06/11/2008

L’Obamania est-elle une maladie dangereuse ?

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La Terre est parcourue par un joyeux frisson : l’Obamania. Même Kennedy n’avait pas soulevé un tel enthousiasme. D’aucuns y dénoncent un danger : le culte de la personnalité. Réaction légitime : dès qu’un humain est ainsi hissé au rang de star, le pire peut survenir. Mais qu’on se rassure à ce propos : il faut compter sur les médias américains pour brûler demain celui qu’ils adorent aujourd’hui. Dès lors, Barack Obama redescendra assez rapidement sur le plancher des vaches. D’autant plus qu’il devra prendre une série de mesures sévères – et donc impopulaires auprès de certaines catégories sociales qui l’ont soutenu – sur le plan économique.

Pour que cet atterrissage ne soit pas trop douloureux et afin, surtout, d’éviter que des généraux se prennent pour des tyrans, les Romains de l’Antiquité avaient mis au point un rituel. Chaque fois que la cérémonie du triomphe était attribuée à un général particulièrement valeureux, ce héros était conduit sur un char et, derrière lui, un esclave tenait au-dessus de sa tête la couronne de laurier tout en  lui murmurant à l’oreille : « Memento mori » (souviens-toi que tu es mortel). Sage précaution. Nos puissants du XXIe siècle feraient bien de s’en inspirer.

En France, l’Obamania a pris une ampleur impressionnante, notamment dans les banlieues. Nombre de jeunes – singulièrement ceux qui fréquentent les Eglises évangéliques en plein développement dans les cités – s’identifient à ce Métis, fils d’un père Kenyan.
Cette identification est riche de contresens. Tout d’abord, l’Histoire de la présence africaine aux Etats-Unis n’a guère de points communs avec les rapports coloniaux que la France avait tissés avec l’Afrique. Ensuite, Obama fait partie – surtout grâce à son mariage - de la classe moyenne noire ; or cette catégorie n’existe pas en France.

Cela dit, les phénomènes d’identification collective se rient de ces malentendus. Ce n’est pas l’humain Obama qui est ainsi « travaillé » par les enfants de l’immigration en France, c’est la figure qu’il représente, celle d’un homme qui ressemble à un jeune oncle particulièrement brillant.
Alors, c’est vrai, ces phénomènes ne sont souvent que des feux de paille. Mais le modèle offert par Obama se révèle positif, constructif. Il rappelle que les montagnes les plus inaccessibles peuvent un  jour être franchies.
 
Enfin, il est tout de même préférable que le portrait de Barack Obama circule dans les banlieues plutôt que celui d’Oussama ben Laden.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

N'ayons pas peur de nous réjouir de ce qui est réjouissant, nous pleurons assez de ce qui est désolant ... et qui fait le menu quotidien des nouvelles que nous recevons généralement du monde.

Écrit par : Mère | 06/11/2008

"...il est tout de même préférable que le portrait de Barack Obama circule dans les banlieues plutôt que celui d’Oussama ben Laden."

Le problème, c'est que l'un n'empêche pas l'autre !

Écrit par : Scipion | 06/11/2008

"souviens-toi que tu es mortel"

Comme JFK? Sûr que s'il franchit certaines limites, s'il heurte trop d'intérêts de personnes trop puissantes, il va connaître le même sort. Il leur suffira de manipuler un autre bouc émissaire, comme pour MLK ou RFK.

Donc qu'est-ce qui va changer?

Écrit par : Johann | 06/11/2008

Si la classe moyenne noire n'existe pas en France, en tant que telle, il existe en revanche des noirs et des métis membres de la classe moyenne depuis de nombreuses années: avocats, artistes, médecins, écrivains, hommes politiques, parfaitement intégrés à la société blanche. Ce depuis une époque où la classe moyenne noire n'existait pas aux Etats-Unis parce que les noirs n'avaient même pas le droit de s'asseoir à côté des blancs dans le bus et pas toujours celui d'aller à l'école.
L'histoire est effectivement bien différente dans les deux pays. Rappelons tout de même qu'il y a eu des préfets en France et des gouverneurs noirs dans les colonies (donc le patron de la colonie, blancs compris) avant la seconde guerre mondiale, que Balzac et Alexandre Dumas, entre autres, étaient métis, que Gaston Monnerville, Président du Sénat (et donc 2ème personnage de l'Etat - remplaçant du Président de la République en cas de défaillance de celui-ci) l'était aussi, de même que Couve de Murville, grand ministre gaulliste (certes un chabin, presque blanc, mais qui aurait été classé "coloured" aux Etats-Unis).
Le Chevalier de Saint-Georges, sous l'Ancien Régime, était considéré comme le meilleur violoniste et la plus fine lame de son temps. Il avait à la cour le rang que lui assurait le titre de son père... A une époque où les enfants métis étaient obligatoirement vendus aux Etats-Unis.
Il y avait plusieurs députés africains à Paris dans les années cinquante, et les étudiants noirs les plus brillants sortirent diplômés de Normale Supérieure ou de la Sorbonne dès les années 30. Dans les années soixante, le directeur de l'Union postale Universelle à Berne était un noir français, le père de mon copain de Lycée. Mes camarades gauchistes antillais et africains passaient nombreux leurs doctorats à Paris, alors que les leaders des Blacks Panthers se faisaient encore tirer comme des lapins par le FBI. C'est d'ailleurs à Paris que venaient se réfugier les intellectuels noirs pourchassés aux Etats-Unis.
Le racisme a en fait commencé à se faire sentir en France lorsque sont arrivés non plus quelques élites bien formées, qui restaient au contact de leurs pairs (à savoir les élites blanches) à défaut d'être leurs pareils, mais des masses de travailleurs immigrés sans formation.
Tandis qu'aux Etats-Unis, il y a d'abord eu les masses de travailleurs, ou plutôt d'esclaves, sans formation. Et ce durant des siècles.
L'intégration passe par l'éducation, c'est une évidence. Education scolaire et formation aux us et coutumes de la société d'accueil. Ce qui ne signifie pas abandon de sa culture d'origine, mais cumul des deux. La France doit mettre les bouchées doubles pour intégrer ses banlieues et abattre les murs des ghettos.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/11/2008

Ce que beaucoup de gens ne veulent pas savoir ni s'en rendre compte, traitant ceux qui osent en parler de paranoïaques, frileux et amateurs de théories du complot, c'est que Barack est un étudiant de Harvard, tout comme les 3 Bush, Prescott, George H.W. et son fils W, John Kerry, David Rockefeller, Bill et Hillary Clinton.

Parlant d'Obama certains disent que ce sera le troisième mandat de W.
Aboliras-t-il le Patriot Act ? J'en doute.

Les véritables détenteurs du pouvoir restent dans l'ombre, comme les Warren Buffett, les David Rockefeller et autres milliardaires influents.

Qui est Joseph Robinette « Joe » Biden Jr. (né le 20 novembre 1942 à Scranton en Pennsylvanie) ?
Un ami de John McCain.
Républicains et démocrate, travaillent ensemble depuis longtemps.
Un autre ami de John McCain, le démocrate John Kerry. Le milliardaire John Kerry.

L'histoire d'Obama c'est celle de "bonnet blanc et blanc bonnet".

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 07/11/2008

Pour les Genevois, avec tant d'autres, j'aime le portrait d'Isabelle ROCHAT: www.isabelrochat.ch

Écrit par : Yann | 07/11/2008

bien dit et bien vu,si obama avait été francais et candidat à la présidence française il n'aurait pas été élu attendu que l'élu actuel s'est présenté exactement comme son opposé social,économique et politique! et "faiseurs de miracles" prompts à "positiver tout",y compris la laïcité (à la française,c'est à dire une methaphysique peu cartésienne!)et le pape!qui n'en demandait pas tant!

Hors de son service militaire(une maniére de s'identifier français disparue avec sa supression?)n'ayant pas laissé un souvenir impérissable son expérience socialement engagée "hors appareil politique" semble mince(sauf "divine" surprise!)!.
.Obama,lui,à quand même oeuvré dans les milieux marginaux de chicago ou les polonais ne manquent pas non plus,(côté catholique ça aide autant que chez les protestants "ouverts")et cela en depit d'un diplome qui lui ouvrait des perspectives!
Madame obama à été boursiére et à déclarée ne s'intéresser qu'à l'éducation de sa famille et non aux affaires de l'état!Chiche!
encore une différence!pour le reste il faut voir venir.;L'afghanistan coute chere mais rapporte aussi beaucoup aux divers "opérateurs" privés en exercice!
et puisqu'on est dans l'antiquité disons que la france n'est pas les états unis mais doit aussi quelques choses aux Cartaginois qui sacrifiaiient les généraux vaincus comme "punition" et les vainqueurs" comme putchtistes potentiels!

Point communs avec les usa,le commerce intéressait plus que la guerre,toujours onéreuse et incertaine,sauf si "guerre juste"(c'est à dire non guerre civile!)et avec la france,l'adoration des militaires qu'on sacrifie aprés la défaite et des maréchaux qu'on adore pendant la défaite..MAC MAHON battu à Sedan ,maréchal en crimée(j'y suis,j'y reste, sa formule d'actualité encorep
présidentielle?)fut le 3E président "d'attente" d'une république qui n'était pas encore admise au parlement monarchiques(au pluriels,vi le nombre de candidats au trone)au Maréchal Petain qui condamna à mort le general(temporaire)membre du dernier gouvernement libre de la IIIe république Charles De gaulle!

heureusement l'actuel président n'à jamais été militaire,maais il est dommage-pour lui et la france-qu'il n'ai pas vu "sur le terrain" ce qu'est la vie en banlieu avant I96O,car Paris resta longtemps une ville trés ouvriére! le "ouï dire" n'étant pas semblalble à l'expérience vecue!Ce n'est pas chinois comme on dit dans le XIIIe arrondissement!

Écrit par : gpradet | 07/11/2008

Je trouve les commentaires de Mr Jean-Noel Cuenod peu convaincants.
1)En ce qui concerne le parti socialiste français.Il faut admettre que ce système de partis politiques originaire du début du siècle dernier n'est plus adapté à l'époque actuelle. J'ai soutenu Mme Royal, quoique je ne suis membre d'aucun parti parce qu'il me semble qu'elle est la seule personne qui aimerait que l'on se sorte de ces carcans où la soumission à la doctrine partisane est plus importante que l'intérêt que l'on porte à la patrie. Martine Aubry est prisonnière de la vieille garde dont certains représentants devraient être en prison. En acceptant de s'associer avec cette clique, dans l'espoir d'être choisie en 2012 Ségolène risque de se perdre et de décevoir les millions de français qui rêvent pour eux-mêmes et surtout pour les générations futures, d'autre-chose que cette minable politique qui mène la nation la plus chanceuse de la planète vers un sort peu enviable.
2)LObamania est une absurdité, un produit de l'ère de la communication comme ce fut le cas avec le comédien machiavélique que nous avons installé à l'Elysée.
(les deux sujets sont avocats donc champions du "parler pour ne rien dire").
J'ai vécu pendant 20 ans aux USA et vu six campagnes présidentielles. Tout n'est qu'une histoire d'argent (selon CNN cette dernière aurait coûté trois milliards §).Lorsque l'on voit qui va encadrer Mr Obama, on fait du neuf avec du vieux et il devra suivre les directives.Sincèrement, j'aimerais me tromper
mais autant j'aime le peuple américain, autant je déteste son système. Mais, comme dans la "petite amérique"(la France), ces braves gens votent.
Mr Obama va soupoudrer le système social des USA qui pour beaucoup est presque inexistant mais sa géopolitique ne pourra pas changer(Le militaro industrial complex et les industries énergétique gouvernent l'Amérique; comme l'avait craint le président Eisenhower en 1961)
Selon mon humble avis l'état USA a été l'initiateur de tous les armements de destruction massive que la Terre ait connus, incitant les Humains à gaspiller
chaque année plus de 1000 milliard € pour s'autodétruire(65% is made in the USA).C'est triste et désolant pour une nation qui a une si belle constitution
d'être le seul et unique "empire du mal de la planète".(Beaucoup d'américains
partagent mon opinion).
Amicalement. JCM Tel: +33450240275

Écrit par : MESLIN Jean-Claude | 30/11/2008

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