17/07/2008

Le Red Bull monte à la tête de Roselyne Bachelot: exemple d’impuissance étatique

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Voulez-vous comprendre comment fonctionne la société mondialisée? L’épisode que vient de connaître le gouvernement français à propos du Red Bull vous édifiera.

 

 

Pour ceux qui n’ingurgitent pas ce genre de chose, signalons que le Red Bull est une boisson sans alcool mais avec taurine, un dérivé d’acide aminé. Et même animé, puisqu’associée à la caféine, elle redonnerait de l’énergie aux teufeurs surmenés. On disait, jadis, «fêtards épuisés».

Comme son nom ne l’indique pas forcément, le Red Bull est un produit autrichien vendu un peu partout dans le monde. Le groupe éponyme est devenu le numéro un des boissons énergisantes ; il a engrangé l’an passé un chiffre d’affaires de plus de trois milliards d’euros.

 

 

Mais un pays résiste encore et toujours à son écoulement dans les gosiers: la France. La taurine fait voir rouge à la ministre de la Santé, la pétulante Roselyne Bachelot qui n’a nul besoin de boissons énergisantes pour monter au filet. Elle a donc interdit le Red Bull avec taurine en s’appuyant sur l’avis de médecins. Pour la France, le groupe autrichien a concocté un ersatz avec de l’arginine. Mais il paraît que tout le charme torride du breuvage réside dans cette taurine vachement super.

Le groupe attaque donc l’Etat français devant le Tribunal administratif de Paris pour annuler cette interdiction et lui réclame 300 millions d’euros au titre des indemnités. En ces temps de restrictions budgétaires, la somme est loin d’être négligeable. Dès lors, à la grande fureur de sa collègue Bachelot, la ministre de l’Economie Christine Lagarde décide d’autoriser la mise sur le marché du «Red Bull» avec sa taurine d’origine. Finalement, la ministre de la Santé baisse pavillon tout en invitant publiquement les parents à boycotter l’énervante boisson. Aussitôt, le groupe autrichien retire sa procédure devant le tribunal.

 

 

Conclusion: même dans un domaine aussi limité que la distribution alimentaire, les Etats ont perdu leur souveraineté. Pour l’instant, la classe politique, tous pays confondus, préfère continuer à exercer un pouvoir de plus en plus illusoire, sans se poser cette question désormais fondamentale: quelles structures adopter pour protéger le consommateur et le salarié dans un monde sans frontière?

 

 

 

 

 

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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Commentaires

nous avons la chance d'avoir un gouvernement d'avocats...et on l'a dans l'baba... et une afssa qui a peut être été lobbyisée!!! ou la boisson est suspecte, peut être pas plus que le coca... avons-nous la même hargne envers la coke? la cocaïne etc... bien plus ravageurs...comment sommes-nous gouvernés??? incapables, incompétents... ah que, que benoit xvI nomme les idoles afin de siroter en paix...

Écrit par : pierrequiroule | 17/07/2008

a quand interdire la connerie du gouvernement francais.
laissez nous boire une boisson sans alcool .
vive la Red Bull.

Écrit par : yann | 17/07/2008

Pour une info, c'est une info.
Mais, elle est raide celle-là!... Les Français devraient prendre le taureau par les cornes avant que celui-ci ne voie rouge!

Écrit par : Père Siffleur | 18/07/2008

Un exemple très concrêt de ce que je dénonce dans l'Utopie Urgente et que n'ont toujours pas compris les altermondialistes.
Au fait, hier s'est tenu à Paris la première réunion de la Commission économique du Modem, présidée par un certain Jean Peyrelevade, l'un des tous premiers économistes à avoir constaté cette évidence: face à une finance mondialisée, il faut penser global et réguler à l'échelle planétaire.
Une interview de ce visionnaire, lui-même patron d'une banque privée italienne en France, cela vous tente-t-il, cher correspondant ? Il a sans doute, sur les différentes crises qui secouent la finance mondiale (et helvétique) un éclairage original à apporter qui pourrait intéresser jusqu'à nos banquiers genevois.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/07/2008

En même temps, est-ce que c'est au gouvernement de dire aux gens quoi boire et quoi ne pas boire? Cette vision paternaliste du rôle l'Etat me semble non seulement désuète mais carrément dangereuse.

Écrit par : Niels | 20/07/2008

L'info est partielle. Les détails ont été publiés dans "Que Choisir" et "60 millions de consommateurs" dans leurs numéros de juillet-août.

Ce n'est pas une question de pouvoir boire ce qu'on veut, c'est bien de ne pas se retrouver à acheter un produit dangereux.

Le Red Bull n'avait pas reçu d'autorisation de mise sur le marché en France parce que le dossier était du ressort du ministère de la santé, et plus préciséent de l'Afssa, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Laquelle avait refusé d'agréer le Red Bull parce que l'innocuité de deux de ses composantes, la taurine et la D-glucuronolactone, n'est pas prouvée. Ces deux substances se retrouvent dans l'alimentation, mais à des concentrations plus faibles (10'000 fois plus faibles pour la taurine, 10 fois pour la D-glucuronlactone).
A haute dose sur des rats de laboratoire, la taurine a des effets neurotoxiques (automutilations entre autres), et la D-glucoronolactone des altérations rénales. A cela s'ajoutent des risques cardio-vasculaires à l'effort... sans oublier le gros fsacteur externe : la combinaison routinière avec les spiritueux par les usagers du produit.
Le Red Bull réduit la perception des effets de l'alcool, sans réduire ces effets pour autant, donc on prend le volant bourré sans s'en apercevoir. Pas beoin de faire un dessin sur la suite.
De plus, la combinaison alcool + caféine est très diurétique et peut amener à des cas de déshydratation catastrophiques si en plus on s'agite dans une boîte surchauffée.

Bref, l'Afssa avait des raisons assez solides pour refuser cette mise sur le marché. Mais elle a été court-circuitée par le Ministère de l'économie.

Contre les intérêts de l'économie, la sécurité alimentaire et la protection élémentaire du consommateur ne pèsent vraiment pas très lourd.
Pas qu'on ait tellement de leçons à donner en Suisse, l'OFSP ayant donné sans grand problème l'autorisation de mise sur le marché il y a une bonne dizaine d'années.

Écrit par : SubCapt | 20/07/2008

Mais pourquoi on interdit ce truc qui fait s'auto-mutiler des rats et qu'on laisse vendre des milliers de sortes d'alcool dont l'effet est bien plus avéré ou toutes sortes d'autres produits nocifs, cigarettes etc? Faut être cohérent. Si on veut imposer aux gens d'être en bonne santé, on peut leur interdire quasiment tout.

Écrit par : Niels | 20/07/2008

Bonjour,

Ah le Red Bull... son goût de chiottes... sa saveur renforcée avec la vodka, quel panard!

Mais pourquoi faire tout un foin de ce produit?
Et les français préfèrent vendre du vin rouge, de l'alcool élaboré chez eux!
Les ravages de l'alcool et les victimes directes ou collatérales en conséquence de la consommation du vin en France sont bien plus élevés, plus graves et plus coûteux que ceux provoqués par la consommation du Red Bull!

Protectionnisme gaulois!

Écrit par : seccotine | 20/07/2008

Pour Seccotine:

Vous avez raison, surtout qu'on est encore plus Red lorsqu'on boit "péteux" ou du vin avec des Bull !

Écrit par : Père Siffleur | 20/07/2008

Si seulement cette décision était la pire prise par ce gouvernement.
Ce qui me scandalise c'est le fait qu'il attend l'été pour abattre le modèle social français (qui faut'il le rappeler est à l'origine de pratiquement toutes les avancées sociales dont nous bénéficions).
Les français n'ont pas fini de regretter leur décision d'élir le roi sarkozy.

Écrit par : Arthur Martin | 24/07/2008

Je ne peux pas indiquer des nuances politiques, mais comme parent et comme consommateur je suis completement conre ce produit, ce boisson. C'est quelque chose bien horrible. Si vous avez goute un jour ce truc, vous le comprendrais. Je serai tres heureux si on l'interdit.

Écrit par : Reilly - Body Piercing Site | 23/10/2008

et moi aussi je pense que le gouvernement n'a de droit de dire au peuple quoi boire et quoi ne pas boir! nous meme devons decider, c'est notre vie!

Écrit par : Jorge - Hair Loss Blog | 14/11/2008

donc... je suis d'accrod que "le gouvernement n'a de droit de dire au peuple quoi boire et quoi ne pas boir! nous meme devons decider, c'est notre vie!"))

Écrit par : Reilly - Body Piercing Site | 14/11/2008

Au delà des querelles interministérielles, qui sont maintenant retombées, se pose le problème de la caféine et des sucres que contient le Red bull.

http://p.arvers.free.fr/forum/spip.php?article137

Écrit par : Dr Arvers | 20/11/2008

Dans consommateur, il y a "con". C'est tout dire.
Ni alcool, ni tabac, ni café, ni opium ou ses dérivés, ni cannabis, ni taurine... question de choix.

"et moi aussi je pense que le gouvernement n'a de droit de dire au peuple quoi boire et quoi ne pas boir! nous meme devons decider, c'est notre vie!"

Il faut vite autoriser l'héroïne en vente libre. Que les cons s'auto-détruisent plus rapidement sans emmerder les autres.

Écrit par : Johann | 20/11/2008

Red bull c'est une vrais merde je pense... je ne comprends les gens qui le boivent

Écrit par : Dwight - Natural Breast Enlargement Website | 25/11/2008

Juste pour vous dire que j’ai trouvé cet article très intéressant

Écrit par : carte visite gratuit | 20/04/2011

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