13/09/2010

Le vacarme des pasteurs fous et le silence des protestants libéraux.

L’Evangile selon Andy Warhol  proclame cette Béatitude de nos temps télévisuels: « Heureux les anonymes, ils recevront leur quart d’heure de célébrité ». Pour le pasteur Terry Jones – qui, lui, annonce l’Evangile selon Dingo – ce n’est pas quelques malheureuses quinze minutes de gloire qu’il a obtenues mais plusieurs semaines de triomphe.

 

 En menaçant de brûler 200 exemplaires du Coran afin de commémorer les attentats du 11 septembre 2001, il a obtenu la « une » de tous les quotidiens  d’envergure nationale aux Etats-Unis, celle de nombreux journaux de la planète, le passage en boucle de ses délires par les principales chaînes télé et radiodiffusées. Sans compter que l’homme le plus puissant du globe, le président Obama,  l’a supplié de renoncer à sa pulsion pyromane.

 

  Nous vivons une époque exaltante : le monde s’agenouille pour supplier un cinglé qu’il daigne ne pas faire sa connerie. C’est tout juste s’il n’est pas décoré après avoir renoncé, du bout des allumettes, à assouvir ses besoins mégalomaniaques. Et l'on apprend, grâce à la chaîne NBC, que ce héros de la bible incendiaire a eu maille à partir avec la justice pour avoir partagé des photos pédopornographiques sur internet.

 Des humains se sacrifient pour en sauver d’autres, lancent dans nos déserts médiatiques des appels à la fraternité. Et ils n’ont droit qu’à quelques lignes dans un coin de journal, dans le meilleur des cas.

 

Il faut dire que les pasteurs fous exercent sur les caméras un attrait irrésistible. C’est bien normal. Un prétendu « ministre évangéliste» qui se promène avec des flingues en proclamant la haine et la destruction, « c’est vachement vendeur ça, Coco ! » Dans ce vide fait de bruits, les malheureux protestants libéraux ne sauraient donner de la voix.

 Comment y évoquer l’amour sans frontière dogmatique, sans exclusive cléricale et célébrer l’alliance des Lumières avec la Foi ? « Mais enfin Coco, ça intéresse qui ce genre de truc, tu peux me dire, hein ? »

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Est-ce une autocritique de la tdg? Qui a vendu l'information comme les autres, non?

Je constate aussi que se vend très bien l'information made in Switzerland sur le "forcené". Ca ne vole pas plus haut que que le reste. Presse de caniveau, non?

Écrit par : Johann | 13/09/2010

A quoi joue la press internationale ? Exactement a la même chose que vous:

Au fond vous savez parfaitement que ce n'est pas les frasques d'un petit évangéliste local qui intéresse le monde, mais bien les réactions de ses vis-a-vis fanatiques.

Vous savez pertinemment que bruler quelques bouquins, fussent ils sacrés, ne devrait pas provoquer de bain de sang. Pourtant tout le monde s'attend des représailles meurtrière de la contrepartie.

Et que trouve la press a dire à ça ? On ne regarde que du côté du petit pasteur pour le traiter de fou, voir de pédophile. (Tiens comme le type de wikileak, ça devient un classique pour les gens qui dérange).

Vous croyez que ne pas voir et ne pas parler de ce qui vous effraie le fera disparaitre ? Vous croyez que salir un bouffon vous vaudra la clémence ? Vous croyez que larmoyer mille fois un mensonge en fera une vérité ?

C'est d'une lâcheté intellectuelle insondable, l'abdication absolue de l'intelligence. Essayez plutôt de regarder en face la peur qui étouffe votre pensée !

Écrit par : Eastwood | 13/09/2010

Je relève que depuis des décennies les protestants calvinistes et luthériens n'ont pas compris que leurs pires ennemis sont les évangélistes et tout spécialement ceux qui tiennent le haut du pavé aux USA, c’est-à-dire les pentecôtistes des évangélistes sionistes et néocons de la pire des espèces.
Aujourd’hui seulement on commence à se rendre compte de leurs méfaits sur le continent africain.

Écrit par : Hypolithe | 14/09/2010

Brûler le drapeau des états-unis d'amérique est une expression symbolique digne de protection. Brûler le coran ou la bible ou les oeuvres de Moon aussi.

Ceux qui ont brandi des mesures de rétorsions non symboliques (meurtres) dont seraient victimes de par le monde des chrétiens ont cherché à limiter la liberté d'expression par la terreur.

Ce sont des terroristes et ils ont triomphé.

Écrit par : CEDH | 14/09/2010

Si vous appelez "cinglé" quelqu'un qui menace de brûler des livres, comment allez-vous appeler quelqu'un qui tue une femme pour adultère? Deux poids deux mesures?

Écrit par : Johann | 15/09/2010

@ Eastwood, CEDH et Johann,
'
Tres bons commentaires.

Écrit par : chocolat | 20/09/2010

J'AI FAIT UN RÊVE

"J'ai fait un rêve" criait au monde Martin Luther King.

Moi aussi j'ai fait un rêve.

C'était un royaume, un beau et grand royaume avec une multitude de provinces.

Un royaume imaginaire, puisqu'il s'agissait d'un rêve... Comme dans tous les rêves y avait des étrangetés, des bizarreries, des aberrations.

Et même des horreurs.

Pourtant dans ce pays onirique les gens vivaient heureux, en paix, libres, étaient enviés par le monde entier. Même les pauvres -car il y avait quand même des pauvres dans ce pays de rêve- avaient tout en abondance... Du moins ils avaient en abondance tout ce dont ils n'avaient pas besoin. Et même tout ce qui leur était nuisible. Paradoxe (comme dans tout songe absurde) : dans ce monde incroyable les crève-la-faim étaient obèses.

Les habitants de cette vaste contrée chérissaient la liberté plus que tous. Mais, curieusement, en même temps ils étaient très bêtes. Ou pour être plus exact, il leur était interdit d'être intelligents sous peine de déshonneur public, toute critique étant assimilée à une trahison envers la nation.

Partout dans cet empire les citoyens avaient le droit d'ôter la vie à quiconque entrait sur leur propriété privée sans leur autorisation. Dans ce pays inquiétant les intrus étaient des ennemis à abattre. Et cela était considéré comme un avantage fondamental, quasi divin, donné au citoyen : le droit inaliénable de descendre son prochain. Mais il y avait plus saugrenu encore : dans certaines parties de ce royaume décidément délirant, pratiquer des jeux sexuels oraux étaient des crimes passibles de prison ferme.

Jusqu'à trente ans d'enfermement.

Attention, je ne parle pas de peine théorique mais de peine REELLE, effective, concrète. Les fautifs passaient VRAIMENT un tiers de leur existence entre quatre murs parce qu'ils avaient commis le "crime" cité plus haut ! On ne plaisantait vraiment pas avec ce que la loi appelait donc des "crimes sexuels". (Mais seulement dans certains endroits du royaume, pas dans d'autres. Cela dit partout ailleurs il était autorisé de tuer, c'était l'essentiel pour les habitants de ce pays.)

Etaient coupables tous adultes consentants et majeurs s'adonnant à cette pratique. Non seulement l'amant et sa maîtresse, le jeune homme et sa fiancée, mais aussi la femme et son époux.

J'ai bien dit : étaient coupables même la femme et son mari dans le cadre du mariage officiel, légal, religieux. Mais attention, ce n'était qu'un rêve...

Si la femme et son époux étaient surpris par un fonctionnaire de police en train de s'adonner en privé, bien à l'abri dans leur chambre à ce "crime sexuel", ils étaient arrêtés, fichés comme délinquants sexuels, jugés et emprisonnés. Leurs photos étaient même consultables par n'importe qui sur le site INTERNET de la police gouvernementale de ce drôle de royaume, avec la mention "délinquant sexuel".

Oui parce que dans mon rêve ces choses ne se passaient pas au Moyen-Âge mais au XXI ième siècle : on avait le droit de visiter les sites pornographiques les plus ignobles, les plus immoraux, les plus abjects, c'était permis, mais pas de jouer à touche-pipi avec son conjoint.

Bien entendu dans les faits peu de gens étaient surpris par la police dans leur intimité, par conséquent ce genre de sentences rendues par la justice était heureusement assez rares. Mais elles existaient, par exemple lors de perquisitions aux domiciles dans le cadre d'autres affaires certains couples malchanceux étaient surpris dans cette situation embarrassante et tombaient sous le coup de la loi. Ils pouvaient également être surpris en flagrant délit par des garde-chasse en forêt, alors la promenade en amoureux se terminait en taule. Dans mon rêve ces choses complètement folles arrivaient.

En plusieurs lieux de ce royaume donc, des gens croupissaient dans des geôles pendant dix, quinze, vingt, trente ans de leur vie pour s'être rendus coupables de... "sodomie".

Oui car la pratique de la fellation conjugale, qui était strictement interdite disais-je, ne s'appelait pas "fellation" dans le langage juridique de ce royaume de fous, mais "sodomie".

Ubuesque, n'est-ce pas ?

Ne me demandez pas de vous expliquer pourquoi cette pratique orale était légalement appelée "sodomie" dans les textes de lois, ce n'était qu'un rêve après tout... D'ailleurs, que le terme juridique fût "fellation" ou "sodomie", quelle différence pour les coupables ? Ils en prenaient pour des années dans tous les cas.

Si vous uriniez sur la voie publique parce que, soit étranger ignorant les lois idiotes de ce royaume d'abrutis, soit trop ivre ou bien simplement tenaillé par une envie pressante vous ne pouviez plus vous retenir, cela vous valait une inculpation pénale du même ordre que celle précédemment citée avec, bien entendu, la photo de votre tête dans le fichier public des délinquants sexuels, ce qui premièrement impliquait une interdiction à vie d'habiter dans un lieu fréquenté par des enfants dans un périmètre de 750 mètres, ce qui secondement vous obligeait à quitter votre ville d'origine pour habiter un lieu quasiment désert. Certains urineurs imprudents de cet empire construit, dirigé, administré par des aliénés habitaient sous un pont comme des clochards, seul endroit de leur ville éloigné de plus de 750 mètres d'une école, d'une crèche, d'un parc public...

Dans ce royaume de liberté si vous étiez né avec le nez épaté, la peau sombre et qu'en plus vous étiez pauvre, donc obèse (rappelez-vous ce que j'évoquais à ce sujet un peu plus haut) vous étiez nécessairement coupable. De temps en temps on avait même pendu ces genres de bestiaux sur la voie publique en trinquant au champagne entre gens distingués de la bonne société, tous blancs. Donc civilisés. Bref, il valait mieux être fortuné, blanc et armé pour être bien vu dans ce pays de gens obsédés par la gâchette.

Voulez-vous que je vous emmène jusqu'au bout de ce songe infiniment stupide, affolant et à tout à la fois comique ? Rassurez-vous, je vous épargnerai la litanie des délires d'un rêveur cherchant en vain à amuser la galerie.

Je cesse avec ce rêve. Et vous, cessez de rire ou de hausser les épaules face au texte grotesque que vous venez de lire car...

Car ce pays de dingues existe bel et bien.

Non ce n'est pas une blague. Tout ce que j'ai écrit est réel. Tragiquement vrai.

Et ce n'est qu'une infime partie de la sinistre réalité au quotidien sur ce territoire aux lois et moeurs démentes peuplé de pudibonds hypocrites, de brutes féroces, d'ânes incultes, d'assassins racistes, mais surtout de dangereux honnêtes gens porteurs d'armes.

Ce pays, la plupart d'entre vous l'admirent, rêvent de le visiter et même de s'y installer !

Vous avez, je crois, déjà deviné de quel paradis il s'agit. Faut-il la nommer cette terre de liberté si belle, si adulée, si effrayante ?

J'ai fait un rêve et parce que ce rêve est réel, c'est un cauchemar.

Et ce cauchemar est le pire qui soit puisque ce pays de Cocagne s'appelle...

Les Etats-Unis d'Amérique.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Écrit par : Raphaël Zacharie de IZARRA | 20/09/2010

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