29/04/2010

Le voile islamique, masque de l'impuissance politique

Il n’y a donc pas sujet d’actualité plus brûlant que l’interdiction sur la voie publique du voile islamique en version intégrale et intégriste.
La Belgique assiste à l’implosion de son Etat. Mais ses parlementaires viennent d'interdire la burqa à leur ordre du jour.
La dette publique italienne atteindra sans doute 112% du produit intérieur brut (PIB) en 2010. Et la Ligue du Nord concocte un projet de loi antivoile islamique assorti de lourdes peines. Sans parler de la Suisse et de sa «minaretophobie».
En France aussi, les difficultés ne manquent pas. Les paysans crient leur angoisse. Le chômage reste élevé. Le médiateur de la République lui-même, Jean-Paul Delevoye, dénonce la «fatigue psychique» des Français assaillis par le stress et la peur du lendemain. Toutefois, ces thèmes paraissent bien secondaires devant l’ampleur de ce débat sans fin sur l’interdiction du voile intégral.

 

Nous avons eu droit à divers épisodes depuis juin 2009, lorsqu’à l’initiative du député communiste André Gerin, l’Assemblée nationale a mis le voile sur le tapis, au plus vif plaisir du gouvernement, trop heureux de disposer ainsi d’un moyen de faire diversion. Les «idiots utiles» de Lénine aurait-il changé de camp?

 

Le dernier chapitre met aux prises le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux à un sous-sultan de la banlieue nantaise, qui disposerait d’un harem voilé — et socialement assisté — en son logis. Et voilà le moulin à sornettes qui repart de plus belle.
Il aurait été possible de régler rapidement cette affaire textile, en interdisant de cacher son visage sur la voie publique pour des raisons de sécurité. L’attaque en février dernier de la poste d’Athis-Mons (près de Paris) par deux malfrats dissimulés sous des burqas aurait pu servir d’illustration.

 

Mais le président Sarkozy et le chef de sa majorité Jean-François Copé ont choisi la voie compliquée, celle d’une interdiction générale du voile intégral en tant que tel. Il s’ensuit des avis juridiques, politiques, théologiques divers et contradictoires qui alimentent la pompe à bruits médiatiques.

 

En fait, la burqa sert de voile à l’impuissance politique qui est le véritable nœud de l’angoisse sociale dans toute l’Europe. Les Etats-nations n’ont plus la taille nécessaire pour infléchir les politiques économiques et sociales. A cette échelle, on peut essayer toutes les recettes que l’on veut, — socialistes, sociales-démocrates, libérales, ultralibérales — elles n’aboutissent à rien et ne règlent, au mieux, que des problèmes isolés et ce, de façon temporaire.

 

Quant à l’Union européenne, ses institutions démontrent leur incapacité à offrir des perspectives de sortie de crise. Une organisation fédérale aurait sans doute mieux convenu par sa répartition rationnelle des compétences, de la base au sommet. Mais aucun des Etats-nations composant l’Union n’a accepté cette solution, par souci de conserver des pouvoirs qui, pourtant, perdent chaque jour de leur substance. Dès lors, on ne voit pas comment l’angoisse sociale qui monte pourrait être apaisée.
Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il faudrait d’abord affronter cette réalité-là, sans voile.

Jean-Noël Cuénod

Vidéo ci-dessous: débat entre deux musulmanes, l'une voilée et l'autre non, sur France5

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26/04/2010

Guerre du gruyère: prenons le camembert en otage !

gruyere01.jpgDe part et d’autre de la frontière franco-suisse, les deux camps se préparent au conflit. L’heure est grave. La guerre du gruyère est déclarée.  L’Usurpateur gaulois devra, si l’Union européenne le décide, renoncer à son appellation  «  gruyère français ». Certes, nos voisins – ce sont eux qui l’affirment – n’ont que peu de goût pour la géographie. Et on ne va pas en faire un fromage, mais enfin, le gruyère vient de la Gruyère, capitale Gruyères. En Suisse, puisqu'il faut replacer les pendules au milieu du village et remettre les laiteries à l'heure.

 (Photo: chroniqueur gastronomique clandestin venant d'outre-Jura et apprenant avec stupéfaction que le VRAI gruyère n'a pas de trous)

 

Après tout, les puissants producteurs champenois avaient réussi à bannir (sauf pour les Etats-Unis) l’étiquette « champagne » au vin blanc produit à Champagne, canton de Vaud. Y aurait-il dans le domaine vino-fromager, deux poids et deux mesures ? Nous vous laissons votre champagne. Rendez-nous notre gruyère! Et les vaches seront bien gardées.

 

Mais avec Bruxelles, l’incertain est sûr. Dans les couloirs du Berlaymont, siège de l’Union, des coups tordus peuvent assassiner la juste cause du gruyère helvétiquement unique. Dès lors, à nous Suisses de prendre les devants pour assurer nos arrières. Capturons le camembert en otage. Nous le rendrons aux Français, lorsqu’ils renonceront aux contrefaçons fromagères.

 

Nous apporterions ainsi, la réponse du berger à la bergère à Kouchner, le ministre français des affaires étrangères, qui n’avait pas trouvé grand-chose à redire à la prise d’otage de Suisses en Libye. 

 PS. Un blogueur ou une blogueuse ci-dessous me fait remarquer qu'il existe un camenbert suisse. Je parlais évidemment du véritable camembert et non pas de cette pâle imitation qui fait le désespoir des petits Suisses - nous ne sortons pas de la crèmerie -  en course d'école à la fosse aux ours. Qu'on se le dise une fois pour toutes: le camembert suisse est au camembert français ce que le gruyère français est au gruyère suisse. Cette leçon vaut bien un fromage, non?

Jean-Noël Cuénod

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21/04/2010

Les bienfaits du nuage volcanique

Mille excuses transmises aux premiers lecteurs qui n'ont reçu qu'une partie du texte. Le voici dans son ensemble.

 

Evoquer les effets bénéfiques du nuage volcanique tient de la provocation insupportable, si l’on se met à la place des milliers de voyageurs privés d’avion de retour, contraints de rester dans des cités onéreuses en éprouvant la crainte des économies qui s’épuisent et de l’employeur qui s’impatiente.
Sans oublier nos collègues correcteurs, obligés de répéter à la manière d’un mantra l’orthographe correcte du volcan islandais coupable de ce débordement colérique. Un volcan que j’aurai la prudence de ne pas nommer afin d’éviter un surcroît de besogne à ceux qui assument la rude tâche de nous corriger.

 

Ces précautions oratoires étant prises, passons à la colonne des effets positifs. Car, cette paralysie céleste nous offre plusieurs leçons.
Tout d’abord, elle fait prendre conscience de ses faiblesses à notre société technolâtre habitée par la Toute-Puissance des électrobidules en tous genres. Un volcan crache un nuage au sud de l’Islande et c’est toute la planète qui tousse. Nous avions oublié que l’idole technologique est un colosse aux pieds d’argile. Et même de lave.

 

Ensuite, cet événement nous conduit à contempler nos proches contrées sous un autre regard. A cet égard, le témoignage d’une jeune femme, diffusé mercredi sur les ondes de France-Info, se révèle fort illustratif. Avec son mari, elle devait partir à l’autre bout du monde durant les vacances de Pâques. Leur vol a été annulé.
Le couple a finalement opté pour un séjour dans la Baie de Somme, au bord de la Manche, pour son plus grand plaisir. Emerveillement devant cette baie qui est l’une des plus belles au monde! Joie de découvrir des colonies d’oiseaux rares! Bonheur de surprendre des phoques veau-marin! Et dire que cette foisonnante richesse naturelle ne se trouve qu’à deux heures de voiture de Paris...

Le développement des transports aériens met Pékin, Bombay, ou Java au rang d’arrêts de bus. Mais ces déplacements-éclairs au cœur de civilisations à la complexité millénaire nous apportent-ils vraiment une meilleure connaissance de l’autre? Il semble plutôt que l’on consomme ces pays comme on le ferait de n’importe quel autre produit. De plus, tous les hôtels se ressemblent et les restaurants servent ces plats «internationaux» qui sont aussi désespérants que des fromages aseptisés.

 

Dans ce genre de tourisme, on ne voyage pas, on visite des cartes postales. Ce faisant, chacun est induit à ne prendre d’un peuple que des clichés, dans tous les sens du terme. Nous passons à côté de lui qui nous perçoit, le plus souvent, comme un client à satisfaire ou à rouler. Avec de tels rapports commerciaux, la connaissance de l’autre n’est plus qu’un slogan d’agence touristique destiné aux «bobos».

 

Le vrai voyage commence à sa porte en regardant son environnement, plutôt que de passer devant lui sans le voir. Voyager n’est pas affaire de kilomètres mais de points de vue. D’Ouchy, contemplez les Alpes savoyardes. Et l’Himalaya sera à portée de cœur. Du quai Wilson à Genève, admirez le Haut-Lac. Et l’Océan apportera ses embruns.

Nous avons tous nos Baies de Somme!

Jean-Noël Cuénod

Et pour conclure, voici de drôle d'oiseaux


Maison de l'oiseau
envoyé par FlowersWay. - Voyage et découverte en vidéo.

 

 

 

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17/04/2010

Le Front national nouveau est arrivé!

LePenMarine.jpg

La mort politique n’est que rarement définitive. C’est bien ce qui la sépare du trépas véritable. Nicolas Sarkozy, avec sa hâte coutumière, s’était glorifié d’avoir enterré le Front national. Or, une analyse que vient de publier l’IFOP (Institut français d’opinion publique) — sous la plume de Jérôme Fourquet et Damien Philippot — démontre que le parti de la famille Le Pen s’est installé confortablement dans le paysage politique français.

 

On sait que ce mouvement d’extrême droite a réalisé de bons scores aux dernières élections régionales de la République voisine. Ce que l’étude de l’IFOP révèle, c’est à quel point il a pris racine. Lors des régionales de 2004, le Front national avait perdu des suffrages au second tour, malgré ses excellents résultats d’ensemble.

 

En mars dernier, pour la première fois, le FN a progressé de plus de 2,5 points entre les deux tours. Le parti de Le Pen n’est donc plus cet épouvantail que l’électeur protestataire brandit au premier tour pour faire peur aux formations de gouvernement mais qu’il range au second tour en reprenant place dans le «cercle de la raison».

 

L’abstention ne profite pas aux frontistes

 

Contrairement à une idée reçue, l’IFOP relève que l’abstention ne bénéficie pas aux frontistes. Au contraire, une partie de leurs électeurs ne s’est mobilisée qu’au second tour. «Tout semble indiquer que le FN disposait parmi les abstentionnistes d’une armée de réserve», soulignent Jérôme Fourquet et Damien Philippot. Ce qui donne à l’extrême droite une appréciable marge de progression. Autre phénomène tout aussi inquiétant pour ceux qui craignent la montée de la démagogie nationaliste. Naguère encore, le plus gros de l’électorat frontiste se recrutait à l’Est de la France. Aujourd’hui, l’IFOP constate que le FN perce aussi à l’Ouest. Si l’écart entre les deux moitiés de l’Hexagone reste important, il tend à se réduire, ce qui ferait du Front national une formation d’envergure véritablement... nationale!

 

Retour au bercail

 

Pour l’IFOP, cette remontée du FN est due en grande partie au retour au bercail frontiste de l’électorat «siphonné» par Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 et qui se montre fort déçu par l’action de l’actuel président. Toutefois, ce regain de forme du frontisme est aussi dû aux perspectives offertes par la fille du Chef, Marine Le Pen, qui a fait un «tabac» dans la région Nord-Pas-de-Calais.

 

Comme nous l’avions constaté lors de notre entretien avec elle à Béthune (« Tribune de Genève » et « 24 Heures » du 13 mars), la vice-présidente du FN ne reprend pas la vieille armature fascisante qui corsète la rhétorique de son père; elle se place sur le terrain du mal-être social. L’analyse de l’IFOP remarque que la campagne de Marine Le Pen «a mis l’accent sur des thématiques nouvelles pour le Front national, susceptibles d’attirer un électorat élargi ou de rassembler les déçus du sarkozysme (...) Elle travaille ainsi manifestement à faire du vote FN, un vote d’adhésion et de confiance et non plus seulement un vote protestataire».

 

C’est donc un Front national nouveau que dessine la fille de Le Pen, qui pourrait trouver sa place dans un gouvernement de droite. Elle réaliserait alors ce que l’ex-néofasciste Gianfranco Fini a réussi en Italie.

Jean-Noël Cuénod

(Ce texte a paru jeudi 15 avril 2010 en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et "Réflexion" de "24 Heures")

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14/04/2010

La Franc-Maçonnerie est-elle soluble dans la politique ?

Ainsi, plusieurs Francs-Maçons ont décidé de créer une association – Dialogue et Démocratie suisse – annonce la « Tribune de Genève » (lire ce lien). Elle se définit ainsi : «Club d’inspiration maçonnique transversal, interobédientiel (1), mixte et accueillant des non-francs-maçons en accord avec notre démarche humaniste». Les fondateurs de DEDS se défendent de lancer un nouveau parti et se refusent à présenter des candidats à des élections. Ils veulent mener débats sur des thèmes politiques dans l’optique humaniste héritée des Lumières.


Ces Frères et ses Sœurs ont parfaitement le droit de s’organiser ainsi. De plus, la tolérance – mieux, le respect de l’autre – étant l’une des vertus cardinales prônée par la Franc-Maçonnerie, Le Plouc se garde bien de vilipender cette initiative. Cela dit, elle ne correspond pas à l’idée qu’il se forme de cet Ordre initiatique ; il y verrait plutôt une regrettable confusion des plans.


La politique relève de l’exotérisme dont l’action est dirigée vers l’extérieur de l’être humain. Elle a pour corollaire l’engagement.
La Franc-Maçonnerie appartient à l’ésotérisme dont l’action est dirigée vers l’intérieur de l’être humain. Elle a pour fondement l’initiation.
Il s’agit donc de deux termes, complémentaires certes, mais rigoureusement opposés.


Il est impossible de donner une définition succincte d’un ensemble aussi vaste et complexe que constitue la Franc-Maçonnerie. Esquissons-en quelques traits.


La Franc-Maçonnerie moderne, née à Londres en 1717, revendique l’héritage, au moins moral,  de la Franc-Maçonnerie, dite opérative, qui avait pour vocation d’initier les hommes – et les femmes dans certains cas ! – à la construction des cathédrales. Mais au fil du temps, nos sociétés n’ont plus érigé ces prières de pierres qui enchantent encore l’Europe. A l’aube du XVIIIème siècle, une nouvelle forme de Franc-Maçonnerie, dite spéculative, est née. Le Temple qu’elle se propose d’élever se situe dans le cœur de l’humain, un Temple qui demeure toujours à l’état de chantier. Les outils sont devenus des symboles dont la mise en œuvre aide chaque initié, à son rythme et de son propre gré, à se construire, à réunir ce qui, en lui, est épars pour donner à sa conscience un champ nouveau.


Ces outils symboliques lui permettront aussi de méditer sur ces questions qui le taraudent dès que les besoins vitaux sont satisfaits : qui suis-je ? Pourquoi suis-je sur cette terre ? L’initiation, peut-être, lui ouvrira l’œil intérieur qui capte la réalité suprême et véritable de chaque être, au-delà des formes changeantes.


Cela ne signifie pas que le Franc-Maçon se claquemure dans sa recherche intérieure. Il n’a pas de vocation monastique et reste plongé dans la vie active. Simplement,  - si l’on ose dire ! - son travail en Loge lui offre la possibilité de retrouver ce silence fraternel qui le revivifie.
Son activité sociale et politique s’en trouvera peut-être changée. Mais ce n’est pas à sa Loge d’en diriger le cours ni à gauche, ni à droite, ni au centre ! Ce qu’il a capté tout au long de sa démarche, il le restituera dans la société mais à l’extérieur du contexte maçonnique qui doit rester un lieu de ressourcement et non de débats partisans.


Comme le conseille un sage adage : « Médite dans le Temple et agit sur le forum. Mais ne prend pas le Temple pour le forum ». Ni le forum pour le Temple, est tenté d’ajouter Le Plouc.

Jean-Noël Cuénod

(1) Les Francs-maçons appellent « obédiences » les fédérations de Loges qui se constituent sur une base territoriale ou qui partagent la même conception de la Franc-Maçonnerie.

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08/04/2010

Sarkozy : l’indécollable sparadrap de la rumeur


Comme le capitaine Haddock qui ne parvient pas à décoller ce maudit sparadrap, Nicolas Sarkozy et la Première Dame numéro 2 demeurent empêtrés dans la rumeur. Alors que celle-ci commençait à fléchir, voilà Pierre Charon, le conseiller en communication de Carla Bruni-Sarkozy, qui remet une couche en prononçant des propos hallucinants sur « une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers » et des vilains graphomanes allemands, anglais et – berk ! – suisses. « Il faut que la peur change de camp », poursuivait-il à la manière d’un Deubelyou Bush lançant ses GI’S sur l’Irak. Il est heureux pour ce personnage que le ridicule ne tue plus depuis l’interdiction – très regrettée – des duels. En revanche, ce Charon aurait voulu remettre en route le moulin à rumeurs qu’il ne s’y serait pas mieux pris !
Il s’en est suivi une série impressionnante de couacs dignes des marxistes tendances Brothers. A Europe 1, mercredi 7 avril (voir la vidéo), Carla Bruni-Sarkozy dément haut et fort qu’une enquête de police fût diligentée pour connaître la source des rumeurs : « On ne fait pas une enquête sur des commérages… C'est inimaginable de dire des choses pareilles ! »

 

 

La Première Dame n'est pas la première informée

 

Deux heures plus tard – patatras ! - « l’inimaginable » devient réalité. Le site Médiapart annonce : le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, lui a confirmé que ses services ont bien «mené une enquête pour déterminer l'origine des rumeurs qui se sont propagées sur Internet concernant la vie privée de Nicolas Sarkozy et celle de Carla Bruni».

 Apparemment, la Première Dame n’est pas la première informée. Ou alors, c'est le chef du renseignement qui est mal renseigné.


Autre épisode, l’inévitable Rachida Dati qui se faisait – presque – oublier. Le « Canard Enchaîné » et « Le Monde » relèvent que des proches de l’Elysée soupçonnent l’ancienne Garde des Sceaux d’avoir alimenté la rumeur. Hurlement de louve : la députée européenne dément à tours de langue courroucée.

 
A la Genèse de ces mécomptes à dormir debout, l’Elysée a dénoncé des scribouillards-twitteurs qui auraient parasité le site du JDD (Journal du Dimanche), début mars, en lançant des inepties sur le couple. En fait, ces rumeurs ne cessaient de courir les rédactions parisiennes depuis la mi-février, avec un pic à la fin de ce mois que Le Plouc a pu constater en se rendant au Salon de l’Agriculture. Sarkozy n’avait pas honoré de son omniprésidentielle présence l’inauguration de ce plus grand rendez-vous de la France profonde, contrairement aux usages.  

Et comme les paysans apprécient le respect des traditions, cette absence a fait jaser entre un coup de Calva au stand de la Basse-Normandie et une descente de Pécharmant (non, je ne me suis pas trompé d’orthographe, il s’agit d’un magnifique vin de Bergerac) chez les Périgordins.

 

Ces rumeurs ne sont pas autres choses que… des rumeurs. Mais elles sont consubstantielles au sarkozysme. Avant même que Sarkozy ne se hisse sur le trône élyséen, elles circulaient à propos de ses relations avec Cécilia, sa deuxième femme. On se rappelle son bureau à Bercy, lorsque son mari occupait le Ministère des Finances. Et son escapade à New-York. Et les retrouvailles sous le regard larmoyant des caméras attendries. Et son ambassade officielle pour arracher les infirmières bulgares aux griffes de l’Hirsute des Sables (Merz aurait pu en prendre de la graine !). Et enfin, le premier divorce présidentiel sous la Ve République.

 

Puis, a succédé, la saga Carla, supervedette de la pipolerie mondialisée. Le Plouc est tombé de sa chaise dorée lorsque le 8 janvier 2008, dans la grande salle de l’Elysée, pendant une conférence de presse où le sort du Sarkoland devait se dessiner, Nicolas Sarkozy clamait aux médias de la France et du monde : « Avec Carla, c’est du sérieux ». Le Plouc voit encore ses confrères britanniques et américains se tordre les côtes alors que les journalistes allemands en avalaient leur parapluie.

 

Dans ces conditions, la rumeur n’est pas un accident, c’est une seconde nature.

 

Jean-Noël Cuénod

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05/04/2010

Pâques, les 7 morts du Christ et la Vie.

Perit ut vivat. Il meurt pour qu’il vive. Pour « vivre sa vie », il faut disposer d’un savoir-mourir. C’est le message que, chaque année, Pâques nous délivre.  Hélas,  dans ce tumulte dépressif et déprimant qui nous enténèbre, les oreilles deviennent des murs.  A Pâques 2010, la question des prêtres pédocriminels monopolise les médias.

 

A juste raison, certes, puisque devant ces monstruosités l’Eglise romaine, en les taisant, a trop longtemps préféré la logique de l’institution à la compassion envers ses victimes et au respect de la justice.  Toutefois, la faillite d’une institution humaine – le Vatican n’est pas autre chose qu’une puissance temporelle non-démocratique – ne devrait pas occulter la leçon de vie que Pâques nous offre, notamment celle-ci : il y a une vie et plusieurs morts. Et toutes ces morts demeurent indispensables à la réactivation vitale.
 Ainsi, avant sa Résurrection, le Christ a connu, au moins, sept morts si l’on se réfère à l’un ou l’autre des Evangiles.

 

Première mort, l’angoisse. Avant d’être livré, Jésus et ses disciples se rendent au Mont des Oliviers. Jésus est durant un moment « saisi d’effroi et d’angoisse » (Marc  XIV ,33-34).

 

Deuxième mort, la trahison. Judas, l’un des disciples de Jésus, le dénonce aux sacrificateurs.

 

Troisième mort,  l’infidélité. Pierre renie trois fois son maître.

 

Quatrième mort, l’injustice. Le gouverneur Ponce Pilate se lave les mains « du sang de ce juste » alors qu’il n’a relevé aucun crime contre lui et laisse la foule décider du sort de Jésus.

 

Cinquième mort, l’humiliation.  La populace enfonce sur le crâne de Jésus la couronne d’épine, crache contre lui et l’insulte.

 

Sixième mort, l’abandon. A la neuvième heure,  Jésus s’écrie « Père, Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 

Septième mort : le cadavre. Après avoir subit les affres de la crucifixion, le corps de Jésus « rend l’esprit ».

 

A chacune de ces morts correspond la rupture d’un lien, avec un ami fraternel, avec le sentiment de la justice. Et même avec l’Eternel.  Mais le Christ a renoué chacun de ces liens rompus. Son angoisse au Mont des Oliviers, Il l’a surmontée dans la prière. La trahison de Judas, Il l’a acceptée comme un élément indispensable à l’œuvre de Résurrection.  L’infidélité de Pierre, Il l’a effacée par la vraie puissance, celle du Pardon. L’injustice et les humiliations ne l’atteignent plus en son âme lorsqu’Il dit à Ponce Pilate : «Mon Royaume n’est pas de ce monde» (Jean XVIII, 36).
L’abandon dont Il accuse l’Eternel, son Père, se résout dans la confiance retrouvée au moment de la mort : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc XIII, 46). Et au cadavre, succède la Résurrection, le troisième jour.

 

Sept morts pour transmettre l’Eternité de la Vie… Il serait possible de trouver encore bien d’autres morts précédant la Résurrection. Cela dit, le nombre 7 est le symbole qui correspond le mieux à cette transmission. Il est créé par l’union du  3, symbole du ciel, de l’esprit ou de l’illimité et du 4, symbole de la terre, de la matière ou de la limite.  Le fini ensemence l’infini. Perit ut vivat.

Ci-dessous, l'extrait d'un chant grégorien de la liturgie pascale enregistré par les moines bénédictins de Santo Domingo de Silos.

 

Jean-Noël Cuénod

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01/04/2010

Guillon et Zemmour: un vent de censure souffle sur le Sarkoland

Le Plouc ne peut pas encadrer le polémiste Figaroïde Eric Zemmour et l’amuseur France-interrien Stéphane Guillon le fait bailler. Cela dit, les poursuites judiciaires et les attaques du pouvoir qui pourfendent l’un et matraquent l’autre relèvent de l’inacceptable. Elles sont autant d’effluves délétères portés par le vent de censure qui souffle actuellement sur le Sarkoland.

 

Eric Zemmour est accusé d’avoir dérapé lors d’une émission de Thierry Ardisson  sur Canal + en affirmant : "les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres, parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C'est un fait" (voir la vidéo).


Certes, le propos est d’une bêtise confondante.  Si les blancs se faisaient contrôler autant que les noirs, il est évident que les policiers trouveraient plus de trafiquants parmi eux ! La cocaïne serait-il un produit inconnu dans les quartiers chicos de Neuilly-sur-Seine ou sous les Tours de la Défense qui abritent les courtiers et autres traideurs ?

 

Les keufs cherchent de la drogue dans les quartiers déshérités. Et ils en trouvent. S’ils la traquaient avec autant d’ardeur dans  le XVIe, ils en dénicheraient aussi. Mais alors, les fouineurs devraient s’expliquer avec leur supérieur aux prises avec les coups de téléphones courroucés de Papa-bien-placé-et-qui- a-le-bras-long. Mauvais pour l’avancement, ça ! En arrêtant les dileurs de Garges-lès-Gonesse, les flics dopent leurs statistiques et reçoivent les félicitations de leur hiérarchie. S’ils s’avisaient de faire la même chose à Auteuil, ils ne récolteraient qu’une gerbe d’emmerdements.

 

De plus, le trafic de drogue est une activité dont la complexité dépasse les propos de bistrots ou de Canal +. Elle fait vivre des mafieux au teint très clair, passe par des financiers tout aussi pâles et la demande provient en majorité des pays occidentaux. Or, sans mafias, sans intermédiaires financiers et sans demande, pas de trafic.

 

Alors, faut-il punir Zemmour d’avoir proféré une idiotie ? S’il en était ainsi, autant transformer la planète en prison. On doit répondre à ce genre de propos raciste, plutôt que de traîner leurs auteurs en justice.  Débattre avec des personnes qui sont de notre avis n’a aucun intérêt. Ce n’est plus un débat mais une aimable conversation qui ne produit rien d’autre que la mutuelle satisfaction des participants. On débat donc avec des adversaires, voire des ennemis.  Si le juge devient l’arbitre, le débat meurt aussitôt et avec lui, un élément essentiel de la démocratie.

 

Stéphane Guillon  batifole sur la rive opposée avec la légèreté d’un rhinocéros qui, à heure fixe, serait pris d’une crise de paludisme sarkophobique. Il n’aime pas Eric Besson qui a trahi son parti d’origine – le PS -  pour une belle gamelle gouvernementale. Et lors d’une chronique à France-Inter (voir la vidéo), Guillon met évidence « les yeux de fouine » et le « menton fuyant » du ministre, ce qui lui donnerait « un profil à la Iago, idéal pour la traîtrise ».

 Besson monte sur ses grands chevaux et le patron de Radio-France, Jean-Luc Hees, doit présenter à Monsieur le Ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale, ses excuses les plus ampoulées.

 

Utiliser les traits physiques dans un portrait charge est une méthode périlleuse qui mène parfois à l’injure raciste. On pense aux descriptions  des Juifs par les antisémites. Lorsqu’elle vise un homme dans son identité collective, la caricature peut alors verser dans cette inacceptable ornière. Dans le cas présent, Guillon décrit le physique de Besson -  comme individu et non en tant que membre de telle ou telle communauté -  à la manière d’un dessinateur. Imaginerait-on notre formidable Hermann renoncer à brosser la coupe bol de Micheline Calmy-Rey ou dessiner la lippe pendante de Blocher ? Tant qu’on y est, pourquoi ne pas obliger son confrère du Monde Plantu à représenter Sarkozy avec la taille d’un pivot de basket ?

 

Ces deux affaires interviennent à un moment où la presse française craint d’évoquer la vie privée du président de la République, alors que celui-ci a toujours voulu la mettre en scène, à sa façon et selon ses intérêts politiques. 
Défendre Zemmour et Guillon relève donc de l’hygiène démocratique, à opposer aux miasmes que colporte ce vent de censure.

Jean-Noël Cuénod

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