27/08/2009

La rapacité plus forte que Barack Obama. Pour toujours?

Picsou.jpgL’homme le plus puissant de la planète a trouvé plus forts que lui : les traideurs rapaces de la phynance qui sont en train de constituer une espèce à part. Durant tout le mois d’août, Barack Obama n’a cessé de vitupérer l’indécence de ces courtiers qui continuent à engranger des bonus monstrueux, alors que leurs banques – coupables d’avoir entraîné le monde dans la crise -  ont dû quémander l’aide massive des contribuables, aux Etats-Unis et dans tous les autres pays développés.

Mais les imprécations du président états-unien restent sans effet concret car pour l’instant, il ne peut s’opposer efficacement à ce constat : les dirigeants de banque sont forcés de surpayer leurs traideurs et autres courtiers afin qu’ils ne partent pas jouer ailleurs. C’est ce qui est récemment arrivé à JPMorgan Chase qui s’est fait « voler » l’un de ses traideurs vedettes par la Bank of America qui lui a promis un salaire annuel – minimal ! - de 6 millions de dollars pour prix de son « transfert ». Rappelons que la Bank of America avait reçu un prêt de 45 milliards de dollars de la part de la Maison-Blanche….

 

Cette poursuite dans la folie rapace est dénoncée de façon particulièrement claire et virulente par l’attorney general (à la fois procureur général et ministre de la justice) de l’Etat de New-York, le démocrate Andrew Cuomo. Dans un rapport disponible sur son site, il dresse ainsi le diagnostic de cette affection mentalo-bancaire :

 

 Quand les banques allaient bien, leurs salariés étaient bien payés, quand elles allaient mal, ils étaient toujours bien payés, et quand elles allaient très mal, elles étaient aidées par les contribuables et leurs salariés étaient toujours bien payés.

 

Obama obligé d’aller jusqu’au bout pour briser le secret bancaire

 

Pour apporter remède à cette insupportable injustice, il faudrait frapper les traideurs à leur seul organe sensible : le portefeuille, par le truchement des impôts. Mais ces courtiers choisiront aussitôt de planquer leur butin dans des contrées au secret bancaire opaque. Barack Obama n’a donc d’autres solutions que de contraindre ces pays à la transparence « made in USA ». Par conséquent, si les gnomes de Zurich croient en avoir fini avec les pressions du géant états-unien, ils se flanquent le doigt dans leur œil déjà bien myope. Pour Washington, le récent accord signé avec la Suisse n’est qu’un début.

 

Mais pour l’instant, ce mécanisme destiné à faire cracher aux rapaces leurs proies argentées tarde à être mis en place. Si cette impotence Picsou1.jpgde l’hyperpuissance états-unienne continue, la révolte populaire ne fera que s’enfler. Un jour peut-être, un courtier empochera le bonus de trop et un chômeur recevra la facture de trop, avec tous les risques de vengeance meurtrière que cette situation comporte.

 

Dès lors, si Obama parvient à faire rendre gorge aux traideurs, il sauvera sans doute la vie de certains d’entre eux !

 

 

 

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Beaurecueil, commune de Saint-Sulpice-de-Mareuil (Périgord Vert)

 

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16/08/2009

La Sarkorelance vécue par le libraire de Nontron

BNP.jpgSous le rude cagnard du Périgord, Le Plouc fait quand même ses devoirs de vacances. Ecouter  Jacques Attali dans l’émission « Le Sens des Choses » sur France-Culture,  par exemple. Un glaçon d’intelligence dans le pastis radiophonique est ce genre de plaisir qui ne se refuse pas lorsque le mercure lorgne les 40 degrés au-dessus de zéro.
Cela dit, avec l’invité de dimanche soir (16 août 2009) la langue de silicone était à craindre, puisqu’il s’agissait d’un banquier, une espèce humaine dont le babil lourdingue a la crédibilité de celui des journalistes. Et ce n’est pas peu dire. Eh bien, sur un point au moins, nos craintes ont été vérifiées.

 En effet, ledit invité, Baudoin Prot, directeur général du groupe BNP-Paribas, a affirmé que les banques – en tout cas la sienne – n’ont pas cessé d’octroyer des crédits aux entreprises de toutes tailles et aux artisans. Et si les crédits étaient moins nombreux cette année, cela ne résultait pas de la mauvaise volonté des banques, mais du nombre moins important d’emprunteurs.
Petit rappel : la France a réservé 10,5 milliards d’euro pour aider les établissements bancaires à réinjecter des crédits dans la machine économique grippée par l’absence de… crédits après la tourmente financière.
 Voilà donc la vision de la Sarkorelance, vue de tout en haut (NontronVerti.jpgsiège de BNP-Paribas-photo), à Paris, capitale de la France et du Cosmos réunis

Vu de tout en bas, à Nontron, sous-préfecture de la Dordogne, le paysage paraît fort différent. Ce bourg du Périgord Vert (photo) abrite une librairie d’excellent niveau. Une vraie librairie. Avec des vrais livres et un vrai libraire. Et que dit-il ? «De l’avis de tous les commerçants et de tous les artisans de la région, les banques ne prêtent plus rien. Et ceux qui votent à droite se montrent particulièrement virulents contre ces établissements et la politique du gouvernement. Pour ma part, j’ai saisi le Médiateur du Crédit qui est censé plaider notre cause auprès des banques. Cela fait quatre mois que j’attends une réponse. Ce service est complètement débordé. »

D’où l’impression que les dirigeants des banques ont profité de la crise pour encaisser l’argent de l’Etat afin de continuer à se goinfrer. Comme avant. Vision superficielle ? Vision populiste ? Peut-être. Eh bien que les banques prouvent le contraire ! Dans les faits.

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Beaurecueil, commune de Saint-Sulpice-de-Mareuil (Dordogne)

 

 

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07/08/2009

La poésie, cet état d’être à découvrir

Il y a dans l’été, cette vacuité qui n’est pas due qu’aux vacances. Si elle n’a pas pris ses quartiers d’hiver en août, la chaleur y participe en favorisant les siestes, crapuleuses ou non. Et si, la pluie se fait pressante, la regarder couler le long d’une vitre hypnotise. L’été, c’est l’apesanteur. C’est donc le moment privilégié pour découvrir ou redécouvrir la poésie.

Sources insoupçonnées

Il faut tout d’abord dépolluer ce mot de toutes les images poisseuses et gnangnan qui lui collent à la peau. La poésie n’a rien à voir avec ce qu’un vain peuple lui attribue: les jolies fleufleurs et les p’tits noiseaux. C’est-à-dire tout ce que de mauvais profs ont ânonné à leurs victimes, tout ce que des décennies de chansonnettes cucul-la-prâline ont débité dans les boîtes à babil et autres moulins à guimauve. La poésie, c’est la force qui vient des profondeurs. De toutes les profondeurs, de la terre, du ciel et surtout de chaque humain. Chacun possède ses rivières souterraines, ses sources insoupçonnées qui ne demandent qu’à sourdre. Mais le reste de l’année, l’industrie des abrutissements divers fait trop de bruits pour que l’oreille intérieure en perçoive les murmures.
L’été venu, jetez-vous donc à l’eau. Dans votre eau. Découvrez le chemin qui conduit à vos torrents occultes. Pour briser ces roches qui vous en interdisent l’accès, il suffit de peu. Et de beaucoup.
De peu, quelques vers et un air de guitare fournissent la dynamite nécessaire.
De beaucoup, il faut savoir faire silence. Ce qui demeure la tâche la plus rude.

Chacun voit midi à la porte de ses rêves

Mais la chandelle en vaut le jeu. Dès que jaillit votre geyser de poésie, cette excursion marquera toute votre vie. Bien plus qu’une visite aux Chutes du Niagara. Il est impossible de décrire vos impressions lorsque ce moment magique surviendra. Elles n’appartiennent qu’à vous. Car, la poésie porte votre mystère personnel. Chacun voit midi à la porte de ses rêves. La poésie est donc un état d’être.
Le mot «poésie» désigne également cet art littéraire particulier et qui consiste, selon Paul Valéry, à «restituer l’émotion poétique à volonté, en dehors des conditions naturelles où elle se produit spontanément et au moyen des artifices du langage». Ce qui différencie la poésie de la prose? Le nombre qui créé le rythme. Le poème est une bande de nombres qui prend les mots en otages. Pour rançon, elle exige de l’attention. Ce n’est pas cher payé pour un tel bonheur.
Mais attention à cette «attention». Il ne s’agit pas de la concentration crispée prônée par le dressage scolaire, mais d’une disponibilité attentive à se laisser emporter par la langue. On ne saurait lire un poème en essayant laborieusement de comprendre «ce que l’auteur a bien voulu dire par là». Si vous vous trouvez dans cette disposition, mieux vaut laisser tomber le bouquin.

L’essentiel

 L’essentiel ne tient pas dans ce que le poète a cherché à exprimer, mais s’inscrit au cœur des images, sensations, songes que son poème a fait naître en vous.
Quel poète choisir? Les rarissimes occasions où les médias causent poésie, ils n’expulsent de leur mufle que les noms d’auteurs morts. Préférez donc les vivants. Francis Coffinet, par exemple, dont «L’Argile des voyous» a paru aux éditions Alidades à Evian. En voici un extrait:

La nuit, les lentes caravelles 

 sortent de l’arcade sourcilière

 sur chacune d’elles, debout,

 l’un de nos ancêtres.


Jean-Noël Cuénod, correspondant à Beaurecueil - Saint-Sulpice-de-Mareuil

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05/08/2009

Le Plouc en direct de Beaurecueil

 

Felix_Valise.JPG

Le Plouc et la Plouquette prennent exemple sur leur chat Phélix (Photo Plouquette tous droits réservés, même de travers) et font leur valise pour partir au Périgord Vert. Dès lors, la capitale de la France se situe désormais à Beaurecueil, commune de Saint-Sulpice-de-Mareuil, dans ce département de la Dordogne qui donne une idée assez fidèle du paradis.

De toute façon, plus rien ne se passe à Paris. Les boulangers s’enfournent sur les plages, les bouchers étalent leurs viandes sous les parasols, les épiciers de la chaîne ADC (Arabe Du Coin) se goinfrent de couscous maternel à Béjaïa ou Kasba-Tadla. Même le vendeur de journaux de la Butte-aux-Cailles a bravé la presse dans les gares. Même l’infatigable et sympa Véro et son équipe du marché Blanqui sont allés voir ailleurs si les radis ont bronzé. Même le Grand Magic SarkoCircus a plié son chapiteau, son clown en chef ayant montré quelques signes de fatigue.

Toutefois, le blogue du Plouc interviendra de temps à autre, au gré des humeurs périgordines. Et si le Pécharmant ne cogne pas trop fort. Ne rigolez pas, le Pécharmant n’a rien à voir avec une flatulence lâchée avec distinction dans un salon de thé. C’est le nectar du Périgord Pourpre. Qui peut rivaliser avec bien des Bordeaux, ses voisins friqués et pour certains, surévalués.

Alors santé !
Vous en aurez bien besoin pour affronter à la rentrée la grippe A H1N1X6J etc… Bref, cette grippe qui a tellement de noms qu’on ne sait plus à quels saints vaccins sains se vouer.

 


Jean – Noël Cuénod

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