25/11/2008

Martine, Ségolène et les autres dans le piège gaulliste

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Pourquoi cette chute sans fin et sans fond du PS français?

Tout d’abord, il subit le sort de toutes les social-démocraties d’Europe. Elles ne savent plus à quelle catégorie sociale se vouer. Obnubilé par les bouleversements technologiques, le socialisme démocratique a tablé sur la disparition de la classe ouvrière.

Certes, celle-ci a changé, même si, dans le milieu du bâtiment et des travaux publics, les prolétaires «classiques» figurent toujours dans le paysage social. Pour les autres secteurs, les damnés de la terre et des usines sont devenus les damnés du clavier et des bureaux.

 

Mais, en tant que classe productrice, elle n’a pas été effacée pour autant.


Les ouvriers existent toujours et votent à droite !

Résultat: en Europe, les ouvriers votent de moins en moins pour les partis sociaux-démocrates et de plus en plus pour la droite. Ainsi, outre-Jura, 52% des ouvriers avaient préféré Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal lors des dernières élections présidentielles.

 


En plus de ce handicap, les socialistes français affrontent une particularité propre à leur pays, à savoir la Constitution créée par le général de Gaulle, qui personnifie à l’extrême le jeu politique. En même temps qu’il a délaissé la base ouvrière – partagée jadis avec les communistes –, le PS est tombé dans le piège gaulliste. Il a réservé la priorité à la personnalisation de son pouvoir interne afin de mettre en valeur son candidat pour la seule élection qui compte vraiment en France: la présidentielle. Dès lors, les courants d’idées sont devenus des clans de présidentiables. Le trop-plein d’ego a provoqué le manque de pensées.

 

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S’il veut devenir une alternative digne de ce nom à la droite, le PS doit se réinvestir autant chez les ouvriers qu’auprès des intellectuels. La synergie des deux avait donné au Parti communiste français une place éminente dans les années 1930-1950. (Editorial paru dans "24-Heures" lundi 24 novembre 2008)

 

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Mais, Jean-Noël, que signifie le titre de "Premier Secrétaire" ? Vous connaissez l'origine du mot : le secrétaire est dans le secret du Prince. Mais ici, il n'y a pas de Prince. Le Premier Secrétaire est dans le secret de l'entité qu'on appelle le Peuple. Eh bien, De Gaulle s'est, de son côté, présenté comme étant dans le secret de la France éternelle. La différence est ténue. La personnalisation a toujours existé dans le Socialisme. Mais surtout, elle est inhérente à l'esprit français, comme elle était liée à la tradition russe ou chinoise y compris au sein du Socialisme. Avez-vous lu les "Considérations sur la France" de Joseph de Maistre ? Il y dit que la France est viscéralement attachée au principe monarchique, l'incarnation individualisée de l'esprit national. Si réellement le Parti socialiste français était d'esssence collégiale, il n'y aurait pas de "Premier Secrétaire", mais seulement un collectif de secrétaires. Sans vouloir vous offenser, en ratant à ce point ce qui est viscéral en France, vous vous montrez un peu extérieur au problème. Franchement, faire un plat d'une différence de terminologie, et distinguer le gaullisme du socialisme parce que le premier dit "nation" et le second "peuple", cela me paraît quelque peu superficiel.

La vérité est que les socialistes, en particulier français, étant nourris de l'esprit du XIXe siècle, sont hostiles radicalement à la démocratie chrétienne, qu'il s'agit là d'un point d'honneur, et que c'est cette idée fixe qui complique les débats sur ce qu'on peut concrètement faire pour améliorer la situation. Bayrou l'a bien senti.

Quant à la personnalisation, c'est un trait inhérent au caractère français, et repris d'instinct des anciens Romains : De Gaulle a seulement eu l'intelligence de le comprendre et de l'accepter. Il devait avoir lu Joseph de Maistre.

Écrit par : R.Mogenet | 25/11/2008

J'ai vécu 18 ans dans une république socialiste avec à sa tête un parti communiste, unique parti.
Personnalisation à l'extrême, Ceausescu était affublé de tous les titres, "conducator des Carpates", chef suprême de toute l'administration, militaire, économique, avec son frère (comme à Cuba) et sa femme à ses côtés.
La dictature est de gauche, à part celle de Franco.
Remplaçant le roi, tout comme Ceausescu.
La Roumanie, jusqu'à la fin 1947 était une monarchie constitutionnelle.
L'ère Iliescu a continué sous la même administration.
En effet, comment faire pour remplacer ses millions d'adhérents au Parti Communiste, qui dirigeait de facto le pays ?

La France a connu sa "dictature" de 14 ans, avec le mitterandisme, origine de l'ascension de Royal, en 1981.
Quand on veut faire du neuf, changer, il faut se rappeler l'histoire d'Obama, un inconnu, il y a 2 ans.

Aubry - Royal = deux dinosaurEs.
Assoiffées de pouvoir.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 25/11/2008

Oui, Jean-Noël rêve un peu : le culte de la personnalité existe aussi dans le socialisme. L'orientation sociale d'une politique peut très bien s'incarner dans une volonté unique. Et en fait, si le pays a l'habitude d'incarner les orientations politiques dans une seule volonté, il concevra la même chose y compris avec une orientation sociale. Aucun parti ne peut être en mesure de modifier la conception instinctive du gouvernement qu'a chaque peuple. Chaque parti se doit au contraire d'élaborer une politique en l'adaptant au caractère du peuple par lequel il est élu. Etant donnée la tendance spontanément monarchique des Français, tendance réellement prouvée, philosophiquement, par Joseph de Maistre puis, en pratique, par De Gaulle, et même les deux Bonaparte, et même, Mitterrand, il fallait, en toute logique, savoir qui était le plus à même de paraître incarner une volonté nationale, entre Aubry, Delanoë, Hamon, Royal. Inutile de regretter la personnalisation : c'est propre à la France. Celui qui ne veut pas de personnalisation, il peut vivre en Suisse - où il n'y en a guère (peut-être, d'ailleurs, pour le bonheur de ses citoyens). Dès lors, le choix de Royal, qui, comme De Gaulle, se veut inspirée par l'âme nationale, était évident, puisque les autres se contentent de disserter laborieusement sur les défauts de Sarkozy, essayant de refaire le coup de Jospin en 2002 : être élu avec le calcul (plutôt mesquin) que les électeurs en auront assez du pouvoir en place !

Et ce Jospin qui croit avoir été Premier Ministre grâce à son génie ! C'est risible.

Je crois que Jean-Noël est inconsciemment partagé entre son amour instinctif pour la France et son attachement spontané pour la démocratie suisse.

Écrit par : R.Mogenet | 25/11/2008

Attachement A la démocratie suisse (erratum).

Écrit par : R.Mogenet | 25/11/2008

"La dictature est de gauche, à part celle de Franco."..

Salazar, Mussolini, Papadopoulos, Pinochet, Videla, Banzer, Marcos, etc...euhhh!

Écrit par : Azrael | 25/11/2008

Et si on en avait assez de ce déballage et de cette couverture que l'on se tire à qui mieux mieux: je suis la meilleure... je suis la plus ci, je suis la plus ça, mon programme est de vous comprendre..., l'union, la force du parti, etc... etc j'en passe et des meilleures, ASSEZ de ces querelles d'apothicaires (et leurs discours, leurs remèdes sont encore plus inefficaces que jamais) aussi notre ras-le-bol est lui certain, il a été élu à la majorité, lui....il s'est même installé...
Mais on entend aussi (malheureusement, et là aucune élection ne semble essayer de se profiler pour enrayer le phénomène) que de nombreuses "boîtes" ferment et que le taux de chômage semble prendre l'ascenseur en attendant de prendre la fusée au début de 2009
Une petite remarque à Jean-Noël concernant le format des 2 photos: une GRANDE Ségolène et une PETITE Martine, mais non, c'est le fruit du...hasard ???
Sans rancune, cher Plouc

Écrit par : WilfredAgnes | 25/11/2008

Ah que les Suisses sont heureux d'être ...Suisses!

Écrit par : pier21 | 25/11/2008

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