21/10/2010

Brice Hortefeux et Rachida Dati, mariés par l’inconscient?

DatiHortefeux.jpgCes deux-là se détestent, aux yeux de tous. D’ordinaire, les ministres se plantent des couteaux dans le dos – ils n’y peuvent rien, c’est l’instinct qui parle – tout en se faisant des risettes par-devant. Mais lorsque Rachida Dati s’occupait encore de la garde des sceaux (ces derniers ne s’en sont pas encore  remis), elle et son collègue Brice Hortefeux ne se contentaient pas de jouer du poignard façon hypocrite. Ils s’envoyaient plein de crochets à la face et en public.

Ainsi, lorsque Hortefeux-de-bouche s’est mis à confondre Arabe et Auvergnat dans sa célèbre diatribe de haute volée: « Quand y en a un, ça va. C’est quand y en a plusieurs que ça va pas », Rachida traitait le ministre de « gros raciste » auprès de son entourage. Ce qui n’a pas manqué de filtrer dans les gazettes.

Réponse du berger auvergnat à la bergère en cuissardes Dior : en mars dernier, Brice Hortefeux a brutalement privé Rachida Dati  - poussée hors du gouvernement après avoir cassé toutes les assiettes du ministère de la Justice - de sa Peugeot 607 et de ses trois gardes du corps. Rachida a dû se contenter de la Laguna fournie par sa mairie du VIIème arrondissement parisien. Le Plouc reste confondu devant un tel acte de cruauté. Il faut dire que la victime était accusée d’avoir répandu des vilenies sur le couple présidentiel, ce qui expliquerait cette douloureuse amputation de Peugeot 607. Bien sûr, Rachida a nié ces accusations en faisant porter la responsabilité de son martyr sur le seul Brice.

Donc, lorsque le nom d’Hortefeux est apparu parmi les candidats pour remplacer François Fillon à la tête du gouvernement, Rachida Dati a fait savoir devant les micros que choisir un tel premier ministre serait du dernier sinistre.

Rappelons pour la bonne bouche que l’ancienne figure de la diversité sarkozyste, a fait rire la Francophonie en confondant « inflation » et « fellation ». Sans doute était-elle éblouie par son retour devant les projecteurs. Son ennemi intime n’a pas manqué de se payer la tête de l’imprudente à la langue qui fourche.
Mais voilà que lui-même est tombé dans un piège freudien en parlant d’  « empreintes génitales » au lieu d’empreintes digitales.

Ces deux bourdes à connotation ollé ollé démontrent que le pouvoir ne monte pas qu’à la tête. Il s’arrête aussi à mi-chemin. Mais allons plus loin. Ces sexogaffes commises presqu’en même temps ne dévoilent-elles pas la connivence qui lie secrètement ces deux fauves? Leur inconscient bouillonne – qui sait ? – d’une passion réciproque. Et a force de bouillonner, cet inconscient espiègle déborde sur les zones langagières des deux cerveaux pour les faire dérailler.

Alors, marions-les. Et nos deux zélus zémus auront beaucoup de petits lapsus.

Jean-Noël Cuénod

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