05/04/2010

Pâques, les 7 morts du Christ et la Vie.

Perit ut vivat. Il meurt pour qu’il vive. Pour « vivre sa vie », il faut disposer d’un savoir-mourir. C’est le message que, chaque année, Pâques nous délivre.  Hélas,  dans ce tumulte dépressif et déprimant qui nous enténèbre, les oreilles deviennent des murs.  A Pâques 2010, la question des prêtres pédocriminels monopolise les médias.

 

A juste raison, certes, puisque devant ces monstruosités l’Eglise romaine, en les taisant, a trop longtemps préféré la logique de l’institution à la compassion envers ses victimes et au respect de la justice.  Toutefois, la faillite d’une institution humaine – le Vatican n’est pas autre chose qu’une puissance temporelle non-démocratique – ne devrait pas occulter la leçon de vie que Pâques nous offre, notamment celle-ci : il y a une vie et plusieurs morts. Et toutes ces morts demeurent indispensables à la réactivation vitale.
 Ainsi, avant sa Résurrection, le Christ a connu, au moins, sept morts si l’on se réfère à l’un ou l’autre des Evangiles.

 

Première mort, l’angoisse. Avant d’être livré, Jésus et ses disciples se rendent au Mont des Oliviers. Jésus est durant un moment « saisi d’effroi et d’angoisse » (Marc  XIV ,33-34).

 

Deuxième mort, la trahison. Judas, l’un des disciples de Jésus, le dénonce aux sacrificateurs.

 

Troisième mort,  l’infidélité. Pierre renie trois fois son maître.

 

Quatrième mort, l’injustice. Le gouverneur Ponce Pilate se lave les mains « du sang de ce juste » alors qu’il n’a relevé aucun crime contre lui et laisse la foule décider du sort de Jésus.

 

Cinquième mort, l’humiliation.  La populace enfonce sur le crâne de Jésus la couronne d’épine, crache contre lui et l’insulte.

 

Sixième mort, l’abandon. A la neuvième heure,  Jésus s’écrie « Père, Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 

Septième mort : le cadavre. Après avoir subit les affres de la crucifixion, le corps de Jésus « rend l’esprit ».

 

A chacune de ces morts correspond la rupture d’un lien, avec un ami fraternel, avec le sentiment de la justice. Et même avec l’Eternel.  Mais le Christ a renoué chacun de ces liens rompus. Son angoisse au Mont des Oliviers, Il l’a surmontée dans la prière. La trahison de Judas, Il l’a acceptée comme un élément indispensable à l’œuvre de Résurrection.  L’infidélité de Pierre, Il l’a effacée par la vraie puissance, celle du Pardon. L’injustice et les humiliations ne l’atteignent plus en son âme lorsqu’Il dit à Ponce Pilate : «Mon Royaume n’est pas de ce monde» (Jean XVIII, 36).
L’abandon dont Il accuse l’Eternel, son Père, se résout dans la confiance retrouvée au moment de la mort : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc XIII, 46). Et au cadavre, succède la Résurrection, le troisième jour.

 

Sept morts pour transmettre l’Eternité de la Vie… Il serait possible de trouver encore bien d’autres morts précédant la Résurrection. Cela dit, le nombre 7 est le symbole qui correspond le mieux à cette transmission. Il est créé par l’union du  3, symbole du ciel, de l’esprit ou de l’illimité et du 4, symbole de la terre, de la matière ou de la limite.  Le fini ensemence l’infini. Perit ut vivat.

Ci-dessous, l'extrait d'un chant grégorien de la liturgie pascale enregistré par les moines bénédictins de Santo Domingo de Silos.

 

Jean-Noël Cuénod

12:37 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pâques, vatican, christ, eternité, chant grégorien | |  Facebook | | |

Commentaires

Un très chaleureux merci pour votre message si intense.
Soyez-en béni!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/04/2010

Un grand merci pour votre message, profond, actuel et je retiens "le fini ensemence l’infini"!
claire-marie

Écrit par : cmj | 05/04/2010

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