en une France incroyante en voie d’islamisation (…) La trahison est venue des élites ecclésiastiques n’hésitant pas à s’acoquiner avec les représentants des lobbies philosophiques ou politiques dont l’objectif affiché était pourtant l’anéantissement de la spiritualité chrétienne, tenue pour réactionnaire. » Ce chapitre est particulièrement ovationné par les congressistes.

Mine de rien, la religion – non pas en tant qu’aspiration spirituelle mais comme marqueur identitaire – forme la charnière centrale de l’allocution du Chef. « La nature a horreur du vide et le vide spirituel est aujourd’hui peu à peu comblé par un islam importé principalement par les immigrés venus d’Afrique du Nord et d’Afrique noire ».

Chaque fois qu’il aborde « l’islamisation de la France », l’orateur déclenche les huées d’une foule mue par un réflexe pavlovien. « Nous ne haïssons personne », disait au Plouc une brave dame. Mais la haine se porte bien dès qu’on l’agite en collectivité.

Le constat que Le Pen dresse de la France en particulier et de l’Occident en général, chacun peut le faire. L’indéniable dégradation de l’enseignement et des services publics ne peut que plonger les classes moyennes dans l’angoisse de régresser socialement. Mais réduire ce phénomène à une question identitaire et à l’ « islamisation de la France » ne résoudra rien, sinon à nous détourner de la recherche des véritables causes de la mondialisation sauvage.

Jean-Noël Cuénod

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Le Front national en congrès (1): la vieillesse d'un Chef



Samedi 15 janvier, début d’après-midi. Voilà donc Le Plouc et sa Plouquette débarquant à Tours, ville qui accueille le congrès du Front national. Un congrès historique puisque son fondateur, Jean-Marie Le Pen passe la main. Enfin presque. Car élevé à la dignité de président d’honneur du parti de l’extrême droite française, sa main manipulera encore les ficelles. D’ailleurs, l’octogénaire qui se veut encore bondissant a pris soin d’assurer sa succession. Sa fille, Marine, sera la gérante principale du fonds de commerce familial.

2000 délégués du FN et 400 journalistes fourmillent dans les intestins de ce mammouth bétonné que représente le Centre Vinci. Alors à quoi, à qui ressemble un frontiste ? A rien, à personne. Ou plutôt à tout le monde. Si vous vous attendiez à des bataillons de crânes rasés à la mine patibulaire mais presque accompagnés par des pensionnaires du Couvent des Oiseaux en jupes plissées, vous serez déçu. Entre le comptable rondouillard qui en a toujours une bonne à vous raconter, le cadre sup’ très sup’, le prolo en baskets épuisées, la retraitée à la permanente azurée qui piapiate avec ses copines, l’ancien d’Indo et de l’Algérie qui arbore ses médailles, l’étudiante branchi-brancha et le paysan et sa dame habillés en dimanche un samedi, l’extrême droite française a la gueule de tout un chacun. Ce qui est tout sauf rassurant. Et illustre la normalisation des idées frontistes qui, naguère encore, faisaient office d’épouvantail.

Alors, le Front national est-il devenu un parti comme les autres ? Non. Un point – qui n’est pas de détail – marque sa différence : le culte du Chef. Dès que Jean-Marie Le Pen se dirige vers l’auditorium François-1er pour monter à la tribune dans une envolée à la juvénilité très appliquée, les jeunes frontistes échangent des regards, se dressent, frappent dans leur main, crient « Le Pen, Le Pen » ou « Jean-Marie, Jean-Marie » et les 2000 congressistes offrent au Chef une ovation debout, avec des mines confites en dévotion. Chaque fois que Le Pen prend la parole, fait sentir son ironie ou monte en puissance dans ses propos, c’est la même scène qui se répète. Sentiment d’assister à un office religieux avec ses « debout », « assis », « debout », « assis » qui se succèdent liturgiquement. Personne ne s’est agenouillé, mais cela ne saurait tarder.

A 16 h. Jean-Marie Le Pen délivrera son message d’adieu en tant que président. Sortez vos missels !


Jean-Noël Cuénod

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14/01/2011

Quand la délinquance française débarque en Suisse romande

 France-Soir lui consacre une pleine page et Le Figaro, un important article. La presse d’outre-Jura découvre avec stupeur ce phénomène: la délinquance française débarque en Suisse romande, principalement à Genève et dans des localités vaudoises comme Le Sentier.

Le phénomène, pourtant, n’est pas nouveau. Les milieux marseillais, lyonnais et italo-grenoblois ont été attirés par les lumières dorées de nos rivages dès les années 50. Mais la truanderie d’alors respectait, sinon des «principes», le terme serait malvenu, du moins certaines règles dictées avant tout par la prudence: on ne tue pas les flics, on use d’un nombre limité d’armes, on évite de mettre à feu et à sang les objectifs visés.

Leurs héritiers en banditisme ne s’embarrassent plus de telles considérations; la sauvagerie a remplacé la règle. Prise d’otage, usage d’explosifs et d’armes de guerre, les malfrats de l’Hexagone ne font dans la dentelle que dessinée à la kalachnikov.

Bien entendu, les sectateurs de l’UDC se sont emparés de ce phénomène pour aussitôt réclamer que la Suisse sorte de l’espace Schengen et suive l’exemple de la Grande-Bretagne et de l’Irlande qui collaborent avec Schengen tout en conservant le contrôle de leurs frontières. L’extrême droite oublie juste un léger détail: la Suisse n’est pas entourée par la mer. Chaque jour, 75 000 frontaliers passent la frontière à Genève et dans le canton de Vaud. 

 Bien avant l’entrée de la Suisse dans Schengen, les gardes-frontière procédaient déjà à des contrôles par sondage. Etablir une surveillance stricte à la frontière n’aboutirait qu’à asphyxier notre économie. En outre, sur le plan de la sécurité, sortir de Schengen risquerait de se révéler catastrophique. La frontière franco-romande n’a jamais été rendue étanche, même durant l’Occupation. Les malfrats de la banlieue lyonnaise passeront à travers ce filet aux mailles forcément larges comme ils l’ont fait avant et après Schengen.

Si elle sort de cet Espace, la Suisse risque de perdre un atout majeur, l’accès à la banque de données commune des polices européennes, le système SIS. Or, le renseignement et l’échange international d’informations sont devenus le nerf de la guerre contre cette délinquance désormais sans frontière. Dès lors, en faisant sortir la Suisse de Schengen, l’UDC rendrait un fier service aux criminels et accroîtrait l’insécurité. Il reste à espérer que ce n’est pas là le but recherché!

Cela signifie-t-il que tout va bien dans le meilleur espace Schengen possible? A l’évidence, la réponse est négative. Les autorités cantonales et fédérales doivent absolument faire pression sur la France afin que celle-ci prenne enfin des mesures efficaces dans les banlieues lyonnaises et cesse de supprimer des postes au sein de sa police. Force est de reconnaître que la méthode Sarkozy en matière de sécurité est un fiasco. Genève et Vaud sont en train d’en payer le prix fort.

Jean-Noël Cuénod

(Version plus longue de la chronique parue jeudi 13 janvier 2011 en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et "Réflexion" de 24 Heures.)

LE PLOUC SE REND SAMEDI ET DIMANCHE AU CONGRES DE TOURS DU FRONT NATIONAL. IL VOUS TIENDRA AU COURANT DE LA SUCCESSION DE JEAN-MARIE LE PEN DES DEMAIN.

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01/01/2011

Les voeux du Plouc pour 2011

Que la Paix descende dans les coeurs. Lumineuse année 2011. Le Plouc vous envoie tous ses voeux, ainsi que ce poème.

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