22/11/2008

Martine Aubry ou Ségolène Royal : l’impossible résultat.

Martine Aubry sera-t-elle la nouvelle patronne du Parti socialiste français? En tout cas, la direction du PS annonce à 5 h. 40 samedi matin qu'elle a battu Ségolène Royal de... 42 voix au deuxième tour de l'élection au poste premier secrétaire du parti. Le camp Royal évoque des fraudes et ne reconnaît pas sa défaite. Pour le moment, c'est la confusion qui règne.


 

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Paris, samedi 6 h. du matin 


Avec le Parti socialiste français, le pire est toujours possible. On pensait qu’il avait touché le fond lors de son congrès de Reims la semaine passée en étalant le triste spectacle de ses haines de clans. C’était sans compter sur le deuxième tour des élections au poste de premier secrétaire national du PS. Décidément,  la principale formation d’opposition au président Sarkozy est un navire qui n’en finit pas de couler.

Vers 1 h. 30, le camp de Martine Aubry claironne que la maire de Lille l’a emporté sur Ségolène Royal, de justesse (50,28% des voix). Mais cette annonce est aussitôt contestée par les partisans de Ségolène Royal. Ceux-ci accusent de fraudes la Fédération du Nord à laquelle appartient Martine Aubry et celle de Seine-Maritime qui est tenue par Laurent Fabius, supporteur de la maire de Lille. Fidèle soutien de Ségolène Royal, Manuel Valls clame que « personne ne nous volera la victoire qui est inéluctable ».

 Au siège du PS, rue de Solférino la tension ne cesse de monter au cours de la nuit. Certains partisans « royalistes » menacent même de démissionner en bloc du parti et crient « Démocratie », « démocratie ». Les "Aubrystes" répliquent: "Unité", "Unité". Et leurs adversaires rétorquent: "voleurs", "voleurs".

A 2 h. 10, l’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant, au nom de l’actuelle direction du PS annonce qu’il est impossible de proclamer un vainqueur, les scores étant trop serrés. Il faudra donc recompter et attendre les scrutins des militants socialistes d’Outre-Mer, notamment aux Antilles. Il demandait aux esprits de se calmer. En vain.

A 5 h. 40, la direction du Parti socialiste annonce la victoire de Martine Aubry... avec 42 voix d'avance seulement sur Ségolène Royal! Celle-ci refuse de reconnaître sa défaite et demande que les militants votent à nouveau, jeudi. Mais Martine Aubry refuse. Les résultats devraient encore être validés par le Conseil national mercredi où les partisans de Martine Aubry sont majoritaires. Toutefois, la situation demeure d'une extrême confusion. La maire de Lille risque de diriger la moitié d'un parti.

La plupart des politologues estiment qu’une scission du PS n’est pas envisageable dans la mesure où ce parti d’élus a besoin d’un appareil qui tient la majorité des grandes villes françaises. Mais le climat qui règne entre « royalistes » et « antiroyalistes » est devenu tellement pourri qu’il est difficile d’envisager que ces clans puissent travailler un jour ensemble.
 Alors Martine ou Ségolène ? La question n’est même plus là. Une seule se pose désormais : le Parti socialiste explosera-t-il ?


Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

Soyons francs, d'un point de vue strictement égoïste, ou plutôt partisan, je me demandais hier soir quelle première secrétaire serait la plus utile au Modem. La rassembleuse à gauche, qui pousserait forcément les tendances les plus raisonnables du PS dans les bras du Modem, avec la Madone des meetings en situation de perdante... Ou la Madone, partisane du rassemblement au centre, mais rivale déclarée et légtime de Bayrou pour en prendre la tête.
Je n'imaginais pas la situation d'aujourd'hui, encore plus favorable que tout. Sarkozy et l'UMP doivent se réjouir, mais peut-être bien qu'ils ont tort. Que des tensions et de l'éclatement probable du PS va surgir une force rassemblée au centre, porteuse d'espoirs, un grand parti démocrate que la gauche sera bien forcée de suivre lors des prochaines présidentielles.
C'était le pari de Bayrou. Il est sur le point de le gagner.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/11/2008

"Que des tensions et de l'éclatement probable du PS va surgir une force rassemblée au centre, porteuse d'espoirs, un grand parti démocrate que la gauche sera bien forcée de suivre lors des prochaines présidentielles.
C'était le pari de Bayrou. Il est sur le point de le gagner."

Dans vos rêves.
Comme le proféreur d'âneries de service qui annonçait que Royal "probablement" sera première secrétaire...

Écrit par : Johann | 22/11/2008

Je ne sais pas qui rêve Johann. Une chose est certaine, le PS et la gauche ne semblent pas en état de remporter une présidentielle en France contre un candidat de droite et encore moins du centre.
On l'a vu avec Ségolène, on le verra encore mieux avec Aubry. Ce n'est pas avec des grèves et des manifestations de rue que l'on gagne une présidentielle. Le reste, c'est du blabla perso. Rendez-vous en 2012.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/11/2008

Quelle confusion! Qui parle de présidentielle? C'est dans 3 ans et demi. Beaucoup d'eau va couler sous les ponts d'ici-là. Et notamment un dépression.

Et vous mélangez tout, il ne s'agit maintenant pas de désigner le candidat du PS à la présidentielle de 2012. Hollande na pas été candidat en 2007 que je sache.

Et ce serait bien que le PS ne fasse pas deux fois la même erreur. En France il n'y a pas de "centre". Juste des gens de droite qui ont une ambition personnelle. Comme à gauche du reste.

Écrit par : Johann | 22/11/2008

Johann, enlevez vos lunettes et regardez la réalité en face. Si Hollande n'a pas été candidat, c'est à son corps défendant. C'est le cas de le dire, car si ça se trouve, s'il n'avait pas trompé Ségolène, elle n'aurait pas été candidate et lui l'aurait été.
L'enjeu du combat qui s'achève c'est bel et bien de déterminer qui sera le candidat du PS en 2012.-
Vous n'avez aucune idée du rapport de force en France aujourd'hui. C'est peut-être une erreur de s'allier avec le centre, du point de vue idéologique, en laissant le leadership présidentiel à ce dernier, of course, mais c'est le seul moyen de se rapprocher du pouvoir. Sinon c'est boulevard pour l'UMP.
Le seul truc de vrai, c'est que la crise peut modifier les rapports de force. Mais dans un contexte d'opposition de classes exacerbé, je crois encore moins à une victoire de la gauche. Et là j'espère vraiment ne pas me tromper parce que Besancenot est très sympa chez Drucker, mais lui confier la gestion du pays, à lui et à Mélenchon, ça craint vtaiment.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/11/2008

"C'est le cas de le dire, car si ça se trouve, s'il n'avait pas trompé Ségolène, elle n'aurait pas été candidate et lui l'aurait été."

J'ai rarement eu l'occasion de rire autant à une "analyse" politique! Hollande n'a pas le format. Vous euh ne l'avez pas euh entendu euh à la radio euh? Le charisme d'une huître.

"L'enjeu du combat qui s'achève c'est bel et bien de déterminer qui sera le candidat du PS en 2012.-"

Non. Nous sommes en 2008. C'est ce que vous ne comprenez pas.

"Vous n'avez aucune idée du rapport de force en France aujourd'hui."

Ben voyons! Vous prenez vos idées partisanes pour la réalité. Le centre n'a pas d'existence "aujourd'hui".

Le boulevard? MDR. Comme pour les dernières régionales, sénatoriales, départementales, municipales? Vous raisonnez comme si Besancenot était propriétaire des votes qui se portent sur son nom au premier tour. Vous êtes un grand naïf. Et vous ignorez qu'il ne veut pas gérer le pays.

Ce que vous croyez n'a ABSOLUMENT aucune importance. La gauche a déjà gagné. Voir ci-dessus.

Écrit par : Johann | 23/11/2008

Précisément, il y a en France les votes locaux et il y a la Présidentielle. La plupart des victoires socialistes que vous évoquez se sont déroulés avant 2007 et cela n'a nullement empêché Sarko de gagner haut la main.
Le centre avait encore moins d'existence en 2007. Pour mémoire selon les départements, le Modem compte entre 5 à 10 fois plus de militants que l'UDF il y a 2 ans... Des cadres compétents, dont un certain nombre d'ailleurs viennent du PS ou des verts.
Le Modem est leader parmi les catégories sociales les mieux éduquées. Je vous parle de données objectives. Et vous êtes peut-être mort de rire, n'empêche que deux ans avant la Présidentielle, Hollande était persuadé qu'il serait le candidat. Comme son entourage, et la majorité du PS.
La question qui se pose aujourd'hui en France, la seule, c'est : "La gauche a-t-elle une chance de revenir au pouvoir dans une configuration d'union de la gauche, qui rejette le centre à droite ?" A l'évidence, selon moi, aucune. Une élection comme la Présidentielle se gagne au centre. Toujours. Mitterrand était parvenu à étrangler le PC dans une logique de centre gauche.
Mais vous avez le droit de rêver.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/11/2008

Moi je propose tout simplement que les militants revotent jusqu'a ce que segolène soit élu, comme ca il n'y aura plus de problème, la gagnate aura vraiment gagnée.

Écrit par : gilles | 23/11/2008

Bof, moi qui ne suis pas attirée plus que ça par la politique en général et le PS français en particulier, donc de mon avis impartial, je dis que dans une telle situation, mieux vaut revoter, c'est ce qui me semble le plus démocratique, l'infime différence entre les deux éligibles pouvant être imputable à des erreurs comme il y en a dans tous les scrutins...

Mais aussi proches l'une de l'autre dans les résultats, pourquoi ne pas envisager une coalition?

Bof, bof,
Bon dimanche

Ark

Écrit par : arkencielle | 23/11/2008

C'est sûr qu'après tous les ralliements, qu'Aubry n'ait dépassé Royal que de 50 voix sur 250 000, c'est quand même un problème. La fille de Delord manque un peu de carisme, peut-être. Elle fait un peu trop professeur de français du Secondaire qui essaie de se faire élire à l'Université. En tout cas, l'hérédité, en politique, ce n'est pas une bonne chose. C'est le début d'une forme d'embourgeoisement tendant à la féodalité, non ?

Écrit par : R.Mogenet | 23/11/2008

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