02/02/2009

Miracle de la neige à Paris : les zombies reviennent à la vie !

neige-a-paris-visoterra-23745.jpgFélix – un matou genre lascar récupéré à Saint-Denis – se tourne furibard vers Le Plouc, son valet. Qui vient, pourtant, de lui ouvrir la porte pour que Sa Dignité du 9 – 3 s’ébroue après son petit-déjeuner, comme d’habitude. Mais ce matin, Félix fusille Le Plouc du regard pour lui darder ce message subliminal :  « Eh, Dugenou, t’as vu ce que tu m’as fait comme turbin ? » Quel turbin ? « Ben, t’as qu’à regarder dehors, paraît que tu fais la pluie et le beau temps avec tes deux pattes à la flan ».

Oulà, je comprends la fureur féline ! Cette nuit, la neige est tombée sur Paris. Cinq centimètres de flocons collants comme du Carambar blanc garnissent la cour. En maugréant, Félix va se vautrer sur son canapé en jetant un dernier regard comminatoire au Plouc : « T’as intérêt à faire fissa pour partir à la chasse aux croquettes. Y a plus rien dans mon garde-manger ». Alors, allons affronter les éléments adverses, puisque tel est le bon plaisir de Môssieur Félix.

Le spectacle des Parisiens enneigés est croquignolet. Pour une fois, les voitures roulent lentement sans tenter d’écraser les piétons, se privant très temporairement de leur plaisir favori. De ce côté-là, c’est plutôt rassurant. En revanche, les marcheurs sont complètement déboussolés par cette petite couche neigeuse. D’autant plus que, rapidement, elle se transforme en diaffe, un mot que les Romands utilisent souvent ces jours-ci. Et rien n’est pire pour les cols du fémur que cette mélasse poisseuse et glissante virant au gris tuberculeux puis à l’anthracite bubonique.

Cette neige provoque tout de même un miracle : la résurrection des zombies. Le Plouc vous explique la chose. Sans doute, pour se protéger de la multitude, le piéton parisien créé sa petite bulle qu’il transporte sur les trottoirs et dans les couloirs de métro. Il enfonce dans ses oreilles les écouteurs de son baladeur, pianote pour choisir son morceau et en avant pour la musique d’intérieur. Son regard devient vide, sa mâchoire inférieure s’affaisse ; souvent les rythmes l’agitent de soubresauts ; parfois, un filet de bave glisse des commissures de ses lèvres. Grâce sans doute à son cerveau reptilien encore en éveil, le zombie dispose d’une sorte de radar personnel qui lui permet d’éviter ses congénères qui, comme lui, piétonnent d’un air idiot.

Il existe une autre espèce de zombie, en majorité féminine. C’est la télézombie. Le portable ne quitte pas son oreille. Il devient organe. Le regard n’est plus gâteux comme dans le premier cas. Il suit les méandres de la discussion. Mais là aussi, on diagnostique une absence totale au monde extérieur. Ainsi, lorsqu’on se tasse dans le métro avec une télézombie, nous savons tout des règles douloureuses de Marjorie et suivons minute par minute le développement des oreillons du petit Jules. C’est alors qu’on se demande si, au fond, les zombies à musique n’ont pas raison et que l’achat d’un MP3 ou un bidule du même tonneau ne serait pas une bonne chose.

Avec la neige, ces deux catégories de zombies sont aussitôt rendues à la vie. Plus personne ne branche son baladeur et les portables en action se font rares. Chaque Parisien se concentre sur un seul point : marcher sans se casser la gueule. Tout élément d’ordre auto-hypnotique – Britney Spears ou appel téléphonique de tante Yasmine – est donc banni.

Pour célébrer ce miracle, paraphrasons de Gaulle dans son discours à la Libération:

Paris enneigé, Paris emmerdé. Mais Paris libéré de ses zombies avec le concours de la météo.

Jean-Noël Cuénod

 Et à la demande générale, voici une photo de Félix, Sa Dignité du 9 - 3 en plein boulot (photo La Plouquette)Chatfelix2 045.jpg

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Commentaires

Très drôle, et criant de vérité ! en témoignent mes bas de pantalons noircis de gadoue anthracite et mes pauvres souliers qui n'étaient pas préparés à ce choc gluant ! Sauf que ce matin j'ai du me défendre des attaques de deux trublions de 8 et 4 ans - dont je suis la génitrice - et qui ont su saisir l'occasion inéspérée et rare d'une bataille de boules de neige : petit bonheur qui nous est donné tous les 4 ans en gros !! Banzaï pour chaque tir réussi... (Balthus 4 ans : "ça compte quand on touche un monsieur qu'on connait pas ?") Ooops! Pardon monsieur, désolée....
Une parisienne trempée mais qui a bien rigolé ! Je crois que j'aime encore plus paris sous la neige !!

Écrit par : Mymette | 02/02/2009

To Felix 9-3

Nice to meet you, dear Felix,
Foi de gentleman British shorthair (enfin de presque gentleman depuis 2 semaines...) tu es vraiment magnifique et ta panse m'impressionne, ça doit etre les French menus, avec foie gras, etc...
Ici, la neige est très souvent présente, mais à ce jour, mes coussinets ne l'ont pas encore testee . Il n'y a que mon compagnon canin, un french bouledogue qui me l'a explique comme très froid (trop froid pour lui) Il prefere les bordures de maisons encore secs et le dessous des haies pour flairer a tous vents.
Excuse mon français, mais tu sais que je n'arrive pas a me debarrasser de mon British accent, mais en ecrivant, on ne l'entend pas trop.
Quant aux zombies dont parle ton Plouc Butler, a Geneve, on ne fait pas mieux, sauf que les automobilistes et surtout les 4X4 continuent eux a telephoner a tout va au volant. Les rues sont presque propres, mis a part certains trottoirs, mais ici tout le monde est chausse tels notre cousin the cats with boots...
So long, a bientot
Dusky

Écrit par : wilfredagnes | 04/02/2009

Les premiers échanges doivent donc avoir lieu sous surveillance. De plus, le chat doit toujours avoir la possibilité de se soustraire à l'enfant, soit en se positionnant en hauteur, soit en quittant la pièce ; il ne pourra se détendre qu'à cette occasion.

Écrit par : Christina | 01/03/2015

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