04/02/2010

Identité, République... A la recherche de la nation perdue

Le débat sur l’identité nationale lancé en France par le gouvernement et le ministre Eric Besson prend eau de toutes parts. Un récent sondage indique que 63% des personnes interrogées estiment qu’il n’a pas été constructif. Même le ministre Besson constate cet échec qu’il met sur le compte des caricatures dont on a affublé son initiative et… du vote suisse contre les minarets.

Pourquoi un tel fiasco alors que ce débat aurait pu se révéler utile, voire salutaire? Tout d’abord, Eric Besson l’a mal préparé. Un mode d’emploi avait été transmis aux préfets afin de bien organiser les discussions «sur le terrain», annonçait-il. Lorsque je me suis rendu à la préfecture de la Seine-Saint-Denis à Bobigny, les fonctionnaires tombaient des nues: ils n’avaient pas reçu la moindre consigne gouvernementale, n’étaient au courant de rien, sinon d’une vague annonce captée à la radio. Or, la préfecture de Bobigny ne se trouve qu’à trois quarts d’heure de métro du ministère de Besson! Et dans d’autres préfectures, mes confrères ont dressé le même constat.

La gauche française n’est pas exempte de reproches. Elle a poussé des hauts cris à propos de ce débat qu’elle jugeait populiste et électoraliste. Au lieu de s’en emparer et de le subvertir pour un faire une confrontation sur l’identité républicaine, elle a préféré le boycott. Elle a ainsi laissé la place aux racistes qui ont déversé leur bile à loisir.
Mais l’impréparation du ministre et le choix douteux de la gauche n’expliquent pas tout, loin de là. La question de l’identité nationale ne se pose pas qu’en France. Il apparaît partout, car la nation est une notion de plus en plus introuvable. Au moins en partie, ce phénomène est lié à l’impuissance des Etats qui, du fait de la globalisation de l’économie, ne parviennent plus à répondre aux difficultés essentielles de la population, à savoir le chômage, le pouvoir d’achat, les atteintes à l’environnement. Tout se décide ailleurs. Mais où? Bien malin qui serait en mesure d’apporter une réponse claire.

Même s’il peut paraître éloigné des citoyens, l’Etat demeure tout de même un pouvoir de proximité. Il a un visage ou parfois plusieurs. Il est donc angoissant de constater que ce pouvoir-là ne peut plus grand-chose pour vous.
Afin d’apporter cette régulation de l’économie que même les libéraux appellent de leurs vœux, seules des structures supranationales disposeraient de la taille suffisante. Ces structures n’existent pas encore. Nous vivons donc dans un entre-deux fort inconfortable. Durant ces périodes de flottement inquiet, la propagande de l’extrême droite rencontre toujours un écho dans la population. Pour se tirer d’angoisse, rien ne vaut un bouc émissaire, étranger bien sûr.

Ne serait-ce qu’une mauvaise période à passer? Lorsqu’un nouveau pouvoir adapté à l’économie globalisée sera mis en place, tous ces problèmes d’identité collective seront-ils résolus? Nullement. Par la force des choses, l’autorité se trouvera encore plus éloignée des citoyens. Il sera alors nécessaire d’entreprendre un vrai débat sur l’appartenance à une collectivité et les relations entre gouvernants et gouvernés.

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Commentaires

Tu as parfaitement raison, Jean-Noël. L'avenir appartient à un renforcement des pouvoirs au niveau mondial sur certains plans et au niveau local, régional, sur d'autres, tandis que l'échelon national devrait probablement peu à peu s'estomper.
La transition risque effectivement d'être un peu inconfortable.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/02/2010

d'accord avec le plouc.le probléme d'identité collective pose probléme à notre époque, mais de même aussi que la confusion entre la nationl'état,la patrie et la collectivité "nationale"!


quelle "identité collective" pour les gitans mal traités en Roumanie?pour ceux qui le sont à peine mieux en Slovaquie et en hongrie?et en france?

et pour "l'identité collective" des kosovars dont la "nation" est reconnue par la CEE, mais pas par la russie et dont l'état ne l'est pas par la Russie et la serbie?pourquoi la france n'à t elle pas le courage le poser le probléme à L'europe alors qu'elle "fait le gros dos" et expulse discrétement les "expulsés albanais" de pays voisins?
quelle "identité" pour les serbes ou les "bosniaques non orthodoxes" dans leurs pays natals,vivant en france comme "clandestins" mais aussi pour les "albanais kosovars en zone serbe" et là ou les uns et les autres sont minorités dans des états nation reconnues par l'ONU? là encore le silence régne partout alors qu il faudrait des "remontances" nationales!

sans oublier le "haut karabak" indépendant(de qui,pourquoi,avec quels moyens d'indépendance?) reconnu "nation-etat et patrie" par la Russie et le vénézuela,mais pas par la géorgie et les puissances à l'oNU,ni la france!

"l'identité nationale serait elle restricive" en france contrairement a ce que "la notion française"affirme publiquement!
quelle "identité nationale" pour les minoritées "polonaises" de bielorussie,les "russopohones" des pays baltes,?

même remarque pour l'état palestinien qui à du mal à former "nation" faute de souveraineté incontestée sur le plan territorial ?ou Haiti dont "l'état et la nation" sont sous tuelle de fait des "humanitaires" les plus puissants du coin?

Il reste alors la "patrie"?mais est on surque les "patriotes" haitiens aient intérét à faire "cause commune" avec les nationalismes de tout bord,pas forcément "libres" de puissances actuelles?
et taiwan par rapport à la chine et vis à vis des "aborigénes"?et de Pekin?
Que dire de la "patrie" des (I8.OOO)juifs allemands autrichiens et russes qui trouvérent refuge à Shangai(chine) pendant la guerre alors que l'occidents et les usa les refusaient?

et de "l'identité nationale" du pape -de nationalité allemande-qui est en même temps reconnu comme chef de l'état de droit du vatican(chef élu par ses pairs mais pas par ses fidéles))?

et du dalalai lama- qui lui n'est reçu-et reconnu-que comme chef "spirituel" d'un autre état de droit que fut le Thibet,dont on n'oublie pas qu'à une certaine époque son chef(désigné mais pas par le peuple ni par les électeurs citoyens)"penchait" vers le nazisme autant que le grand mufti de jérusalem qui facilita la légion "albanaise " de waffen SS "handchar"(2O.OOO hommes) qui massacra beaucoup de juifs et de serbes)et ainsi de suite.

il faut se souvenir que par "hérédité" les monarques français furent autant "francais" que leurs épouses princesses danoise,ukrainienne, polonaise,savoyarde(alors étrangére
italienne,allemande,polonaise,autrichienne ,écossaisse, du sud,de l'est et du nord de la france ,et quoi qu'en pensent les propagandes "franco-francaises" cénophobes,cela ne les empécha pas de procréer des rois de France
.N'oublions pas que le roi d'espagne tres "hispanique" est un descendant direct de Louis XIV qu'une branche des bonaparte est "typiquement" américaine!

la république peut elle sacrifier "à l'air du temps" sans danger pour elle même?

il faut Rapeller aussi que le général de Gaulle fut déchu de sa nationalité française(et condamné à mort)par le "tres francais" maréchal Pétain, et qu'il avait aussi des origines flamandes et irlandaises et que la princesse Mafalda d'italie -pourtant proche du roi qui mis mussolini au pouvoir-mourru en déportation sur ordre personnel d'hitler qui réservait le même sort à l'heritier des HABSBOURG
IL FAUT DIRE QUE CELA COMPTE DANS LA 3FICHE D4IDENTIT23 DES FRANCAIS R2PUBLICAINS AUTANT QUE
DANS CES CONDITIONS ON MIS LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS
dans ces conditions la definition de l identite francaise(sans compter les bi nationaux)est davance fausséee car on n a pas définis les contours de
l identite republicaine des francais et on s est limite à un effet d'annonce peu conforme aux principes républicains francais en "sautant "la case "parlement"
c'est dommage ,le sujet meritait mieux qu une pousse de "fievre électoraliste" tant à gauche qu'à droite!.

Écrit par : gpradet | 22/02/2010

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