25/09/2009

Clearstream, Villepin, Sarkozy… Et si on nous prenait pour des truffes ?

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Pris dans la tourmente du procès Clearstream – « courant limpide », tu parles ! – ce pauvre Plouc a la tête encombrée de questions. Alors, sans ménagement, il vous livre, comme ça, sur la table, son plus gros point d’interrogation

Clearstream ne serait-il pas un attrape-couillon pour nous faire oublier la véritable affaire d’Etat, celle dite « des frégates de Taïwan » ? A la fin des années 90, les justices suisse et française enquêtent sur une supposée corruption à grande échelle dans le contexte de la vente en 1991 par le groupe français Thomson-CSF, de six frégates à Taïwan pour la somme de 2,8 milliards de dollars.
Il y aurait eu des commissions et des rétrocommissions – c’est-à-dire des sommes qui retournent à l’acheteur pour payer, souvent de façon occulte, des intermédiaires ou des courtiers – d’un montant de 520 millions de dollars. Or, ces commissions étaient interdites par les contrats signés entre les protagonistes. De plus, de nombreux morts suspectes ont été constatées dans cet environnement où pullulent crabes et requins.

A qui ces commissions ont-elles été attribuées ? Quels décideurs ont-ils reçu cette manne ? A-t-elle profité à des partis politiques ? On ne le saura sans doute jamais. Et l’affaire Clearstream aura peut-être joué un rôle dans cet échec.
En effet, les faux relevés de la chambre de compensation ont été envoyés anonymement au printemps 2004 au juge van Ruymebeke en relation avec le dossier des frégates qu’il instruisait. Le magistrat français et son confrère suisse, le Genevois Paul Perraudin ont dû vérifier ces relevés. Entre-temps, ces faux – alors pris pour des documents authentiques - ont été publiés par la presse, mettant ainsi en cause, une quarantaine de journalistes, de dirigeants économiques, de politiciens, dont Nicolas Sarkozy. Une tornade politique s’en est suivie, rendant frégates.jpgainsi quasiment impossible la poursuite de la vraie enquête sur le véritable scandale d’Etat : les frégates de Taïwan.

Le Plouc a comme l’impression qu’on le prend pour une truffe.

 

Jean-Noël Cuénod
 

 

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Commentaires

Mon ami le plouc serait-il en train de s'emberlificoter les pinglots dans ses zéros ? 520 milliards de commissions et rétrocommissions, ça fait vraiment un sacré paquet de pognon. L'équivalent d'une centaine de porte-avions nucléaires au tarif d'aujourd'hui. Ce qui me parait extrêmement cher payé pour une demie-douzaine de simples frégates !

Écrit par : Philippe Souaille | 25/09/2009

Tu as bien entendu raison Philippe et je te remercie de ton attention. Clearstream continue à m'enfumer. C'est de 520 MILLIONS de dollars qu'il s'agit. Je viens de corriger. Encore merci JNC

Écrit par : Jean-Noël Cuénod | 25/09/2009

Jean-Noël a peut-être envie de grossir la somme pour pouvoir croire à un complot secrètement ourdi par Villepin et Sarkozy en réalité copains comme cochons. Mais c'est aussi que les journalistes aiment bien parler du feuilleton des petites guerres entre hommes politiques pour arriver au pouvoir: cela ressemble à un roman de Maupassant. On personnalise l'actualité, pour la rendre plus attrayante. Or, dans la "Tribune" d'hier, Jean-Noël, c'est quand même un peu ce que vous avez fait, en vous focalisant sur la personne de Sarkozy, et en le distinguant de la vie de la cité prise absolument, alors même qu'il a été démocratiquement élu pour diriger la vie de cette cité. Cela ne vous plaît peut-être pas, mais ce fut le choix souverain du peuple français, et si on admet que la politique peut influencer la justice (comme vous l'avez à peu près dit dans cet article, si j'ai bien compris), puisque le peuple français a choisi pour diriger la vie politique Nicolas Sarkozy, je ne vois pas comment on peut ensuite dire que Sarkozy n'a pas le droit d'influencer la justice. La vérité est bien sûr que la politique garantit l'indépendance de la justice, et n'a pas le droit de diriger la justice elle-même. Cela n'a justement rien à voir avec la personne même de Sarkozy. Cela serait Mitterrand ou Delanoé, ce serait pareil. Moi, je n'ai pas voté Sarkozy, mais je suis solidaire de la volonté du peuple français, de mes concitoyens. Je pense que quand on a choisi d'habiter la capitale de la France, il serait judicieux de faire comme moi, mais enfin, vous faites ce que vous voulez.

Écrit par : rm | 25/09/2009

Les histoires judiciaires de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, descendant d'immigrés de la petite noblesse hongroise qui par son train de vie se prend pour le Roi Soleil et qui s'affiche comme un "saigneur" de l'économie française, ne justifient pas la une des journaux. En effet, la jungle règne en France avec ses propres lois dans les entreprises qui continuent à "restructurer" en profitant de la crise, en supprimant les emplois, en exerçant le "management de la terreur" d'après la lettre laissée par le dernier suicidé en date. De même, la gauche qui aurait du redonner aux français l'espoir a fini par des fraudes indignes d'une démocratie clamant haut et fort être la patrie des "droits de l'homme", tombe aussi dans une frénésie de poursuites contre les auteurs du livre dénonçant les faits. L'automne en France c'est "juridigate" tout azimut, histoire d'occuper les foules.

Écrit par : sirène | 26/09/2009

Un intéressant sondage sur ce sujet a été publié sur le portail Pnyx :

" Villepin vs Sarkozy : à complot, complot et demi ? "

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/373

Écrit par : Daniel | 21/10/2009

Merci Daniel pour le Sondage, je vais aller voter pour me donner bonne conscience.

Effectivement , le sujet des frégates de Taïwan est bien couvert et documenté sur Wikipedia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_frégates_de_Taïwan

A noter dans la chronologie
Octobre 2001 : Laurent Fabius, ministre des Finances, refuse de lever le secret défense.

Un ministre de la Jeunesse et des sports ou du Tourisme ferait la même chose que cela en serait risible.

Écrit par : Patrick Nouhailler | 21/10/2009

L'affaire Clearstream ou qui sera le plus ridicule dans cette histoire. Cette affaire donne un beau visage à nos institutions politiques et gouvernementales, pas étonnant que les audiences électorales soient si faibles ensuite. Vilepin peut se dire victime d'un acharnement, cette affaire lui permet de le mettre au devant de la scène médiatique, or faire le buzz est devenu une arme suprême avec le développement des réseaux sociaux. Même s'il semble s'en sortir plutôt bien, cette arme reste toutefois à manier avec précaution ...

Écrit par : Blague | 20/02/2010

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