28/06/2009

Michael Jackson : marée de larmes gluantes pour l’apôtre de la régression

 

 

Le Plouc ne pouvant encore s’approcher d’un ordinateur – il remercie d’ailleurs celles et ceux qui lui ont envoyé des messages sympathiques à l’occasion de sa petite opération ophtalmologique – c’est La Plouquette qui tient le clavier sous sa dictée.

 

Il y a, en effet, urgence. Condamné à écouter la radio, Le Plouc suffoque. Toute la planète se voit submergée par une marée de larmes gluantes et de sanglots poisseux à l’occasion de la mort de Michael Jackson. Les manifestants de Téhéran et d’Ispahan peuvent se faire massacrer en toute tranquillité par les milices d’Ahmanimachin et les aspirations à la démocratie de tout un peuple, être étranglées par une dictature mollachiste, peu importe : le monde détourne le regard pour pleurnicher sur « Bambi » qui n’est plus.

 

Le trépas d’un humain mérite le respect, certes. Les rites funéraires ne forment-ils pas la genèse de la culture ? Mais ce matraquage de jacksonneries commence à nous les briser menu, pour citer Michel Audiard et les « Tontons Flingueurs ». Cette hystérie médiatique –  fabriquée par les vendeurs de bruits et relayée par les médiacrates panurgiques – est la marque de cette société qui veut en rester au stade infantile du gavage commercial. Car Michael Jackson – là sans doute a résidé son talent – est devenu l’apôtre de la régression. Sa musique, ses clips, son image se résument par le refus de grandir. Il a bien rencontré son époque de vieux bébés qui se cachent sous la couette pour ne pas voir ce réel inquiétant. Il a su sentir le vent. Bravo, le manager. Cela n’en fait certes pas un créateur génial.

 

« Le Mozart de la Pop »… Un gonozot  radiophonique vient de lâcher ça sur les ondes. Une société qui confond Mozart et Jackson estmichael-jackson.jpg vraiment très malade !

 mozart.jpg

11:13 | Lien permanent | Commentaires (95) | |  Facebook | | |

24/06/2009

Bourka (burqa): ce voile intégral et intégriste qui déchire grave

Le président Sarkozy n’a pas fini d’élever des actions de grâce en faveur d’un député communiste, André Gérin, élu de la circonscription de burka1.jpgVénissieux, à un crachat de beaujolais de Lyon. Ce dernier des Mohicans rouges a, en effet, lancé un merveilleux sujet de diversion au profit du gouvernement français qui affronte un effondrement historique de l’emploi et une baisse massive des recettes fiscales, au moment même où les finances publiques sont sollicitées par les plans de relance et les aides à la masse croissante des démunis.

La burqa de la discorde

Ce député, rappelons-le, propose de créer une commission d’enquête dont le but est, à terme, d’interdire le port du voile intégral (burqa ou niqab) sur la voie publique en France. Grâce au camarade Gérin, cette question occupe désormais le terrain médiatique au détriment des sujets sociaux. Avec une opposition aussi complaisante – même à l’extrême gauche ! – le président peut dormir sans se faire bercer par le dernier disque de sa femme. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si la proposition communiste a reçu le soutien massif de l’UMP, le parti présidentiel. Et Nicolas Sarkozy n’a pas manqué d’aborder la question du voile intégral et intégralement intégriste dans son discours devant le Congrès de Versailles.
Toutefois, si ce sujet continue à soulever un tel intérêt, c’est qu’il trouve un écho au sein de l’opinion publique. Dans mon bistrot du XIIIe arrondissement parisien, les habitués ne parlent que de ce voile qu’on ne saurait voir. Le thème est d’autant plus délicat à traiter qu’il divise le gouvernement et tous les partis, jusqu’aux individus eux-mêmes. Il en va ainsi de votre serviteur : un jour, il soutient l’interdiction et le lendemain, il la trouve inopportune !

Pour l’interdiction

Voyons les arguments favorables à la proscription. Dans de nombreuses cités de la banlieue parisienne, le port de la burqa et du niqab devient visible. Certes, aucune statistique sérieuse ne peut quantifier l’ampleur de cet usage. Mais il est incontestable qu’on rencontre un nombre croissant – sans jeu de mot – de ces musulmanes incarcérées dans leur prison ambulante. Cet effacement physique de la femme s’oppose avec une telle violence à la conception du monde de l’Europe que cette démarche dégradante quitte la sphère de la tolérance mutuelle d’une société. A l’impassible, nul n’est tenu. A cet égard, le discours d’Obama - qui critique la France en affirmant que les musulmanes doivent porter le vêtement qu’elle désire – est criant d’hypocrisie. Le machisme de certaines tendances islamistes est tellement intériorisé, même par les femmes, que parler de « libre choix » n’a aucun sens.
Une interdiction serait  d’autant plus salutaire que les musulmans modérés – l’immense majorité - se montrent souvent trop ambigus et trop laxistes à l’endroit des sectes extrémistes de l’Islam, celles qui, justement, imposent la burqa. Il paraît nécessaire de leur prescrire une piqûre de rappel laïc.

Contre l’interdiction

burka3.jpgPassons aux arguments opposés. La France sarkozyenne adopte une pratique incohérente. A chaque fait-divers, il lui faut une loi. Dès lors, les textes s’accumulent transformant le corpus législatif en millefeuille indigeste et difficilement applicable. Notre époque est suffisamment complexe pour que l’Etat se concentre sur ses missions essentielles, sans se mobiliser pour des questions subalternes d’ordre vestimentaire. De plus, une interdiction viserait les seuls musulmans, avec tous les risques que cela suppose d’en faire des boucs émissaires bien commodes pour évacuer sur eux toutes les frustrations nées de la crise économique. Cela susciterait un enfermement encore plus intense des musulmans dans leur communauté, de nature à provoquer des troubles sociaux graves.
Ce voile, décidément, nous déchire ! Et qui nous déchire grave, pour causer en djeune.


Jean-Noël Cuénod

(Ce texte est paru dans une version plus courte aux rubriques « Perspective » de la Tribune de Genève et « Réflexion » de 24 Heures, jeudi 25 juin).


Le Plouc subit une opération à son deuxième œil le 25 juin et sera donc privé de blogue pendant une semaine. Pour l’ouverture de son troisième œil, on verra plus tard.

 

19:38 | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Facebook | | |

19/06/2009

Procès de Véronique Courjault : l’admirable travail de la défense

Il est rare qu’un verdict satisfasse à la fois l’accusation, la défense, les parties civiles et l’opinion publique. C’est pourtant le cas de celui qui a marqué, jeudi soir à Tours, la fin du procès de Véronique Courjault, à la Cour d’assises d’Indre-et-Loire.
Cette mère de famille française, âgée de 41 ans, a été condamnée à huit années d’emprisonnement pour un meurtre et deux assassinats sur trois de ses bébés qu’elle venait de mettre au monde.
Le meurtre, c’est celui d’un petit commis en France et dont le corps a été brûlé.
Les assassinats – c’est-à-dire en droit français, le meurtre avec préméditation - qualifient juridiquement la mort de deux autres nouveau-nés survenue à Séoul alors que la famille Courjault se trouvait en Corée du Sud pour des raisons professionnelles. C’est la découverte – par le mari Jean-Louis Courjault - de leurs cadavres dans le congélateur familial qui a mis au jour cette horreur.

Pas de monstre

Evoqués superficiellement, les faits induisent à qualifier cette mère infanticide de « monstre ». Pourtant, tel n’est pas le cas. Les trois défenseurs de Véronique Courjault sont parvenus à nous conduire au-delà des faits, bien mieux que les experts psychiatres qui se sont succédé à la barre en se contredisant et en nous offrant une seule certitude : la psychiatrie est tout, sauf une science exacte.

Qui sont-ils, ces avocats ? Le plus connu outre-Jura est sans conteste Henri Leclerc, l’ancien président de la Ligue française des droits de l’Homme qui, à 75 ans, garde la fougue d’un avocat stagiaire tout en rayonnant de sagesse. A ses côtés, deux femmes ont effectué un travail de fond exceptionnel : l’associée de Me Leclerc,  Nathalie Sényk et Me Hélène Delhommais. Elles n’ont pas seulement bûché le dossier. L’une et l’autre ont longuement parlé avec Véronique Courjault, contribuant sans doute à ce qu’elle puisse prendre conscience de la réalité de ses actes.

Pas de déni de grossesse

D’emblée, Henri Leclerc balaie la thèse du déni de grossesse, agitée par certains experts et de nombreux médias. Elle est pourtant favorable à la défense. Dans ce cas de figure, l’inconscient de la future mère refuse totalement l’éventualité d’une grossesse. Il va occulter même les symptômes physiques de cet état. Et c’est dans la plus complète des stupéfactions que la femme accouche. Dès lors, il devient impossible de retenir contre elle la préméditation et donc l’assassinat.

Et la contraception ?

Mais bien des signes montrent que Véronique Courjault n’entre pas tout à fait dans cette catégorie. Elle avait « l’intuition » qu’elle était enceinte. Mais cette conscience floue agissait par éclipses comme l’explique Me Leclerc : « Cette grossesse devient « quelque chose » qui doit être mis de côté afin d’empêcher Véronique Courjault d’exploser ».
 De plus, cette mère de famille – elle s’occupe admirablement de ses deux garçons de 14 et 12 ans – connaît les moyens de contraception. Pourquoi ne les a-t-elle pas utilisés ? Me Nathalie Sényk se pose aussi la question : c’est, chez Véronique Courjault, une faille profonde. Elle ne tente même pas de l’expliquer et ne sait que dire : « C’est comme si ça ne pouvait pas m’arriver ».
Certes, elle est responsable de ses actes mais sa conscience demeure altérée, relève Henri Leclerc : « Elle se trouve au bord du mur qui sépare l’état normal de l’état psychotique. Elle est encore du bon côté de ce mur. Mais il s’en faut de peu. »
 
« Il faut condamner ma cliente, mais… »

 Les avocats vont donc jouer cartes sur table avec les trois juges de la Cour et les neuf jurés : non, nous ne plaidons ni l’acquittement, ni le déni de grossesse. Henri Leclerc va encore plus loin : il faut condamner sa cliente, pour punir des faits inacceptables pour la société, mais aussi pour l’aider. Une condamnation mesurée lui permettra de se sentir responsable et sur cette base, elle pourra se reconstruire.

La Cour d’assises a donc écouté cette voix qui rend la clémence intelligente. Huit ans de prison, c’est la mesure appropriée. Tout d’abord – et ce n’est pas un détail – elle n’a pas retenu la réclusion criminelle qui aurait empêché tout aménagement de la peine. Ensuite, par la déduction du temps passé en détention préventive et la libération conditionnelle, Véronique Courjault retrouvera les siens dans un an et demi. Ce laps lui permet de préparer sa sortie de prison et de poursuivre avec son mari – qui n’a cessé de la soutenir – et leurs deux fils, le travail progressif vers un peu plus de lumière.


Jean-Noël Cuénod à Tours

11:10 | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | |

17/06/2009

Sottisier franco-suisse (1) : vive le chocolat bancaire !

Chocosuisse.jpgLes journalistes français – du moins une part importante d’entre eux – aiment les figures de styles imposées. Le temps a beau s’écouler, elles demeurent aussi imperturbables que le Zouave du Pont de l’Alma dont les pieds sont léchés par une Seine éternelle.

Ainsi, les rares fois où leurs plumes – plus ou moins déplumées, d’ailleurs – condescendent à griffonner quelque chose sur la Suisse, ils doivent sacrifier à cet impératif : mélanger pentes neigeuses, secret bancaire et chocolat laiteux. Avec un soupçon d’horlogerie pour les rédacteurs les plus intellectuels. La mixture est souvent indigeste. Qu’importe. Aucun article français sur la Suisse ne saurait y échapper.

On pourrait croire la presse économique – généralement d’excellente qualité outre-Jura – épargnée par ce prurit cacaoté. Ses journalistes spécialisés ne devraient ignorer ni la place éminente de Novartis dans l’industrie pharmaceutique mondiale, ni celle de Nestlé dans l’agroalimentaire, ni le réseau dense d’entreprises moyennes performantes dans les secteurs de pointe.

 Un récent éditorial de la « Tribune » - non pas celle-ci, l’autre ! – nous prouve le contraire. A l’instar des feuilles de chou, elle démontre sa capacité à s’embourber dans le chocolat. Après la signature de la nouvelle convention franco-suisse sur la double imposition, l’auteur relève – sous le titre « Quand les fraudeurs sont chocolat » - qu’avec la levée du secret bancaire, la Suisse « sacrifie l’un de ses pôles d’excellence mondiale. Heureusement pour elle, il lui reste vaches, cloches et alpages aux pentes enneigées ».
 Et pour bien enfoncer le Toblerone dans nos têtes, l’éditorialiste de conclure : « Les amateurs de voyages en Suisse seront réduits à se rabattre sur une autre spécialité helvétique, le chocolat » (…)

Le chocolat, semble-t-il, n’allège ni les hanches, ni le style.

 

Jean-Noël Cuénod

 

11:07 | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook | | |

15/06/2009

Non, Calvin n'était pas calviniste!

Quel regard Jean Calvin aurait-il jeté sur l’actuelle célébration du 500e anniversaire de sa naissance? Sans doute, ses yeux auraient-ils fulminé une sainte colère.

Lui qui sa vie durant n’a cessé de dénoncer le culte de la personnalité comme un odieux écran au seul culte qui vaille — celui que l’on doit à l’Eternel, par le seul intermédiaire de Son Fils — le voilà donc propulsé au rang de vedette. Eh oui, Calvin n’était pas calviniste! Son nom collé à une doctrine comme une étiquette sur un pot de confiture, voilà qui doit le faire se retourner dans cette tombe qu’il a voulue cachée afin qu’elle ne serve pas à quelque dévotion impie.

«Protestant », un point c’est tout.

Le mot «protestant» se suffit à lui-même. Protestation contre les marchands du Temple. Protestation contre les puissants de ce monde qui, tout à leur pompe et à leur pourpre, se croient investis par un Dieu serviteur de leurs intérêts. Protestation contre soi-même, contre nos faiblesses devant tout ce qui brille.

Ce message résonne plus que jamais à nos oreilles encombrées pourtant de bruits et de rumeurs. On imagine sans peine avec quelle ironie Calvin aurait brisé nos idoles d’aujourd’hui, tous ces «pipoles» tintinnabulant de «blingblingueries» sur nos étranges lucarnes. Car contrairement à l’image barbante dont il est affublé, le Réformateur savait manier l’humour avec talent. Un humour corrosif, iconoclaste — cela va de soi — et roboratif. Pour vous en persuader, découvrez — ou relisez — son «Traité des Reliques» (Editions de Paris-Max Chaleil). Vous y rencontrerez un autre Calvin qui ne ménage ni ses effets comiques ni son irrévérence.

La Vierge Marie transformée en vache par le culte des reliques

Le Réformateur s’attaque à ces morceaux de croix du Christ et autres ossements de saints qui font l’objet d’un culte dont il souligne l’absurdité: «Ils n’ont point eu honte de feindre une relique de la queue de l’âne sur lequel notre Seigneur fut porté, ils la montrent à Gènes (…) Si on leur eût montré des crottes de chèvres, et qu’on leur eût dit, voici des patenôtres (chapelets) de Notre Dame, ils les eussent adorées sans contredit. »

A propos de Marie, Jean Calvin rumine cette métaphore: «Il n’y a si petite villette ni si méchant couvent, où l’on ne montre du lait de la Sainte Vierge, les uns plus, les autres moins. Tant y a que si la Sainte Vierge eût été une vache (…), à grand-peine en eût-elle pu rendre telle quantité. »

L’idolâtrie, ferment de la tyrannie

Que dirait-il aujourd’hui où le moindre crampon perdu d’un footballeur médiatique devient un morceau de la sainte Croix? Où la chemise Calvin1.jpgtrempée de sueur d’une rock-star se mue en saint suaire? Certes, ce genre d’idolâtrie relève surtout du grotesque et du clownesque. Mais cette tournure d’esprit, cette faculté de prendre l’ombre pour la lumière recèlent des périls bien plus redoutables.

L’adoration convoque toutes les forces psychiques d’un individu, puis de tout un groupe qui communie dans le même sens. Il en résulte une puissance mobilisatrice qui peut entraîner violences et destructions. Est-il besoin de rappeler la fascination pour le Führer qui a mené à la barbarie le plus cultivé des peuples?

En nous conduisant à adorer l’Invisible, Calvin nous invite à rendre vivable le visible.

Jean-Noël Cuénod

(Ce texte est paru en rubrique "Perspective" dans la Tribune de Genève, jeudi 11 juin 2009)

 

Illustration tirée de l'excellent ouvrage "Calvin sans trop se fatiguer",par Christopher Elwood, illustré par Mix & Remix, Ed. Labor et Fides.

10:18 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

12/06/2009

Pourquoi les politiciens ont-ils la vue courte ? Réponse d’un opticien

mitterranlunettes.jpg

Voilà Le Plouc sorti de sa première opération aux yeux. En attendant la seconde. Et lorsque des problèmes de ce genre surgissent, on est aux petits soins pour son opticien. Celui du Plouc a choisi une enseigne qui symbolise le regard lourd de doutes qu’il pose sur le monde : « Mon Œil ». Il crèche au milieu de la Butte-aux-Cailles, ce quartier prestidigitateur qui vous plante un village en plein Paris.

On ne perd jamais son temps à causer avec un opticien. Ainsi, celui de « Mon Œil » a-t-il résolu cette énigme qui court la capitale, des bars-tabacs-PMU jusqu’aux salons du XVIe arrondissement : pourquoi les hommes politiques actuels ont-ils si courte vue ?Mitterandsanslunettes.jpg

L’explication de mon opticien est rigoureusement médicale et aussi ophtalmo que logique. Je vous la livre telle quelle :

chiracLunettes¨$.jpg« Vous n’avez pas remarqué que jadis, la plupart des politiciens portaient des lunettes ? Ça faisait plus sérieux et vous posait un ministre. Puis, à partir des années 80, les lunettes ont progressivement disparu. C’est Mitterrand (photos) qui a impulsé ce mouvement. Suivi par Chirac (sur la photo de gauche, les centenaires auront reconnu l'inénarrable Danièle Gilbert, icône de la télé devenue madone des supermarchés). L’élection du président au suffrage universel et le poids prépondérant de la télévision lors des campagnes politiques ont fait que l’apparence physique est devenue le premier critère de popularité.
» Les lentilles de contact ont joué leur rôle dans cette transformation. Mais depuis quelques années, les politiciens recourent de plus en plus à la chirurgie. Elle leur permet de régler un œil de façon à lire de près et l’autre de manière à voir loin. Ainsi, ils peuvent passer de la lecture d’un chirac sanslunettes.jpgdocument au salut à la foule sans changer de lunettes. »

Magnifique ! Vraiment, les progrès de la médecine nous en font voir de toutes les couleurs !

Mais l’opticien douche l’enthousiasme plouquesque :

« Il y a tout de même un gros inconvénient : ce genre d’intervention altère la vision en profondeur ».

Tout s’explique. On comprend maintenant pourquoi nos amis les politiciens, toutes nuances de poils confondues, n’ont pas vu venir la crise financière !

 

Jean-Noël Cuénod

 

12:26 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

03/06/2009

Des comédiens romands font vibrer les rues de Paris

« Macadam Cyrano » draine des centaines de spectateurs à la suite des "Batteurs de Pavés" (photos La Plouquette)

Ils viennent de Tolochenaz, Saint-Cergue, Lausanne, Vevey, Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Et les rues de Paris sont devenues leur IMG_0630.JPGroyaume. Durant le week-end de la Pentecôte, la compagnie chauxdefonnière « Les Batteurs de Pavés » a présenté dans trois arrondissements de la capitale française « Macadam Cyrano » qu’elle a interprétée sur les trottoirs, dans les squares, les places, conformément à la belle tradition du théâtre de rue qu’elle défend.

 
Dimanche après-midi, dans le villageois quartier de la Butte-aux-Cailles (XIIIe arrondissement) nous avons dénombré au moins 300 spectateurs qui ont réservé un accueil enthousiaste à cette version de Cyrano pimentée, ça et là,  d’allusion à l’actualité.
Les premiers actes se sont déroulés au carrefour de deux rues vierges de voitures. Les spectateurs se sont donc assis sur le pavé. Alors que Roxanne (Caroline Althaus) a investi un balcon au premier étage d’un immeuble, sur le trottoir, Cyrano (Matthieu Sessli) souffle au baron Christian de la Neuvillette (Renaud Berger) les mots d’amour à la belle. Puis, le comte de Guiche (Laurent Lecoultre), pour se venger d’avoir été évincé, envoie ses rivaux au siège d’Arras.
Juché sur une échelle, le narrateur Ragueneau (Yannick Merlin) invite les spectateurs à suivre les acteurs au siège d’Arras. Ou plutôt au square Adget, située à deux cents mètres. La foule toujours plus grosse les talonne non sans peine, les ruelles étant étroites.

IMG_0635.JPGRoxanne en 125cm3

Le metteur en scène – plutôt metteur en rue – Manu Moser organise ce flux formé d’une myriade d’enfants, de parents, de grands-parents et de passants hilares et éblouis. Chacun attend Roxanne et son carrosse. Elle arrive sur le siège arrière d’une 125 cm3. On pleure lorsque Christian se fait tuer. On hue l’infâme de Guiche. On se repaît de ce texte parfait.
Sur le plan technique, la performance des comédiens impressionne, surtout celle de Matthieu Sessli qui parvient à dire la langue d’Edmond Rostand avec force et modulations, en restant constamment audible ce qui, compte tenu des circonstances, relève de l’exploit.
Le spectacle terminé, le public fraternise avec les comédiens. Et si c’était ça, l’essence du théâtre ?

Jean-Noël Cuénod

Avisse à la population, pour des raisons ophtalmochirurgicales, Le Plouc ne sévira pas sur son blogue pendant quelques jours.

10:10 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |