20/01/2009

Le sacre mondial de Barack Hussein Obama

ObamaCheval.JPGIls sont des centaines d’Américains à converger vers le centre de Washington pour participer dans le froid et la liesse à l’investiture présidentielle de Barack H. Obama. Et des milliards de Terriens à y assister par le truchement des « étranges lucarnes ». Aucun chef d’Etat n’aura reçu de la planète une telle ferveur.
 Puisse le nouveau président ne pas trop décoller de notre globe sous l’effet de ce mouvement ascensionnel qui confine à l’idolâtrie. Puisse sa tête ne pas trop gonfler, elle nous est trop précieuse.

Nous vivons donc le premier sacre mondial. Un sacre dans une république ? Oui, un sacre et non une simple investiture. Certes, quant au contenu politique, le serment que prononce le 44ème président des Etats-Unis n’a guère de points communs avec celui que Louis XV daignait articuler qui concernait  notamment la protection offerte à l’Eglise romaine contre les « hérétiques ». Et la seule couronne d’Obama sera celle - virtuelle mais précieuse et puissante - conférée par son aura médiatique.

En revanche,  à Washington comme à Reims, on retrouve les mêmes ingrédients symboliques :

 

- La montée des marches.


A la cathédrale de Reims, le futur roi de France gravit les marches du jubé (cette tribune qui sépare le chœur de la nef) au centre duquel est installé son trône. Pourquoi les rois de France – à quelques exceptions près – ont-ils été couronnés à Reims ? C’est en cette ville que le premier roi chrétien des Francs, Clovis 1er, a reçu son baptême en 496.
 
Le futur président américain, monte l’escalier du Capitole, siège du Congrès et prête serment sur ses marches. Cette posture indique que le gouvernant quitte le monde des humains ordinaires, qu’il est appelé à les diriger. Mais, ce faisant, il est à la vue de chacun. Avec tous les dangers que cela suppose.

- La présence de la religion au moment du serment.


 C’est l’archevêque de Reims qui reçoit le serment du roi de France qui, ensuite, embrasse les Evangiles. C’est ce même archevêque qui procède au couronnement, assisté des cinq évêques placés sous sa juridiction. C'est Dieu qui est le premier agent de légitimité.

Aux Etats-Unis, les ecclésiastiques – généralement protestants puisque pour l’instant John Fitzgerald Kennedy est le seul président catholique de l’Histoire américaine - qui participent à la cérémonie sont choisis par le futur locataire de la Maison-Blanche. Afin de symboliser l’unité de la nation, Obama a désigné un pasteur blanc et conservateur – Rick Warren, évangéliste tendance bling-bling - pour prononcer l’invocation et un pasteur noir et progressiste  - Joseph Lowery, méthodiste héros de la lutte antiraciste – pour administrer la bénédiction. Le 44ème président prend pour garantie de son serment, la Bible. Et par n’importe laquelle : celle qui a servi à l’intronisation de Lincoln, l’antiesclavagiste.

 Dieu demeure un agent de légitimité, même si le vote populaire l'a détrôné de sa première place. La législation américaine ne prévoit pas dans ses textes que les nouveaux présidents soient obligés de prêter serment sur la Bible. Mais aucun d'entre eux n'a pris le risque d'oublier les Ecritures à la maison avant de se faire sacrer au Capitole. La tradition est tellement forte qu'elle n'a nul besoin d'être écrite. Lorsqu'on atteint un tel degré dans le pouvoir politique, il devient nécessaire de se recommander à une autorité supérieure à la sienne. Ne serait-ce que pour garder les pieds sur terre.ObamaSacre.png A cet égard, la référence à Dieu n'est toutefois pas une garantie absolue. Le lamentable exemple de Bush nous en a administré la preuve.

- La présence du peuple.


Après son couronnement, le roi reçoit l’hommage des pairs du Royaume qui, ce faisant, acceptent la tutelle royale et scellent l’unité de la Nation. Mais cette unité ne saurait se passer du peuple. Sitôt terminée la cérémonie des hommages, les portes de la cathédrale de Reims sont ouvertes pour que la foule puisse acclamer celui qui est devenu un axe entre la Terre et le Ciel.
 Pour célébrer cette joie de l’Unité retrouvée et mise en péril par la mort du prédécesseur, il faut un déploiement de festins, de danses et de jongleries. La Nation a un roi. Elle peut donc poursuivre sa vie. Et cette poursuite du courant vital s’exprime par l’exaltation des corps après celle de l’âme. C’est l’unité à tous les niveaux. Unité des diverses provinces du royaume, unité des humains formant la Nation, unité de la Terre et du Ciel, unité de l’âme et du corps. Unité de la famille qui est symbolisée par celle du Roi (on oublie les maîtresses un bref instant).

A Washington, on festoie de même avec bals et flonflons et si les étoiles du « chaud-bize » remplacent les jongleurs, la symbolique est similaire. Le peuple est invité à voir – de très loin ! – son président défiler entre le Capitole et la Maison-Blanche afin de représenter l’unité entre gouvernant et gouvernés. Avec, par rapport au sacre français, une différence de taille. C’est désormais le monde qui assiste au couronnement symbolique de celui qui incarne la première puissance terrestre.

Dès lors,  dans la France de jadis comme aux Etats-Unis d’aujourd’hui, le sacre obéit toujours aux mêmes nécessités symboliques, à savoir assurer :

  •  L’incarnation de l’Etat
     
  • La continuité de l’Etat
  •  L’unité de l’Etat
  • La légitimité du Chef de l’Etat.


Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

Qu'est-ce que c'est cet article...quant on sait que l'Irak a deja coute 400 milliards de dollars americains...(+ vies humaines!!!)Avez-vous parle ainsi de Mr Bush?
Puis ne pensez vous pas que le racisme a assez dure..? Mr Lincoln...vous, moi, on s'est tous formes selon des modeles....!
RS

Écrit par : reneesantschi | 05/02/2009

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