15/08/2010

Une sacrée Trinité : Dieu, Mitterrand et Brantôme

MitterrandBrantome.jpg

Dieu existe, François Mitterrand l’a rencontré à Brantôme – l’un des plus somptueux villages de France en général et du Périgord Vert en particulier. Cette mention signée de la main de feu le président de la République l’atteste. Elle est tirée d’un Livre d’Or, celui du fort renommé restaurant brantômais Chabrol.  Mitterrand l’a griffée le 15 septembre 1938 à la suite d’un repas sans doute émouvant qui l’a incliné à rendre au Dispensateur des biens de ce monde – dont le foie gras façon Chabrol fait partie intégrante – l’hommage de ses papilles gustatives.


A cette époque, Mitterrand va fêter ses vingt-deux ans. Quelques mois auparavant, il a décroché trois diplômes universitaires : lettres, droit public et sciences politiques. Durant ses études à Paris, ce catholique charentais a été hébergé au foyer des Pères Maristes, rue de Vaugirard, et baignait dans un bain aussi apostolique que romain. Cela dit, dans cet hommage à Brantôme, il fait allusion « à la neuvième preuve de l’existence de Dieu ». Or, à notre humble connaissance, dans sa « Somme Théologique », le docteur de l’Eglise catholique Thomas d’Aquin (1224 ?-1274) fait allusion à cinq preuves. Où Mitterrand a-t-il pêché les trois autres ? Dans la Dronne qui borde Brantôme ? Dans un verre de Monbazillac qui lui a fait voir presque double ?


C’est un excellent journaliste et photographe périgordin, Arnaud Galy, qui a transmis au Plouc ce fac-similé. Et puisque l’on évoque ce confrère, relevons qu’il a publié chez Geste Editions un superbe ouvrage « 365 jours en Périgord ». A chaque journée, correspondent une photo et un court texte qui détaillent un aspect de cet Eden du Sud-Ouest français. Les incomparables paysages des Périgord Vert, Noir, Blanc et Pourpre se déploient ainsi tout au long de l’année. Rappelons que ces couleurs se rapportent à la caractéristique de chacune des grandes régions de cette ancienne province qui épouse aujourd’hui les contours du Département de la Dordogne. Le Vert symbolise les forêts du nord, le Noir, vers Sarlat, une variété sombre de chênes amis des truffes, le Pourpre, les vignes près de Bergerac et le Blanc, le centre dont le sol est calcaire.


Nous avons choisi deux photos tirées de l’ouvrage d’Arnaud Galy. La première illustre le village de Brantôme, cher à Mitterrand et la seconde,périGaly2.jpg celui de Saint-Jean-de-Côle.


PériGaly1.jpgLe Plouc écrit ses lignes de son refuge périgordin, devant l’épaisse forêt du domaine de Beaurecueil et au-dessus de la Nizonne dans laquelle plongent des ragondins joueurs. Si Brantôme est la neuvième preuve de l’existence de Dieu, le Périgord Vert est bien la huitième merveille du monde.


Jean-Noël Cuénod

18:22 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : dieu, mitterrand, brantôme, périgord, livre, photos | |  Facebook | | |

Commentaires

Sacré jean-Noël, tu nous mets l'eau à la bouche! A bientôt

Écrit par : JF Mabut | 15/08/2010

Bonjour Jean-Noël,

Peut-être envisageait-il déjà la neuvième république ?

Écrit par : Benoît Marquis | 15/08/2010

Bonsoir Jean-Noël Cuénod,

Ah, le domaine de Beaurecueil, aux portes du paradis, dont vous nous aviez déjà dit grand bien l'an dernier à pareille époque ... Il faut croire que sa réputation n'est pas surfaite puisque vous y êtes retourné cette année.

Bonnes vacances et profitez bien de ces plaisirs terrestres !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 15/08/2010

Moi qui débarque sur votre blog depuis juillet seulement, je comprends petit à petit pourquoi vous avez si bien compris la France dans le billet du 29 juillet. Vous êtes son intime. Profitez encore avec joie de la tranquillité et de la volupté de vos vacances. A bientôt.

Écrit par : Marie-Kalthoum | 18/08/2010

Parmi les terois autres, il y a bien sûr le mont Blanc. Percy Shelley ne s'exprimait pas autrement. Une des deux dernières est l'existence même de François Mitterrand, du moins dans son esprit.

Écrit par : RM | 21/08/2010

Les commentaires sont fermés.