29/05/2009

Les pensées de Sarkonaparte – chapitre 2 : la démocratie des vilains sentiments

La Sarko-pensée s’est déployée, jeudi 28 mai 2009, avec toute l’ampleur des aigles impériales planant sur Austerlitz. Alors ministre des flaches-bolles, Sarkonaparte  avait passé les cités banlieusardes au quart-cher. Hélas, cela n’a pas suffi à calmer la plèbe délinquante. Alors comme les élections européennes s’enlisent dans un ennui abyssal, le Totipotentat Omni-impérial, a décidé de pousser un de ses coups de clairon qu’il affectionne : fini, le quart-cher, place au lance-flammes.

Bondissant sur ses talonnettes, mues sans doute par quelque ressort occulté, Sarkonaparte s’exclame : « Mais qu’on ne s’y trompe pas, la délinquance ne procède que très rarement de la souffrance sociale ». Les lambris dorés, le luxe des lustres, les lustres du luxe, les décors somptueux de l’Elysée nimbent ces virils propos d’une aura impressionnante. Nul doute que dans un tel environnement, la « souffrance sociale » s’exprime mieux qu’ailleurs, par effet de contraste.
 Il faut souligner tout l’à-propos de la Sarko-pensée. Son auteur ne vient-il pas lui aussi de la banlieue, à Neuilly-sur-Seine ? Et qui dira la « souffrance sociale » de ces milliardaires neuilléens tombés à l’état de millionnaires sous les coups du tsounami financier ? Ils restent dignes, eux. Et ne brûlent pas leur Rolls ! Des exemples à suivre, assurément !

Quelques secondes plus tard, le Totipotentat lance ce vibrant appel à  ceux qui doivent monter à l’assaut des méchantes banlieues. « Ne vous laissez donc pas intimider par la dictature des bons sentiments. »

Cette formule illustre la puissante et saisissante originalité de la Sarko-pensée. Car il a échappé à tout le monde que les cités en question sarkozy-bonaparte1.JPGfussent à ce point dominées par les « bons sentiments. » En matière de dictature banlieusarde, on avait cru qu’elle était plutôt le fait des caïds qui tiennent leurs stupéfiantes épiceries dans les sous-sols de barres HLM et ne paraissent pas particulièrement guidés par les « bons sentiments ». Surtout, lorsqu’ils les expriment à coups de Kalachnikov.
Cela dit, ces caïds de l’au-delà du Périph’ ne connaissent pas la crise, eux. Depuis des années de pouvoir sarkozyen à la tête de la police, ils n’ont cessé de prospérer, fidèles à l’idéal sarkonapartiste : s’en mettre plein les fouilles.

Eux au moins sont libérés de ces  « bons sentiments » qui représentent la plus indécente des monstruosités !
Un « bon sentiment », c’est un truc gluant qui vous emplâtre le cœur et intoxique l’esprit. C’est l’ennemi, quoi ! Et un ennemi qui s’insinue partout. Ne voyez-vous donc pas, braves gens, que toute notre société est dominée par cette infâme « dictature des bons sentiments » ? Que les rapports humains sont guidés par eux ? Que partout règnent en hideuses maîtresses, la solidarité, la fraternité et la – berk ! – générosité ?

Alors, suivant les pas glorieux de Sarkonaparte, instaurons illico la démocratie des vilains sentiments !

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Commentaires

C'est sûr que le gouvernement de Sarközy est pour ainsi dire sur la défensive; mais il a été élu dans cet esprit. Les Français étaient eux aussi sur la défensive, lorsqu'ils ont voté pour lui. Cependant, ce que vous dites me paraît caricatural, car Sarközy, après avoir demandé poliment aux gros patrons aidés par l'Etat de ne pas toucher trop d'argent à leur départ, et vu que les bons sentiments ne marchaient pas avec les riches, a logiquement promulgué un décret conforme à sa demande. Peut-être que c'est après avoir promulgué ce décret qu'il s'est dit que la pauvreté n'expliquait pas tout.

Et de fait, ô Jean-Noël, les solutions purement matérielles n'ont jamais réformé moralement les personnes, contrairement à ce qu'on s'est imaginé dans les républiques socialistes. La délinquance vient d'un sentiment de frustration, c'est sûr, mais il ne faut pas croire que l'argent suffise à le satisfaire. Tenez, Hugo lui-même, dans "Claude Gueux", l'admet, alors qu'il devenait tout à fait "social" dans sa pensée: il faut aussi apprendre à lire, disait-il, et pas simplement pour améliorer sa productivité ou passer agréablement le temps, ou se complaire à des jeux d'esprit, mais aussi pour se donner des perspectives intérieures. A ce moment de sa réflexion, il fait l'éloge des nations protestantes qui mettent dans chaque foyer des... Bibles. Si on veut rester culturellement "laïque", il faut trouver un équivalent, une perspective d'ordre culturel, intérieure. Moi, je veux bien proposer l'oeuvre poétique de Victor Hugo. Mais en tout cas, il faut trouver quelque chose.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/05/2009

Eh oui, le choix idiot des Français qu'est le sarkozy mais en 2012 c'est fini pour lui.
Depuis 1993, ils prend les Français pour des veaux car il était ministre du budget et il a augmenté la dette publique de la France de 35 % à 65 % du PIB et maintenant il veut leur faire passer la douloureuse. Alors que sous la Gauche, 1 millions d'emplois avait été créé, 600 000 vont être détruits!!!!

Écrit par : jo | 31/05/2009

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