13/03/2010

Jean Ferrat est mort: Créteil n'est plus ce qu'il était

Ma môme, elle joue pas les starlettes
Elle met pas des lunettes
De soleil
Elle pose pas pour les magazines
Elle travaille en usine
À Créteil.


Cette chanson, elle ne cessait de tarauder les oreilles du Plouc, entre deux plongeons dans les eaux du lac à Corsier-Port, un jour brûlant d’août au début des années 60. Et pourtant, le jeune Plouc, il était plutôt « Chaussettes Noires » et Eddy Mitchell – « Ô Daniela, la vie n’est qu’un jeu pour touâ ». En pleine période yé-yé, Jean Ferrat poussait  la chanson poétique sur les ondes rétives. Gonflé !


Mais la poésie croît sur les terrains les plus vagues. Le petit Plouc, il se l’imaginait bien, la môme de Jean Ferrat. Et Créteil? Où se nichait donc Créteil ? Quelque part en banlieue communiste près de Paris, lui avait-on répondu. Il faisait rêver,  ce mot. Il sonnait rouge avec ses usines qui crachait des fumées en colère. Aujourd’hui, les usines ont fermé à Créteil. Et cet après-midi,  Jean Ferrat est mort.

L'amour, seul, est Eternel. "Aimer à perdre la raison" que chante Jean Ferrat est tiré du poème "La Croix pour l'ombre" qui figure dans "Chant du Madjnoun" d'Aragon.

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Continuez de vous délecter de votre poulet aux hormones, crétin des villes, pendant que je continue de trouver que les montagnes sont belles. Surtout si vous en êtes absent...

Écrit par : Géo | 13/03/2010

La perte est immense. Je n'ai évidemment pas toujours partagé son engagement mais j'ai toujours admiré son talent.

Surtout, tu as mis en lien ma chanson préférée. Merci.

La France éternelle fut ainsi mise en chanson : "cet air de Liberté au-delà des frontières (...) qui répond toujours au nom de Robespierre".

La France perd un révolutionnaire permanent. Jacobin dans la plus belle tradition. Cela nous manquera, au milieu du consensus européiste émolient.

Écrit par : combinaison | 14/03/2010

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