22/05/2010

La Suisse reste un modèle. Mais lequel?

guillaumetell.jpgL’Etat-nation a la peau dure. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, on le croyait désintégré par le cauchemar hitlérien. Avec l’avènement de la globalisation de l’économie, on prophétise sa dissolution dans de plus grands ensembles. Or, en 1914, on comptait cinquante nations disposant d’un Etat, alors que ce nombre frise les deux cents actuellement.

 


Tel est l’un des constats que dresse un remarquable ouvrage du politologue français Gil Delannoi, intituléLa nation, dans la collection Idées reçues des Editions Le Cavalier Bleu. Ce chercheur brise l’une après l’autre ces «idées reçues» qui encombrent le concept de nation. Il en distingue trois dimensions: politique, culturelle, ethnique.

 


Pour la Suisse, c’est bien entendu la dimension politique qui prime. En ce sens, on doit parler de «nation suisse», alors même qu’il y a pluralité de cultures. En tant que Romands, nous participons pleinement à la culture française, ou plutôt à la «culture en français». Et, de Rousseau à Chessex – en passant par Benjamin Constant, Germaine de Staël, Blaise Cendrars, Jean Piaget, Denis de Rougemont, Jean Starobinski, Georges Haldas –, notre apport à la pensée «en français» est tout sauf mince.

 


Pourtant, si le FC Bâle rencontre l’Olympique lyonnais, ce n’est pas ce dernier qui recueil-lera nos encouragements.
L’appartenance à une même culture est, dans notre cas, un sentiment moins puissant que la sensation de vivre au sein d’une même communauté de destin. Les passerelles entre les Romands et la France sont multiples. Mais nous savons bien qu’avec nos compatriotes alémaniques, italophones et romanches, nous sommes embarqués sur le même bateau.  Cela dit, l’édifice helvétique reste fragile, comme toute construction humaine. Chaque génération doit se poser cette question: qu’est-ce qui nous relie, nous autres Suisses, si différents les uns des autres?

 


«La prospérité», diront certains. Mais, pour paraphraser Jules Romain, la prospérité est un état précaire qui ne présage rien de bon. Si la prospérité est un ciment rapide, il ne résiste pas au temps.

 


Ce qui nous relie est ce qui fonde notre originalité, à savoir des institutions politiques basées sur la démocratie semi-directe et l’équilibre des pouvoirs. Cette importance de l’organisation politique est telle qu’elle en devient un fait culturel, commun à tous les Suisses.

 


Mais pour que l’essence de ces institutions soit préservée, leurs formes doivent évoluer. Or notre mode de gouvernement n’a guère changé depuis la fin du XIXe   siècle. L’équipe gouvernementale de jadis s’est muée en attelage composite de sept individus tirant à hue et à dia. Quant à la démocratie référendaire, elle peut être détruite par ses propres excès en l’absence d’une Cour constitutionnelle, gardienne de la cohérence de nos principes fondamentaux.

 


Comparant la construction des Etats-Unis avec celle de l’Union européenne, Gil Delannoi remarque: «Compte tenu de la puissance de ses nations initiales, une évolution europé-enne de type suisse est plus crédible que le modèle américain. »
Pour l’Europe, la Suisse reste donc un modèle. Le pire danger serait de s’en satisfaire et d’entonner notre véritable hymne national: «Y en a point comme nous!»

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

La différence entre un pays et une nation. Un pays est un territoire aux frontières plus ou moins définies et affligé d'un Ministère des affaires étrangères. Un nation est un rassemblement de gens partageant essentiellement les mêmes intérêts et les mêmes idéaux et liés par un passé commun.
La Belgique est un pays. Est-ce une nation ?
Le Kurdistan est une nation équartelée sur 4 pays.
La PETITE Suisse a mis 550 ans pour acquérir sa forme actuelle. Et les Suisses entre eux ne se sont pas étripés durant des siècles. Il aura fallu au nouveau Conseil fédéral plus de 50 ans pour introduire le franc suisse définitivement dans le pays - de 1852 à 1907.
Et l'Europe de 500 millions d'habitants sur 6 millions de km2 voudrait s'unir en 50 ans et introduire une monnaie unique en 6 mois...

Écrit par : J.C. Simonin | 22/05/2010

Les Suisses entre eux ne sont pas loin de s'être autant étripés et/ou colonisés que la plupart des nations européennes entre elles.
Quant à l'établissement d'une monnaie, c'est la pertinence des institutions monétaires et financières sur lesquelles elle s'appuie qui compte, plus que le temps mis à l'imposer. Et grâce à la crise actuelle, les institutions financières et la coordination qui faisait défaut à l'Euro est en train de se mettre en place.
La comparaison sur la durée de la construction est absurde. La Suisse a été créée a trois et a commencé à fonctionner à trois, puis d'autres entités se sont greffées, ou ont été conquises (on l'oublie un peu trop souvent) ou perdues (c'est arrivé aussi) ou se sont éloignées (au XVème siècle la ligue alémanique qui a mis la pâtée aux vaudois, genevois, savoyards, gruyèriens, bas-valaisans et franc-comtois alliés sous la bannière de Bourgogne était composée de Bâle, Berne, Strasbourg, Zürich et Nancy - Fribourg et Hauts-valaisans, neutres, n'étant entré dans la danse qu'après la bataille...).
L'UE est à un stade "T" de son évolution, qui n'est pas terminée. Différence notable d'avec la Suisse, son extension se fait sans guerre ni conquête, mais par la volonté des peuples.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/05/2010

Billet très intéressant que n'aurait certainement pas renié Denis de Rougemont ...

" Chaque génération doit se poser cette question: qu’est-ce qui nous relie, nous autres Suisses, si différents les uns des autres? "

En effet, et Denis de Rougemont y répondait en écrivant (citation de mémoire) : " C'est l'union dans la diversité ..."

Dans sa "Lettre ouverte aux Européens", en évoquant l'État-nation, il écrit : "L'État-nation, un empire manqué ..."

Dans "La Suisse ou l'histoire d'un peuple heureux", de Rougemont traite le modèle institutionnel suisse et l'imagine en tant que modèle dont la construction européenne devrait s'inspirer.

On pourrait aussi citer Jacob Burckhardt, voire Gonzague de Reynold ("Formation de l'Europe"), qui se sont inspirés du modèle politique suisse en imaginant l'avenir politique européen.

Vous avez parfaitement de rappeler ceci :
" Quant à la démocratie référendaire, elle peut être détruite par ses propres excès en l’absence d’une Cour constitutionnelle, gardienne de la cohérence de nos principes fondamentaux. "
En effet, on le voit aujourd'hui avec le résultat de l'initiative sur l'interdiction des minarets, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé recevable formellement l'un des six recours déposés après le scrutin du 29 novembre (selon une dépêche de l'ATS datée du 20 mai dernier). Certes la Suisse n'est pas désavouée (pas encore ?), mais les initiants ont probablement marqué un magnifique auto-goal.
Ce qu'une Cour constitutionnelle aurait pu éviter sans faire de vagues, la CEDH
va probablement s'en charger en ouvrant une nouvelle brèche aux critiques internationales de notre modèle institutionnel, mal connu et souvent vilipendé.

Merci pour votre billet qui m'incitera à lire l'ouvrage de Gil Delannoi.

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/05/2010

Pourquoi ce laïus fier sur ce qu'apportent à la culture francophone les Romands, Jean-Noël? Soyez original: à l'occasion du 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France, parlez de ce qu'ont apporté les Savoyards à la francophonie: François de Sales, Vaugelas, Joseph et Xavier de Maistre, Henry Bordeaux, Valère Novarina, Jean-Vincent Verdonnet. Joseph de Maistre redevient très à la mode. Remarquez que sur le plan politique, ça ne prouve rien, puisque le royaume de Sardaigne, qui était multiethnique, s'est unifié sur ce plan en organisant le royaume italien, et en laissant la Savoie à la France. L'histoire évolue, mais elle ne va pas à hue et à dia, elle ne change pas la donne générale toutes les cinq minutes. Du reste, en rappelant ce que les Romands ont apporté à une littérature dont la langue a été créée à Paris, vous montrez encore une tendance à l'Etat-Nation, puisque la France assimile le peuple et l'Etat depuis la monarchie absolue, et que le français est langue nationale et langue d'Etat en même temps depuis bientôt un demi-millénaire. Les écrivains romands que vous citez sont presque tous très liés à Paris (c'est moins le cas d'Amiel, par exemple), et la littérature romande compte aussi des écrivains latins, comme Amédée de Lausanne... Comment ensuite militer pour une sorte d'Europe des régions sur le modèle de la Confédération helvétique, je ne sais pas. Vous me semblez en fait avoir des réflexes culturels très liés au centralisme français.

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/05/2010

Pour autant que je sache, la conquête du Pays de Vaud par les Bernois et les Fribourgeois a été plutôt une promenade militaire: la Savoie était en faillite à l'époque et les Bernois ont amené avec eux une solide administration et une justice crédible. Ils ne se sont jamais fait détester, comme les Anglais en Irlande par exemple.
En 1815, la Suisse était totalement épuisée, tant physiquement que moralement que politiquement. Logiquement, elle aurait dû disparaître, le Tessin aurait dû rejoidre la Lombardie etc... le fait que le pays aît survécu à une telle épreuve est une performance assez unique au monde.
Ce qui fait une nation, ce sont les idéaux librement partagés par ses habitants et non imposés par une caste ou une puissance extérieure. Et jusqu'à ce qu'un Anglais se sente solidaire d'un Roumain, ou un Tchèque d'un Maltais, il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts du Danube.

Écrit par : J.C. Simonin | 22/05/2010

Ce qui fait une nation, ce sont des intérêts communs, une solidarité, des institutions communes et égalitaires. Ce qui existe aujourd'hui en Europe, et n'a pas toujours existé en Suisse. Jusqu'à Napoléon, la Suisse n'était pas égalitaire. Certains cantons étaient dirigés par des aristocraties et dirigeaient d'autres cantons. Suffisamment intelligemment pour ne pas se faire trop détester, mais enfin il y a quand même eu le Major Davel...
Par ailleurs, parler de "promenade" au sujet de la Bataille de Morat et de ses 10 000 morts romands (à l'échelle de la Suisse de l'époque, presque un génocide), dont plusieurs milliers de prisonniers, égorgés dans les eaux du Lac... C'est un peu léger.
Mais si c'est votre vision de l'histoire et de l'objectivité, genre l'UE est le IVème Reich et la bataille de Morat fut une promenade, je comprends que l'on ne se comprenne pas...

Écrit par : Philippe Souaille | 22/05/2010

la Suisse de 2010 n'est pas égalitaire. Il suffit d'avor ä faire avec les autorités judiciaires n'importe où dans ce pays pour s'en rendre compte. Et tout compte fait, si l'on y réfléchi un peu, on doit se rendre comp¨te que l'égalité devant la Loi est un idéal irréalisable.
Je ne vois pas en quoi l'aristocratie d'argent à l'heure actuelle serait tellement différente de l'aristocratie de sang sous Louis XIV. La "Démocratie" européenne ou américaine est une vaste rigolade, avec par ex. 70 % des citoyennes et citoyens opposés à l'engagement en Afghanistan et le gouvernement qui s'en fout - sauf si cela devient un thème d'élection.
En Suisse ou ailleurs, il serait intéressant de savoir combien d'enfants d'ouvriers accèdent ä des postes réellement supérieurs. Les dirigeants sont dans leur écrasante majorité issus de la haute bourgeoisie ou même plus haut. Aux E.U.s, quelques familles se partagent le pouvoir et fondent des dynassties: Kennedy, Bush, Clinton. Le bon peuple jouit de précieuses libertés, comme de choisir la couleur de ses chaussures, ou si il veut faire le plein chez Texaco ou chez Shell.
Plus ça change et plus c'est la même chose...

Écrit par : J.C. Simonin | 22/05/2010

Les Bernois avaient certainement un régime clair et stable, appréciable pour les populations, mais le fait est qu'à partir du XXe siècle, on a vu apparaître des écrivains quelque peu nostalgiques du pays de Vaud médiéval, catholique et savoyard. Il y avait bien quelque chose de cela chez Ramuz, par exemple, ou chez le pasteur Paquier, ou encore Charles-Albert Cingria, ou Guy de Pourtalès, même. Même des Guhériens comme Marie-Alexandre Bovet ont exprimé de la nostalgie vis à vis de l'époque des comtes de Savoie et une sorte de défiance vis à vis de Fribourg. On peut dire: ils ont raison, ils ont tort, mais ça n'avance à rien, je pense, ce qu'il faut, c'est voir à quoi correspond ce sentiment, ce qui a été supprimé par le régime bernois et qui avait sa valeur propre, même si on estime que globalement, ce qui a été apporté valait le coup que soient suprimmées d'autres choses. Car ce qui a été supprimé et qui avait sa valeur, c'est peut-être aussi ce qu'il faut récupérer sans perdre ce qui a été apporté par Berne: c'est une voie de progrès effectif et concret.

Or, si on lit ces écrivains, on peut voir qu'il y a d'abord un regret de l'unité des populations lémaniques, sous un même régime. Ensuite, il y a le regret d'une certaine culture populaire vivante et non étouffée par les bourgeoisies, cette culture populaire qui avait ses dialectes, ses croyances, ses légendes, son univers propre. Enfin, notamment chez Paquier et Pourtalès, ou même Ramuz, on peut sentir le regret d'une religiosité moins sèche que celle qui a été imposée par les Bernois, une religiosité plus ardente, parlant plus au coeur, moins au cerveau.

Inutile de vivre dans la nostalgie, cependant. Il faut voir comment remédier à ces manques. Pour l'unité des populations lémaniques, il y a la région transfrontalière. Pour retrouver une vraie culture populaire, riche et de bon niveau, il y a la décentralisation des institutions culturelles et éducatives, et on ne peut pas dire que le Pays de Vaud n'ait pas oeuvré dans ce sens, quoique Genève reste à mon avis davantage liée à la culture française traditionnelle: en tout cas, le système suisse global peut bien, ici, être pris pour modèle, notamment par la France. Pour retrouver une religiosité pleine d'ardeur, je pense que bien sûr qu'il faut développer la liberté individuelle dans le sens que Rousseau énonce dans la "Profession de foi du Vicaire savoyard", où il estime que l'individu face à la nature sent la divine présence même en dehors d'une structure religieuse. C'est la laïcité politique sans implication philosophique: la bonne, qu'on ne pratique finalement pas beaucoup, soit qu'on ne pratique pas beaucoup la laïcité en général, soit qu'on l'assimile facilement, dans les faits, à du matérialisme d'Etat.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/05/2010

Très intéressant, Rémi. Vraiment.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/05/2010

Eh bien merci, Philippe.

Écrit par : RM | 23/05/2010

C'est un fait que les Suisses ont eu leurs disputes et même leurs guerres civiles, mais l'élément unificateur a en tous temps été plus fort que l'élément de discorde. c'est lä, ä mon sens, le signe distinctif que la Suisse est une nation destinée ä durer éternellement.
En 1653, le Gouvernement bernois a levé des troupes VAUDOISES pour aller réprimer des troubles des guerres de paysan dans l'Emmental. C'est un peu comme si le gouvernement israélien demandait l'aide de la police palestinienne pour subjuger des colons juifs en Galilée... Les baillifs bernois étaient vers la fin du régime des aristocrates bons à rien, mais ils étaient aussi feignants à Berthoud ou à Sumiswald qu'à Yverdon ou à Vevey.
Si l'on compare l'histoire du Pays de Vaud ou du Tessin avec l'histoire de l'Alsace, il est parfaitement clair que la mentalité des occupants suisses était totalement différente.
Le Canton de Berne a également occupé le Chablais savoyard jusqu'en 1798, suaf erreur, et les Savoyards auraient eu l'occasion de se rattacher à la Suisse
sous Napoléon III. Il serait intéressanr d'obtenir plus de détails sur ce vote.

Écrit par : J.C. Simonin | 23/05/2010

"Certes la Suisse n'est pas désavouée (pas encore ?), mais les initiants ont probablement marqué un magnifique auto-goal."
Je vous trouve politiquement bien naïf, Jean d'Hotaux. La droite suisse et européenne veut faire la démonstration que le pouvoir juridique est complétement coupé des aspirations populaires et vous vous en réjouissez benoîtement. Cette initiative n'est advenue que parce qu'aux oppositions basées sur le droit des constructions, les petits juges ont opposé le droit à la religion, comme si le droit de nuire à ses concitoyens par des hurlements à la prière cinq fois par jour allait passer sans autre en pays originellement chrétien. Merci de ne pas vous déshonorer en me répondant qu'un minaret sert à autre chose qu'à appeler à la prière...
Petits juges qui refusent qu'on les prive de leur droit de relâcher quand ils veulent les pires criminels. Cela ne les rend pas plus populaires pour autant, que je sache...

Écrit par : Géo | 23/05/2010

Question stupide: A qoui ça sert, un minaret ou un clocher ?

Écrit par : J.C. Simonin | 23/05/2010

@ Géo :

" Je vous trouve politiquement bien naïf, Jean d'Hotaux. "

Est-ce politiquement naïf que d'affirmer que l'initiative anti-minarets était stupide et inappropriée ?

Est-ce politiquement naïf que d'avoir une vision d'avenir, une ambition pour mon pays, un panorama qui embrasserait un paysage qui porterait disons ... au-delà des minarets ?

L'adoption de cette initiative par le peuple a affaibli la politique étrangère de la Suisse, non seulement dans ses rapports avec les pays musulmans, mais avec l'ensemble des démocraties occidentales.

Cette initiative était une mauvaise réponse à un vrai problème, celui des méfaits du fondamentalisme musulman et des ravages qu'il cause dans les démocraties occidentales dont il use et abuse en utilisant tous les recours juridiques pour contribuer à en bloquer le fonctionnement démocratique.

Ce n'est pas en marginalisant, voire en stigmatisant l'ensemble des musulmans que l'on combattra les abus. On aura seulement réussi à faire de l'ensemble de cette communauté une victime, cause que les fondamentalistes se sont d'ailleurs empressés de récupérer. Pas besoin d'aller bien loin, suivez mon regard vers certains blogs hébergés par ce site ...

Pour combattre les abus et les coups de canifs portés contre la laïcité de notre société, il faut avoir une position forte. Or l'adoption de cette initiative l'affaiblit !

Le fait d'avoir voté contre cette initiative ne fait pas de moi un naïf, ni un "chaud partisan d'une pollution architecturale" de nos cités, mais je pense que l'arsenal législatif actuel suffirait à combattre les excès. Encore faut-il l'appliquer !

Et maintenant que va-t-il advenir de ces recours en suspens devant la CEDH, si d'aventure la Suisse devait être désavouée ? Pensez-vous sérieusement que la Suisse maintiendrait cette interdiction envers et contre tous et qu'elle se retirerait du Conseil de l'Europe ? Certainement pas, c'est pourquoi j'ai parlé de "magnifique auto-goal" !

Par conséquent et dans l'intérêt-même de la démocratie telle que nous la pratiquons en Suisse, il faut absolument éviter de lancer, et de soumettre au peuple, des initiatives qui vont à l'encontre de droits fondamentaux auxquels la Suisse adhère. La meilleure des solutions pour empêcher les excès de démocratie directe serait l'instauration d'une Cour constitutionnelle qui serait chargée d'étudier la compatibilité de toute initiative populaire ou parlementaire avec les droits fondamentaux ratifiés par la Suisse. Cette Cour constitutionnelle devrait travailler en amont, c'est-à-dire avant-même la récolte des signatures, ceci afin d'éviter tout gaspillage de moyens.
Sur ce point-là, je suis tout à fait d'accord avec Jean-Noël Cuénod.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/05/2010

@ Jean d'Hôtaux,
Une Cour constitutionnelle serait effectivement bien venue pour contrer les dérives et les abus de la démocratie. Pour le reste de vos 2 interventions je suis d'accord avec vous sauf que parmi les références que vous citez, Gonzague de Reynold n'est pas la meilleure...

@ J.C. Simonin,
Au de là du décorum et de la contradiction, l'un sert à réveiller les gens et l'autre à se coucher !
Vous ai-je bien répondu ?

Écrit par : Rollmops | 23/05/2010

Jean d'Hôtaux

Pas besoin d'aller bien loin, suivez mon regard vers certains blogs hébergés par ce site ...

Il faut aller jusqu'au bout et les nommer, et n'oubliez pas de citer aussi ceux qui les poussent à agir au lieu de se taire : tel les blogs très respectés par vous par exemple celui de ALDEEB et consors qui publient tous les jours des billets haineux contre les musulmans. Mais bien sûr, cela ne sont pas propagandistes, ils sont des vôtres!

Je trouve qu'il y a un nombre incroyables de "tordus" et d'injustes sur cette plateforme! Ce n'est pas avec des gens comme vous que l'équité sera à l'honneur!

Écrit par : Zakia | 23/05/2010

Vous n'êtes décidément pas très doué en histoire, M. Simonin. Berne a rendu la Savoie en 1601 déjà, laissant à cette occasion le Pays de Gex à la France. 1798, c'est la création du Département du Léman, capitale Genève, mais la Savoie était française depuis 1792 déjà.
L'histoire de la Savoie, historiquement tampon entre la France et l'Italie, bascule au XIXème lorsque la famille de Savoie, alliée à toutes les familles régnantes européennes depuis des siècles, échouant à monter sur le trône de France, comme elle tenta de le faire à la mort d'Henry III, s'aperçoit d'une ouverture possible en Italie, et cède alors la Savoie à Napoléon III en échange de son appui militaire dans l'affaire italienne.
Effectivement, le nord de la Haute-Savoie milite alors activement pour être rattaché à la Suisse, comme la question s'était d'ailleurs posée déjà en 1815. Londres approuve, mais Berne et Genève sont partagées, au sortir de la guerre du Sonderbund, par la perspective d'un afflux de catholiques et de campagnards pas très riches... Evian n'est pas encore la mine d'or qu'elle est devenue.
Napoléon III est plus rapide et toute la Savoie devient française en 1860...
Mais rien absolutment rien, dans cette histoire ne vient infirmer le fait que les liens culturels et historiques sont étroits, à commencer par la langue, les pratiques juridiques et les coutumes rurales, entre les Romands et la Savoie... Et d'autre part, que l'agrégation de territoires a plus de chance de réussir si elle se déroule pacifiquement et que l'administration qui en résulte est harmonieuse.
Hors l'intégration européenne se déroule pacifiquement, c'est indéniable. La question de la qualité de l'administration est plus discutée, mais si l'on tient compte des difficultés et des disparités énormes entre régions d'Europe, auxquelles s'ajoutent les crises mondiales, force est de reconnaître que l'UE ne s'en sort pas si mal... Quoiqu'en disent les eurosceptiques.
Maintenant, à mon avis, si la Suisse n'est pas encore dans l'UE, cela tient à deux raisons, qui n'ont pas grand chose à voir avec la démocratie.
1) la crainte et la détestation qu'éprouvent les alémaniques à l'égard des Allemands. Les Alémaniques sont majoritaires en Suisse, maîtres chez eux, et ils ne se voyaient pas devenir minoritaires d'une pangermanie dominée par Berlin. Sans comprendre que l'UE n'est pas cela. Alors que les Romands ont toujours été plus favorables, parce que l'entrée dans l'Europe, a bien des égards, leur permettrait de rééquilibrer le rapport de force à l'égard des alémaniques.
2) la crainte que le secret bancaire pâtisse de l'entrée dans l'UE. Comme le-dit secret parait bel et bien condamné é terme, sauf retournement de tendance assez innatendu, en dépit du baroud d'honneur anachronique de certains, cet obstacle n'en sera bientôt plus un. Au contraire l'entrée dans l'UE risque fort de devenir un incontournable pour la place financière dans les mois et les années à venir, si l'on veut lui conserver ses parts de marché...
Reste l'argument de la démocratie directe, qui parait bel et bien devoir être compatible avec l'entrée dans l'UE, selon l'avis de plusieurs juristes, tant européens que suisses.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/05/2010

La dernière crise financière a démontré ce que toute persone un tant soit peu informée savait déjà, à savoir que le système bancaire suisse est totalement surdimensionné et doit être réduit et fracturé, si la Suisse dans son ensemble ne veut pas subir le sort de l'Islande. Lorsque l'on observe le secret bancaire et à quoi il sert, autant l'abandonner...
Il est exact qu'il existe une aversion depuis la 2. Guerre Mondiale entre les Alémaniques et le Grand Canton, mais ce n'est, et de loin, pas déterminant dans leur rejet de l'Europe. Zurich héberge une formidable colonie allemande et la question se pose de savoir ce qui les pousse à émigrer de la sorte ((même question à Genève avec les Français...). Si l'Europe est un tel paradis, les gens n'ont pas la moindere raison de la quitter en tel nombre...
Il est donc clair que le système suisse fonctionne beaucoup mieux que le système européen, moins de chômage, moins de taxes, pas de banlieues à problèmes, etc... Pourquoi devrions-nous nous embringuer avec un système de qualité inférieur ?
Après la 1. Guerre Mondiale, le Vorarlberg a voté pour devenir suisse.
Les Suisses n'en on pas voulu. les gens du Vorarlberg sont des Susses qui s'efforcent d'être des Autrichiens. Le Vorarlberg est de loin le Land le plus prospère d'Autriche.
Ce n'est donc pas aux Suisses de s'abaisser au niveau politique et matériel de l'Europe, mais à l'Europe de s'élever au niveau suisse. après, on discutera.

Écrit par : J.C. Simonin | 24/05/2010

En fait, Philippe, la date de 1601 est tout à fait indépendante de la restitution du Chablais à la Savoie par Berne, laquelle s'est produite en 1558, quand même 43 ans avant... Ce n'était d'ailleurs pas le même duc, puisqu'en 1601, il s'agissait de Charles-Emmanuel Ier, et en 1558, d'Emmanuel-Philibert. Il est tentant de concentrer tous les faits sur les mêmes dates, donnant du sens aux choses, mais évidemment dans les faits, le sens n'apparaît qu'au-delà des dates précises, et non à l'intérieur. Sinon, Berne a levé une armée en pays vaudois comme la France a créé les tirailleurs sénégalais, je pense. L'argument n'est pas très probant: la conscription a toujours été obligatoire.

Le Chablais, il faut le noter, avait été converti au protestantisme par Berne, et, vers 1598, reconverti au catholicisme par François de Sales à l'instigation de Charles-Emmanuel Ier, non par piété, en ce qui concerne ce dernier, mais parce que ses sujets protestants lui obéissaient mal. Fait qui fait encore bondir Etienne Dumont, mais c'est un peu comique, je pense.

Sinon, la République française a proposé, en 1792, aux Savoyards de former une république ayant Genève pour capitale et les Savoyards ont refusé. En 1860, des Savoyards du Chablais et du Faucigny ont voulu que leur territoire rejoigne la Confédération, mais le choix ne leur en a pas été laissé, et d'autres Savoyards des mêmes provinces, et presque tous les Savoyards des autres provinces, s'opposaient à la partition de la Savoie, que certains ont regardée comme équivalente au partage de la Pologne: ce sont les mots qu'ils ont employés. Il faut à mon avis éviter les illusions, même si le territoire qui dépend économiquement de Genève est certainement, aujourd'hui, tourné vers Genève; mais je ne pense pas que cela soit lié à la Savoie en tant que telle. Les Savoyards patriotes du XIXe siècle regardaient eux aussi avec nostalgie l'époque glorieuse où Berne même était sous protectorat savoyard, et où, par conséquent, les deux rives du Léman étaient dirigées par les mêmes princes. Mais ils étaient encore trop attachés, majoritairement, à la dynastie de Savoie et à la tradition savoyarde et catholique pour penser résoudre le problème de la partition créée par Genève et Berne en rejoignant Genève et Berne. Peut-être qu'aujourd'hui, au moins pour la partie septentrionale, c'est différent: je ne sais pas. Mais il ne faut pas, historiquement, sous-estimer le sentiment patriotique savoyard, l'attachement au Roi (de Sardaigne) et à l'Eglise.

Cela ne doit pas non plus faure nier, bien sûr, le sentiment favorable à la Suisse qui a toujours existé notamment dans le Faucigny, où le modèle politique suisse a eu beaucoup d'adeptes, et a donné lieu à des révoltes contre le Prince dès le XVe siècle. Mais le Faucigny n'est pas la Savoie prise dans son ensemble: rattaché à la Savoie en 1355 malgré lui, il est resté spécifique. La confusion vient de ce qu'on prend fréquemment des parties de la Savoie pour sa totalité: on ne distingue pas. Elle n'est évidemment pas tout d'une pièce: il faut regarder les choses de l'intérieur, si on veut en avoir une vision juste.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/05/2010

Dont acte, Rémi, ma première phrase est un horrible résumé d'un demi-siècle d'histoire tumultueuse, entre Genève, Berne, la Savoie, Henry IV et le Roi d'Espagne, impardonnable en dehors du fait que sans doute mal réveillé de grand matin un jour férié...
Pour moi le fait d'être Suisse ou Autrichien, ou Français ou Savoyard est une construction intellectuelle, datée en gros du Traité de Westphalie, il y a 3 siècles et demi. Dans une Europe unie, rassemblant des régions autonomes, comme la Confédération rassemble des cantons, cela n'a plus qu'un sens très relatif.
Quant à la prospérité de la Suisse, supérieure à celle de ses voisins, elle est aussi indéniable que le fait qu'elle soit du pour sa plus grande part au secret bancaire et aux sommes phénoménales d'argent étranger qu'il a permis d'engranger dans les coffres, ainsi qu'à la neutralité passée.
Pour différentes raisons, ce secret n'est plus d'actualité. Le savoir faire de la place financière va permettre de sauver une partie de cette prospérité, mais pas tout, c'est évident. Un autre élément fondamental de la paix du travail et de la stabilité helvétique était le faible écart de revenus (en comparaison internationale) entre les plus riches et les plus pauvres. Cela aussi appartient au passé, depuis une vingtaine d'années, ces écarts tendent à s'aligner sur ceux qu'on trouve dans le reste du monde.
Tout ceci fait, à mon avis, que si le différentiel de niveau de vie reste favorable à la Suisse (voire même se renforce ces derniers temps), ce n'est qu'un chant du cygne et qu'à moyen terme, la Suisse rentrera dans le rang.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/05/2010

@ Rollmops :

" ... sauf que parmi les références que vous citez, Gonzague de Reynold n'est pas la meilleure... "

Gonzague de Reynold fut un nostalgique de l'Ancien Régime, un homme certes un peu anachronique et aujourd'hui politiquement très contesté. On ne saurait toutefois nier sa très grande culture, son immense connaissance de l'histoire et son apport culturel à la Suisse. C'est à ce titre que j'y ai fait référence, pas en tant que référence politique.
Gonzague de Reynold a fait récemment l'objet d'un article politiquement très critique et sans nuances à son sujet dans l'Hebdo. Malheureusement l'article en question n'a pas du tout évoqué son oeuvre.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/05/2010

A lire des souillaries d'un tel accabit,

on en reste à se demander,
nous les suisses d'origine,
pourquoi devons nous toujours & encore rappeler à tous ces français & autres étrangers établis en Suisse,

qu'à l'origine de leur immigration - aux motifs de fric & autres conforts,

ils ont été accueilli dans un pays où ils ont trouvé confort & max pognon,
par des gens qui l'avait fondé,
par des gens qui y avaient travaillé
et payé x impôts,

ce confort qui les a attiré.

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

@ RM

"Inutile de vivre dans la nostalgie, cependant. Il faut voir comment remédier à ces manques. Pour l'unité des populations lémaniques, il y a la région transfrontalière. "


Rémi,

Dans, ou de quel monde vivez-vous?

Vous lire, c'est la nausée, tant vous êtes à côté de la plaque, votre monde impliquant tant d'injustices et autres douleurs

et tant il reste de réels points à résoudre,
pour lesquels ceux qui sont debout dans leurs bottes
continuent d'y rester. & à quel prix.

Mais rassurez-nous monsieur Rémy, dans vos démarches,
peut-être qu'en fait, le devenir de la Suisse n'est pas ce qui vous importe ?

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

@ Zakia :

" Il faut aller jusqu'au bout et les nommer ..."

Merci de nous préciser votre positionnement au sein de l'oumma, pour moi qui n'avais pas d'emblée pensé à vous.

" Je trouve qu'il y a un nombre incroyables de "tordus" et d'injustes sur cette plateforme! "

La voilà, une fois de plus, cette victimisation à laquelle je faisais allusion plus haut ...

Les débats sur les blogs impliquent que l'on se soumette à la critique et que l'on accepte une certaine remise en question. Ce sont ces débats qui nous permettent d'avancer vers une meilleure compréhension réciproque, à défaut de converger. Or tel ne semble pas être votre vision des choses.

Si vous n'acceptez pas la critique, qui donc vous empêcherait de rejoindre des sites plus hémiplégiques de la pensée qui sauront recueillir votre totale adhésion ?

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/05/2010

@ Jean d'Hôtaux,

Je pense que l'on peut tout à fait comparer Gonzague de Reynold à Georges-André Chevallaz. Ils ont tous les deux les mêmes points communs : l'occultation de pans entiers de l'histoire suisse et la cuistrerie !
Jack Rollan a fait mieux.

Oups ! voilà autre chose maintenant : Zakia vient d'intervenir avec ses intrusions toujours hors sujet. Soyont courageux... fuyons !

Écrit par : Rollmops | 24/05/2010

Personnellement, je pense que même un pays beau et noble comme la Suisse ne peut pas rester en dehors de la mondialisation. Le devenir de tous les humains m'importe, y compris ceux qui ont la nationalité suisse. Considérant que la mondialisation est comme un vent impossible à contrer, ne considérant pas du tout comme Bourdieu qu'elle est fomentée par des Etats rapaces, je crois que ses dégâts seront limités non si on essaye de l'empêcher, mais si on tisse en son sein des structures nouvelles, appropriées à ce qu'elle crée. De fait, l'homme ne crée pas le monde végétal, par exemple, mais il tisse en son sein le réseau des champs cultivés. Pour moi, c'est pareil.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/05/2010

@ Rollmops :

" Je pense que l'on peut tout à fait comparer Gonzague de Reynold à Georges-André Chevallaz. Ils ont tous les deux les mêmes points communs : l'occultation de pans entiers de l'histoire suisse et la cuistrerie !
Jack Rollan a fait mieux. "

Georges-André Chevallaz n'avait pas l'envergure d'un Gonzague de Reynold, mais il est vrai qu'ils avaient tous les deux "une certaine idée d'eux-mêmes".

Quant à Jack Rollan, c'est vrai qu'il nous manque, mais qui s'en souvient encore aujourd'hui ?

Vous avez raison, courage fuyons ... Le rosé est au frais, alors courons allumer le barbecue et profitons de cette belle journée !

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/05/2010

@ Jean d'Hôtaux,

C'est bon... j'arrive !

Écrit par : Rollmops | 24/05/2010

Jean d'hotaux@ " Pensez-vous sérieusement que la Suisse maintiendrait cette interdiction envers et contre tous et qu'elle se retirerait du Conseil de l'Europe ?"
Et dans ce cas, pour qui serait l'autogoal ? Quand la droite dure dénonce la malfaisance de l'intrusion de juges étrangers, le gouvernement lui offre la démonstration sur un plateau.
Et vous oubliez que ce débat est européen. les soit-disants droits de l'homme sont devenus depuis belle lurette droit des criminels, des voyous et des extrémistes de tous bords, en particulier celui des Musulmans d'envahir et de coloniser ce continent. Tous les peuples européens le voient et commencent à réagir. Bon courage au CF qui suivrait les directives des petits fonctionnaires non élus de la CEDH. Parce que cela va méchammmnent brûler leurs fesses...

Écrit par : Géo | 24/05/2010

@plouc chez les bobos

ce week-end est supposé être un moment de joie de vie - il fait beau, les jours se rallongent.


Plouc, vous vivez en France. Que bien y vivent vos enfants.
Pour ce qui est des suisses - d'origine - qui comme moi en zone frontalières sont obligés de

- subir depuis des décades tous ces ostracismes & autres agressions antisuississes de mise et de bon ton en France et en Hte Savoie, dans l'Ain & à Genève,

- subir X licenciements à sec sans justification même après 55ans, suivis de sous-emplois & autres conditions d'emplois temporaires (illégal en France, par ex) pour être remplacé par des français pas chers parce que sans qualification,

- devoir vivre l'impossibilité d'accès à l'emploi, le refus d'accès à l'emploi et l'ostracisme anti-suisse, face à la concurrence UE, frontalière et non UE qui fournit le marché,
sans protection des demandeurs d'emploi suisses qualifiés,

tout en étant soumis à la précarité de l'emploi, avec 2 jours pour être licencié dans les 3 mois d'emploi,
puis à 1 semaine de délai dans les 5-6 mois,
le tout payé à un salaire plus bas que celui des années 1993 et
sans paiement de 2me pilier.


Que nos collègues suisses d'origine, séniors qualifiés, diplômés, expérimentés, ex cadres de toutes ces multis de GE,

licenciés pour cause d'âge
acceptent de dire comment ils survivent, quels jobs leurs sont proposés aujourd'hui.

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

@Plouc chez les bobos

A propos:
notez qu'on vous fait grâce, nous ces quelques suisses d'origine ou basiques,

en faisant l'impasse de votre pauvre retour historique
dont de toute évidence
vous ne savez/comprenez rien

signé: suisses d'origine d'avant le Xs dont les armes sont 1 ours debout avec griffes dehors.
Tja.
ABE

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

@Plouc chez les bobos

Comment dire: La Suisse n'est pas un modèle pour tous ces albanais, ces kosovars, ces musulmans & autres roumains en quête de subsides

La Suisse n'est pas non plus un modèle pour tous ces français, en quête d'un job, qui l'acquièrent, tout en remplaçant, bien que sans qualif ou diplôme, et encore moins expérience internationale, un suisse licencié pour leur laisser la place dans le décompte admin de leur boss, et ce, tout en restant cotisants ANPE

- sachant qu'un statut de moralité n'est jamais nécessaire au bon fonctionnement de tout nouveau employé frontalier, pas plus qu'au cadre recruteur leur faisant signer un contrat

ainsi va la vie frontalière CH-France


Ceci étant dit, depuis les décades que nous le vivons,


cette situation, que nous devons subir, est à vomir.


Subir plus de 40% d'étrangers est dur.

Plus dur est : LBA etc. l'acquisition de terrains le long du lac par de riches ex.UDSSR, les élus genevois prêts à donner leur aval pour.
le lac de Genève n'étant plus accessible par le piéton genevois, parceque
un jeune riche héritier (non soumis à la LBA) finissant par obtenir la nationalité suisse, s'offre un bout de terrain.

La Plage, etc.

Mais là, vous n'y êtes plus, hein?

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

alors qu'on en est encore à se demander

pourquoi devons-nous payer une telle double imposition,
ce qui est le cas depuis x années

tandis que quelques portugais ont obtenu du TF de se faire rembourser leurs quelques frais de déplacement

sachant que ce n'est certainement pas au titre de nos cotisations auprès du GTE que les infos viendront...

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

@ Simonin,

La prospérité suisse doit beaucoup à son principal client, qu'est l'Union européenne qui absorbe 70% des exportations de l'industrie helvétique. La Suisse est déjà économiquement bien imbriquée dans l'Europe. Devenir membre ou non ne change rien pour notre économie. Avec les accords bilatéraux et Schengen; la Suisse est quand d'une façon membre de l'union européenne, mais sans siège à Bruxelles. Ce qui devient un peu ridicule.

D.J

Écrit par : D.J | 24/05/2010

Où il s'agit de la déclaration d'impôts française,
bien sûr.

soit, double imposition pour les imposés à la source.

ce qui veut dire? tiens-donc, à votre avis!?

merguez ou cervelas - faut payer pour les deux, donc.

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

@D.J.

Si le chiffre payé par la CH à l'UE étai connu de chaque contribuable, cela ferait quelque différence

Ce n'est pas parce que la Grande Bretagne n'est pas dans la zone Euro
ce n'est pas parce que la CH n'est pas membre de l'UE

que chacun de ces pays ne paye ou ne contribue et ne porte à bout de bras des pays tels la Roumanie

par ex.

être ou ne pas être dans l'UE ne signifie rien,

dès lors que des pays lourdement contributeurs comme la CH participent au développement de pays tels la ROUMANIE, la LETTONIE etc etc etc


ABE

Écrit par : na...ya | 24/05/2010

Jean d'Hôtaux

Ce n'est pas la critique qui est en question mais le fait de tourner autour du pot et de ne pas dire les choses franchement! La langue de bois et les sous-entendus ...très peu pour moi!

J'accepte les critiques constructives émanant de personnes très courtoises et qui ne toisent pas les autres de haut de leur personne remplie de préjugés!

Bonne soirée

Écrit par : zakia | 24/05/2010

Rémi, vous me mettez en joie ! Quelle admirable fin de week-end que de lire ces quelques lignes résumant fort à propos et néanmoins de champêtre manière ce qu'il convient de faire pour organiser ce monde au mieux de nos intérêts à tous. J'ai l'immodestie de penser que je ne prêche pas dans le désert. Merci

Écrit par : Philippe Souaille | 24/05/2010

@ Géo :

La Suisse préside actuellement le Conseil de l'Europe dont dépend la CEDH et elle est très active dans cette organisation. La CEDH regroupe tous les pays d'Europe, à une exception près : la Biélorussie qui ne remplit pas les conditions requises à son adhésion. Les pays membres sont les 27 pays de l'UE, les pays de l'AELE, tous les pays de Balkans, l'Ukraine, la Russie, la Turquie ainsi que les pays du Caucase, ce qui représente 800 millions de personnes environ.

Etre membre de la CEDH confère à chaque pays membre une honorabilité et la garantie que ces pays appliquent les droits fondamentaux énoncés par la Commission des Droits de l'Homme.

La Suisse s'est récemment battue avec succès pour la réorganisation de la CEDH, dans le but d'accélérer les procédures et de désengorger la Cour.

Cette juridiction (la CEDH) rend des arrêts à l'encontre de TOUS les pays membres et si d'aventure la Suisse devait être condamnée suite à l'interdiction de construction de nouveaux minarets, cela ne constituerait pas en soi une catastrophe. Ce ne serait ni la première fois qu'elle serait condamnée, ni surtout la seule à l'être par cette juridiction. Plus grave en revanche serait que la Suisse ne tienne pas compte d'un tel arrêt. Elle serait alors désavouée et perdrait toute crédibilité sur le plan des droits fondamentaux.

Or la Suisse qui est actuellement très isolée sur la plan international, ne peut se permettre de s'isoler d'avantage encore ...

C'est pourquoi je pense que la Suisse pourrait à l'avenir s'éviter de tels couacs, si elle se dotait d'une Cour constitutionnelle.

La Convention européenne des droits de l'homme garantit notamment :

- la liberté de pensée, de conscience et de religion,
ainsi que
- la liberté d'expression

Ainsi pour rebondir sur votre remarque à propos des musulmans, la CEDH défend leurs droits fondamentaux (la liberté de pensée, de conscience et de religion et leur liberté d'expression) dans les pays dépendant de sa juridiction, nonobstant le fait que ces mêmes droits ne sont pas accordés aux non-musulmans dans la plupart des pays musulmans non laïques, ceux-ci étant placés hors de la juridiction de la CEDH.

C'est pourquoi je m'insurge contre les fondamentalistes qui usent et abusent de notre arsenal juridique pour tenter d'imposer certaines de leurs thèses incompatibles avec l'État de droit, la laïcité, ainsi qu'avec les droits fondamentaux énoncés plus haut.

Il faut donc se battre, mais ne pas se tromper de cible. Il faut combattre l'obscurantisme et l'intolérance.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/05/2010

Une chose est sure: alors que l'Europe et le monde entier ne sont pas encore sortis de l'auberge, la Suisse, elle, prospère. Oui, la Suisse est un modèle de bonne gestion, de capacité de prévision, et de havre où la corruption n'a pas gangréné toute la société. Fière d'être Suissesse!!

Écrit par : cinema lausanne | 01/02/2011

Or la Suisse qui est actuellement très isolée sur la plan international, ne peut se permettre de s'isoler d'avantage encore ...

Écrit par : فساتين | 23/02/2011

D'excellents articles. J'ai adoré l'histoire

Écrit par : caroline | 02/03/2011

Merci pour l'article intéressant. J'ai beaucoup aimé.

Écrit par : muay thai training | 11/12/2011

Super article, instructif et bien écrit, merci!

Écrit par : order cigarettes | 04/01/2012

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