18/02/2010

Kouchner et la Suisse : le mépris de l’homme au sac de riz

Kouchner.jpgChaque Suisse qui a regardé, mardi soir, l’intervention de Bernard Kouchner au Téléjournal de la TSR, a subi une claque magistrale.
Voilà donc le ministre des Affaires étrangères de la République voisine qui ricane lorsqu’on lui parle de solidarité avec la Suisse, qui met sur le même pied l’une des plus sanglantes dictatures et l’une des plus vieilles démocraties, qui renverse les rôles en parlant de prises d’otages, non à propos des Libyens — qui ont capturé deux de nos compatriotes — mais à l’égard des Suisses qui se sont défendus en restreignant les visas Schengen aux proches de Kadhafi!


L’homme qui, pour les caméras, porte des sacs de riz aussi gros que son ego pouvait difficilement se montrer plus odieux.

Paris plus couard que Rome

La «sortie» kouchnérienne se révèle d’autant plus insupportable pour la Suisse qu’elle a renforcé le propos du ministre italien Franco Frattini qui parlait lui aussi de «prise d’otages» pour définir la position helvétique. Cela dit, Frattini s’est ressaisi en demandant, hier, à Tripoli de relâcher les deux otages suisses, ce que Bernard Kouchner n’a même pas daigné faire.
Venant de la France qui tient à jouer un rôle de premier plan, l’attitude de son ministre des Affaires étrangères paraît étonnante, dans la mesure où Paris se montre encore plus couard que Rome! Ce qui n’est pas peu dire.

Un ministre pour la galerie

Il faut tout de même relativiser la portée des propos de Kouchner. Au sein du gouvernement français, il ne représente plus rien. Le président Sarkozy le conserve pour la galerie, puisque les sondages d’opinion restent favorables à celui qui, il y a fort longtemps, avait créé «Médecins sans frontière». Le véritable maître d’œuvre de la diplomatie française se nomme Jean-David Levitte, le conseiller du président Sarkozy. Et il n’est pas certain que les déclarations de Kouchner envers la Suisse soient appréciées à l’Elysée.
Le ministre des Affaires étrangères avait eu des mots très durs à l’endroit des Suisses, après le vote contre les minarets. Il fut publiquement mouché par Nicolas Sarkozy qui, dans une tribune publiée par «Le Monde» avait pris le contre-pied de Kouchner en invitant les médias à se montrer compréhensifs vis-à-vis du vote helvétique.
Toutefois, l’empreinte de la claque kouchnérienne laissera des traces dans nos consciences. Car elle fait suite à des séries d’humiliations internationales qui n’ont pas de précédents depuis des décennies.

 

Or, un pays qui se laisse piétiner se dessine un avenir de paillasson.

Il faut donc réagir. Mais comment? Deux voies s’offrent à nous. Poursuivre la politique de la chaise vide dans l’Union européenne et se lancer dans des opérations de guérilla diplomatique contre nos voisins. Cela soulagera les plus nationalistes d’entre nous, mais nous jouerons alors perdant, compte tenu de notre taille et de l’importance des exportations dans notre économie.
L’autre politique serait, tout d’abord, de disposer d’un gouvernement plus solide et soudé que le nôtre puis d’entrer dans l’Union afin que, par le jeu des alliances avec les autres petits pays, nous puissions défendre nos intérêts de façon plus efficace.

(Ce paraît jeudi 18 février en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et "Réflexion" de 24 Heures.

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Commentaires

Cet humaniste de cortège semble une fois de plus faire savoir qu'il existe par ses prises de position et déclarations pour le moins scandaleuses.
Sarkozi a là, un ministre à son image !

Écrit par : Rollmops | 18/02/2010

Plutôt que de palabrer dans le vide, je crois utile de citer les dispositions pertinentes des accords de Schengen, qui démontrent que la France à de la peine avec le 22 à .. Aniè..., Pardon à Schengen.


********** Règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (code des visas).


Article 22

Consultation préalable des autorités centrales d’autres États membres

1. Un État membre peut exiger des autorités centrales des autres États membres qu’elles consultent ses propres autorités centrales au cours de l’examen des demandes introduites par les ressortissants de certains pays tiers ou par certaines catégories de ces ressortissants. Cette procédure de consultation n’est pas applicable aux demandes de visas de transit aéroportuaire.

2. Les autorités centrales consultées donnent une réponse définitive dans un délai de sept jours calendaires à compter de la date de leur consultation. Faute de réponse dans le délai imparti, les autorités consultées sont réputées ne pas avoir d’objection à la délivrance du visa.

3. Les États membres notifient à la Commission l’introduction ou la suppression de l’exigence de consultation préalable avant qu’elle devienne applicable. Ces informations sont également communiquées au niveau du ressort territorial concerné, dans le cadre de la coopération locale au titre de Schengen.

4. La Commission informe les États membres des notifications reçues.

5. ..(..)..


Article 25

Délivrance d’un visa à validité territoriale limitée

1. Un visa à validité territoriale limitée est délivré à titre exceptionnel dans les cas suivants:

a) lorsqu’un État membre estime nécessaire, pour des raisons humanitaires, pour des motifs d’intérêt national ou pour honorer des obligations internationales:

i) de déroger au principe du respect des conditions d’entrée prévues à l’article 5, paragraphe 1, points a), c), d) et e), du code frontières Schengen,

ii) de délivrer un visa bien que l’État membre consulté conformément à l’article 22 ait émis des objections contre la délivrance d’un visa uniforme, ou

iii) de délivrer un visa en raison de l’urgence, sans avoir procédé à la consultation préalable au titre de l’article 22;

ou

b) ..(..)..

2. Un visa à validité territoriale limitée est valable pour le territoire de l’État membre de délivrance. À titre exceptionnel, il peut être valable pour le territoire d’un ou plusieurs autres États membres, pour autant que chacun de ces États membres ait marqué son accord.

3. ..(..)..

4. Lorsqu’un visa à validité territoriale limitée est délivré dans les cas visés au paragraphe 1, point a), les autorités centrales de l’État membre de délivrance transmettent immédiatement les informations correspondantes aux autorités centrales des autres États membres, par le biais de la procédure visée à l’article 16, paragraphe 3, du règlement VIS.

5. ..(..)..


********************** Règlement (CE) no 562/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 établissant un code communautaire relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen)

Article 5

Conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers

1. Pour un séjour n'excédant pas trois mois sur une période de six mois, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes:

a) être en possession d'un document ou de documents de voyage en cours de validité permettant le franchissement de la frontière;

b) être en possession d'un visa en cours de validité si celui-ci est requis en vertu du règlement (CE) no 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation [17], sauf s'ils sont titulaires d'un titre de séjour en cours de validité;

c) ..(..)..
d) ne pas être signalé aux fins de non-admission dans le SIS;

e) ne pas être considéré comme constituant une menace pour l'ordre public, la sécurité intérieure, la santé publique ou les relations internationales de l'un des États membres et, en particulier, ne pas avoir fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans les bases de données nationales des États membres pour ces mêmes motifs.

*********************************************************************************************************************************************


Il ressort de ce qui précède que la Suisse ne fait qu'appliquer les accords de Schengen.

Il n'est pas demandé solidarité mais respect des obligations internationales des pays signataires des accords de Schengen.

Les allégations italiennes selon lesquelles la Suisse violerait les accords de Schengen sont celles d'un rustre.

La question se pose de savoir si, dans l'hypothèse où la Suisse adhérait à l'Union européenne, il serait possible pour elle de faire valoir les droits et compétences que lui conférerait le droit européen dès lors que cela heurterait les intérêts d'un grands pays de cette union.

Écrit par : CEDH | 18/02/2010

Petite considération élémentaire :

"Article 22

Consultation préalable des autorités centrales d’autres États membres

1. Un État membre peut exiger des autorités centrales des autres États membres qu’elles consultent ses propres autorités centrales au cours de l’examen des demandes introduites par LES RESSORTISSANTS DE CERTAINS PAYS TIERS ou par certaines catégories de ces ressortissants."

Ainsi un pays partie aux accords de Schengen peut enclencher la procédure à l'égard de tous les ressortissants d'un pays. C'est dire que les allégations de Frattini, le ministre italien, selon lequelle cette disposition ne vise que les terroristes est idiote...

Écrit par : CEDH | 18/02/2010

En même temps, que fallait-il attendre de Kouchner, ce Moix des cuisines de l'Elysée ?
Moi ses déclarations m'ont plutôt rassuré sur son avenir médiatique; le voilà presque mûr pour aller s'égosiller dans la ferme aux célébrités !

Écrit par : Jrom | 18/02/2010

la France à vau-l'eau.

Quelle piètre image donne la France aujourd'hui. Beaucoup d'incivilités. Du peuple au gouvernement, il ne se passe pas un jour où des paroles des plus virulentes fusent.

Exemples:
Le Président Sarkozy traite son peuple de racaille.
Les animateurs de TV (Ardisson et Ruquier entre autres) sont d'une violence verbale incroyable. Ils donnent le mauvais exemple.
Il y a eu Yann Moix, le plus exécrable parisianisme est apparu. Du vide, du vide, du vide.
Il y a aussi des sportifs qui parlent les JO de m....
Et M. Kouchner avec son vocabulaire diplomatique: mes amis par ci, mes amis par là, se laisse prendre au jeu en disant de la Suisse cette phrase assassine: C'est une preneuse d'otages.

Il est temps que M. Villepin reprenne les choses en mains. Avec lui au moins, il n'y a pas de dérapage dans son vocabulaire, même s'il n'en pense pas moins.

Écrit par : oceane | 18/02/2010

Kouchner est l'archétype du bobo parisien gauchisant un tantinet maso. Tiers mondiste, battant sa coulpe pour dénoncer les maléfices de l'ancienne nation colonialiste. La pensée correcte en ce moment des bobos parisiens est de s'aplatir devant ce nouveau fascisme qu'est l'islamisme, ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'on baisse sa culotte devant un fascisme naissance voir l'attitude en son temps devant le nazisme. Donc comme il est de bon ton en ce moment d'avoir plein de compassion vis à vis des exigences intolérables de certains groupuscules salafistes musulmans vous pensez bien que l'intellingensia gauchiste parisienne n'a pu que jeter de hauts cris au sujet du vote des suisses à propos des minarets et en contre coup la mode actuelle veut qu'il faut taper sur les suisses pour se faire bien voir de son entourage parisien déliquescent d'où le comportement du citoyen Kouchner.

Écrit par : Hervé | 18/02/2010

@ Oceane... que d'amalgame et de raccourcis...

je ne cherche absolument pas à défendre la stupidité des propos de Kouchner lequel nous a habitué à tellement d'idiotie que celle-ci n'est qu'un épiphénomène... ceci étant il faut rester raisonnable et ne pas en profiter pour raconter n'importe quoi...

ce n'est pas le "Président Sarkozy" qui a traité le peuple de racaille mais le ministre de l'intérieur sarkozy...

les animateurs TV sont en France, libre de parole, et je vois dans leur propension à la critique, fut-elle virulente, un signe de bonne santé de la démocratie française et plus partidulièrement de la liberté d'opinion...

concernant "des sportifs qui parlent les JO de m....", il n'y en a eu qu'un à ma connaissance, Brian Joubert, à propos duquel il faut être aveuglé par la francophobie, comme vous l'etes, pour ne pas comprendre la déception d'un sportif confronté à un tel échec après 4 ans de préparation... en tout état de cause ces propos n'engagent que lui et non la population française... j'imagine à vous lire qu'aucun sportif suisse déçue n'a pu tenir de tels propos mais simplement un "flûte alors j'ai échoué mais cela n'est pas grave... je recommencerai..." vous vivez probablement chez les bisounours...

en revanche et comme j'ai pu l'écrire par ailleurs Moix est ridicule et insultant il n'est en revanche absolument pas représentatif du peuple français justifiant votre entrée en matière: "...piètre image donne la France aujourd'hui. Beaucoup d'incivilités. Du peuple au gouvernement..."

Écrit par : matthieu | 18/02/2010

Mathieu,

Le parler crû (je ne baisserai pas à énumérer des propos scabreux tenus par certains animateurs) n'est pas un signe de bonne santé de la démocratie française, mais de ridicules pirouettes lorsqu'on n'est pas à même de donner une opinion dans un langage clair, précis et de bonne tenue.

Par contre l'humour a toute sa place. Et dire que vos propos ne sont "pas très catholiques" ne me pose aucun problème.

Et le peuple français a toute ma sympathie, je suis un quart bretonne.

Écrit par : oceane | 18/02/2010

@ océane... vous vous dérobez...! et pour le reste de vos affirmations? qu'en est-il donc?

Écrit par : matthieu | 18/02/2010

Je crois avoir répondu sur le parler vrai - le parler cru. Je trouve qu'il faut savoir mettre la langue dans sa poche.

Et si c'est le ministre Sarkozy qui a parlé de racaille, que pensez-vous du président Sarkozy "de vouloir accrocher à un croc de boucher) ceux qui l'ont dénoncé dans l'affaire Clearstream?

Pour le reste, nous sommes presque sur la même longueur d'ondes.

Bonne journée

Écrit par : oceane | 18/02/2010

Le président Sarkozy n'a jamais traité le peuple de France de racaille, que ce soit en sa qualité de ministre ou de celle de président. Il a appelé racailleS les voyous délinquants et criminels qui pourissent la vie des habitants de certaines banlieues françaises. C'est tout et il n'y a rien à y redire.

Tout au plus a-t'il créé, ou a tout le moins popularisé, un néologisme puisqu'avant il y avait le terme "la racaille" pour désigner une pluralité de personnes et après il y a "une racaille" pour désigner un individu et "les racailles" pour désigner une pluralité d'individus.

Quant à vouloir dire que Sarkozy veut pendre Villepin à un croc de boucher c'est là l'expression très médiatique de ce beau parleur de Villepin. Certes le dérapage de New-York est intolérable mais il en reste que le Tribunal correctionnel a constaté que Villepin s'est MORALEMENT rendu coupable de complicité par ommission de dénonciation calominieuse, ce qui n'étant pas une infraction pénale en droit français lui vaut d'être acquitté.

Il n'en reste pas moins que laisser un ministre se faire planter un couteau de boucher dans le dos sans en informer les autorités policières ou judiciaires compétentes alors que l'on apprend ce fait dans l'exercice d'une fonction ministérielle est ignoble et relève du mépris complet de la fonction et, par là, du peuple de France.

Écrit par : CEDH | 18/02/2010

L'insulte et la bêtise - pour ne pas dire la conn... - pour répondre à l'insulte et la bêtise de quelques-uns - fussent-ils ministres - ne me paraît pas être la réponse la plus appropriée à l'indigence des propos tenus.

Certains Français, heureusement peu nombreux, ont parfois des accès de royauté qu'ils déguisent en liberté d'expression.

En parlant on plaît quelquefois, disait Bismarck, en écoutant on plaît toujours. Merci qui, M. Kouchner ?

Écrit par : Michel Sommer | 18/02/2010

CEDH, Sarkozy n'a rien inventé du tout. Le terme racailles et son homologue verlan kaillera existait déjà en banlieue depuis longtemps lorsqu'il les a repris, désignant spécifiquement un type de mode vestimentaire (survêts blancs et autres) et d'attitudes typiques de certaines bandes de jeunes. Pas forcément les plus fréquentables. Et le croc de boucher, ce n'est pas une invention de Villepin, c'est effectivement Sarkozy qui l'a dit et en plus s'en est vanté devant la presse.
Par ailleurs comment appelez vous le fait, en tant que chef de l'UMP, ce qu'était Sarko alors, de sabrer un projet utile à la France, en l'occurrence le CPE, en laissant entendre qu'il fallait le retirer, alors qu'en d'autres temps, l'Etat ne s'était jamais gêné d'imposer des réformes en dépit de manifestations lycéennes d'ampleur équivalente. Tout cela pour une seule et unique raison: faire tomber Villepin, son rival déclaré. Ce n'est pas un coup de couteau dans le dos, c'est une rafale de mitraillette.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/02/2010

@ Ph.Souaille

"Ce n'est pas un coup de couteau dans le dos, c'est une rafale de mitraillette."

Je n'ai pas dit que le président Sarkozy était un petit sain mais ai relevé que Villepin ne l'était pas non plus.

En ce qui me concerne, Villepin, ce Ponce pilate qui, en sa qualité de ministre de la République laisse se commettre une infraction que je considère des plus graves ne vaut pas tripette. Au demeurant je relève que cet individu avait été le promoteur du CNE parfaitement contraire aux obligations internationales de la France et qui de ce fait est mort de sa belle mort (le CNE pas Villepin).

Ce qui montre que, Sarkozy ou Villepin, la France est prête à violer sans vergogne ses obligations internationales que ce soit une convention OIT ou les accords de Schengen, qui sur le point du visa des libyens relève d'un règlement adopté par le Parlement européen. C'est dire que l'attitude de la France et de l'Italie, et d'autres encore, relève du mépris de la démocratie européenne, il s'agit d'un coup d'Etat, la France, l'Italie et d'autres prétendant se substituer au Parlement européen.

Écrit par : CEDH | 18/02/2010

CEDH, Vous êtes sûr que le règlement de Schengen, qui ne s'applique pas à tous les Etats de l'UE, et s'applique à des Etats non membres de l'UE, a été voté par le parlement européen ? Avez-vous la date et sous quelle forme ?
Par ailleurs le terme de "parfaitement contraire aux obligations internationales" pour qualifier le CNE me parait un peu excessif. En fait l'OIT écrit "qu’il n’existe pas de base suffisante pour considérer que la période de consolidation (NB de 2 ans dans la cas du CNE) peut être assimilée à une «période d’ancienneté requise" d’une durée « raisonnable ». Ce qui est un jugement politique, car le texte de la convention préalable ne définit pas ce qui peut-être un délai raisonnable. On est là dans l'esprit des lois, et non dans la lettre.
Sur le fond le débat reste entier: vaut-il mieux pour l'emploi pouvoir embaucher parce que l'on sait que l'on pourra licencier au besoin, ou ne pas pouvoir embaucher parce que l'on sait que l'on ne pourra pas licencier si le besoin se présente ?
La culture suisse en la matière est clairement de pouvoir embaucher et licencier sans problème... Et ça marche nettement mieux qu'en France. Mais il semble que dans son jugement, l'OIT ait oublié de regarder comment cela se passait sous ses fenêtres, en Suisse... Ou même tout simplement dans les Organisations internationales dont les conditions d'embauche et de licenciement sont bien pires que n'importe quel CNE

Écrit par : Philippe Souaille | 18/02/2010

Bravo pour votre texte. Lisez aussi ici :
http://marekchanteur.blog.24heures.ch/archive/2010/02/16/lettre-ouverte-a-mes-amis-francais-sur-l-usage-de-la-devise.html

Écrit par : marekchanteur | 19/02/2010

@ Philippe Souaille

1) Le CNE violait on ne peut plus clairement la Convention OIT No 158. Le délai de deux ans ne pouvant plus être considéré comme "raisonnable". Certes le mot "raisonnable" au sens de la disposition topique de la conv. 158 nécessite un effort d'interprétation. Un tel effort n'a rien de politique. Il ne s'agit qu'un usuel contrôle juridique de proportionnalité entre l'intérêt public visé et la limitation aux droits des travailleurs concernés. La ratio legis ne pouvait que conduire à cette interprétation. De plus la saisine de l'OIT résultait des obligations internationales de la France qui s'est préalablement remis en les mains de ce "juge" en ratifiant un traité international.

Quant à la Suisse elle n'est pas partie à la Convention 158 OIT dès lors la question ne se pose pas.

Sur le fond il m'apparaît assez évident que cette convention est contre-productive. Mais la France ratifie beaucoup pour des raisons politiques (effet d'annonce) sans se soucier des conséquences et de l'applicabilité de ce qu'elle ratifie .... pour ne pas parler de l'intendance.

Résultat, par exemple, les accords bilatéraux donnent le droit aux suisses d'obtenir un titre de séjour français (s'ils ont droit de séjourner en France) et la France refuse la délivrance de ce titre dans l'Ain et en Haute-savoie au motif que les préfectures ont autre chose à faire. Il ne s'agit pas d'un problème de loi, ni de décret ni même de circulaire, tout est bel et bien dans les textes, mais l'administration s'en fout.

Ou se trouve la racaille ? dans les préfectures concernées, comme on me l'a affirmé ? ou à Paris, dans un ministère ? Quant à s'en plaindre : "Faut pas essayer d'être plus malin, Monsieur, le contrôle fiscal ça existe et vous, Monsieur le suisse, avec ce qui arrive vous allez le sentir passer."


2) Quant au code des visas, le texte a été comme il se devait adopté en procédure de codécision Conseil/Parlement. Il devrait être modifié selon la même procédure. Il est plus sûr de refuser de l'appliquer ou de faire pression sur la Suisse pour qu'elle ne l'applique pas. D'abord parce que la modification prendrait du temps. Et ensuite parce qu'il n'est pas sûr que le parlement européen serait aussi godillot que le parlement de France, notamment eu égard à Lockerbie et UTA.

J'ai d'ailleurs l'impression que le projet de la Commission, porté par le rustre Frattini, ne comportait pas une disposition aussi claire que l'article 25 ch. 1 lit. a point ii du code des visas. Le Parlement y serait-il pour quelque chose que cela ne m'étonnerait pas. Frattini aurait-il perdu de vue qu'il avait été désavoué ? (à vérifier)

La référence demandé (cf. Eulex, europa ch ou google):

32009R0810
Règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (code des visas)

Écrit par : CEDH | 19/02/2010

Je précise un point, les accords de Schengen, signés par la Suisse entraînent non seulement la reprise des acquis de Schengen mais aussi de toutes les modifications ultérieures décidés par l'UE, après que la suisse ait pu eprimer son opinion (quelle grandeur européenne). Si la suisse n'est pas contente elle la ferme (plus exactement les accepte) ou Schengen tombe.

Écrit par : CEDH | 19/02/2010

Je pense que la Suisse est pointilleuse. Et dans tous les accords qu'elle signe, elle regarde avec minutie point par point les articles.

Je ne crois pas me tromper, mais dans l'affaire de la viande aux hormones importée des Etats-Unis, la Suisse a pu l'interdire, vu qu'elle avait mentionné un article précis pour ce type d'hormone, alors que la France avait, dans sa convention, généralisé le problème et, de ce fait, n'a pu interdire quoi que ce soit.

CEDH, ce problème-là ne concerne que le pays en question ou bien l'Europe?

Écrit par : oceane | 19/02/2010

CEDH, pas d'accord, l'arrêt de l'OIT est politique bien plus que juridique. Pour justifier la condamnation de la France, il dit ceci: "...dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier et [...] il est pour le moins paradoxal d’encourager les embauches en facilitant les licenciements." Or c'est très exactement la question que soulevait le CNE, question politique par essence et en aucun cas juridique. Car on peut professer sans honte et sans problème l'avis contraire, l'exemple suisse, encore une fois, est là pour le prouver. Et je parle en tant que chef d'une petite entreprise de production qui survit en Suisse depuis 20 ans et serait morte en France, depuis belle lurette, du fait de la législation protégeant (sic) l'emploi...
D'ailleurs l'OIT n'est pas en soi une autorité juridique, mais plutôt la plus politique des organisations internationales, constituée de représentants des syndicats, du patronat et des gouvernements (et accessoirement, celle qui compte le plus de scandales internes dans les conditions d'embauche, et de stress des fonctionnaires, mais c'est un autre débat).

Écrit par : Philippe Souaille | 19/02/2010

@ CEDH, concernant l'aval par le parlement européen, des dispositions Schengen, qui prouve au passage que l'UE est bien plus démocratique que ne le prétendent les UDC dans votre genre (je me trompe ou bien ?)il est précisé que le-dit règlement (voté en 2009, l'accord de Schengen datant de 1985) sera applicable dès le 5 avril 2010. Donc pour l'heure il ne l'est pas.
Mais de toute manière, à aucun moment, je n'ai entendu dire par un responsable français que la France ne l'appliquerait pas. Kouchner, dont j'ai dit ailleurs tout le mal que j'en pense, s'est plaint que la Suisse l'utilisait d'une manière qui l'embêtait. Il n'a jamais dit qu'il ne l'appliquerait pas. S'il n'était pas décidé à l'appliquer, il n'y aurait pas de "prise d'otage".
Toute votre démonstration est donc une interprétation purement politique et non empreinte de l'impartialité juridique dont vous vous prévalez...

Écrit par : Philippe Souaille | 19/02/2010

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Jean-Noël,

il m'arrive de ne pas être d'accord avec vos propos, même d'être en franche opposition avec la pensée exprimée dans vos billets.

Cependant, là votre billet remet les pendules à l'heure et fait un bien fou.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 19/02/2010

Casse-toi, pauvre con!

Mon intention n'est pas de faire un procès aux écarts de langage du Président français. Loin de moi l'idée de l'accabler. Ses phrases lancées crûment dénotent bien la colère de l'intéressé et sa difficulté à maintenir son irritabilité.

Ces dérives verbales n'apportent rien aux réels problèmes de la société, mais elles frappent d'autant plus l'opinion publique, car elles sont prononcées par des dirigeants. En Suisse, je n'ai rien entendu de telles invectives prononcées par l'un de nos ministres.

Les phrases assassines comme: la Suisse preneuse d'otages, entre autres, dites occasionnellement peuvent s'amenuiser dans le temps. Mais lorsque ces critiques violentes et acerbes sont rabâchées pendant des années, elles deviennent des clichés utilisés de génération en génération, et inconsciemment, elles s'insinuent dans la conscience collective et engendrent des sentiments inavouables: Le racisme.

Écrit par : oceane | 19/02/2010

@ Ph. Souaille

Vous alléguez de manière persistante que la question de savoir si le CNE violait la Convention OIT 158 est de nature politique à raison de ce qu'il y est fait application d'une notion juridique indéterminée interprétée sous l'angle de la proportionnalité.

Libre à vous de persister.

Néanmoins, je crois devoir préciser qu'à suivre votre position la CourEDH rend des jugements politiques dès lors que celui-ci passe son temps à déterminer si une restriction aux libertés que la CEDH consacre est RAISONNABLE, de même pour le Tribunal fédéral suisse qui passe son temps à analyser la proportionnalité d'une atteinte aux droits constitutionnels. Le juge suisse du divorce est d'ailleurs aussi un politicien tous les jours au vu de ce que la législation topique renvoie très souvent à l'article 4 CC et à sa notion floue d'EQUITE.

De même d'ailleurs que la Cour de cassation française qui a jugé, avant l'OIT, que le CNE ne satisfaisait pas aux exigences de la Convention no 158 l'OIT.

Si vous imaginez qu'une décision judiciaire repose sur une législation logiquement cohérente et ne laissant aucune marge de manoeuvre à celui qui applique le droit, vous êtes un grand naïf. Ce qui précède m'amène à préciser que dans un Etat de droit, l'Etat est contraint par le Droit, ce qui me semble être peu le cas en France ou le droit est un guide pour politicien/administration en manque d'inspiration.

S'agissant de l'entrée en vigueur des nouveaux codes Schengen, dont le code des visas, vous avez entièrement raison. Cependant le droit actuel -largement "chenil"- amène aux mêmes conclusions.

Quant aux propos de Kouchner, s'ils ne conduisent pas à en conclure que la France a déclaré qu'elle n'appliquerait pas Schengen, elle fait partie des pressions de la France sur la Suisse pour qu'elle renonce aux compétences que les accords de Schengen lui donne. Relevons quand même que la modification de la législation européenne actuelle est toujours fastidieuse puisque relevant de la Codécision, sauf coup d'Etat, et doit donc se déployer dans un cadre démocratique.

Enfin démocratique pour l'Europe pas pour la Suisse qui ne peut que dire Oui-Amen, sans la moindre possibilité d'opting out.

Vos conclusions sur mon appartenance à un parti politique est assez téméraire. Je ne suis membre d'aucun parti politique suisse, ni français d'ailleurs car je ne suis pas, contrairement à vous, français et actif au sein de deux partis politiques.

Écrit par : CEDH | 19/02/2010

En effet triste fin de carrière dans un minisitère prestigieux, Kouchner interdit de séjour à Gaza par le gouvernemant israélien,qui avale couleuvres sur couleuvres en Sarzkozie ,supplétif du secrétaire général de l'Elysée qui doit s'aligner sur les déclarations d'un ministre d'un gouvernement maffieux.Pour reprendre ses termes dans l'affaire Polanski"tout cela n'est pas sympathique"

Écrit par : briand | 19/02/2010

Vous ne croyez quand meme pas que les européens vont aider votre petit pays Citez moi un exemple ou la suisse aurait joué un role utile depuis 500 ans .
Avoir de l'argent trop longtemps rend lache et prétentieux , surtout quand il provient de rapine . La Suisse ne représente rien , mettez-vous ça dans la tete . Si elle n'existait on ne s'en rendrait pas compte . Malheureusement elle existe .

Écrit par : john | 22/02/2010

John, vous connaissez Talleyrand. Voilà ce qu'il a dit:
Au congrès de Vienne de 1815 que le monde était divisé en cinq continents:
l'Europe, l'Amérique, l'Asie, l'Afrique et GENEVE (il entendait la SUISSE).
Vous devriez vous en inspirer.

Écrit par : oceane | 22/02/2010

Talleyrand... un homme de parole et de conviction... belle référence...

Écrit par : matthieu | 22/02/2010

Talleyrand selon Napoléon: "de la merde dans des bas de soie"

Écrit par : john | 22/02/2010

"De ces prétentieux (pas vous, John) venus de nulle part, il y a en eu partout à toutes les époques, les Allemands en sont friands. Ils jouent les forts avec les USA, la France, la Grande-Bretagne, et veulent faire la leçon aux petits. Oh! le beau courage.
Franz Müntefering, le président du SDP, rêve, lui d'envahir la Suisse avec des divisions militaires. Voyez-vous ça.

On rappellera à ces valeureux que jamais un soldat allemand n'a mis les pieds en Suisse, depuis six siècles.

..Faut-il rappeler à ces "social traître" que lorsque Bismarck constituait la "Grande Allemagne" dont on a connu les dérapages honteux, la Suisse inventait la CROIX-ROUGE. (Adolphe Ribordy).

Écrit par : oceane | 23/02/2010

On lit souvent comme ici qu'une attitude nationaliste mettrait en danger le commerce extérieur. D'abord, depuis le goulag et ses émules nazis on sait qu'il ne faut pas subordonner toute attitude à des chantages au fric sinon tous les excès seront tolérés. Par exemple de nombreuses associations défendent les illégaux car c'est leur fonds de commerce d'une part et qu'elles ont scrupule à faire perdre de l'argent aux trafiquants de main d'oeuvre qui les alimentent en illégaux donc en "bonne cause" pour les journalistes de la pensée unique totalitaire, donc en pognon, donc les nourrissent indirectement. Ensuite il n'y a aucun exemple de pays ayant besoin d'un produit original d'un autre pays et qui ne lui ait pas acheté pour des raisons politiques: il est d'ailleurs à hurler de voir que tout le monde achète en Chine, pays totalitaire !!! Cela dit on recommande souvent aux européens d'être les seuls à appliquer ces bonnes résolutions...Vous avez dit complot ? OUI

Écrit par : ARTHUR | 14/03/2010

On lit souvent comme ici qu'une attitude nationaliste mettrait en danger le commerce extérieur. D'abord, depuis le goulag et ses émules nazis on sait qu'il ne faut pas subordonner toute attitude à des chantages au fric sinon tous les excès seront tolérés. Par exemple de nombreuses associations défendent les illégaux car c'est leur fonds de commerce d'une part et qu'elles ont scrupule à faire perdre de l'argent aux trafiquants de main d'oeuvre qui les alimentent en illégaux donc en "bonne cause" pour les journalistes de la pensée unique totalitaire, donc en pognon, donc les nourrissent indirectement. Ensuite il n'y a aucun exemple de pays ayant besoin d'un produit original d'un autre pays et qui ne lui ait pas acheté pour des raisons politiques: il est d'ailleurs à hurler de voir que tout le monde achète en Chine, pays totalitaire !!! Cela dit on recommande souvent aux européens d'être les seuls à appliquer ces bonnes résolutions...Vous avez dit complot ? OUI

Écrit par : وسائط | 23/02/2011

Juste pour vous dire que j’ai trouvé cet article très intéressant

Écrit par : maigrir du ventre | 24/03/2011

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/1469855-visas-libyens-le-chef-de-la-diplomatie-francaise-bernard-kouchner-souhaite-trouver-une-solution-rapide.html#id=1469855

J'ai bien aimé la chute : "des personnes [allusions aux "personnes" libyennes privées de visa Schengen par la Suisse] qui évidemment dans l'ue comptent beaucoup."

Ben, voilà, il l'a dit. Dans l'ue tout s'achète. Même un ministre.

Ce mec est à dégueuler. Totalement irresponsable comme il le dit si bien. Parce que quand un Hannibal fait des conneries à Paris, et bien, elles font quoi les autorités françaises? Elles se couchent. Ca, c'est être responsable, donc. Encore bravo.

Écrit par : Johann | 03/04/2011

Bernard Kouchner devrait avoir honte

Écrit par : Nicola @ Espresso Machine Reviews | 19/05/2011

mot pour exprimer mes remerciements. Je suis vraiment impressionné par un blog unique et parfaitement choisis et organisés!

Écrit par : Toronto Renovation | 22/06/2011

Je suis au passage d’accord avec quasiment tout! Je vais de ce pas le donner à mon père!

Écrit par : regime hyperproteine | 29/06/2011

Le film Green Zone a une très bonne réalisation. De plus la ville Bagdad est bien reconstituée. La musique accompagne très bien les scènes. Le film est plein de suspense. Les scènes d'actions ou on voit des explosions et des fusillades sont bien faites surtout celles de la nuit . Le réalisateur Paul Greengrass a aussi bien réussi son film que les films mort dans la peau et la vengeance dans la peau

Écrit par : Basement Mold Repair rochester ny | 22/07/2011

Même lorsque vous lire et de commenter sur le sol, donc les Etats-Unis, ce serait parfait, même si la famille ne mafieux derrière un arbre tireurs n'approuvent pas.

Écrit par : Tweedehands | 22/07/2011

En ce qui concerne l'affichage du numéro de votre lecteurs de flux, il est la même histoire. Si vous n'avez pas un nombre décent de lecteurs

Écrit par : decompression sickness | 23/07/2011

Si vous avez un blog à son début, ne pas publier des statistiques et des chiffres différents de trafic vers votre blog. Qui serait intéressé que vous avez 300 visiteurs par mois?

Écrit par : The Blueprint Project | 23/07/2011

J'ai jamais entendu, il est vraiment honnête et moral, et pourtant, pas sujette à des jugements. Il a commencé à parler récemment, après des années de retirement.res calme)

Écrit par : free samples | 01/08/2011

I'm hungry. I also need a bag of rice.

Écrit par : Data Recovery | 11/11/2011

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