21/04/2010

Les bienfaits du nuage volcanique

Mille excuses transmises aux premiers lecteurs qui n'ont reçu qu'une partie du texte. Le voici dans son ensemble.

 

Evoquer les effets bénéfiques du nuage volcanique tient de la provocation insupportable, si l’on se met à la place des milliers de voyageurs privés d’avion de retour, contraints de rester dans des cités onéreuses en éprouvant la crainte des économies qui s’épuisent et de l’employeur qui s’impatiente.
Sans oublier nos collègues correcteurs, obligés de répéter à la manière d’un mantra l’orthographe correcte du volcan islandais coupable de ce débordement colérique. Un volcan que j’aurai la prudence de ne pas nommer afin d’éviter un surcroît de besogne à ceux qui assument la rude tâche de nous corriger.

 

Ces précautions oratoires étant prises, passons à la colonne des effets positifs. Car, cette paralysie céleste nous offre plusieurs leçons.
Tout d’abord, elle fait prendre conscience de ses faiblesses à notre société technolâtre habitée par la Toute-Puissance des électrobidules en tous genres. Un volcan crache un nuage au sud de l’Islande et c’est toute la planète qui tousse. Nous avions oublié que l’idole technologique est un colosse aux pieds d’argile. Et même de lave.

 

Ensuite, cet événement nous conduit à contempler nos proches contrées sous un autre regard. A cet égard, le témoignage d’une jeune femme, diffusé mercredi sur les ondes de France-Info, se révèle fort illustratif. Avec son mari, elle devait partir à l’autre bout du monde durant les vacances de Pâques. Leur vol a été annulé.
Le couple a finalement opté pour un séjour dans la Baie de Somme, au bord de la Manche, pour son plus grand plaisir. Emerveillement devant cette baie qui est l’une des plus belles au monde! Joie de découvrir des colonies d’oiseaux rares! Bonheur de surprendre des phoques veau-marin! Et dire que cette foisonnante richesse naturelle ne se trouve qu’à deux heures de voiture de Paris...

Le développement des transports aériens met Pékin, Bombay, ou Java au rang d’arrêts de bus. Mais ces déplacements-éclairs au cœur de civilisations à la complexité millénaire nous apportent-ils vraiment une meilleure connaissance de l’autre? Il semble plutôt que l’on consomme ces pays comme on le ferait de n’importe quel autre produit. De plus, tous les hôtels se ressemblent et les restaurants servent ces plats «internationaux» qui sont aussi désespérants que des fromages aseptisés.

 

Dans ce genre de tourisme, on ne voyage pas, on visite des cartes postales. Ce faisant, chacun est induit à ne prendre d’un peuple que des clichés, dans tous les sens du terme. Nous passons à côté de lui qui nous perçoit, le plus souvent, comme un client à satisfaire ou à rouler. Avec de tels rapports commerciaux, la connaissance de l’autre n’est plus qu’un slogan d’agence touristique destiné aux «bobos».

 

Le vrai voyage commence à sa porte en regardant son environnement, plutôt que de passer devant lui sans le voir. Voyager n’est pas affaire de kilomètres mais de points de vue. D’Ouchy, contemplez les Alpes savoyardes. Et l’Himalaya sera à portée de cœur. Du quai Wilson à Genève, admirez le Haut-Lac. Et l’Océan apportera ses embruns.

Nous avons tous nos Baies de Somme!

Jean-Noël Cuénod

Et pour conclure, voici de drôle d'oiseaux


Maison de l'oiseau
envoyé par FlowersWay. - Voyage et découverte en vidéo.

 

 

 

19:35 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nuage, volcan, islande, baie de somme, tourisme, nature | |  Facebook | | |

Commentaires

"Un volcan que j’aurai la prudence de ne pas nommer afin d’éviter un surcroît de besogne à ceux qui assument la rude tâche de nous corriger."

Pourtant c'est simple: le volcan Jéjacule.

Non, c'est pas ça?


J'applaudis à votre billet! Le monde est à notre porte, à condition de savoir le regarder et de vouloir le comprendre. L'autre jour j'ai pu admirer un ciel bleu parsemé de nuages ça et là et parcouru par les oiseaux. Les vrais, pas ces pollutions mécaniques.

Et quelle calme, quelle jouissance!

Merci Jéjacule!

Écrit par : Johann | 21/04/2010

La lecture de votre billet dans la version papier de la TdG m'a redonné confiance en l'humanité. Merci!

Écrit par : Sandro Minimo | 22/04/2010

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